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בִּפְרוֹזְבּוּטֵי. אָמַר רַב פָּפָּא: וְקָרוּ לֵיהּ עַבְדָּא דְּמִזְדַּבַּן בְּטֻלְמֵי.
comme quelqu’un ayant l’héritage d’un homme pauvre [perozeboti], car Mardochée avait été le maître d’esclave d’Haman et connaissait la basse lignée d’Haman. Rav Pappa dit : Et on l’appelait : L’esclave qui fut vendu pour une miche de pain.
״וְכׇל זֶה אֵינֶנּוּ שֹׁוֶה לִי״ — מְלַמֵּד שֶׁכׇּל גְּנָזָיו שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע חֲקוּקִין עַל לִבּוֹ, וּבְשָׁעָה שֶׁרוֹאֶה אֶת מׇרְדֳּכַי יוֹשֵׁב בְּשַׁעַר הַמֶּלֶךְ, אָמַר: כׇּל זֶה אֵינֶנּוּ שֹׁוֶה לִי.
La déclaration précédemment citée d’Haman : « Pourtant, tout cela ne me sert à rien » (Esther 5:13), enseigne que tous les trésors de ce méchant étaient gravés sur son cœur, et lorsqu’il vit Mardochée assis à la porte du roi, il dit : Tant que Mardochée est là, tout cela que je porte sur mon cœur ne me sert à rien.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִהְיוֹת עֲטָרָה בְּרֹאשׁ כׇּל צַדִּיק וְצַדִּיק, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה ה׳ צְבָאוֹת לַעֲטֶרֶת צְבִי [וְגוֹ׳]״. מַאי ״לַעֲטֶרֶת צְבִי וְלִצְפִירַת תִּפְאָרָה״ — לָעוֹשִׂין צִבְיוֹנוֹ וְלַמְצַפִּין תִּפְאַרְתּוֹ. יָכוֹל לַכֹּל — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לִשְׁאָר עַמּוֹ״, לְמִי שֶׁמֵּשִׂים עַצְמוֹ כְּשִׁירַיִם.
Et Rabbi Elazar dit en outre que Rabbi Ḥanina a dit : À l’avenir, le Saint, béni soit-Il, sera une couronne sur la tête de chaque juste. Comme il est dit : « En ce jour-là, le Seigneur des armées sera une couronne de gloire, et un diadème de beauté, pour le reste de Son peuple » (Isaïe 28:5). Quel est le sens de « une couronne de gloire [tzevi], et un diadème [velitzefirat] de beauté » ? Une couronne pour ceux qui accomplissent Sa volonté [tzivyono] et un diadème pour ceux qui attendent [velamtzapin] Sa gloire. On pourrait penser que cela s’étend à tous ces individus. C’est pourquoi le verset dit : « pour le reste de son peuple », pour quiconque se considère comme un reste, c’est-à-dire petit et sans importance comme un reste. Mais quiconque s’estime grandement ne méritera pas cela.
״וּלְרוּחַ מִשְׁפָּט״ — זֶה הַדָּן אֶת יִצְרוֹ. ״וְלַיּוֹשֵׁב עַל הַמִּשְׁפָּט״ — זֶה הַדָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִתּוֹ. ״וְלִגְבוּרָה״ — זֶה הַמִּתְגַּבֵּר עַל יִצְרוֹ. ״מְשִׁיבֵי מִלְחָמָה״ — שֶׁנּוֹשְׂאִין וְנוֹתְנִין בְּמִלְחַמְתָּהּ שֶׁל תּוֹרָה. ״שָׁעְרָה״ — [אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים] שֶׁמַּשְׁכִּימִין וּמַעֲרִיבִין בְּבָתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת.
À propos de la citation d’Isaïe, la Guemara explique le verset suivant, qui déclare : “Et pour un esprit de justice à celui qui siège en jugement, et pour la force à ceux qui repoussent la bataille jusqu’à la porte” (Isaïe 28:6). “Et pour un esprit de justice” ; cela fait référence à celui qui traduit son mauvais penchant en jugement et se force à se repentir. “À celui qui siège en jugement” ; cela fait référence à celui qui juge un jugement absolument vrai. “Et pour la force” ; cela fait référence à celui qui triomphe de son mauvais penchant. “Ceux qui repoussent la bataille” ; cela fait référence à ceux qui débattent dans leur discussion de halakhadans la bataille pour comprendre la Torah. “Jusqu’à la porte” ; cela fait référence aux érudits de la Torah qui arrivent tôt et restent tard aux portes assombries des synagogues et des maisons d’étude.
