בְּבוּצִינֵי.
avec des courgettes, indiquant que souvent un homme et sa femme accomplissent des actions similaires.
״בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי כְּטוֹב לֵב הַמֶּלֶךְ בַּיָּיִן״. אַטּוּ עַד הַשְׁתָּא לָא טָב לִבֵּיהּ בְּחַמְרָא? אֲמַר רָבָא: יוֹם הַשְּׁבִיעִי שַׁבָּת הָיָה. שֶׁיִּשְׂרָאֵל אוֹכְלִין וְשׁוֹתִין — מַתְחִילִין בְּדִבְרֵי תוֹרָה וּבְדִבְרֵי תִשְׁבָּחוֹת. אֲבָל אוּמּוֹת הָעוֹלָם שֶׁאוֹכְלִין וְשׁוֹתִין — אֵין מַתְחִילִין אֶלָּא בְּדִבְרֵי תִיפְלוּת.
Le verset déclare : « Le septième jour, lorsque le cœur du roi était réjoui par le vin » (Esther 1:10). La Guemara demande : Cela veut-il dire que jusqu’à présent son cœur n’était pas réjoui par le vin ? A-t-il fallu sept jours pour qu’il parvienne à la joie ? Rava dit : Le septième jour était le Shabbat, moment où la différence entre le peuple juif et les nations est la plus apparente. Le Shabbat, lorsque le peuple juif mange et boit, il commence par s’occuper de paroles de Torah et de paroles de louange envers Dieu. Mais les nations du monde, lorsqu’elles mangent et boivent, elles ne commencent qu’avec des paroles de débauche.
וְכֵן בִּסְעוּדָּתוֹ שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע, הַלָּלוּ אוֹמְרִים: מָדִיּוֹת נָאוֹת, וְהַלָּלוּ אוֹמְרִים: פָּרְסִיּוֹת נָאוֹת. אָמַר לָהֶם אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ: כְּלִי שֶׁאֲנִי מִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ, אֵינוֹ לֹא מָדִיִּי וְלֹא פָּרְסִי אֶלָּא כַּשְׂדִּיִּי, רְצוֹנְכֶם לִרְאוֹתָהּ? אָמְרוּ לוֹ: אִין, וּבִלְבַד שֶׁתְּהֵא עֲרוּמָּה.
La Guemara continue de détailler ce qui s’est produit au festin. De même, au festin de cet homme méchant, Assuérus, lorsque les hommes commencèrent à converser, certains dirent : Les femmes mèdes sont les plus belles, tandis que d’autres dirent : Les femmes perses sont les plus belles. Assuérus leur dit : Le récipient que j’utilise, c’est-à-dire mon épouse, n’est ni mède ni perse, mais plutôt chaldéenne. Souhaitez-vous la voir ? Ils lui dirent : Oui, à condition qu’elle soit nue, car nous voulons la voir sans aucun ornement supplémentaire.
שֶׁבַּמִּדָּה שֶׁאָדָם מוֹדֵד — בָּהּ מוֹדְדִין לוֹ, מְלַמֵּד שֶׁהָיְתָה וַשְׁתִּי הָרְשָׁעָה מְבִיאָה בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל וּמַפְשִׁיטָתָן עֲרוּמּוֹת וְעוֹשָׂה בָּהֶן מְלָאכָה בְּשַׁבָּת. הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה כְּשׁוֹךְ חֲמַת הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ זָכַר אֶת וַשְׁתִּי וְאֵת אֲשֶׁר עָשָׂתָה וְאֵת אֲשֶׁר נִגְזַר עָלֶיהָ״, כְּשֵׁם שֶׁעָשָׂתָה — כָּךְ נִגְזַר עָלֶיהָ.
