דְּלָא קַטְלֵיהּ דָּוִד לְשִׁמְעִי, דְּאִתְיְלִיד מִינֵּיהּ מָרְדֳּכַי דְּמִיקַּנֵּי בֵּיהּ הָמָן. וּמָה שִׁילֵּם לִי יְמִינִי — דְּלָא קַטְלֵיהּ שָׁאוּל לַאֲגָג, דְּאִתְיְלִיד מִינֵּיהּ הָמָן דִּמְצַעַר לְיִשְׂרָאֵל.
la responsabilité de Juda, tout comme David n’a pas tué Shimeï, bien qu’il fût passible de la peine de mort. Les graves conséquences de cet échec comprenaient le fait que Mardochée est né de lui, et c’est lui qu’Haman jalousait, ce qui a conduit Haman à publier un décret contre tout le peuple juif. Et comment un Benjaminite m’a rendu la pareille fait référence au fait que Saül, qui était de la tribu de Benjamin, n’a pas tué le roi amalécite Agag immédiatement, de qui Haman est plus tard né, et il a causé de la souffrance au peuple juif.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לְעוֹלָם מִבִּנְיָמִן קָאָתֵי, וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״יְהוּדִי״? עַל שׁוּם שֶׁכָּפַר בָּעֲבוֹדָה זָרָה. שֶׁכׇּל הַכּוֹפֵר בַּעֲבוֹדָה זָרָה נִקְרָא ״יְהוּדִי״, כְּדִכְתִיב: ״אִיתַי גּוּבְרִין יְהוּדָאיִן וְגוֹ׳״.
Rabbi Yoḥanan a donné une explication différente du verset : En réalité, Mardochée venait de la tribu de Benjamin. Pourquoi, alors, était-il appelé Yehudi ? En raison du fait qu’il a répudié l’idolâtrie, car quiconque répudie l’idolâtrie est appelé Yehudi. Cela est compris ici au sens de yiḥudi, quelqu’un qui proclame l’unicité de Dieu, comme il est écrit : « Il y a certains Juifs [Yehuda’in] que tu as établis sur les affaires de la province de Babylone, Shadrak, Méshak et Abed-Nego ; ces hommes, ô roi, ne t’ont pas prêté attention : ils ne servent pas tes dieux et n’adorent pas la statue d’or que tu as dressée » (Daniel 3:12). Ces trois individus étaient en réalité Hanania, Mishaël et Azaria, qui n’étaient pas tous de la tribu de Juda, mais sont appelés Yehuda’in parce qu’ils ont répudié l’idolâtrie.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי, כִּי הֲוָה פָּתַח בְּדִבְרֵי הַיָּמִים, אָמַר הָכִי: כׇּל דְּבָרֶיךָ אֶחָד הֵם, וְאָנוּ יוֹדְעִין לְדוֹרְשָׁן. ״וְאִשְׁתּוֹ הַיְהוּדִיָּה יָלְדָה אֶת יֶרֶד אֲבִי גְדוֹר וְאֶת חֶבֶר אֲבִי שׂוֹכוֹ וְאֶת יְקוּתִיאֵל אֲבִי זָנוֹחַ וְאֵלֶּה בְּנֵי בִּתְיָה בַת פַּרְעֹה אֲשֶׁר לָקַח מָרֶד״.
§ Accessoirement à l’exposé du mot Yehudi comme désignant quelqu’un qui répudie l’idolâtrie, la Guemara rapporte que, lorsque Rabbi Shimon ben Pazi introduisit son exposé du livre des Chroniques, il s’adressa au livre des Chroniques et dit ce qui suit : Toutes tes paroles ne font qu’une, et nous savons comment les exposer. Cette introduction faisait référence au fait que le livre des Chroniques ne peut pas toujours être interprété littéralement, mais requiert un exposé, car un même individu peut être appelé par plusieurs noms différents, comme dans le verset suivant : « Et sa femme HaYehudiyya enfanta Jered, père de Gedor, et Héber, père de Soco, et Jekuthiel, père de Zanoah. Et ce sont là les fils de Bithiah, fille de Pharaon, que Mered prit » (I Chroniques 4:18).