אָמְרָה מִדַּת הַדִּין לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מָה נִשְׁתַּנּוּ אֵלּוּ מֵאֵלּוּ? אָמַר לָהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: יִשְׂרָאֵל עָסְקוּ בַּתּוֹרָה, אוּמּוֹת הָעוֹלָם לֹא עָסְקוּ בַּתּוֹרָה.
La Guemara poursuit avec un épisode associé à un verset d’Isaïe. L’Attribut de Justice dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, en quoi ceux-ci, en référence au peuple juif, sont-ils différents de ceux-là, les autres nations du monde, pour que Dieu accomplisse des miracles uniquement en faveur du peuple juif ? Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Le peuple juif s’est occupé de la Torah, tandis que les autres nations du monde ne se sont pas occupées de la Torah.
אֲמַר לֵיהּ: ״גַּם אֵלֶּה בַּיַּיִן שָׁגוּ וּבַשֵּׁכָר תָּעוּ פָּקוּ פְּלִילִיָּה״, אֵין ״פָּקוּ״ אֶלָּא גֵּיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא תִהְיֶה זֹאת לְךָ לְפוּקָה״, וְאֵין ״פְּלִילִיָּה״ אֶלָּא דַּיָּינִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָתַן בִּפְלִילִים״.
L’Attribut de Justice lui dit : « Eux aussi chancellent à cause du vin et titubent à cause des boissons fortes ; le prêtre et le prophète chancellent à cause des boissons fortes, ils sont troublés par le vin, ils titubent à cause des boissons fortes ; ils s’égarent dans la vision, ils trébuchent [paku] dans le jugement [peliliyya] » (Isaïe 28:7). Le mot paku dans ce contexte se réfère uniquement à la Géhenne, comme il est dit : « Que cela ne soit pas pour toi une cause d’achoppement [puka] » (I Samuel 25:31), et le mot peliliyya ici se réfère uniquement aux juges, comme il est dit : « Et il paiera selon ce que les juges décideront [bifelilim] » (Exode 21:22). La réponse de l’Attribut de Justice était essentiellement que le peuple juif a lui aussi péché et qu’il est par conséquent passible de punition.
״וַתַּעֲמֹד בַּחֲצַר בֵּית הַמֶּלֶךְ הַפְּנִימִית״. אָמַר רַבִּי לֵוִי: כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעָה לְבֵית הַצְּלָמִים, נִסְתַּלְּקָה הֵימֶנָּה שְׁכִינָה. אָמְרָה: ״אֵלִי אֵלִי לָמָה עֲזַבְתָּנִי״?! שֶׁמָּא אַתָּה דָּן עַל שׁוֹגֵג כְּמֵזִיד וְעַל אוֹנֶס כְּרָצוֹן?
§ La Guemara revient à son explication des versets de la Meguila. Le verset déclare au sujet d’Esther : « Et elle se tint dans la cour intérieure de la maison du roi » (Esther 5:1). Rabbi Lévi dit : Lorsqu’elle arriva à la chambre des idoles, qui se trouvait dans la cour intérieure, la Présence divine la quitta. Elle dit immédiatement : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonnée ? » (Psaumes 22:2). Peut-être est-ce parce que Tu juges une faute involontaire comme commise intentionnellement, et un acte accompli en raison de circonstances indépendantes de la volonté de la personne comme accompli volontairement.
אוֹ שֶׁמָּא עַל שֶׁקְּרָאתִיו ״כֶּלֶב״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַצִּילָה מֵחֶרֶב נַפְשִׁי מִיַּד כֶּלֶב יְחִידָתִי״. חָזְרָה וּקְרָאַתּוּ ״אַרְיֵה״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹשִׁיעֵנִי מִפִּי אַרְיֵה״.