La Guemara commente : Vachti fut punie de cette manière humiliante, car c’est avec la mesure dont une personne mesure les autres qu’elle est elle-même mesurée. En d’autres termes, Dieu punit les individus en fonction de leurs transgressions, mesure pour mesure. Cela enseigne que la méchante Vachti prenait les filles d’Israël, les déshabillait complètement et les faisait travailler pendant le Chabbat. C’est pourquoi il fut décrété qu’elle soit amenée devant le roi nue, le Chabbat. C’est comme il est écrit : « Après ces choses, lorsque la colère du roi Assuérus se fut apaisée, il se souvint de Vachti, de ce qu’elle avait fait, et de ce qui avait été décrété contre elle » (Esther 2:1). C’est-à-dire que, de même qu’elle avait fait aux jeunes femmes juives, ainsi fut-il décrété pour elle.
״וַתְּמָאֵן הַמַּלְכָּה וַשְׁתִּי״. מִכְּדֵי פְּרִיצְתָּא הֲוַאי, דְּאָמַר מָר: שְׁנֵיהֶן לִדְבַר עֲבֵירָה נִתְכַּוְּונוּ, מַאי טַעְמָא לָא אֲתַאי? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: מְלַמֵּד שֶׁפָּרְחָה בָּהּ צָרַעַת. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: [בָּא גַּבְרִיאֵל וְעָשָׂה לָהּ זָנָב].
Le verset déclare : « Mais la reine Vashti refusa de venir » (Esther 1:12). La Guemara demande : Puisqu’elle était impudique, comme le Maître l’a dit plus haut : Toutes deux avaient des intentions fautives, quelle est la raison pour laquelle elle n’est pas venue ? Rabbi Yosei bar Ḥanina a dit : Cela enseigne qu’elle fut frappée de lèpre, et elle avait donc honte de s’exposer en public. Une autre raison de sa honte a été enseignée dans une baraita : L’ange Gabriel vint et lui fit une queue.
״וַיִּקְצֹף הַמֶּלֶךְ מְאֹד״. אַמַּאי דְּלַקָה בֵּיהּ כּוּלֵּי הַאי? אָמַר רָבָא, שְׁלַחָה לֵיהּ: בַּר אַהוּרְיָירֵיהּ דְּאַבָּא, אַבָּא לָקֳבֵל אַלְפָּא חַמְרָא שָׁתֵי וְלָא רָוֵי, וְהָהוּא גַּבְרָא אִשְׁתַּטִּי בְּחַמְרֵיהּ, מִיָּד: ״וַחֲמָתוֹ בָּעֲרָה בוֹ״.
Le verset continue : « C’est pourquoi le roi fut très irrité, et sa colère s’enflamma en lui » (Esther 1:12). La Guemara demande : Pourquoi sa colère s’enflamma-t-elle en lui à ce point simplement parce qu’elle ne voulait pas venir ? Rava dit : Vachti ne s’est pas seulement refusée à venir, elle lui a aussi envoyé un message par l’intermédiaire d’un messager : Toi, fils du palefrenier de mon père [ahuriyyarei]. Belschatsar, mon père, a bu du vin devant mille hommes sans s’enivrer, comme le verset de Daniel (5:1) en témoigne à son sujet : « Le roi Belschatsar fit un grand festin pour mille de ses grands et but du vin devant les mille » ; et cet homme-là, désignant par euphémisme Assuérus lui-même, est devenu insensé à cause de son vin. En raison de son audace, immédiatement « sa colère s’enflamma en lui » (Esther 1:12).
״וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ לַחֲכָמִים״, מַאן חֲכָמִים — רַבָּנַן. ״יוֹדְעֵי הָעִתִּים״ — שֶׁיּוֹדְעִין לְעַבֵּר שָׁנִים וְלִקְבּוֹעַ חֳדָשִׁים. אֲמַר לְהוּ: דַּיְּינוּהָ לִי. אֲמַרוּ: הֵיכִי נַעֲבֵיד? נֵימָא לֵיהּ: קִטְלַהּ, לִמְחַר פָּסֵיק לֵיהּ חַמְרֵיהּ וּבָעֵי לַהּ מִינַּן. נֵימָא לֵיהּ: שִׁבְקַהּ — קָא מְזַלְזְלָה בְּמַלְכוּתָא, אָמְרוּ לוֹ: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וְגָלִינוּ מֵאַרְצֵנוּ, נִיטְּלָה עֵצָה מִמֶּנּוּ וְאֵין אָנוּ יוֹדְעִין לָדוּן דִּינֵי נְפָשׁוֹת. זִיל לְגַבֵּי עַמּוֹן וּמוֹאָב דְּיָתְבִי בְּדוּכְתַּיְיהוּ כְּחַמְרָא דְּיָתֵיב עַל דּוּרְדְּיֵיהּ.
Le verset suivant déclare : « Alors le roi dit aux sages, qui connaissaient les temps » (Esther 1:13). La Guemara demande : Qui sont ces sages ? Ces sages sont les Sages du peuple juif, que l’on appelle « ceux qui connaissaient les temps », car ils savent comment intercaler les années et fixer les mois du calendrier juif. Assuérus leur dit : Jugez-la pour moi. Les Sages dirent dans leur cœur : Que devons-nous faire ? Si nous lui disons : Tuez-la, demain il redeviendra sobre et viendra alors nous la réclamer. Si nous lui disons : Laissez-la, elle a méprisé la royauté, et cela ne peut être toléré. Par conséquent, ils décidèrent de ne pas juger l’affaire, et ils lui dirent ce qui suit : Depuis le jour où le Temple a été détruit et où nous avons été exilés de notre terre, le conseil et le discernement nous ont été retirés, et nous ne savons pas comment juger les affaires capitales, car elles sont exceptionnellement difficiles. Va vers les peuples de Ammon et de Moab, qui sont restés durablement établis à leur place comme du vin reposant sur sa lie, et ainsi leurs esprits sont eux aussi posés.
וְטַעְמָא אֲמַרוּ לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״שַׁאֲנַן מוֹאָב מִנְּעוּרָיו וְשׁוֹקֵט הוּא אֶל שְׁמָרָיו וְלֹא הוּרַק מִכְּלִי אֶל כֶּלִי וּבַגּוֹלָה לֹא הָלָךְ עַל כֵּן עָמַד טַעְמוֹ בּוֹ וְרֵיחוֹ לֹא נָמָר״, מִיָּד: ״וְהַקָּרוֹב אֵלָיו כַּרְשְׁנָא שֵׁתָר אַדְמָתָא תַרְשִׁישׁ״.
Et ils ont avancé une bonne raison lorsqu’ils lui parlèrent, car ils ont prouvé que celui qui demeure en place conserve son raisonnement : Car il est écrit : “Moab a été tranquille depuis sa jeunesse, il reposait sur sa lie, il n’a pas été transvasé de vase en vase, et il n’est pas allé en exil ; c’est pourquoi son goût est resté en lui, et son parfum n’a pas changé” (Jérémie 48:11). Assuérus immédiatement suivit leur conseil et consulta ses conseillers, comme il est écrit : “Et auprès de lui se trouvaient Carshena, Shethar, Admatha, Tarsis, Merès, Marsena et Memucan” (Esther 1:14).
אָמַר רַבִּי לֵוִי: כׇּל פָּסוּק זֶה עַל שׁוּם קׇרְבָּנוֹת נֶאֱמַר.
Rabbi Lévi a dit : Tout ce verset qui énumère les noms des conseillers du roi est énoncé à cause des offrandes. Chaque nom fait allusion à un aspect du service sacrificiel qui était propre au peuple juif, et que les anges de service ont mentionné comme mérite pour le peuple juif.
״כַּרְשְׁנָא״ — אָמְרוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, כְּלוּם הִקְרִיבוּ לְפָנֶיךָ כָּרִים בְּנֵי שָׁנָה כְּדֶרֶךְ שֶׁהִקְרִיבוּ יִשְׂרָאֵל לְפָנֶיךָ? ״שֵׁתָר״ — כְּלוּם הִקְרִיבוּ לְפָנֶיךָ שְׁתֵּי תוֹרִין? ״אַדְמָתָא״ — כְּלוּם בָּנוּ לְפָנֶיךָ מִזְבֵּחַ אֲדָמָה? ״תַּרְשִׁישׁ״ — כְּלוּם שִׁימְּשׁוּ לְפָנֶיךָ בְּבִגְדֵי כְהוּנָּה דִּכְתִיב בְּהוּ ״תַּרְשִׁישׁ וְשֹׁהַם וְיָשְׁפֵה״? ״מֶרֶס״ — כְּלוּם מֵירְסוּ בְּדָם לְפָנֶיךָ? ״מַרְסְנָא״ — כְּלוּם מֵירְסוּ בִּמְנָחוֹת לְפָנֶיךָ? ״מְמוּכָן״ — כְּלוּם הֵכִינוּ שֻׁלְחָן לְפָנֶיךָ?
« Carshena » ; les anges serviteurs dirent devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, est-ce que les gentils ont jamais offert devant Toi des agneaux [karim] de la première année [shana], comme le peuple juif en a offert devant Toi ? « Shethar » ; ont-ils jamais offert devant Toi deux tourterelles [shetei torim] ? « Admatha » ; ont-ils jamais bâti devant Toi un autel de terre [adama] ? « Tarshish » ; ont-ils jamais officié devant Toi avec les vêtements sacerdotaux, comme il est écrit que sur la quatrième des quatre rangées de pierres précieuses du pectoral se trouvaient : « une chrysolithe [tarshish], un onyx et un jaspe » (Exode 28:20). « Meres » ; ont-ils jamais remué [meirsu] le sang des offrandes devant Toi ? « Marsena » ; ont-ils jamais remué [meirsu] l’offrande de farine devant Toi ? « Memucan » ; ont-ils jamais préparé [hekhinu] la table devant Toi, sur laquelle on plaçait les pains de proposition ?
״וַיֹּאמֶר מְמוּכָן״. תָּנָא: מְמוּכָן זֶה הָמָן, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ מְמוּכָן? שֶׁמּוּכָן לְפוּרְעָנוּת. אָמַר רַב כָּהֲנָא: מִכָּאן שֶׁהַהֶדְיוֹט קוֹפֵץ בָּרֹאשׁ.
Le verset déclare : « Et Memoucan dit » (Esther 1:16). Un Sage a enseigné dans une baraita : Memoucan, c’est Haman. Et pourquoi Haman est-il appelé Memoucan ? Parce qu’il était prêt [mukhan] à apporter un malheur au peuple juif. Rav Kahana a dit : D’ici nous voyons que l’homme ordinaire se précipite au premier rang et parle en premier, car Memoucan fut mentionné en dernier parmi les sept conseillers du roi et, néanmoins, il exprima son avis le premier.
״לִהְיוֹת כׇּל אִישׁ שׂוֹרֵר בְּבֵיתוֹ״. אָמַר רָבָא: אִלְמָלֵא אִגְּרוֹת הָרִאשׁוֹנוֹת לֹא נִשְׁתַּיֵּיר מִשּׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שָׂרִיד וּפָלִיט.
Le roi envoya des lettres aux habitants de toutes ses provinces, dans lesquelles il était écrit : "Que chaque homme exerce l’autorité dans sa propre maison et parle selon la langue de son peuple" (Esther 1:22). Rava dit : N’eût été les premières lettres envoyées par Assuérus, que tout le monde tourna en dérision, il ne serait resté parmi les ennemis du peuple juif, euphémisme désignant le peuple juif lui-même, ni survivant ni réfugié. Puisque ces premières lettres furent tournées en ridicule, les gens ne prirent pas le roi au sérieux et n’agirent pas immédiatement selon la directive des lettres ultérieures, qui appelaient à la destruction du peuple juif.
אָמְרִי: מַאי הַאי דְּשַׁדַּיר לַן ״לִהְיוֹת כׇּל אִישׁ שׂוֹרֵר בְּבֵיתוֹ״? פְּשִׁיטָא, אֲפִילּוּ קָרָחָה — בְּבֵיתֵיהּ פַּרְדַּשְׁכָּא לֶיהֱוֵי!
La Guemara continue. La raison pour laquelle les premières lettres n’ont pas été prises au sérieux est que ceux qui les ont reçues diraient : Qu’est-ce qu’il nous a envoyé là : « Que chaque homme exerce l’autorité dans sa propre maison » ? C’est évident ; même un humble tisserand est commandant [paredashekha] dans sa maison. Si tel est le cas, pourquoi donc le roi a-t-il jugé nécessaire de faire une telle proclamation ?
״וְיַפְקֵד הַמֶּלֶךְ פְּקִידִים״. אָמַר רַבִּי, מַאי דִּכְתִיב: ״כׇּל עָרוּם יַעֲשֶׂה בְדָעַת וּכְסִיל יִפְרֹשׂ אִוֶּלֶת״ —
Le verset décrit la recherche par Assuérus d’une nouvelle épouse en déclarant : « Que le roi nomme des officiers dans toutes les provinces de son royaume, afin qu’ils rassemblent toutes les belles jeunes vierges à Suse, la forteresse » (Esther 2:3). Rabbi Yehouda HaNassi a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « En toute chose, l’homme prudent agit avec connaissance, mais l’insensé étale sa folie » (Proverbes 13:16) ? Le verset souligne la différence entre les approches de deux rois pour trouver une épouse.
״כׇּל עָרוּם יַעֲשֶׂה בְדָעַת״ — זֶה דָּוִד, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמְרוּ לוֹ עֲבָדָיו יְבַקְשׁוּ לַאדֹנִי הַמֶּלֶךְ נַעֲרָה בְתוּלָה״; כֹּל מַאן דַּהֲוָה לֵיהּ בְּרַתָּא — אַיָּיתַהּ נִיהֲלֵיהּ. ״וּכְסִיל יִפְרוֹשׁ אִוֶּלֶת״ — זֶה אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, דִּכְתִיב: ״וְיַפְקֵד הַמֶּלֶךְ פְּקִידִים״; כֹּל מַאן דַּהֲוָה לֵיהּ בְּרַתָּא — אַיטְמְרַהּ מִינֵּיהּ.
« En toute chose, l’homme prudent agit avec connaissance » ; cette déclaration fait référence à David, qui chercha lui aussi une femme pour lui-même, comme il est écrit : « Et ses serviteurs lui dirent : Qu’on cherche pour mon seigneur le roi une jeune vierge » (I Rois 1:2). Puisqu’il cherchait une seule jeune fille, quiconque avait une fille la lui amenait, car chacun voulait que sa fille devienne l’épouse du roi. Quant à la suite du verset : « Mais l’insensé étale sa folie » (Proverbes 13:16), cette déclaration fait référence à Assuérus, comme il est écrit : « Et que le roi établisse des officiers » pour rechercher de nombreuses jeunes filles. Puisqu’il devint clair que le roi aurait des relations avec toutes, mais qu’à la fin il n’en choisirait qu’une seule comme épouse, quiconque avait une fille la cachait de lui.
״אִישׁ יְהוּדִי הָיָה בְּשׁוּשַׁן הַבִּירָה וְגוֹ׳ אִישׁ יְמִינִי״. מַאי קָאָמַר: אִי לְיַחוֹסֵיהּ קָאָתֵי — לְיַחֲסֵיהּ וְלֵיזִיל עַד בִּנְיָמִין! אֶלָּא מַאי שְׁנָא הָנֵי?
Le verset qui décrit d’abord Mardochée déclare : « Il y avait un certain Juif à Suse, la capitale, dont le nom était Mardochée, fils de Yaïr, fils de Shiméi, fils de Kish, Benjaminite » (Esther 2:5). La Guemara demande : Qu’est-ce que cela vient transmettre dans le verset en mentionnant les noms des ancêtres de Mardochée ? Si le verset vient en effet retracer sa généalogie, il devrait continuer à retracer sa lignée jusqu’à Benjamin, le fondateur de sa tribu. Plutôt, qu’ont-ils de particulier ces noms pour mériter une mention spéciale ?
תָּנָא: כּוּלָּן עַל שְׁמוֹ נִקְרְאוּ. ״בֶּן יָאִיר״ — בֵּן שֶׁהֵאִיר עֵינֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל בִּתְפִלָּתוֹ. ״בֶּן שִׁמְעִי״ — בֵּן שֶׁשָּׁמַע אֵל תְּפִלָּתוֹ. ״בֶּן קִישׁ״ — שֶׁהִקִּישׁ עַל שַׁעֲרֵי רַחֲמִים וְנִפְתְּחוּ לוֹ.
La Guemara répond : Un Sage a enseigné la baraita suivante : Tous ce sont des noms par lesquels Mardochée était appelé. Il était appelé « fils de Jaïr » parce qu’il était le fils qui a illuminé [heir] les yeux de tout le peuple juif par ses prières ; « fils de Shimeï » parce qu’il était le fils dont Dieu a entendu [shama] les prières ; « fils de Kish » parce qu’il a frappé [hikish] aux portes de la miséricorde et elles se sont ouvertes pour lui.
קָרֵי לֵיהּ ״יְהוּדִי״ — אַלְמָא מִיהוּדָה קָאָתֵי, וְקָרֵי לֵיהּ ״יְמִינִי״ — אַלְמָא מִבִּנְיָמִין קָאָתֵי! אָמַר רַב נַחְמָן: מָרְדֳּכַי מוּכְתָּר בְּנִימוּסוֹ הָיָה.
La Guemara souligne une contradiction : Mardochée est appelé « Juif [Yehudi] », apparemment ce qui indique qu’il venait de la tribu de Juda, mais dans la suite du verset il est appelé « Benjaminite » [Yemini], ce qui indique qu’il venait de la tribu de Benjamin. Rav Naḥman a dit : Mardochée fut couronné de noms honorifiques.Yehudi est l’un de ces épithètes honorifiques, en raison de son allusion à la tribu royale de Juda, mais cela ne renvoie pas à l’affiliation tribale de Mardochée.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: אָבִיו מִבִּנְיָמִין, וְאִמּוֹ מִיהוּדָה. וְרַבָּנַן אָמְרִי: מִשְׁפָּחוֹת מִתְגָּרוֹת זוֹ בָּזוֹ. מִשְׁפַּחַת יְהוּדָה אוֹמֶרֶת: אֲנָא גְּרַמִי דְּמִתְיְלִיד מָרְדֳּכַי, דְּלָא קַטְלֵיהּ דָּוִד לְשִׁמְעִי בֶּן גֵּרָא. וּמִשְׁפַּחַת בִּנְיָמִין אָמְרָה: מִינַּאי קָאָתֵי.
Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit une explication alternative : le père de Mardochée était de la tribu de Benjamin, et sa mère était de la tribu de Juda. Par conséquent, il était à la fois un Yemini, un Benjamite, et un Yehudi, de la tribu de Juda. Et les Rabbins disent que la double lignée est due à un différend : Les familles rivalisaient entre elles pour savoir quelle tribu pouvait revendiquer le mérite de Mardochée. La famille de Juda disait : C’est moi qui ai causé la naissance de Mardochée, car ce n’est que parce que David n’a pas tué Shimeï, fils de Guéra, lorsqu’il l’a maudit (voir II Samuel 16), qu’il a été possible que Mardochée naisse plus tard de ses descendants. Et la famille de Benjamin a dit en réponse : En fin de compte, il venait de moi, car en réalité il était de la tribu de Benjamin.
רָבָא אָמַר: כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל אָמְרָה לְאִידַּךְ גִּיסָא: רְאוּ מָה עָשָׂה לִי יְהוּדִי וּמָה שִׁילֵּם לִי יְמִינִי. מָה עָשָׂה לִי יְהוּדִי —
Rava a dit : L’Assemblée d’Israël à ce moment-là a dit cela du point de vue opposé, non comme une vantardise, mais comme une plainte, en remarquant : Voyez ce qu’un Judéen m’a fait et comment un Benjamite m’a rendu la pareille. Ce qu’un Judéen m’a fait fait référence à