אַמַּאי קָרֵי לַהּ ״יְהוּדִיָּה״ — עַל שׁוּם שֶׁכָּפְרָה בַּעֲבוֹדָה זָרָה, דִּכְתִיב: ״וַתֵּרֶד בַּת פַּרְעֹה לִרְחוֹץ עַל הַיְאוֹר״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁיָּרְדָה לִרְחוֹץ מִגִּילּוּלֵי בֵּית אָבִיהָ.
Pourquoi elle, dont il est dit à la fin du verset qu’elle était Bithiah, la fille de Pharaon, est-elle appelée Yehudiyya ? Parce qu’elle a renié l’idolâtrie, comme il est écrit : « Et la fille de Pharaon descendit pour se laver dans le fleuve » (Exode 2:5), et Rabbi Yoḥanan a dit : Elle descendit pour se laver et se purifier des idoles de la maison de son père.
״יָלְדָה״? וְהָא רַבּוֹיֵי רַבִּיתֵיהּ! לוֹמַר לְךָ שֶׁכׇּל הַמְגַדֵּל יָתוֹם וִיתוֹמָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ יְלָדוֹ.
La Guemara comprend que tous les noms mentionnés dans le verset comme les enfants de la fille de Pharaon se rapportent à Moïse, comme elle l’expliquera bientôt. La Guemara demande : la fille de Pharaon a mis au monde Moïse ? Mais ne l’a-t-elle pas simplement élevé ? Au contraire, cela t’enseigne que, en ce qui concerne quiconque élève dans sa maison un garçon ou une fille orphelins, le verset lui en attribue le mérite comme s’il l’avait mis au monde.
״יֶרֶד״ זֶה מֹשֶׁה, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ ״יֶרֶד״? שֶׁיָּרַד לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל מָן בְּיָמָיו. ״גְּדוֹר״ — שֶׁגָּדַר פִּרְצוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל. ״חֶבֶר״ — שֶׁחִיבֵּר אֶת יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶן שֶׁבַּשָּׁמַיִם. ״סוֹכוֹ״ — שֶׁנַּעֲשָׂה לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל כְּסוּכָּה. ״יְקוּתִיאֵל״ — שֶׁקִּוּוּ יִשְׂרָאֵל לָאֵל בְּיָמָיו. ״זָנוֹחַ״ — שֶׁהִזְנִיחַ עֲוֹנוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל.
La Guemara explique comment tous les noms se réfèrent en réalité à Moïse : « Jered » ; c’est Moïse, et pourquoi l’appelait-on Jered ? Parce que la manne est descendue [yarad] pour le peuple juif à son époque. Il fut aussi appelé « Gedor » parce qu’il a clôturé [gadar] les brèches du peuple juif. Il fut appelé « Heber » parce qu’il a relié [ḥibber] le peuple juif à leur Père dans les Cieux. Il fut appelé « Soco » parce qu’il était pour le peuple juif comme un abri [sukka] et un bouclier. Il fut appelé « Jekuthiel » parce que le peuple juif a eu confiance en Dieu [kivu laEl] à son époque. Enfin, il fut appelé « Zanoah » parce qu’il fit en sorte que les iniquités du peuple juif soient ignorées [hizniaḥ].
״אֲבִי״ ״אֲבִי״ ״אֲבִי״ — אָב בַּתּוֹרָה, אָב בְּחׇכְמָה, אָב בִּנְבִיאוּת.
La Guemara note que les mots « père de » apparaissent trois fois dans ce même verset : « Et sa femme Hajehudijah enfanta Jered, le père de Gedor, et Héber, le père de Soco, et Jekuthiel, le père de Zanoah. » Cela enseigne que Moïse fut un père pour tout le peuple juif à trois égards : un père en Torah, un père en sagesse, et un père en prophétie.