Ou peut-être m’as-Tu abandonnée parce que dans mes prières j’ai appelé Haman un chien, comme il est dit : « Délivre mon âme de l’épée ; mon unique de la main du chien » (Psaumes 22:21). Elle aussitôt se rétracta et l’appela dans ses prières un lion, comme il est dit dans le verset suivant : « Sauve-moi de la gueule du lion » (Psaumes 22:22).
״וַיְהִי כִרְאוֹת הַמֶּלֶךְ אֶת אֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁלֹשָׁה מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת נִזְדַּמְּנוּ לָהּ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה, אֶחָד שֶׁהִגְבִּיהַּ אֶת צַוָּארָהּ, וְאֶחָד שֶׁמָּשַׁךְ חוּט שֶׁל חֶסֶד עָלֶיהָ, וְאֶחָד שֶׁמָּתַח אֶת הַשַּׁרְבִיט.
Le verset déclare : « Et il arriva que, lorsque le roi vit Esther la reine debout dans la cour, elle obtint faveur à ses yeux ; et le roi tendit à Esther le sceptre d’or qui était dans sa main » (Esther 5:2). Rabbi Yoḥanan dit : Trois anges serviteurs vinrent la rejoindre à ce moment-là : l’un releva son cou, afin qu’elle puisse se tenir droite, sans honte ; l’un attacha un cordon de grâce divine autour d’elle, lui conférant charme et beauté ; et l’un allongea le sceptre du roi.
וְכַמָּה? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: שְׁתֵּי אַמּוֹת הָיָה, וְהֶעֱמִידוֹ עַל שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה, וְאָמְרִי לַהּ עַל שֵׁשׁ עֶשְׂרֵה, וְאָמְרִי לַהּ עַל עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: עַל שִׁשִּׁים, וְכֵן אַתָּה מוֹצֵא בְּאַמָּתָהּ שֶׁל בַּת פַּרְעֹה, וְכֵן אַתָּה מוֹצֵא בְּשִׁינֵּי רְשָׁעִים, דִּכְתִיב: ״שִׁינֵּי רְשָׁעִים שִׁבַּרְתָּ״, וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אַל תִּקְרֵי ״שִׁבַּרְתָּ״ אֶלָּא ״שִׁרְיבַּבְתָּ״. רַבָּה בַּר עוֹפְרָן אָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר שֶׁשָּׁמַע מֵרַבּוֹ וְרַבּוֹ מֵרַבּוֹ: מָאתַיִם.
De combien fut-il allongé ? Rabbi Yirmeya a dit : Le sceptre mesurait deux coudées, et il le porta à douze coudées. Et certains disent qu’il le porta à seize coudées, et d’autres disent vingt-quatre coudées. Il a été enseigné dans une baraita : Il le porta à soixante coudées. Et de même, tu trouves cela avec le bras de la fille de Pharaon, qu’elle tendit pour prendre Moshe. Et de même encore, tu le trouves avec les dents des méchants, comme il est écrit : « Tu as brisé les dents des méchants » (Psaumes 3:8), au sujet de quoi Reish Lakish a dit : Ne lis pas cela comme « Tu as brisé [shibbarta] », mais comme : Tu as agrandi [sheribavta]. Rabba bar Oferan a dit au nom de Rabbi Elazar, qui l’avait entendu de son maître, qui lui-même l’avait entendu de son maître : Le sceptre fut allongé à deux cents coudées.
״וַיֹּאמֶר לָהּ הַמֶּלֶךְ לְאֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה מַה בַּקָּשָׁתֵךְ עַד חֲצִי הַמַּלְכוּת וְתֵעָשׂ״. חֲצִי הַמַּלְכוּת וְלֹא כׇּל הַמַּלְכוּת, וְלֹא דָּבָר שֶׁחוֹצֵץ לַמַּלְכוּת, וּמַאי נִיהוּ — בִּנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ.
Le verset déclare : « Alors le roi lui dit » (Esther 5:3), à Esther la reine : « Quel est ton souhait ? Jusqu’à la moitié du royaume, cela sera accordé » (Esther 5:6). La Guemara commente qu’Assuérus n’entendait proposer qu’une offre limitée : Seulement la moitié du royaume, mais non le royaume entier, et rien qui servirait de barrière au royaume, car il est une chose à laquelle le royaume n’acceptera jamais. Et qu’est-ce donc ? La construction du Temple ; si tel est ton souhait, sache qu’il ne sera pas exaucé.
