תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: וְעוֹד שָׁנָה אַחֶרֶת לְבָבֶל וְעָמַד דָּרְיָוֶשׁ וְהִשְׁלִימָהּ.
Cela aussi est enseigné dans une baraita, comme indication que les années comptées n’étaient que des années partielles : Et lorsque Belschatsar fut tué, il restait encore une année pour la Babylonie avant que le décompte des soixante-dix ans ne soit achevé. Et alors Darius se leva et l’acheva. Bien que soixante-dix ans eussent déjà été comptés auparavant selon le compte de Belschatsar, à partir de l’exil de Joïaqim, parce que les années n’étaient que partielles, il restait encore une année pour compléter ces soixante-dix ans.
אָמַר רָבָא: אַף דָּנִיאֵל טְעָה בְּהַאי חוּשְׁבָּנָא, דִּכְתִיב: ״בִּשְׁנַת אַחַת לְמׇלְכוֹ אֲנִי דָּנִיֵּאל בִּינוֹתִי בַּסְּפָרִים״. מִדְּקָאָמַר ״בִּינוֹתִי״ — מִכְּלָל דִּטְעָה.
Rava a dit : Daniel s’est également trompé dans ce calcul, comme il est écrit : « La première année de son règne, moi, Daniel, je méditais dans les livres sur le nombre des années au sujet duquel la parole du Seigneur fut adressée au prophète Jérémie, à savoir qu’Il accomplirait pour les désolations de Jérusalem soixante-dix ans » (Daniel 9:2). Du fait qu’il a dit : « je méditais », un terme indiquant le recomptage et le calcul, on peut déduire qu’il avait auparavant commis une erreur.
מִכׇּל מָקוֹם קָשׁוּ קְרָאֵי אַהֲדָדֵי, כְּתִיב: ״מְלֹאות לְבָבֶל״, וּכְתִיב: ״לְחׇרְבוֹת יְרוּשָׁלַםִ״!
La Guemara commente : En tout cas, les versets se contredisent l’un l’autre quant à la manière dont les soixante-dix ans doivent être calculés. Dans un verset, il est écrit : « Après que soixante-dix ans pour Babylone seront accomplis, Je me souviendrai [efkod] de vous, et J’accomplirai Ma bonne parole à votre égard, en vous ramenant en ce lieu » (Jérémie 29:10), ce qui indique que les soixante-dix ans doivent être comptés à partir de l’exil babylonien. Et dans un autre verset, il est écrit : « Qu’il accomplirait pour les désolations de Jérusalem soixante-dix ans » (Daniel 9:2), ce qui indique que les soixante-dix ans sont calculés à partir de la destruction de Jérusalem.
אָמַר רָבָא: לִפְקִידָה בְּעָלְמָא. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״כֹּה אָמַר כּוֹרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס כֹּל מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ נָתַן לִי ה׳ אֱלֹהֵי הַשָּׁמָיִם וְהוּא פָקַד עָלַי לִבְנוֹת לוֹ בַיִת בִּירוּשָׁלִַם״.
Rava dit en réponse : Les soixante-dix ans qui « se sont accomplis pour Babylone » étaient seulement pour être rappelés [lifekida], comme mentionné dans le verset, permettant aux Juifs de retourner en Terre d’Israël, mais non de construire le Temple. Et c’est comme il est écrit au sujet de la proclamation de Cyrus permettant au peuple juif de retourner en Terre d’Israël, dans la soixante-dixième année de l’exil babylonien : « Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre ; et Il m’a chargé [pakad] de Lui bâtir une maison à Jérusalem » (Esdras 1:2). Le verset emploie la même racine, pé-kouf-dalet, annonçant le retour à Jérusalem pour construire le Temple, mais non son achèvement effectif.
דָּרַשׁ רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא, מַאי דִּכְתִיב: ״כֹּה אָמַר ה׳ לִמְשִׁיחוֹ לְכוֹרֶשׁ אֲשֶׁר הֶחֱזַקְתִּי בִימִינוֹ״, וְכִי כּוֹרֶשׁ מָשִׁיחַ הָיָה? אֶלָּא אָמַר לֵיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמָשִׁיחַ: קוֹבֵל אֲנִי לְךָ עַל כּוֹרֶשׁ. אֲנִי אָמַרְתִּי: הוּא יִבְנֶה בֵּיתִי וִיקַבֵּץ גָּלִיּוֹתַי, וְהוּא אָמַר: ״מִי בָכֶם מִכׇּל עַמּוֹ וְיַעַל״.