״וְאֵלֶּה בְּנֵי בִּתְיָה אֲשֶׁר לָקַח מָרֶד״, וְכִי מֶרֶד שְׁמוֹ? וַהֲלֹא כָּלֵב שְׁמוֹ! אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: יָבֹא כָּלֵב שֶׁמָּרַד בַּעֲצַת מְרַגְּלִים, וְיִשָּׂא אֶת בַּת פַּרְעֹה שֶׁמָּרְדָה בְּגִלּוּלֵי בֵּית אָבִיהָ.
Le verset susmentionné déclare : « Et voici les fils de Bithia, fille de Pharaon, que Mered prit. » La Guemara demande : Le mari de Bithia s’appelait-il Mered ? Son nom n’était-il pas Caleb ? En réalité, le verset fait allusion à la raison pour laquelle Caleb épousa Bithia. Le Saint, béni soit-Il, dit : Que vienne Caleb, qui s’est rebellé [marad] contre le conseil des espions, et qu’il épouse la fille de Pharaon, qui s’est rebellée contre les idoles de la maison de son père.
״אֲשֶׁר הׇגְלָה מִירוּשָׁלַיִם״, אָמַר רָבָא: שֶׁגָּלָה מֵעַצְמוֹ.
§ La Guemara reprend son explication du livre d’Esther. Le verset déclare au sujet de Mardochée : « Qui avait été exilé de Jérusalem » (Esther 2:6). Rava a dit : Cette formulation indique qu’il est parti en exil de son plein gré, et non parce qu’il a été forcé de quitter Jérusalem. Il savait qu’il serait nécessaire à ceux qui étaient en exil, et il a donc quitté Jérusalem en toute conscience afin de répondre aux besoins de son peuple.
״וַיְהִי אוֹמֵן אֶת הֲדַסָּה״, קָרֵי לַהּ ״הֲדַסָּה״ וְקָרֵי לַהּ ״אֶסְתֵּר״? תַּנְיָא, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֶסְתֵּר שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ הֲדַסָּה — עַל שֵׁם הַצַּדִּיקִים שֶׁנִּקְרְאוּ הֲדַסִּים. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְהוּא עוֹמֵד בֵּין הַהֲדַסִּים״.
Le verset déclare : « Et il avait élevé Hadassa, c’est-à-dire Esther » (Esther 2:7). Elle est appelée « Hadassa » et elle est appelée « Esther ». Quel était son véritable nom ? Il est enseigné dans une baraita que les Sages divergeaient quant à savoir lequel était en fait son nom et lequel était une description : Rabbi Meïr dit : Esther était son vrai nom. Pourquoi alors l’appelait-on Hadassa ? En raison des justes, qui sont appelés myrtes [hadassim], comme il est dit : « Et il se tenait parmi les myrtes [hahadassim] » (Zacharie 1:8).
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הֲדַסָּה שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרֵאת שְׁמָהּ אֶסְתֵּר? עַל שֵׁם שֶׁהָיְתָה מַסְתֶּרֶת דְּבָרֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵין אֶסְתֵּר מַגֶּדֶת אֶת עַמָּהּ וְגוֹ׳״.
Rabbi Yehouda n’est pas d’accord et dit : Hadassa était son véritable nom. Pourquoi alors l’appelait-on Esther ? Parce qu’elle a dissimulé [masteret] la vérité sur elle-même, comme il est dit : « Esther n’avait pas encore fait connaître sa parenté ni son peuple » (Esther 2:20).
רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: הֲדַסָּה שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרֵאת אֶסְתֵּר? שֶׁהָיוּ אוּמּוֹת הָעוֹלָם קוֹרִין אוֹתָהּ עַל שׁוּם אִסְתַּהַר. בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: אֶסְתֵּר, לֹא אֲרוּכָּה וְלֹא קְצָרָה הָיְתָה, אֶלָּא בֵּינוֹנִית כַּהֲדַסָּה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אָמַר: אֶסְתֵּר — יְרַקְרוֹקֶת הָיְתָה, וְחוּט שֶׁל חֶסֶד מָשׁוּךְ עָלֶיהָ.