״יָבֹא הַמֶּלֶךְ וְהָמָן אֶל הַמִּשְׁתֶּה״. תָּנוּ רַבָּנַן: מָה רָאֲתָה אֶסְתֵּר שֶׁזִּימְּנָה אֶת הָמָן? רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: פַּחִים טָמְנָה לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהִי שֻׁלְחָנָם לִפְנֵיהֶם לְפָח״.
Le verset déclare qu’Esther demanda : « Si le roi le trouve bon, que le roi et Haman viennent aujourd’hui au banquet que j’ai préparé pour lui » (Esther 5:4). Les Sages ont enseigné dans une baraita : Qu’Esther a-t-elle vu pour inviter Haman au banquet ? Rabbi Elazar dit : Elle lui a tendu un piège, comme il est dit : « Que leur table devienne un piège devant eux » (Psaumes 69:23), car elle supposait qu’elle pourrait faire trébucher Haman pendant le banquet.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מִבֵּית אָבִיהָ לָמְדָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם רָעֵב שׂוֹנַאֲךָ הַאֲכִילֵהוּ לֶחֶם וְגוֹ׳״. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּדֵי שֶׁלֹּא יִטּוֹל עֵצָה וְיִמְרוֹד.
Rabbi Yehoshua dit : Elle a appris à faire cela de la Torah juive de la maison de son père, comme il est dit : « Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger » (Proverbes 25:21). Rabbi Meir dit : Elle l’a invité afin qu’il soit près d’elle en tout temps, afin qu’il ne prenne pas conseil et ne se rebelle pas contre Assuérus lorsqu’il découvrirait que le roi était en colère contre lui.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּדֵי שֶׁלֹּא יַכִּירוּ בָּהּ שֶׁהִיא יְהוּדִית. רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ יִשְׂרָאֵל: אָחוֹת יֵשׁ לָנוּ בְּבֵית הַמֶּלֶךְ, וְיַסִּיחוּ דַּעְתָּן מִן הָרַחֲמִים. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מָצוּי לָהּ בְּכׇל עֵת. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא אוֹמֵר: אוּלַי יַרְגִּישׁ הַמָּקוֹם וְיַעֲשֶׂה לָנוּ נֵס.
Rabbi Yehuda dit : Elle invita Haman afin qu’on ne découvre pas qu’elle était juive, car si elle l’avait tenu à distance, il serait devenu soupçonneux. Rabbi Neḥemya dit : Elle fit cela afin que le peuple juif ne dise pas : Nous avons une sœur dans la maison du roi, et, par conséquent, néglige ses prières pour la miséricorde divine. Rabbi Yosei dit : Elle agit de cette manière afin que Haman soit toujours à sa portée, car cela lui permettrait de trouver une occasion de le faire trébucher devant le roi. Rabbi Shimon ben Menasya dit qu’Esther se dit à elle-même : Peut-être que l’Omniprésent remarquera que tous soutiennent Haman et que personne ne soutient le peuple juif, et Il accomplira pour nous un miracle.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: אַסְבִּיר לוֹ פָּנִים כְּדֵי שֶׁיֵּהָרֵג הוּא וְהִיא. רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מֶלֶךְ הֲפַכְפְּכָן הָיָה. אָמַר רַבִּי גַּמְלִיאֵל: עֲדַיִין צְרִיכִין אָנוּ לַמּוֹדָעִי, דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַמּוֹדָעִי אוֹמֵר: קִנְּאַתּוּ בַּמֶּלֶךְ קִנְּאַתּוּ בַּשָּׂרִים.
Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : Elle se dit en elle-même : J’agirai avec bonté envers lui et, par là, j’amènerai le roi à soupçonner que nous avons une liaison ; elle fit ainsi afin que tous deux, lui et elle, soient mis à mort. Essentiellement, Esther était prête à être mise à mort avec Haman afin que le décret soit annulé. Rabban Gamliel dit : Assuérus était un roi versatile, et Esther espérait que, s’il voyait Haman à plusieurs reprises, il finirait par changer d’avis à son sujet. Rabban Gamliel dit : Nous avons encore besoin des paroles de Rabbi Eliezer HaModa’i pour comprendre pourquoi Esther invita Haman à son banquet. Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer HaModa’i dit : Elle rendit le roi jaloux de lui et elle rendit les autres ministres jaloux de lui, et c’est ainsi qu’elle provoqua sa chute.
רַבָּה אָמַר: ״לִפְנֵי שֶׁבֶר גָּאוֹן״. אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: ״בְּחוּמָּם אָשִׁית אֶת מִשְׁתֵּיהֶם וְגוֹ׳״. אַשְׁכְּחֵיהּ רַבָּה בַּר אֲבוּהּ לְאֵלִיָּהוּ, אֲמַר לֵיהּ: כְּמַאן חַזְיָא אֶסְתֵּר וַעֲבַדָא הָכִי? אֲמַר לֵיהּ: כְּכוּלְּהוּ תַּנָּאֵי וּכְכוּלְּהוּ אָמוֹרָאֵי.
Rabba dit : Esther invita Haman à son banquet afin d’accomplir ce qui est énoncé : « L’orgueil précède la destruction » (Proverbes 16:18), ce qui indique que, pour détruire les méchants, il faut d’abord les conduire à l’orgueil. Cela peut être compris selon Abaye et Rava, qui disent tous deux qu’elle invita Haman afin d’accomplir le verset : « Lorsqu’ils seront échauffés, je leur ferai des festins, et je les enivrerai, afin qu’ils se réjouissent et dorment d’un sommeil perpétuel » (Jérémie 51:39). La Guemara rapporte que Rabba bar Avuh rencontra un jour Élie le Prophète et lui dit : Selon la compréhension de qui Esther a-t-elle jugé bon d’agir de cette manière ? Quelle était la véritable raison de son invitation ? Lui, Élie, lui dit : Esther était motivée par toutes les raisons mentionnées précédemment et elle agit ainsi pour toutes les raisons précédemment énoncées par les tanna’im et toutes les raisons énoncées par les amora’im.
״וַיְסַפֵּר לָהֶם הָמָן אֶת כְּבוֹד עׇשְׁרוֹ וְרוֹב בָּנָיו״, וְכַמָּה רוֹב בָּנָיו? אָמַר רַב, שְׁלֹשִׁים: עֲשָׂרָה מֵתוּ, וַעֲשָׂרָה נִתְלוּ, וַעֲשָׂרָה מְחַזְּרִין עַל הַפְּתָחִים.
Le verset déclare : « Et Haman leur raconta la gloire de ses richesses et la multitude de ses fils » (Esther 5:11). La Guemara demande : Et combien de fils avait-il en réalité pour qu’ils soient appelés « la multitude de ses fils » ? Rav dit : Il avait trente fils ; dix d’entre eux moururent dans l’enfance, dix furent pendus comme cela est rapporté dans le livre d’Esther, et dix survécurent et furent contraints de mendier aux portes des autres.
וְרַבָּנַן אָמְרִי: אוֹתָן שֶׁמְּחַזְּרִין עַל הַפְּתָחִים שִׁבְעִים הָיוּ, דִּכְתִיב: ״שְׂבֵעִים בַּלֶּחֶם נִשְׂכָּרוּ״, אַל תִּקְרֵי ״שְׂבֵעִים״ אֶלָּא ״שִׁבְעִים״.
Et les Rabbins disent : Ceux qui mendiaient aux portes d’autrui étaient au nombre de soixante-dix, comme il est écrit : « Ceux qui étaient rassasiés se sont loués pour du pain » (I Samuel 2:5). Ne le lis pas comme : « Ceux qui étaient rassasiés » [seve’im] ; plutôt, lis-le comme soixante-dix [shivim], indiquant qu’il y en avait soixante-dix qui « se sont loués pour du pain ».
וְרָמֵי בַּר אַבָּא אָמַר: כּוּלָּן מָאתַיִם וּשְׁמוֹנָה הֲווֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְרוֹב בָּנָיו״. ״וְרוֹב״ בְּגִימַטְרִיָּא מָאתַן וְאַרְבֵּיסַר הָווּ! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״וְרֹב״ כְּתִיב.
Et Rami bar Abba a dit : Tous les fils de Haman réunis étaient au nombre de deux cent huit, comme il est dit : « Et la multitude [verov] de ses fils. » La valeur numérique du mot verov est de deux cent huit, faisant allusion au nombre de ses fils. La Guemara commente : Mais, en réalité, la valeur numérique [guématria] du mot verov est de deux cent quatorze, et non de deux cent huit. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Le mot verov est écrit dans la Torah sans le second vav, et sa valeur numérique est donc de deux cent huit.
״בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ״. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם: נָדְדָה שְׁנַת מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם. וְרַבָּנַן אָמְרִי: נָדְדוּ עֶלְיוֹנִים, נָדְדוּ תַּחְתּוֹנִים. רָבָא אָמַר: שְׁנַת הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ מַמָּשׁ.
Le verset déclare : « Cette nuit-là, le sommeil du roi fut troublé » (Esther 6:1). Rabbi Tanḥum a dit : le verset fait allusion à un autre roi qui ne pouvait pas dormir ; le sommeil du Roi de l’univers, le Saint, béni soit-Il, fut troublé. Et les Sages disent : Le sommeil des êtres d’en haut, les anges, fut troublé, et le sommeil des êtres d’en bas, le peuple juif, fut troublé. Rava a dit : Cela doit être compris littéralement : le sommeil du roi Assuérus fut troublé.
נְפַלָה לֵיהּ מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, אָמַר: מַאי דְּקַמַּן דְּזַמֵּינְתֵּיהּ אֶסְתֵּר לְהָמָן? דִּלְמָא עֵצָה קָא שָׁקְלִי עִילָּוֵיהּ דְּהָהוּא גַּבְרָא לְמִקְטְלֵיהּ. הֲדַר אָמַר: אִי הָכִי, לָא הֲוָה גַּבְרָא דְּרָחֵים לִי דַּהֲוָה מוֹדַע לִי? הֲדַר אָמַר: דִּלְמָא אִיכָּא אִינִישׁ דַּעֲבַד בִּי טֵיבוּתָא וְלָא פְּרַעְתֵּיהּ, מִשּׁוּם הָכִי מִימַּנְעִי אִינָשֵׁי וְלָא מְגַלּוּ לִי, מִיָּד: ״וַיֹּאמֶר לְהָבִיא אֶת סֵפֶר הַזִּכְרוֹנוֹת דִּבְרֵי הַיָּמִים״.
Et voici la raison pour laquelle Assuérus ne pouvait pas dormir : Une pensée lui vint et il se dit à lui-même : Qu’est-ce donc que cela, qu’Esther ait invité Haman ? Peut-être complotent-ils contre cet homme, c’est-à-dire contre moi, pour le tuer. Il se dit alors de nouveau à lui-même : Si tel est le cas, n’y a-t-il personne qui m’aime et qui m’en informerait de cette conspiration ? Il se dit alors de nouveau à lui-même : Peut-être y a-t-il quelque homme qui m’a rendu service et que je n’ai pas correctement récompensé, et à cause de cela les gens s’abstiennent de me révéler des informations concernant de tels complots, car ils n’y voient aucun avantage pour eux-mêmes. Immédiatement après, le verset déclare : « Et il ordonna qu’on apporte le livre des souvenirs des chroniques » (Esther 6:1).
״וַיִּהְיוּ נִקְרָאִים״ — מְלַמֵּד שֶׁנִּקְרָאִים מֵאֵילֵיהֶן. ״וַיִּמָּצֵא כָתוּב״ — ״כְּתָב״ מִבְּעֵי לֵיהּ? מְלַמֵּד
Le verset déclare : « Et ils furent lus devant le roi » (Esther 6:1). La Guemara explique que cette forme passive : « Et ils furent lus », enseigne qu’ils furent lus miraculeusement d’eux-mêmes. Il est ensuite dit : « Et il fut trouvé écrit [katuv] » (Esther 6:2). La Guemara demande : Pourquoi la Meguila emploie-t-elle le mot katuv, qui indique que cela a été écrit nouvellement ? Elle aurait dû dire : Un écrit [ketav] fut trouvé, ce qui indiquerait qu’il avait été écrit dans le passé. La Guemara explique : Cela enseigne

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