À propos de sa mention de Cyrus, la Guemara déclare que Rav Naḥman bar Rav Ḥisda a interprété de manière homilétique un verset concernant Cyrus : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Ainsi parle le Seigneur à Son oint, à Cyrus, dont J’ai tenu la main droite » (Isaïe 45:1), ce qui semble apparemment désigner Cyrus comme l’oint de Dieu ? Cyrus était-il donc l’oint de Dieu, c’est-à-dire le Messie, pour que le verset parle de lui de cette manière ? Au contraire, le verset doit être compris comme Dieu parlant au Messie au sujet de Cyrus : Le Saint, béni soit-Il, a dit au Messie : Je me plains auprès de toi au sujet de Cyrus, qui n’agit pas conformément à ce qu’il est censé faire. J’avais dit : « Il bâtira Ma Maison et rassemblera Mes exilés » (voir Isaïe 45:13), mais il ne l’a pas accompli. Au contraire, il a dit : « Quiconque parmi vous de tout Son peuple…qu’il monte à Jérusalem » (Esdras 1:3). Il a donné la permission de retourner en Terre d’Israël, mais il n’a rien fait de plus que cela.
״חֵיל פָּרַס וּמָדַי הַפַּרְתְּמִים״, וּכְתִיב: ״לְמַלְכֵי מָדַי וּפָרָס״. אָמַר רָבָא: אַתְנוֹיֵי אַתְנוֹ בַּהֲדָדֵי, אִי מִינַּן מַלְכֵי — מִינַּיְיכוּ אִיפַּרְכֵי וְאִי מִינַּיְיכוּ מַלְכֵי — מִינַּן אִיפַּרְכֵי.
§ La Guemara revient à ses interprétations des versets de la Meguila. La Meguila mentionne que parmi ceux qui furent invités au festin du roi se trouvaient : « L’armée de Perse et de Médie, les nobles et les princes des provinces » (Esther 1:3), et il est écrit près de la conclusion de la Meguila : « Dans le livre des chroniques des rois de Médie et de Perse » (Esther 10:2). Pourquoi la Perse est-elle mentionnée en premier au début de la Meguila, alors que plus tard dans la Meguila, la Médie est mentionnée en premier ? Rava dit en réponse : Ces deux peuples, les Perses et les Mèdes, firent une stipulation entre eux, en disant : Si les rois viennent de nous, les ministres viendront de vous ; et si les rois viennent de vous, les ministres viendront de nous. Par conséquent, en ce qui concerne les rois, la Médie est mentionnée en premier, tandis qu’en lien avec les nobles et les princes, la Perse reçoit la priorité.
״בְּהַרְאוֹתוֹ אֶת עוֹשֶׁר כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ״, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: מְלַמֵּד שֶׁלָּבַשׁ בִּגְדֵי כְהוּנָּה. כְּתִיב הָכָא: ״יְקָר תִּפְאֶרֶת גְּדוּלָּתוֹ״, וּכְתִיב הָתָם: ״לְכָבוֹד וּלְתִפְאֶרֶת״.
Le verset déclare : « Lorsqu’il montra les richesses de son glorieux [kevod] royaume et l’honneur de sa majestueuse [tiferet] grandeur » (Esther 1:4). Rabbi Yosei bar Ḥanina a dit : Cela enseigne que Assuérus portait les vêtements sacerdotaux. Une preuve de cette affirmation peut être tirée du fait que les mêmes termes sont écrits au sujet des vêtements sacerdotaux, car il est écrit ici : « Les richesses de son glorieux [kevod] royaume et l’honneur de sa majestueuse [tiferet] grandeur. » Et il est écrit là-bas, au sujet des vêtements sacerdotaux : « Pour la gloire [kavod] et pour la majesté [tiferet] » (Exode 28:2).