Rabbi Neḥemya est d’accord et dit : Hadassa était son véritable nom. Pourquoi donc l’appelait-on Esther ? C’était son nom non hébraïque, car, en raison de sa beauté, les nations du monde l’appelaient du nom d’Istahar, Vénus. Ben Azzai dit : Esther n’était ni grande ni petite, mais de taille moyenne comme un myrte, et c’est pourquoi on l’appelait Hadassa, le nom hébreu ressemblant à ce myrte. Rabbi Yehoshua ben Korḥa a dit : Esther était appelée Hadassa parce qu’elle était verdâtre, ayant un teint pâle comme un myrte, mais un cordon de grâce divine était tendu autour d’elle, lui conférant une belle apparence.
״כִּי אֵין לָהּ אָב וָאֵם״ — ״וּבְמוֹת אָבִיהָ וְאִמָּהּ״ לְמָה לִי? אָמַר רַב אַחָא: עִיבְּרַתָּה — מֵת אָבִיהָ, יְלָדַתָּה — מֵתָה אִמָּהּ.
Le verset déclare d’abord au sujet d’Esther : « Car elle n’avait ni père ni mère » (Esther 2:7). Pourquoi faut-il qu’il soit dit dans la suite du verset : « Et lorsque son père et sa mère furent morts, Mardochée la prit pour sa propre fille » ? Rav Aḥa a dit : Cette répétition indique que lorsque sa mère tomba enceinte d’elle, son père mourut, et lorsqu’elle lui donna naissance, sa mère mourut, de sorte qu’elle n’eut ni mère ni père, pas même un seul jour.
״וּבְמוֹת אָבִיהָ וְאִמָּהּ לְקָחָהּ מׇרְדֳּכַי לוֹ לְבַת״, תָּנָא מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: אַל תִּקְרֵי ״לְבַת״ אֶלָּא לְבַיִת. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְלָרָשׁ אֵין כֹּל כִּי אִם כִּבְשָׂה אַחַת קְטַנָּה אֲשֶׁר קָנָה וַיְחַיֶּהָ וַתִּגְדַּל עִמּוֹ וְעִם בָּנָיו יַחְדָּו מִפִּתּוֹ תֹאכַל וּמִכּוֹסוֹ תִשְׁתֶּה וּבְחֵיקוֹ תִשְׁכָּב וַתְּהִי לוֹ כְּבַת״, מִשּׁוּם דִּבְחֵיקוֹ תִשְׁכָּב הֲווֹת לֵיהּ (לְבַת)? אֶלָּא — (לְבַיִת) הָכִי נָמֵי לְבַיִת.
Le verset déclare : « Et lorsque son père et sa mère furent morts, Mardochée la prit pour sa propre fille » (Esther 2:7). Un tanna a enseigné une baraita au nom de Rabbi Meir : Ne lis pas le verset littéralement comme pour fille [bat], mais plutôt lis-le comme pour foyer [bayit]. Cela indique que Mardochée prit Esther pour épouse. Et ainsi il est dit : « Mais le pauvre n’avait rien, sauf une petite brebis, qu’il avait achetée et élevée ; et elle grandit avec lui et avec ses enfants ; elle mangeait de son pain, buvait de sa coupe, couchait dans son sein, et elle était comme une fille [kevat] pour lui » (II Samuel 12:3). La Guemara demande : Parce qu’elle couchait dans son sein, elle “était comme une fille pour lui” ? Plutôt, la parabole dans II Samuel faisait référence à la prise illicite de la femme d’un autre, et l’expression doit être lue ainsi : Comme un foyer [bayit] pour lui, c’est-à-dire une épouse. De même ici, Mardochée la prit pour foyer, c’est-à-dire pour épouse.
״וְאֵת שֶׁבַע הַנְּעָרוֹת וְגוֹ׳״. אָמַר רָבָא: שֶׁהָיְתָה מוֹנָה בָּהֶן יְמֵי שַׁבָּת. ״וַיְשַׁנֶּהָ וְאֶת נַעֲרוֹתֶיהָ וְגוֹ׳״. אָמַר רַב: שֶׁהֶאֱכִילָהּ מַאֲכָל יְהוּדִי.
