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בִּשְׁלָמָא אִינְהוּ — מִיפָּרְשִׁי, אֶלָּא אֲבָהָתַיְיהוּ מְנָלַן?
La Guemara demande au sujet des huit prophètes descendants de Rahab : Soit, en ce qui concerne eux, cela est explicite, c’est-à-dire que les quatre fils mentionnés dans la liste étaient certainement des prophètes, comme la Torah l’affirme explicitement : Jérémie était prophète, son élève Baruch était l’un des fils des prophètes, son cousin Hanamel vint à lui par la parole de Dieu (voir Jérémie, chapitre 32), et Seraïa était son élève. Mais quant à leurs pères, Hilqiya, Neriya, Shalloum et Mahseïa, d’où déduisons-nous qu’ils étaient des prophètes ?
כִּדְעוּלָּא. דְּאָמַר עוּלָּא: כׇּל מָקוֹם שֶׁשְּׁמוֹ וְשֵׁם אָבִיו בִּנְבִיאוּת — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא נָבִיא בֶּן נָבִיא. שְׁמוֹ וְלֹא שֵׁם אָבִיו — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא נָבִיא וְלֹא בֶּן נָבִיא, שְׁמוֹ וְשֵׁם עִירוֹ מְפוֹרָשׁ — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא מֵאוֹתָהּ הָעִיר, שְׁמוֹ וְלֹא שֵׁם עִירוֹ — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא מִירוּשָׁלַיִם.
La Guemara répond : Comme l’a enseigné Oulla, comme Oulla l’a dit : Partout où le nom d’une personne et le nom de son père sont mentionnés au sujet de la prophétie, on sait qu’il était un prophète, fils d’un prophète, et c’est pourquoi le nom de son père est également mentionné. Et partout où son nom est mentionné mais non le nom de son père, on sait qu’il était un prophète mais non le fils d’un prophète. De même, partout où son nom et le nom de sa ville sont précisés, on sait qu’il était de cette ville particulière, et partout où son nom est mentionné mais non le nom de sa ville, on sait qu’il était de Jérusalem.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: כׇּל שֶׁמַּעֲשָׂיו וּמַעֲשֵׂה אֲבוֹתָיו סְתוּמִין, וּפָרַט לְךָ הַכָּתוּב בְּאֶחָד מֵהֶן לְשֶׁבַח, כְּגוֹן: ״דְּבַר ה׳ אֲשֶׁר הָיָה אֶל צְפַנְיָה בֶּן כּוּשִׁי בֶן גְּדַלְיָה״ — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא צַדִּיק בֶּן צַדִּיק. וְכֹל שֶׁפָּרַט לְךָ הַכָּתוּב בְּאֶחָד מֵהֶן לִגְנַאי, כְּגוֹן: ״וַיְהִי בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בָּא יִשְׁמָעֵאל בֶּן נְתַנְיָה בֶּן אֱלִישָׁמָע״ — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא רָשָׁע בֶּן רָשָׁע.
Il a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne quiconque dont les actes et les actes de ses ancêtres sont obscurs et non expliqués, et que le verset a mentionné l’un d’eux favorablement, par exemple, la manière dont le prophète Sophonie est présenté : « La parole du Seigneur qui fut adressée à Sophonie, fils de Koushi, fils de Guedalia » (Sophonie 1:1), on sait que non seulement c’était un homme juste, mais aussi le fils d’un homme juste. Et inversement, chaque fois que le verset a mentionné l’un d’eux défavorablement, par exemple, dans le verset qui présente Ismaël comme celui qui tua Guedalia, et qui dit : « Et il arriva au septième mois qu’Ismaël, fils de Nethania, fils d’Elishama » (Jérémie 41:1), on sait que non seulement c’était un homme méchant, mais aussi le fils d’un homme méchant.
אָמַר רַב נַחְמָן: מַלְאָכִי — זֶה מָרְדֳּכַי, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ מַלְאָכִי? שֶׁהָיָה מִשְׁנֶה לַמֶּלֶךְ. מֵיתִיבִי: בָּרוּךְ בֶּן נֵרִיָּה וּשְׂרָיָה בֶּן מַעֲשֵׂיָה, וְדָנִיֵּאל וּמׇרְדֳּכַי בִּלְשָׁן וְחַגַּי, זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי — כּוּלָּן נִתְנַבְּאוּ בִּשְׁנַת שְׁתַּיִם לְדָרְיָוֶשׁ. תְּיוּבְתָּא.
Rav Naḥman a dit : Malachie, le prophète, est en fait Mardochée, et pourquoi l’appelait-on Malachie ? Pour indiquer qu’il était second du roi [melekh], comme Mardochée fut nommé à cette fonction, ainsi qu’il est rapporté à la fin de la Méguila. La Guemara soulève une objection à partir de la baraita suivante : Baruch, fils de Néria ; Seraïa, fils de Mahséia ; Daniel ; Mardochée ; Bilshan ; Aggée ; Zacharie ; et Malachie ; tous ont prophétisé la deuxième année de le règne de Darius. Le fait que la baraita mentionne Mardochée et Malachie séparément indique qu’il s’agissait de deux personnes différentes. La Guemara conclut : C’est en effet une réfutation concluante.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: מַלְאָכִי זֶה עֶזְרָא, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מַלְאָכִי שְׁמוֹ. אָמַר רַב נַחְמָן: מִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר מַלְאָכִי זֶה עֶזְרָא, דִּכְתִיב בִּנְבִיאוּת מַלְאָכִי: ״בָּגְדָה יְהוּדָה וְתוֹעֵבָה נֶעֶשְׂתָה בְיִשְׂרָאֵל וּבִירוּשָׁלִָם כִּי חִלֵּל יְהוּדָה קֹדֶשׁ ה׳ אֲשֶׁר אָהֵב וּבָעַל בַּת אֵל נֵכָר״.
Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yehoshua ben Korḥa a dit : Malachie est en fait Ezra. Et les Sages disent autrement : Malachie était son véritable nom, et ce n’était pas simplement un autre nom pour Ezra ou pour un autre prophète. Rav Naḥman a dit : Il est logique qu’ils soient effectivement une seule et même personne, comme l’avis de celui qui a dit que Malachie est Ezra, puisqu’il existe une ressemblance entre eux, comme il est dit dans la prophétie de Malachie : « Juda a agi perfidement, et une chose abominable a été faite en Israël et à Jérusalem ; car Juda a profané la sainteté du Seigneur, qu’il aimait, et il a épousé la fille d’un dieu étranger » (Malachie 2:11).
וּמַאן אַפְרֵישׁ נָשִׁים גּוֹיוֹת — עֶזְרָא, דִּכְתִיב: ״וַיַּעַן שְׁכַנְיָה בֶן יְחִיאֵל מִבְּנֵי עֵילָם וַיֹּאמֶר לְעֶזְרָא אֲנַחְנוּ מָעַלְנוּ בֵאלֹהֵינוּ וַנּוֹשֶׁב נָשִׁים נׇכְרִיּוֹת״.
Et qui était celui qui a renvoyé les femmes étrangères qui étaient mariées à des Juifs ? C’était Esdras, comme il est écrit : « Et Shecania, fils de Jehiel, d’entre les fils d’Élam, prit la parole et dit à Esdras : Nous avons été infidèles envers notre Dieu et nous avons épousé des femmes étrangères parmi les peuples du pays » (Esdras 10:2). Il apparaît donc que Malachie était l’un des noms d’Esdras, puisque la Torah les décrit tous deux comme affrontant une épidémie de mariages mixtes.
תָּנוּ רַבָּנַן: אַרְבַּע נָשִׁים יְפֵיפִיּוֹת הָיוּ בָּעוֹלָם: שָׂרָה (וַאֲבִיגַיִל, רָחָב) וְאֶסְתֵּר, וּלְמַאן דְּאָמַר אֶסְתֵּר יְרַקְרוֹקֶת הָיְתָה — מַפֵּיק אֶסְתֵּר וּמְעַיֵּיל וַשְׁתִּי.
Pour compléter la discussion sur les prophétesses, la Guemara cite une baraita dans laquelle les Sages ont enseigné : Il y eut quatre femmes d’une beauté extraordinaire dans le monde : Sarah, Abigail, Rahab et Esther. Et selon celui qui a dit qu’Esther était verdâtre de teint, dépourvue de beauté naturelle, mais qu’un cordon de grâce divine était tendu sur elle, retirez Esther de la liste et insérez Vashti à sa place, car elle était en effet belle.
תָּנוּ רַבָּנַן: רָחָב בִּשְׁמָהּ זִינְּתָה, יָעֵל — בְּקוֹלָהּ, אֲבִיגַיִל — בִּזְכִירָתָהּ, מִיכַל בַּת שָׁאוּל — בִּרְאִיָּיתָהּ. אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הָאוֹמֵר ״רָחָב״ ״רָחָב״ — מִיָּד נִיקְרֵי. אָמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: אֲנָא אָמֵינָא ״רָחָב״ ״רָחָב״ וְלָא אִיכְפַּת לִי! אֲמַר לֵיהּ: כִּי קָאָמֵינָא בְּיוֹדְעָהּ וּבְמַכִּירָהּ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Rahav suscitait des pensées impures par son nom, c’est-à-dire que la simple mention de son nom inspirait du désir pour elle ; Yaël, par sa voix ; Abigail, par le souvenir d’elle ; Mikhal, la fille de Saül, par son apparence. De même, Rabbi Yitzḥak a dit : Quiconque dit : Rahav, Rahav, éprouve immédiatement une émission séminale en raison de l’éveil du désir causé par la grande beauté de Rahav. Rav Naḥman lui dit : Moi, je dis : Rahav, Rahav, et cela ne m’affecte pas. Rabbi Yitzḥak dit à Rav Naḥman : Quand j’ai dit cela, je faisais référence spécifiquement à quelqu’un qui la connaît personnellement et reconnaît sa beauté. Ce n’est que pour quelqu’un qui a rencontré Rahav en personne que la simple mention de son nom est capable d’éveiller le désir.
״וּמׇרְדֳּכַי יָדַע אֶת כׇּל אֲשֶׁר נַעֲשָׂה״. מַאי אָמַר? רַב אָמַר: גָּבַהּ הָמָן מֵאֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: גְּבַר מַלְכָּא עִילָּאָה מִמַּלְכָּא תַּתָּאָה.
§ La Guemara revient à son explication des versets du livre d’Esther. Le verset déclare : « Lorsque Mardochée apprit tout ce qui avait été fait, Mardochée déchira ses vêtements, se revêtit d’un sac avec de la cendre, sortit au milieu de la ville et poussa un cri grand et amer » (Esther 4:1). La Guemara demande : Que Mardochée a-t-il dit lorsqu’il a crié ? Rav a dit : Il a dit que Haman s’est élevé au-dessus d’Assuérus, car il a vu que Haman était devenu encore plus puissant qu’Assuérus lui-même, et qu’il contrôlait toutes les affaires de l’empire. Et Chmouel a dit : Le Roi suprême a prévalu sur le roi inférieur, disant cela de manière euphémistique et insinuant exactement le contraire. En d’autres termes, il semblerait qu’Assuérus, le roi inférieur, ait prévalu sur le Roi suprême, Dieu au Ciel, Qui veut le bien du peuple juif.
״וַתִּתְחַלְחַל הַמַּלְכָּה״. מַאי ״וַתִּתְחַלְחַל״? אָמַר רַב: שֶׁפֵּירְסָה נִדָּה, וְרַבִּי יִרְמְיָה אָמַר: שֶׁהוּצְרְכָה לִנְקָבֶיהָ.
Le verset déclare : « Alors la reine fut extrêmement bouleversée » [vatitḥalḥal] (Esther 4:4). La Guemara demande : Quel est le sens de vatitḥalḥal ? Rav a dit : Cela signifie qu’elle a commencé à menstruer de peur, car les cavités, ḥalalim, de son corps se sont ouvertes. Et Rabbi Yirmeya a dit : Ses intestins se sont relâchés, comprenant lui aussi le verset comme se référant aux cavités de son corps.
״וַתִּקְרָא אֶסְתֵּר לַהֲתָךְ״, אָמַר רַב: הֲתָךְ זֶה דָּנִיאֵל, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ הֲתָךְ — שֶׁחֲתָכוּהוּ מִגְּדוּלָּתוֹ. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: שֶׁכׇּל דִּבְרֵי מַלְכוּת נֶחְתָּכִין עַל פִּיו.
Le verset déclare : « Alors Esther appela Hathac, l’un des chambellans du roi, qu’il avait désigné pour être à son service » (Esther 4:5). Rav dit : Hathac est en réalité le prophète Daniel. Et pourquoi l’appelait-on Hathac ? Parce qu’il fut abaissé [ḥatakh] de sa grandeur sous le règne d’Assuérus, ayant été déchu de sa haute position. Auparavant, il avait servi comme haut ministre, et maintenant il était devenu l’intendant d’Esther. Et Shmuel expliqua le nom Hathac comme dérivé de ḥatakh dans le sens opposé, car il dit : Daniel fut appelé Hathac parce que toutes les affaires du royaume étaient décidées [neḥtakhin] selon sa parole.
״לָדַעַת מַה זֶּה וְעַל מַה זֶּה״. אָמַר רַבִּי יִצְחָק, שָׁלְחָה לוֹ: שֶׁמָּא עָבְרוּ יִשְׂרָאֵל עַל חֲמִשָּׁה חוּמְשֵׁי תוֹרָה, דִּכְתִיב בָּהֶן: ״מִזֶּה וּמִזֶּה הֵם כְּתוּבִים״.
Le verset continue en rapportant qu’Esther envoya Hathac à Mardochée après avoir appris le décret : « Pour savoir ce qu’était ceci [zeh] et pourquoi c’était ceci [zeh] » (Esther 4:5). Rabbi Yitzḥak dit qu’Esther envoya un message à Mardochée, disant : Peut-être les Juifs ont-ils transgressé les cinq livres de la Torah, comme il est écrit au sujet des deux tables : « D’un côté [zeh] et de l’autre côté [zeh] elles étaient écrites » (Exode 32:15).
״וַיַּגִּידוּ לְמׇרְדֳּכָי אֵת דִּבְרֵי אֶסְתֵּר״, וְאִילּוּ אִיהוּ לָא אֲזַל לְגַבֵּיהּ. מִכָּאן שֶׁאֵין מְשִׁיבִין עַל הַקַּלְקָלָה.
Le verset déclare : « Et ils rapportèrent à Mardochée les paroles d’Esther » (Esther 4:12), mais lui, Hathac lui-même, n’alla pas les dire directement à lui. La Guemara explique : D’ici nous voyons que l’on ne rapporte pas une mauvaise nouvelle en retour. Si quelqu’un n’a rien de positif à dire, il vaut mieux qu’il garde le silence. Cela explique pourquoi Hathac lui-même n’a pas rapporté l’information à Mardochée, et les paroles d’Esther ont dû être transmises par d’autres messagers.
״לֵךְ כְּנוֹס אֶת כׇּל הַיְּהוּדִים״ וְגוֹ׳ עַד ״אֲשֶׁר לֹא כַדָּת״, אָמַר רַבִּי אַבָּא: שֶׁלֹּא כַּדָּת הָיָה, שֶׁבְּכׇל יוֹם וָיוֹם עַד עַכְשָׁיו — בְּאוֹנֶס, וְעַכְשָׁיו — בְּרָצוֹן. ״וְכַאֲשֶׁר אָבַדְתִּי אָבָדְתִּי״ — כְּשֵׁם שֶׁאָבַדְתִּי מִבֵּית אַבָּא, כָּךְ אוֹבַד מִמְּךָ.
Esther envoya un message à Mardochée : « Va, rassemble tous les Juifs » qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, et ne mangez ni ne buvez pendant trois jours, nuit et jour ; moi aussi et mes servantes jeûnerons de même, et alors j’irai vers le roi, « non selon la coutume » (Esther 4:16). Rabbi Abba dit : Ce ne sera pas selon ma coutume habituelle, car jusqu’à présent, chaque jour lorsque je me soumettais à Assuérus, c’était sous la contrainte, mais maintenant je me soumettrai à lui de mon plein gré. Et Esther dit encore : « Et si je péris, je péris » (Esther 4:16). Ce qu’elle voulait dire était : De même que j’ai été perdue pour la maison de mon père depuis que j’ai été amenée ici, de même je serai perdue pour toi, car après avoir eu volontairement des relations avec Assuérus, je te serai à jamais interdite.
״וַיַּעֲבוֹר מָרְדֳּכָי״. אָמַר רַב: שֶׁהֶעֱבִיר יוֹם רִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח בְּתַעֲנִית. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: דַּעֲבַר עַרְקוּמָא דְמַיָּא.
Il y a une divergence quant au sens du verset : « Alors Mardochée passa [vaya’avor] » (Esther 4:17). Rav a dit : Cela signifie qu’il fit du premier jour de Pessa'h un jour de jeûne, comprenant le mot vaya’avor au sens de transgression [aveira], car ce faisant, il transgressa l’obligation de se réjouir pendant la fête. Et Shmuel a dit : Cela signifie qu’il traversa [avar] un ruisseau afin de transmettre le message à tous.
״וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי וַתִּלְבַּשׁ אֶסְתֵּר מַלְכוּת״. ״בִּגְדֵי מַלְכוּת״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מְלַמֵּד שֶׁלְּבָשַׁתָּה רוּחַ הַקֹּדֶשׁ. כְּתִיב הָכָא: ״וַתִּלְבַּשׁ״, וּכְתִיב הָתָם: ״וְרוּחַ לָבְשָׁה אֶת עֲמָשַׂי״.
Le verset déclare : « Et il arriva le troisième jour qu’Esther se revêtit de royauté » (Esther 5:1). La Guemara demande : Il aurait dû dire : Esther se revêtit de vêtements royaux. Rabbi Elazar a dit que Rabbi Ḥanina a dit : Cela enseigne qu’elle se revêtit d’un esprit divin d’inspiration, comme il est écrit ici : « Et elle se revêtit », et il est écrit ailleurs : « Et l’esprit revêtit Amasaï » (I Chroniques 12:19). De même que là-bas il s’agit de l’esprit d’inspiration divine, de même ici, le terme royauté fait référence à l’esprit d’inspiration divine.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: לְעוֹלָם אַל תְּהִי בִּרְכַּת הֶדְיוֹט קַלָּה בְּעֵינֶיךָ, שֶׁהֲרֵי שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר בֵּרְכוּם שְׁנֵי הֶדְיוֹטוֹת, וְנִתְקַיְּימָה בָּהֶן, וְאֵלּוּ הֵן: דָּוִד וְדָנִיֵּאל. דָּוִד — דְּבָרְכֵיהּ אֲרַוְנָה, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֲרַוְנָה אֶל הַמֶּלֶךְ וְגוֹ׳״. דָּנִיאֵל — דְּבָרְכֵיהּ דָּרְיָוֶשׁ, דִּכְתִיב: ״אֱלָהָךְ דִּי אַנְתְּ פָּלַח לֵיהּ בִּתְדִירָא הוּא יְשֵׁיזְבִינָּךְ״.
À propos d’une déclaration que Rabbi Elazar a dite au nom de Rabbi Ḥanina, la Guemara rapporte d’autres déclarations de ce type : Et Rabbi Elazar a en outre dit que Rabbi Ḥanina a dit : On ne doit jamais considérer la bénédiction d’une personne ordinaire [hedyot] comme légère à tes yeux, car deux des grands hommes de leurs générations ont reçu des bénédictions de personnes ordinaires et ces bénédictions se sont accomplies en eux. Et c’étaient David et Daniel. David, car Arauna le bénit, comme il est écrit : « Et Arauna dit au roi, que le Seigneur ton Dieu t’agrée » (II Samuel 24:23), et cela s’est accompli. Daniel, car Darius le bénit, comme il est écrit : « Ton Dieu que tu sers continuellement, c’est Lui qui te délivrera » (Daniel 6:17), et cela aussi s’est accompli lorsque Daniel fut sauvé de la fosse aux lions.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: אֵל תְּהִי קִלְלַת הֶדְיוֹט קַלָּה בְּעֵינֶיךָ, שֶׁהֲרֵי אֲבִימֶלֶךְ קִלֵּל אֶת שָׂרָה ״הִנֵּה הוּא לָךְ כְּסוּת עֵינַיִם״, וְנִתְקַיֵּים בְּזַרְעָהּ: ״וַיְהִי כִּי זָקֵן יִצְחָק וַתִּכְהֶיןָ עֵינָיו״.
Et Rabbi Elazar a en outre dit que Rabbi Ḥanina a dit : On ne doit pas considérer comme légère à tes yeux la malédiction d’une personne ordinaire, car Abimélekh a maudit Sarah, en disant : "Voici, c’est pour toi une couverture des yeux pour tous ceux qui sont avec toi" (Torah 20:16), et en effet cela s’est accompli dans sa descendance, comme il est dit : "Et il arriva que, lorsque Isaac fut vieux, et que ses yeux étaient obscurcis, de sorte qu’il ne pouvait pas voir" (Torah 27:1). La malédiction d’Abimélekh concernant les yeux couverts s’est accomplie par la cécité de son fils Isaac.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וְדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם — אָדָם שׁוֹפֵת קְדֵרָה וְאַחַר כָּךְ נוֹתֵן לְתוֹכָהּ מַיִם, אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא — נוֹתֵן מַיִם וְאַחַר כָּךְ שׁוֹפֵת הַקְּדֵרָה, לְקַיֵּים מַה שֶּׁנֶּאֱמַר: ״לְקוֹל תִּתּוֹ הֲמוֹן מַיִם בַּשָּׁמַיִם״.
Et Rabbi Elazar dit encore que Rabbi Ḥanina a dit : Viens et vois que l’attribut du Saint, béni soit-Il, n’est pas semblable à l’attribut de l’homme de chair et de sang ; car tel est l’attribut de la chair et du sang : un homme place la marmite sur le feu puis y met l’eau. Cependant, le Saint, béni soit-Il, d’abord met l’eau puis place la marmite sur le feu, afin d’accomplir ce qui est énoncé : « Au son de Son don d’une multitude d’eaux dans les cieux » (Jérémie 10:13), ce qu’il explique ainsi : D’abord Dieu mit en place les multitudes d’eau, et ensuite Il créa les cieux pour contenir l’eau.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: כׇּל הָאוֹמֵר דָּבָר בְּשֵׁם אוֹמְרוֹ מֵבִיא גְּאוּלָּה לָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתֹּאמֶר אֶסְתֵּר לַמֶּלֶךְ בְּשֵׁם מׇרְדֳּכָי״.
Et Rabbi Elazar dit en outre que Rabbi Ḥanina a dit : Quiconque rapporte un enseignement au nom de celui qui l’a dit apporte la rédemption au monde. Comme il est dit au sujet de l’incident de Bigthan et Teresh : « Et Esther le rapporta au roi au nom de Mardochée » (Esther 2:22), et cela finit par apporter la rédemption, car Mardochée fut ensuite récompensé pour avoir sauvé la vie du roi, ouvrant ainsi la voie au salut miraculeux.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: צַדִּיק אָבָד — לְדוֹרוֹ אָבַד. מָשָׁל לְאָדָם שֶׁאָבְדָה לוֹ מַרְגָּלִית, כׇּל מָקוֹם שֶׁהִיא — מַרְגָּלִית שְׁמָהּ, לֹא אָבְדָה אֶלָּא לְבַעְלָהּ.
Et Rabbi Elazar a en outre dit que Rabbi Ḥanina a dit : Lorsqu’un homme juste quitte ce monde et est perdu, il n’est perdu que pour le reste de sa génération, qui est désormais privée de lui, et non pour le juste lui-même. Cela est semblable à un homme qui a perdu une perle. La perle ne se soucie pas d’être perdue, car où qu’elle se trouve, elle est toujours une perle ; elle n’est perdue que pour son propriétaire.
״וְכׇל זֶה אֵינֶנּוּ שֹׁוֶה לִי״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: בְּשָׁעָה שֶׁרָאָה הָמָן אֶת מׇרְדֳּכַי יוֹשֵׁב בְּשַׁעַר הַמֶּלֶךְ, אָמַר: ״כׇּל זֶה אֵינוֹ שֹׁוֶה לִי״. כִּדְרַב חִסְדָּא, דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: זֶה בָּא בִּפְרוֹזְבּוּלֵי וְזֶה בָּא
Haman dit : « Pourtant, tout cela ne me sert à rien » (Esther 5:13). Rabbi Elazar dit que Rabbi Ḥanina a dit : Lorsque Haman vit Mardochée assis à la porte du roi, il dit : Pourtant, tout cela ne me sert à rien. Cela peut être compris comme l’a suggéré Rav Ḥisda, car Rav Ḥisda a dit : Celui-ci, Mardochée, est venu comme quelqu’un portant l’héritage d’un homme riche [perozebuli], tandis que celui-là, Haman, est venu

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