״וּבִמְלֹאות הַיָּמִים הָאֵלֶּה וְגוֹ׳״. רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: מֶלֶךְ פִּיקֵּחַ הָיָה, וְחַד אָמַר: מֶלֶךְ טִיפֵּשׁ הָיָה. מַאן דְּאָמַר מֶלֶךְ פִּיקֵּחַ הָיָה — שַׁפִּיר עֲבַד דְּקָרֵיב רַחִיקָא בְּרֵישָׁא, דִּבְנֵי מָאתֵיהּ כׇּל אֵימַת דְּבָעֵי מְפַיֵּיס לְהוּ. וּמַאן דְּאָמַר טִיפֵּשׁ הָיָה — דְּאִיבְּעִי לֵיהּ לְקָרוֹבֵי בְּנֵי מָאתֵיהּ בְּרֵישָׁא, דְּאִי מָרְדוּ בֵּיהּ הָנָךְ, הָנֵי הֲווֹ קָיְימִי בַּהֲדֵיהּ.
Le verset déclare : « Et lorsque ces jours furent accomplis, le roi fit un festin pour tout le peuple qui se trouvait à Suse, la capitale » (Esther 1:5). Rav et Shmuel furent en désaccord quant à savoir si c’était une décision sage. L’un dit : Assuérus organisa un festin pour les habitants de Suse, la capitale, après le festin pour les dignitaires étrangers qui l’avait précédé, comme cela est mentionné dans les versets précédents, ce qui indique qu’il était un roi avisé. Et l’autre dit : C’est précisément cela qui indique qu’il était un roi insensé. Celui qui dit que cela prouve qu’il était un roi avisé soutient qu’il a bien agi en rapprochant d’abord ceux des sujets plus éloignés en les invitant à la célébration précédente, car il pouvait apaiser les habitants de sa propre ville quand il le voulait. Et celui qui dit qu’il était insensé soutient qu’il aurait dû inviter d’abord les habitants de sa ville, afin que, si ces sujets lointains se rebellaient contre lui, ceux-ci qui vivaient à proximité se tiennent à ses côtés.
שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: מִפְּנֵי מָה נִתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁבְּאוֹתוֹ הַדּוֹר כְּלָיָה? אָמַר לָהֶם: אִמְרוּ אַתֶּם. אָמְרוּ לוֹ: מִפְּנֵי שֶׁנֶּהֱנוּ מִסְּעוּדָתוֹ שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע. אִם כֵּן שֶׁבְּשׁוּשַׁן יֵהָרְגוּ, שֶׁבְּכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אַל יֵהָרְגוּ! אָמְרוּ לוֹ: אֱמוֹר אַתָּה! אָמַר לָהֶם: מִפְּנֵי שֶׁהִשְׁתַּחֲווּ לַצֶּלֶם.
Les élèves de Rabbi Shimon bar Yoḥai lui demandèrent : Pour quelle raison les ennemis du peuple juif, un euphémisme désignant le peuple juif lui-même lorsqu’il adopte un comportement qui n’est pas dans son intérêt, à cette génération méritaient l’anéantissement ? Lui, Rabbi Shimon, leur dit : Dites vous-mêmes la réponse à votre question . Ils lui dirent : C’est parce qu’ils ont pris part au festin de ce méchant, Assuérus, et qu’ils y ont consommé des aliments interdits. Rabbi Shimon répondit : Si tel était le cas, ceux de Suse auraient dû être tués en punition, mais ceux du reste du monde, qui n’avaient pas participé au festin, n’auraient pas dû être tués. Ils lui dirent : Alors dis toi-même ta réponse à notre question. Il leur dit : C’est parce qu’ils se sont prosternés devant l’idole que Nabuchodonosor avait faite, comme il est rapporté que le monde entier se prosterna devant elle, à l’exception de Hanania, Mishaël et Azaria.
אָמְרוּ לוֹ: וְכִי מַשּׂוֹא פָּנִים יֵשׁ בַּדָּבָר? אָמַר לָהֶם: הֵם לֹא עָשׂוּ אֶלָּא לִפְנִים — אַף הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לֹא עָשָׂה עִמָּהֶן אֶלָּא לִפְנִים. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״כִּי לֹא עִנָּה מִלִּבּוֹ״.
Ils lui dirent : Mais s’il est vrai qu’ils ont adoré des idoles et qu’ils méritaient donc d’être détruits, pourquoi un miracle a-t-il été accompli en leur faveur ? Y a-t-il ici du favoritisme exprimé par Dieu ici ? Il leur dit : Ils n’ont pas réellement adoré l’idole, mais ont seulement fait semblant de le faire uniquement en apparence, agissant comme s’ils exécutaient l’ordre du roi de se prosterner devant l’idole. De même, le Saint, béni soit-Il, n’a pas détruit ceux-ci, mais a seulement fait semblant d’être en colère contre eux uniquement en apparence. Lui aussi a seulement feint de vouloir les détruire, car tout ce qu’Il a fait a été de proférer une menace, mais à la fin le décret a été annulé. Et c’est comme il est écrit : « Car Il n’afflige pas de Son cœur » (Lamentations 3:33), mais seulement en apparence.
״בַּחֲצַר גִּנַּת בִּיתַן הַמֶּלֶךְ״. רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: הָרָאוּי לֶחָצֵר — לֶחָצֵר, הָרָאוּי לַגִּינָּה — לַגִּינָּה, הָרָאוּי לַבִּיתָן — לַבִּיתָן. וְחַד אָמַר: הוֹשִׁיבָן בֶּחָצֵר וְלֹא הֶחְזִיקָתַן, בַּגִּינָּה וְלֹא הֶחְזִיקָתַן, עַד שֶׁהִכְנִיסָן לַבִּיתָן וְהֶחְזִיקָתַן. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: הוֹשִׁיבָן בֶּחָצֵר וּפָתַח לָהֶם שְׁנֵי פְתָחִים, אֶחָד לַגִּינָּה וְאֶחָד לַבִּיתָן.
Le verset déclare : « Dans la cour du jardin du palais du roi » (Esther 1:5). Rav et Shmuel étaient en désaccord quant à la manière de comprendre la relation entre ces trois lieux : cour, jardin et palais. L’un dit : Les invités furent reçus dans différents endroits. Celui qui, selon son rang, était apte à la cour était conduit à la cour ; celui qui était apte au jardin était conduit au jardin ; et celui qui était apte au palais était conduit au palais. Et l’autre dit : Il les fit d’abord asseoir dans la cour, mais elle ne pouvait pas les contenir, car ils étaient trop nombreux. Il les fit ensuite asseoir dans le jardin, mais celui-ci non plus ne pouvait pas les contenir, jusqu’à ce qu’il les fasse entrer dans le palais, qui put les contenir. Une troisième compréhension fut enseignée dans une baraita : Il les fit asseoir dans la cour et leur ouvrit deux entrées, l’une vers le jardin et l’autre vers le palais.
״חוּר כַּרְפַּס וּתְכֵלֶת״. מַאי חוּר? רַב אָמַר: חָרֵי חָרֵי, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מֵילָת לְבָנָה הִצִּיעַ לָהֶם. ״כַּרְפַּס״, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: כָּרִים שֶׁל פַּסִּים.
Le verset déclare : « Il y avait des tentures de ḥur, karpas et bleu azur » (Esther 1:6). La Guemara demande : Qu’est-ce que ḥur ? Rav a dit : Un tissu façonné avec de nombreux trous [ḥarei ḥarei], semblable à de la dentelle. Et Shmuel a dit : Il étendit devant eux des tapis de laine blanche, car le mot ḥavar signifie blanc. Et qu’est-ce que karpas ? Rabbi Yossei bar Ḥanina a dit : Des coussins [karim] de velours [pasim].
״עַל גְּלִילֵי כֶסֶף וְעַמּוּדֵי שֵׁשׁ מִטּוֹת זָהָב וָכֶסֶף״, תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הָרָאוּי לְכֶסֶף — לְכֶסֶף, הָרָאוּי לְזָהָב — לְזָהָב. אָמַר לוֹ רַבִּי נְחֶמְיָה: אִם כֵּן, אַתָּה מֵטִיל קִנְאָה בַּסְּעוּדָה. אֶלָּא: הֵם שֶׁל כֶּסֶף, וְרַגְלֵיהֶן שֶׁל זָהָב.
Le verset déclare : « Sur des tringles d’argent et des colonnes de marbre ; les divans étaient d’or et d’argent » (Esther 1:6). Il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda dit : Certains divans étaient d’or et d’autres d’argent. Celui qui, selon son rang, était digne de l’argent s’asseyait sur un divan d’argent, et celui qui était digne de l’or s’asseyait sur un divan d’or. Rabbi Neḥemya lui dit : Cela ne se faisait pas. Si tel était le cas, tu introduirais de la jalousie dans le festin, car les invités s’envieraient les uns les autres. Au contraire, les divans eux-mêmes étaient faits d’argent, et leurs pieds étaient faits d’or.
״בַּהַט וָשֵׁשׁ״. אֲמַר רַבִּי אַסִּי: אֲבָנִים שֶׁמִּתְחוֹטְטוֹת עַל בַּעֲלֵיהֶן. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״אַבְנֵי נֵזֶר מִתְנוֹסְסוֹת עַל אַדְמָתוֹ״.
Le verset continue : “Sur un pavement de bahat et de marbre” (Esther 1:6). Rabbi Asi a dit au sujet de la définition de bahat : ce sont des pierres qui se rendent chères à leurs propriétaires, car ce sont des pierres précieuses que les gens sont prêts à payer de grosses sommes pour acquérir. Et de même, il est dit ailleurs que le peuple juif sera comparé à des pierres précieuses : “Et le Seigneur leur Dieu les sauvera en ce jour-là comme le troupeau de Son peuple ; car ils seront comme “les pierres d’une couronne, étincelant sur Sa terre”” (Zacharie 9:16).
״וְדַר וְסוֹחָרֶת״, רַב אָמַר: דָּרֵי דָּרֵי. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֶבֶן טוֹבָה יֵשׁ בִּכְרַכֵּי הַיָּם וְ״דָרָה״ שְׁמָהּ, הוֹשִׁיבָהּ בְּאֶמְצַע סְעוּדָה וּמְאִירָה לָהֶם כַּצׇּהֳרַיִם. דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תָּנָא: שֶׁקָּרָא דְּרוֹר לְכׇל בַּעֲלֵי סְחוֹרָה.
Le verset conclut : « Et dar et soḥaret » (Esther 1:6). Rav a dit : Dar signifie de nombreux rangs [darei darei] tout autour. De même, soḥaret dérive de seḥor seḥor, tout autour, ce qui signifie que le sol était entouré de nombreux rangs de pierres de bahat et de marbre. Et Shmuel a dit : Il y a une pierre précieuse dans les ports maritimes, et son nom est dara, et Assuérus l'a placée au centre du festin, et elle illumina les festivités pour eux comme le soleil illumine le monde à midi. Il explique que le mot soḥaret dérive de tzohar, une lumière. Un érudit de l'école de Rabbi Yishmael a enseigné une baraita : Cela signifie qu'il proclama une exemption pour tous les marchands, les dispensant de payer leurs impôts, comprenant que le mot dar dérive de deror, liberté, et soḥaret de soḥer, marchand.
״וְהַשְׁקוֹת בִּכְלֵי זָהָב וְכֵלִים מִכֵּלִים שׁוֹנִים״. ״מְשׁוּנִּים״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רָבָא, יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לָהֶם: רִאשׁוֹנִים כָּלוּ מִפְּנֵי כֵלַי, וְאַתֶּם שׁוֹנִים בָּהֶם! ״וְיֵין מַלְכוּת רָב״, אָמַר רַב: מְלַמֵּד שֶׁכׇּל אֶחָד וְאֶחָד הִשְׁקָהוּ יַיִן שֶׁגָּדוֹל הֵימֶנּוּ בְּשָׁנִים.
Le verset déclare : « Et on leur donna à boire dans des vases d’or, les vases étant différents [shonim] les uns des autres » (Esther 1:7). La Guemara demande : Pourquoi le verset emploie-t-il le terme shonim pour exprimer qu’ils sont différents ? Il aurait dû dire le terme plus approprié meshunim. Rava dit : Une Voix Divine sortit et leur dit : Les premiers, faisant référence à Belshatsar et à son peuple, furent détruits parce qu’ils utilisèrent ces vases, les vases du Temple, et pourtant vous les utilisez de nouveau [shonim] ? Le verset continue : « Et du vin royal en abondance [rav] » (Esther 1:7). Rav dit : Cela enseigne que chacun et chaque invité au festin recevait du vin vieilli qui était plus âgé [rav] que lui en années.
״וְהַשְּׁתִיָּה כַדָּת (אֵין אוֹנֵס)״, מַאי ״כַּדָּת״? אָמַר רַבִּי חָנָן מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: כְּדָת שֶׁל תּוֹרָה, מָה דָּת שֶׁל תּוֹרָה אֲכִילָה מְרוּבָּה מִשְּׁתִיָּה — אַף סְעוּדָּתוֹ שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע אֲכִילָה מְרוּבָּה מִשְּׁתִיָּה.
Le verset déclare : « Et le fait de boire était conforme à la loi ; nul n’y était forcé » (Esther 1:8). La Guemara demande : Quel est le sens de « conforme à la loi » ? Rabbi Ḥanan a dit au nom de Rabbi Meir : le fait de boire était conforme à la loi de la Torah. De même que, selon la loi de la Torah, en ce qui concerne les offrandes, la nourriture sacrifiée sur l’autel est plus grande en quantité que la boisson, car la libation de vin est quantitativement bien moindre que les offrandes sacrificielles qu’elle accompagne, de même, au festin de cet homme méchant, la nourriture était plus abondante en quantité que la boisson.
״אֵין אוֹנֵס״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מְלַמֵּד שֶׁכׇּל אֶחָד וְאֶחָד הִשְׁקָהוּ מִיֵּין מְדִינָתוֹ. ״לַעֲשׂוֹת כִּרְצוֹן אִישׁ וָאִישׁ״, אָמַר רָבָא: לַעֲשׂוֹת כִּרְצוֹן מָרְדֳּכַי וְהָמָן. מָרְדֳּכַי — דִּכְתִיב: ״אִישׁ יְהוּדִי״, הָמָן — ״אִישׁ צַר וְאוֹיֵב״.
Le verset déclare : « Nul n’était contraint » (Esther 1:8). Rabbi Elazar a dit : Cela enseigne que chacun et tous les convives du festin recevaient une boisson du vin de son propre pays, afin qu’il se sente entièrement libre, comme s’il se trouvait dans son pays d’origine. Le verset poursuit : « Qu’on agisse selon le bon plaisir de chaque homme » (Esther 1:8). Rava a commenté le sens littéral du verset, qui fait référence à deux hommes, un homme et un homme [ish va’ish], et a dit : l’homme et homme qu’ils devaient suivre indiquent qu’ils devaient agir selon les souhaits de Mardochée et d’Haman. Tous deux servaient comme échansons au festin et étaient chargés de distribuer le vin. Pourquoi le verset est-il interprété de cette manière ? Mardochée est appelé « homme », comme il est écrit : « Il y avait un certain homme juif [ish] à Suse la capitale, dont le nom était Mardochée, fils de Yaïr » (Esther 2:5). Et Haman est lui aussi appelé homme, comme il est dit : « Un homme [ish] qui est un adversaire et un ennemi, ce méchant Haman » (Esther 7:6).
״גַּם וַשְׁתִּי הַמַּלְכָּה עָשְׂתָה מִשְׁתֵּה נָשִׁים בֵּית הַמַּלְכוּת״. ״בֵּית הַנָּשִׁים״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רָבָא: שְׁנֵיהֶן לִדְבַר עֲבֵירָה נִתְכַּוְּונוּ, הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: אִיהוּ בְּקָרֵי, וְאִתְּתֵיהּ
Le verset déclare : « La reine Vachti fit aussi un festin pour les femmes, dans la maison royale, qui appartenait au roi Assuérus » (Esther 1:9). La Guemara demande pourquoi elle a tenu le festin dans la maison royale, un lieu pour les hommes, plutôt que dans la maison des femmes, où cela aurait dû avoir lieu. Rava dit en réponse : Ils avaient tous deux des intentions pécheresses. Assuérus voulait forniquer avec les femmes, et Vachti voulait forniquer avec les hommes. Cela explique le dicton populaire que les gens disent : Lui avec des citrouilles et sa femme