Le verset déclare : « Et les sept jeunes filles » choisies pour lui être données de la maison du roi » (Esther 2:9). Rava a dit : Elle faisait en sorte qu’une servante distincte la serve chaque jour, et comptait grâce à elles les jours de la semaine, afin de toujours savoir quand c’était Chabbat. Le verset continue : « Et il la fit avancer, elle et ses jeunes filles » vers le meilleur endroit dans la maison des femmes. Rav a dit : L’avancement dans le verset indique qu’il lui donnait de la nourriture des Juifs, c’est-à-dire de la nourriture casher.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: שֶׁהֶאֱכִילָהּ קְדָלֵי דַחֲזִירֵי.
Et Shmuel dit une interprétation alternative : l’avancée était un acte bien intentionné, en ce qu’il la nourrissait de cuisses de truie, pensant qu’elle considérerait cela comme un mets délicat, alors qu’en réalité elles n’étaient pas casher.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: זֵרְעוֹנִים, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וַיְהִי הַמֶּלְצַר נוֹשֵׂא אֶת פַּת בָּגָם וְנוֹתֵן לָהֶם זֵרְעוֹנִים״.
Et Rabbi Yoḥanan dit une troisième explication : Il lui donna des légumes, qui ne posaient pas de problème au regard des lois de la cacherout. Et ainsi est-il dit au sujet de la bonté faite à Daniel et à ses compagnons : « Alors l’intendant retira leur nourriture et le vin qu’ils devaient boire ; et il leur donna des légumes » (Daniel 1:16).
״שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים בְּשֶׁמֶן הַמּוֹר״. מַאי ״שֶׁמֶן הַמּוֹר״? רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר: סְטָכַת, רַב הוּנָא אָמַר: שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ. תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַנְפָּקִינוֹן — שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ, וְלָמָּה סָכִין אוֹתוֹ — שֶׁמַּשִּׁיר אֶת הַשֵּׂיעָר וּמְעַדֵּן אֶת הַבָּשָׂר.
Le verset déclare : « Six mois avec de l’huile de myrrhe » (Esther 2:12). La Guemara demande : Qu’est-ce que « l’huile de myrrhe » ? Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit : C’est l’huile aromatique appelée stacté. Rav Houna a dit : C’est une huile cosmétique dérivée d’olives qui n’ont pas encore atteint un tiers de leur croissance. De même, il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehouda dit : Anpakinon est l’huile d’olives qui n’ont pas atteint un tiers de leur croissance. Et pourquoi en enduit-on le corps ? Parce qu’elle enlève les poils et adoucit la peau.
״בָּעֶרֶב הִיא בָאָה וּבַבֹּקֶר הִיא שָׁבָה״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִגְּנוּתוֹ שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע לָמַדְנוּ שִׁבְחוֹ, שֶׁלֹּא הָיָה מְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ בַּיּוֹם.
Le verset déclare : « Le soir elle venait, et le matin elle retournait » (Esther 2:14). Rabbi Yoḥanan a dit : De la critique implicite de cet homme méchant, Assuérus, qui cohabitait avec de nombreuses femmes, nous avons incidemment appris aussi son éloge, à savoir qu’il n’avait pas de relations sexuelles pendant la journée, mais d’une manière plus pudique la nuit.
״וַתְּהִי אֶסְתֵּר נֹשֵׂאת חֵן״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מְלַמֵּד שֶׁלְּכׇל אֶחָד וְאֶחָד נִדְמְתָה לוֹ כְּאוּמָּתוֹ. ״וַתִּלָּקַח אֶסְתֵּר אֶל הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ אֶל בֵּית מַלְכוּתוֹ בַּחֹדֶשׁ הָעֲשִׂירִי הוּא חֹדֶשׁ טֵבֵת״, יֶרַח שֶׁנֶּהֱנֶה גּוּף מִן הַגּוּף.
Le verset déclare : « Et Esther obtint faveur aux yeux de tous ceux qui la regardaient » (Esther 2:15). Rabbi Elazar dit : Cela enseigne qu’elle apparaissait à chacun comme si elle était membre de sa propre nation, et c’est pourquoi elle obtint faveur aux yeux de tous. Le verset suivant déclare : « Ainsi Esther fut amenée au roi Assuérus dans sa maison royale au dixième mois, qui est le mois de Tévet » (Esther 2:16). Ce fut par un acte de providence divine qu’Esther fut amenée à Assuérus pendant un mois froid d’hiver, au cours duquel le corps prend plaisir à la chaleur d’un autre corps, et c’est pourquoi elle trouva faveur à ses yeux.
״וַיֶּאֱהַב הַמֶּלֶךְ אֶת אֶסְתֵּר מִכׇּל הַנָּשִׁים וַתִּשָּׂא חֵן וָחֶסֶד לְפָנָיו מִכׇּל הַבְּתוּלוֹת״, אָמַר רַב: בִּיקֵּשׁ לִטְעוֹם טַעַם בְּתוּלָה — טָעַם, טַעַם בְּעוּלָה — טָעַם.
Le verset déclare : « Le roi aima Esther plus que toutes les femmes, et elle obtint grâce et faveur à ses yeux plus que toutes les vierges » (Esther 2:17). Rav a dit : Ce double langage indique que, si il voulait goûter en elle le goût d’une vierge pendant le rapport sexuel, il le goûtait ; et s’il voulait éprouver le goût d’une non-vierge, il le goûtait ; et c’est pourquoi il l’aimait plus que toutes les autres femmes.
״וַיַּעַשׂ הַמֶּלֶךְ מִשְׁתֶּה גָדוֹל״. עֲבַד מִשְׁתְּיָא וְלָא גַּלְּיָא לֵיהּ, דַּלִּי כְּרָגָא וְלָא גַּלְּיָא לֵיהּ, שַׁדַּר פַּרְדִּישְׁנֵי וְלָא גַּלְּיָא לֵיהּ.
Le verset déclare : « Alors le roi fit un grand festin pour tous ses princes et ses serviteurs, le festin d’Esther » (Esther 2:18). La Guemara explique que cela faisait partie d’une tentative pour amener Esther à révéler sa véritable identité. Il fit un grand festin en son honneur, mais elle ne révéla pas son identité à lui. Il réduisit les impôts [karga] en son nom, mais malgré cela elle ne révéla pas cela à lui. Il envoya des cadeaux [pardishenei] aux ministres en son nom, mais même ainsi elle ne révéla pas cela à lui.
״וּבְהִקָּבֵץ בְּתוּלוֹת שֵׁנִית וְגוֹ׳״. אֲזַיל שְׁקַל עֵצָה מִמָּרְדֳּכַי, אֲמַר: אֵין אִשָּׁה מִתְקַנְּאָה אֶלָּא בְּיֶרֶךְ חֲבֶירְתָּהּ, וַאֲפִילּוּ הָכִי לָא גַּלְּיָא לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״אֵין אֶסְתֵּר מַגֶּדֶת מוֹלַדְתָּהּ וְגוֹ׳״.
Le verset déclare : « Et lorsque les vierges furent rassemblées une seconde fois, et Mardochée était assis à la porte du roi » (Esther 2:19). La Guemara explique : la raison pour laquelle Assuérus rassembla les femmes était qu’il alla et demanda conseil à Mardochée sur ce qu’il devait faire pour amener Esther à révéler son identité. Mardochée lui dit : En règle générale, une femme n’est jalouse que de la cuisse d’une autre femme. Par conséquent, tu devrais prendre pour toi des femmes supplémentaires. Mais malgré cela, elle ne lui révéla pas ses origines, comme il est écrit : « Esther n’avait pas encore fait connaître sa parenté ni son peuple » (Esther 2:20).
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, מַאי דִּכְתִיב:
§ Rabbi Elazar a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit :