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״כִּי עֲבָדִים אֲנַחְנוּ וּבְעַבְדוּתֵנוּ לֹא עֲזָבָנוּ אֱלֹהֵינוּ וַיַּט עָלֵינוּ חֶסֶד לִפְנֵי מַלְכֵי פָרַס״, אֵימָתַי — בִּזְמַן הָמָן.
« Car nous sommes esclaves ; pourtant, notre Dieu ne nous a pas abandonnés dans notre servitude, mais il a étendu sa miséricorde sur nous aux yeux des rois de Perse » (Esdras 9:9). Quand cela s’est-il produit ? Au temps d’Haman.
רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״הִרְכַּבְתָּ אֱנוֹשׁ לְרֹאשֵׁנוּ בָּאנוּ בָאֵשׁ וּבַמַּיִם״, ״בָּאֵשׁ״ — בִּימֵי נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע. ״וּבַמַּיִם״ — בִּימֵי פַרְעֹה, ״וַתּוֹצִיאֵנוּ לָרְוָיָה״ — בִּימֵי הָמָן.
Rabbi Ḥanina bar Pappa introduisit ce passage par une introduction tirée d’ici : Le verset déclare : « Tu as fait chevaucher des hommes sur nos têtes ; nous sommes passés par le feu et par l’eau ; mais Tu nous as fait sortir vers l’abondance » (Psaumes 66:12). « Par le feu » ; c’était aux jours du méchant Nabuchodonosor, qui jeta les justes dans la fournaise. « Et par l’eau » ; c’était aux jours de Pharaon, qui décréta que tous les nouveau-nés mâles soient jetés à l’eau. « Mais Tu nous as fait sortir vers l’abondance » ; c’était aux jours d’Haman, où des festins abondants jouèrent un rôle central dans leur péril et leur salut.
רַבִּי יוֹחָנָן פָּתַח לֵהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״זָכַר חַסְדּוֹ וֶאֱמוּנָתוֹ לְבֵית יִשְׂרָאֵל רָאוּ כׇל אַפְסֵי אָרֶץ אֵת יְשׁוּעַת אֱלֹהֵינוּ״, אֵימָתַי ״רָאוּ כׇל אַפְסֵי אָרֶץ אֵת יְשׁוּעַת אֱלֹהֵינוּ״ — בִּימֵי מׇרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר.
Rabbi Yoḥanan a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici : Le verset déclare : « Il s’est souvenu de Sa miséricorde et de Sa fidélité envers la maison d’Israël : toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu » (Psaumes 98:3). Quand toutes les extrémités de la terre ont-elles vu le salut de notre Dieu ? Aux jours de Mardochée et d’Esther, car leur péril et leur salut furent connus grâce aux lettres envoyées dans tout l’empire.
רֵישׁ לָקִישׁ פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״אֲרִי נוֹהֵם וְדוֹב שׁוֹקֵק מוֹשֵׁל רָשָׁע עַל עַם דָּל״, ״אֲרִי נוֹהֵם״ — זֶה נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״עָלָה אַרְיֵה מִסּוּבְּכוֹ״. ״דּוֹב שׁוֹקֵק״ — זֶה אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״וַאֲרוּ חֵיוָה אׇחֳרִי תִנְיָינָה דָּמְיָה לְדוֹב״, וְתָנֵי רַב יוֹסֵף: אֵלּוּ פַּרְסִיִּים, שֶׁאוֹכְלִין וְשׁוֹתִין כְּדוֹב, וּמְסוּרְבָּלִין בָּשָׂר כְּדוֹב, וּמְגַדְּלִין שֵׂעָר כְּדוֹב, וְאֵין לָהֶם מְנוּחָה כְּדוֹב.
Reish Lakish a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici : « Comme un lion rugissant et un ours affamé, ainsi est un dirigeant méchant sur un peuple pauvre » (Proverbes 28:15). « Un lion rugissant » ; c’est le méchant Nabuchodonosor, comme il est écrit à son sujet : « Le lion est monté de son fourré » (Jérémie 4:7). « Un ours affamé » ; c’est Assuérus, comme il est écrit à son sujet : « Et voici une autre bête, une seconde, semblable à un ours » (Daniel 7:5). Et Rav Yosef a enseigné que ceux-ci qui sont désignés comme un ours dans le verset sont les Perses. Ils sont comparés à un ours, car ils mangent et boivent en grandes quantités comme un ours ; et ils sont couverts de chair comme un ours ; et ils laissent pousser leurs cheveux longs comme un ours ; et ils ne se reposent jamais comme un ours, dont la manière est de se déplacer d’un endroit à l’autre.
״מוֹשֵׁל רָשָׁע״ — זֶה הָמָן. ״עַל עַם דָּל״ — אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, שֶׁהֵם דַּלִּים מִן הַמִּצְוֹת.
« Un dirigeant méchant » ; c’est Haman. « Sur un peuple pauvre » ; c’est le peuple juif, qui est désigné ainsi parce qu’ils sont pauvres dans l’observance des mitzvot.
רַבִּי אֶלְעָזָר פָּתַח לֵהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״בַּעֲצַלְתַּיִם יִמַּךְ הַמְּקָרֶה וּבְשִׁפְלוּת יָדַיִם יִדְלוֹף הַבָּיִת״, בִּשְׁבִיל עַצְלוּת שֶׁהָיָה לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא עָסְקוּ בַּתּוֹרָה, נַעֲשָׂה שׂוֹנְאוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מָךְ. וְאֵין ״מָךְ״ אֶלָּא עָנִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִם מָךְ הוּא מֵעֶרְכֶּךָ״, וְאֵין ״מְקָרֶה״ אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַמְקָרֶה בַמַּיִם עֲלִיּוֹתָיו״.
Rabbi Elazar a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici : « Par la paresse, les poutres [hamekare] s’affaissent ; et par l’oisiveté des mains, la maison fuit » (Ecclésiaste 10:18). Rabbi Elazar interprète le verset de manière homilétique : Par la paresse du peuple juif, qui ne s’est pas occupé de l’étude de la Torah, l’ennemi du Saint, béni soit-Il, euphémisme désignant Dieu Lui-même, est devenu pauvre [makh], de sorte que, pour ainsi dire, Il était incapable de les aider, car makh n’est rien d’autre que pauvre, comme il est dit : « Mais s’il est trop pauvre [makh] pour l’estimation » (Lévitique 27:8). Et le mot mekare dans le verset désigne nul autre que le Saint, béni soit-Il, comme il est dit : « Qui pose les poutres [hamekare] de Ses chambres sur les eaux » (Psaumes 104:3).
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״שִׁיר הַמַּעֲלוֹת לוּלֵי ה׳ שֶׁהָיָה לָנוּ יֹאמַר נָא יִשְׂרָאֵל. לוּלֵי ה׳ שֶׁהָיָה לָנוּ בְּקוּם עָלֵינוּ אָדָם״. ״אָדָם״ — וְלֹא מֶלֶךְ.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a introduit ce passage avec une introduction tirée d’ici : « Un chant des montées de David. N’eût été le Seigneur qui était avec nous, qu’Israël le dise maintenant ; n’eût été le Seigneur qui était avec nous, lorsqu’un homme s’est levé contre nous » (Psaumes 124:1–2). Le verset parle d’« un homme » qui s’est levé contre nous et non d’un roi. Cela s’est produit aux jours d’Haman, car c’était lui, et non le roi Assuérus, qui était le principal ennemi du peuple juif.
רָבָא פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״בִּרְבוֹת צַדִּיקִים יִשְׂמַח הָעָם וּבִמְשׁוֹל רָשָׁע יֵאָנַח עָם״, ״בִּרְבוֹת צַדִּיקִים יִשְׂמַח הָעָם״ — זֶה מׇרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר, דִּכְתִיב: ״וְהָעִיר שׁוּשָׁן צָהֲלָה וְשָׂמֵחָה״. ״וּבִמְשׁוֹל רָשָׁע יֵאָנַח עָם״ — זֶה הָמָן, דִּכְתִיב: ״וְהָעִיר שׁוּשָׁן נָבוֹכָה״.
Rava a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici : « Quand les justes se multiplient, le peuple se réjouit ; mais quand l’homme méchant gouverne, le peuple gémit » (Proverbes 29:2). « Quand les justes se multiplient, le peuple se réjouit » ; il s’agit de Mardochée et d’Esther, comme il est écrit : « Et la ville de Suse se réjouissait et était dans l’allégresse » (Esther 8:15). « Mais quand l’homme méchant gouverne, le peuple gémit » ; il s’agit d’Haman, comme il est écrit : « Mais la ville de Suse était dans la perplexité » (Esther 3:15).
רַב מַתְנָה אָמַר מֵהָכָא: ״כִּי מִי גוֹי גָּדוֹל אֲשֶׁר לוֹ אֱלֹהִים קְרוֹבִים אֵלָיו״. רַב אָשֵׁי אָמַר מֵהָכָא: ״אוֹ הֲנִסָּה אֱלֹהִים וְגוֹ׳״.
Rav Mattana dit son introduction d’ici : « Car quelle grande nation a Dieu aussi proche d’elle » (Deutéronome 4:7), au point d’être témoin des grands miracles aux jours de Mardochée et d’Esther ? Rav Ashi dit son introduction d’ici : Le verset déclare : « Ou Dieu a-t-Il tenté de venir prendre pour Lui une nation du milieu d’une autre nation ? » (Deutéronome 4:34), comme au temps d’Esther, lorsque Dieu sauva le peuple juif dispersé dans tout l’Empire perse.
״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״, אָמַר רַב: וַיי וְהֵי, הָדָא דִּכְתִיב: ״וְהִתְמַכַּרְתֶּם שָׁם לְאוֹיְבֶיךָ לַעֲבָדִים וְלִשְׁפָחוֹת וְגוֹ׳״.
§ La Guemara revient à son interprétation du livre d’Esther. Le verset déclare : « Et il arriva [vayhi] aux jours d’Assuérus » (Esther 1:1). Rav a dit : Le mot vayhi peut être compris comme s’il disait vai et hi, c’est-à-dire malheur et deuil. Comme il est écrit : « Et là vous vous vendrez à vos ennemis comme esclaves et servantes, et personne ne vous achètera » (Deutéronome 28:68). Le caractère répétitif du verset, indiquant que personne ne sera disposé à vous acheter pour la servitude, mais qu’on vous achètera afin de vous assassiner, indique une situation doublement horrible, symbolisée par le double terme vayhi, signifiant malheur et deuil.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״לֹא מְאַסְתִּים וְלֹא גְעַלְתִּים לְכַלּוֹתָם״. ״לֹא מְאַסְתִּים״ — בִּימֵי יְווֹנִים. ״וְלֹא גְעַלְתִּים״ — בִּימֵי נְבוּכַדְנֶצַּר. ״לְכַלּוֹתָם״ — בִּימֵי הָמָן. ״לְהָפֵר בְּרִיתִי אִתָּם״ — בִּימֵי פָרְסִיִּים. ״כִּי אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיהֶם״ — בִּימֵי גוֹג וּמָגוֹג.
Et Shmuel dit son introduction à partir d’ici : « Et malgré tout cela, lorsqu’ils seront dans le pays de leurs ennemis, Je ne les rejetterai pas et Je ne les prendrai pas en horreur, pour les détruire entièrement et pour rompre Mon alliance avec eux ; car Je suis le Seigneur leur Dieu » (Lévitique 26:44). Shmuel explique : « Je ne les rejetterai pas » ; c’était aux jours des Grecs. « Et Je ne les prendrai pas en horreur » ; c’était aux jours de Vespasien. « Pour les détruire entièrement » ; c’était aux jours de Haman. « Et pour rompre Mon alliance avec eux » ; c’était aux jours des Perses. « Car Je suis le Seigneur leur Dieu » ; c’est aux jours de Gog et Magog.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: ״לֹא מְאַסְתִּים״ — בִּימֵי כַּשְׂדִּים, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם דָּנִיֵּאל חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה. ״וְלֹא גְעַלְתִּים״ — בִּימֵי יְווֹנִים, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק, וְחַשְׁמוֹנַאי וּבָנָיו, וּמַתִּתְיָה כֹּהֵן גָּדוֹל. ״לְכַלּוֹתָם״ — בִּימֵי הָמָן, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם מׇרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר. ״לְהָפֵר בְּרִיתִי אִתָּם״ — בִּימֵי רוֹמִיִּים, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם שֶׁל בֵּית רַבִּי וְחַכְמֵי דוֹרוֹת. ״כִּי אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיהֶם״ — לֶעָתִיד לָבוֹא, שֶׁאֵין כׇּל אוּמָּה וְלָשׁוֹן יְכוֹלָה לִשְׁלוֹט בָּהֶם.
Une compréhension alternative a été enseignée dans une baraita : « Je ne les rejetterai pas » ; cela eut lieu aux jours des Chaldéens, lorsque J’ai établi pour eux Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria pour prier en leur faveur. « Et Je ne les prendrai pas en horreur » ; cela eut lieu aux jours des Grecs, lorsque J’ai établi pour eux Shimon HaTzaddik, ainsi que le Hasmonéen et ses fils, et Mattithiah le Grand Prêtre. « Pour les détruire entièrement » ; cela eut lieu aux jours d’Haman, lorsque J’ai établi pour eux les dirigeants justes Mardochée et Esther. « Pour rompre Mon alliance avec eux » ; cela eut lieu aux jours des Romains, lorsque J’ai établi pour eux les Sages de la maison de Rabbi Yehouda HaNasi et les Sages des autres générations. « Car Je suis le Seigneur leur Dieu » ; cela sera dans l’avenir, lorsqu’aucune nation ou aucun peuple de langue étrangère ne pourra plus les asservir.
רַבִּי לֵוִי אָמַר מֵהָכָא: ״וְאִם לֹא תוֹרִישׁוּ אֶת יוֹשְׁבֵי הָאָרֶץ״.
Rabbi Lévi a dit son introduction à partir d’ici : « Mais si vous ne chassez pas les habitants du pays de devant vous, alors il arrivera que ceux d’entre eux que vous laisserez subsister seront comme des épines dans vos yeux » (Nombres 33:55). L’échec du roi Saül à anéantir complètement Amalek a permis l’existence de son descendant Haman, qui a agi comme une épine dans les yeux d’Israël pendant l’épisode de Pourim.
רַבִּי חִיָּיא אָמַר מֵהָכָא: ״וְהָיָה כַּאֲשֶׁר דִּמִּיתִי לַעֲשׂוֹת לָהֶם אֶעֱשֶׂה לָכֶם״.
Rabbi Ḥiyya dit son introduction d’ici, la suite du verset cité précédemment : « Et il arrivera que, comme j’ai pensé leur faire, ainsi je vous ferai » (Nombres 33:56). Avant le miracle de Pourim, le peuple juif était soumis au châtiment que la Torah avait destiné à ses ennemis, parce qu’il n’accomplissait pas les commandements de Dieu.
״אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״, אָמַר רַב: אָחִיו שֶׁל רֹאשׁ, וּבֶן גִּילוֹ שֶׁל רֹאשׁ. אָחִיו שֶׁל רֹאשׁ, אָחִיו שֶׁל נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע שֶׁנִּקְרָא ״רֹאשׁ״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַנְתְּ הוּא רֵישָׁא דִּי דַהֲבָא״. בֶּן גִּילוֹ שֶׁל רֹאשׁ, הוּא הָרַג — הוּא בִּיקֵּשׁ לַהֲרוֹג, הוּא הֶחְרִיב — הוּא בִּיקֵּשׁ לְהַחְרִיב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְמַלְכוּת אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ בִּתְחִלַּת מַלְכוּתוֹ כָּתְבוּ שִׂטְנָה עַל יוֹשְׁבֵי יְהוּדָה וִירוּשָׁלִָם״.
La Guemara poursuit son explication du livre d’Esther, en commençant par une discussion sur le nom Assuérus. Rav a dit : Le nom doit être compris comme une contraction : Le frère de la tête [aḥiv shel rosh] et du même caractère que la tête [ben gilo shel rosh]. Rav explique : Le frère de la tête, c’est-à-dire le frère du méchant Nabuchodonosor, qui est appelé « tête », comme il est dit : « Tu es la tête d’or » (Daniel 2:38). Du même caractère que la tête, car lui, Nabuchodonosor, a tué les Juifs, et lui, Assuérus, a cherché à les tuer. Il a détruit le Temple, et il a cherché à détruire les fondations du Temple posées par Zorobabel, comme il est dit : « Et sous le règne d’Assuérus, au commencement de son règne, ils écrivirent contre les habitants de Juda et de Jérusalem une accusation » (Esdras 4:6), et il ordonna que la construction du Temple cesse.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: שֶׁהוּשְׁחֲרוּ פְּנֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל בְּיָמָיו כְּשׁוּלֵי קְדֵרָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כֹּל שֶׁזּוֹכְרוֹ אֹמֵר ״אָח לְרֹאשׁוֹ״. וְרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: שֶׁהַכֹּל נַעֲשׂוּ רָשִׁין בְּיָמָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּשֶׂם הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ מַס״.
Et Shmuel dit : Le nom Assuérus doit être compris au sens de noir [shaḥor], car le visage du peuple juif s’est noirci à son époque comme le fond d’un pot. Et Rabbi Yoḥanan donna une autre explication : Tous ceux qui se souvenaient de lui disaient : « Malheur sur sa tête » [aḥ lerosho]. Et Rabbi Ḥanina dit : Le nom fait allusion au fait que tous devinrent pauvres [rash] à son époque, comme il est dit : « Et le roi Assuérus imposa un tribut sur le pays » (Esther 10:1).
״הוּא אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״ — הוּא בְּרִשְׁעוֹ מִתְּחִילָּתוֹ וְעַד סוֹפוֹ. ״הוּא עֵשָׂו״ — הוּא בְּרִשְׁעוֹ מִתְּחִילָּתוֹ וְעַד סוֹפוֹ. ״הוּא דָּתָן וַאֲבִירָם״ — הֵן בְּרִשְׁעָן מִתְּחִילָּתָן וְעַד סוֹפָן. ״הוּא הַמֶּלֶךְ אָחָז״ — הוּא בְּרִשְׁעוֹ מִתְּחִילָּתוֹ וְעַד סוֹפוֹ.
La Guemara continue : « C’est [hu] Assuérus » (Esther 1:1) ; le terme hu, c’est, vient enseigner que lui est resté tel qu’il était, dans sa méchanceté du début à la fin. De même, partout où les mots « c’est » apparaissent de cette manière, le verset indique que l’individu en question est resté le même du début à la fin, par exemple : « C’est [hu] Ésaü » (Genèse 36:43) ; lui est resté dans sa méchanceté du début à la fin. « Ce sont [hu] Dathan et Abiram » (Nombres 26:9) ; eux sont restés dans leur méchanceté du début à la fin. « C’est [hu] le roi Achaz » (II Chroniques 28:22) ; lui est resté dans sa méchanceté du début à la fin.
״אַבְרָם הוּא אַבְרָהָם״ — הוּא בְּצִדְקוֹ מִתְּחִילָּתוֹ וְעַד סוֹפוֹ. ״הוּא אַהֲרֹן וּמֹשֶׁה״ — הֵן בְּצִדְקָן מִתְּחִילָּתָן וְעַד סוֹפָן. ״וְדָוִד הוּא הַקָּטָן״ — הוּא בְּקַטְנוּתוֹ מִתְּחִילָּתוֹ עַד סוֹפוֹ, כְּשֵׁם שֶׁבְּקַטְנוּתוֹ הִקְטִין עַצְמוֹ אֵצֶל מִי שֶׁגָּדוֹל מִמֶּנּוּ בַּתּוֹרָה, כָּךְ בְּמַלְכוּתוֹ הִקְטִין עַצְמוֹ אֵצֶל מִי שֶׁגָּדוֹל מִמֶּנּוּ בְּחָכְמָה.
La Guemara continue : Le mot hu est également utilisé pour reconnaître une justice constante. « Abram, c’est [hu] Abraham » (I Chroniques 1:27) ; cela indique qu’Abraham n’a pas changé, car lui est resté dans sa justice du début à la fin. De même, « C’est [hu] Aaron et Moïse » (Exode 6:26) ; ils sont restés dans leur justice depuis le début de leur vie jusqu’à la fin de leur vie. De même, au sujet de David : « Et David, c’était [hu] le plus jeune » (I Samuel 17:14), indique qu’il est resté dans son humilité du début à la fin. De même que dans sa jeunesse, alors qu’il était encore une personne ordinaire, il s’abaissait devant quiconque était plus grand que lui en Torah, de même aussi, dans sa royauté, il s’abaissait devant quiconque était plus grand que lui en sagesse.
״הַמּוֹלֵךְ״, אָמַר רַב: שֶׁמָּלַךְ מֵעַצְמוֹ. אָמְרִי לַהּ לְשֶׁבַח וְאָמְרִי לַהּ לִגְנַאי. אָמְרִי לַהּ לְשֶׁבַח — דְּלָא הֲוָה אִינִישׁ דַּחֲשִׁיב לְמַלְכָּא כְּווֹתֵיהּ, וְאָמְרִי לַהּ לִגְנַאי — דְּלָא הֲוָה חֲזֵי לְמַלְכוּתָא, וּמָמוֹנָא יַתִּירָא הוּא דִּיהַב וְקָם.
Le terme suivant dans le verset d’ouverture : « Qui régna » (Esther 1:1), est maintenant interprété. Rav a dit : Cela vient enseigner qu’il régna par lui-même, sans avoir hérité du trône. Certains disent cela à son avantage, et certains disent cela à sa honte. La Guemara explique : Certains disent cela à son avantage, car il n’y avait pas d’autre homme aussi apte que lui à être roi. Et certains disent cela à sa honte, car il n’était pas apte à être roi, mais il distribua de grandes sommes d’argent et, de cette manière, monta sur le trône.
״מֵהוֹדּוּ וְעַד כּוּשׁ״, רַב וּשְׁמוּאֵל חַד אָמַר: הוֹדּוּ בְּסוֹף הָעוֹלָם וְכוּשׁ בְּסוֹף הָעוֹלָם, וְחַד אָמַר: הוֹדּוּ וְכוּשׁ גַּבֵּי הֲדָדֵי הֲווֹ קָיְימִי; כְּשֵׁם שֶׁמָּלַךְ עַל הוֹדּוּ וְכוּשׁ, כָּךְ מָלַךְ מִסּוֹף הָעוֹלָם וְעַד סוֹפוֹ.
Le verset d’ouverture poursuit en disant qu’Assuérus régna « de Hodu à Cush ». Rav et Shmuel furent en désaccord sur sa signification. L’un dit : Hodu est un pays à une extrémité du monde, et Cush est un pays à l’autre extrémité du monde. Et l’un dit : Hodu et Cush sont situés l’un à côté de l’autre, et le verset veut dire ce qui suit : De même que Assuérus régna avec facilité sur les pays adjacents de Hodu et Cush, de même il régna avec facilité d’une extrémité du monde à l’autre.
כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״כִּי הוּא רוֹדֶה בְּכׇל עֵבֶר הַנָּהָר מִתִּפְסַח וְעַד עַזָּה״, רַב וּשְׁמוּאֵל חַד אָמַר: תִּפְסַח בְּסוֹף הָעוֹלָם וְעַזָּה בְּסוֹף הָעוֹלָם, וְחַד אָמַר: תִּפְסַח וְעַזָּה בַּהֲדֵי הֲדָדֵי הֲווֹ קָיְימִי; כְּשֵׁם שֶׁמָּלַךְ עַל תִּפְסַח וְעַל עַזָּה, כָּךְ מָלַךְ עַל כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ.
De manière similaire, tu dis au sujet de Salomon : « Car il dominait sur toute la région de ce côté du fleuve, de Tiphsah jusqu’à Gaza » (I Rois 5:4), et à ce sujet également Rav et Shmuel étaient en désaccord. L’un a dit : Tiphsah est à une extrémité du monde, tandis que Gaza est à l’autre extrémité du monde. Et l’un a dit : Tiphsah et Gaza sont situées l’une à côté de l’autre, et le verset veut dire ce qui suit : De même que Salomon régnait avec aisance sur les voisines Tiphsah et Gaza, de même il régnait avec aisance sur le monde entier.
״שֶׁבַע וְעֶשְׂרִים וּמֵאָה מְדִינָה״, אָמַר רַב חִסְדָּא: בַּתְּחִילָּה מָלַךְ עַל שֶׁבַע, וּלְבַסּוֹף מָלַךְ עַל עֶשְׂרִים, וּלְבַסּוֹף מָלַךְ עַל מֵאָה. אֶלָּא מֵעַתָּה: ״וּשְׁנֵי חַיֵּי עַמְרָם שֶׁבַע וּשְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה״, מַאי דָּרְשַׁתְּ בֵּיהּ? שָׁאנֵי הָכָא, דִּקְרָא יַתִּירָא הוּא: מִכְּדֵי כְּתִיב ״מֵהוֹדּוּ וְעַד כּוּשׁ״, ״שֶׁבַע וְעֶשְׂרִים וּמֵאָה מְדִינָה״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִדְרָשָׁה.
Le verset d’ouverture continue en déclarant qu’Assuérus régna « sur cent vingt-sept provinces » (Esther 1:1). Rav Ḥisda dit : Ce verset doit être compris ainsi : Au début, il régna sur sept provinces ; puis il régna sur vingt autres ; et finalement il régna sur encore cent. La Guemara demande : Cependant, si c’est le cas, à propos du verset formulé de manière similaire : « Et les années de la vie d’Amram furent de cent trente-sept ans » (Exode 6:20), qu’exposerais-tu à partir de lui ? La Guemara répond : Ici, c’est différent, dans le livre d’Esther, car cette partie du verset est entièrement superflue. Puisqu’il est déjà écrit : « De Hodu à Cush », pourquoi alors ai-je besoin de « cent vingt-sept provinces » ? Au contraire, apprends d’ici que ces mots viennent pour cette explication, afin d’enseigner qu’Assuérus n’a pas commencé à régner sur elles toutes en même temps.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה מָלְכוּ בַּכִּיפָּה, וְאֵלּוּ הֵן: אַחְאָב וַאֲחַשְׁוֵרוֹשׁ וּנְבוּכַדְנֶצַּר. אַחְאָב, דִּכְתִיב: ״חַי ה׳ אֱלֹהֶיךָ אִם יֶשׁ גּוֹי וּמַמְלָכָה אֲשֶׁר לֹא שָׁלַח אֲדוֹנִי שָׁם לְבַקֶּשְׁךָ וְגוֹ׳״. וְאִי לָא דַּהֲוָה מָלֵיךְ עֲלַיְיהוּ, הֵיכִי מָצֵי מַשְׁבַּע לְהוּ?
§ À propos de la discussion sur les royaumes d’Assuérus et de Salomon, la Guemara cite une baraita dans laquelle les Sages ont enseigné : Trois hommes régnèrent sur le monde entier, et c’étaient Achab, Assuérus et Nabuchodonosor. La Guemara explique : Achab, comme il est écrit dans les paroles d’Abdias, serviteur d’Achab, à Élie : « Par la vie du Seigneur ton Dieu, il n’y a ni nation ni royaume où mon maître n’ait envoyé pour te chercher, et ils disaient : Il n’est pas là ; et il fit jurer le royaume et la nation qu’ils ne t’avaient pas trouvé » (I Rois 18:10). Et s’il ne régnait pas sur eux, comment aurait-il pu les faire jurer ? Il apparaît donc qu’il régnait sur le monde entier.
נְבוּכַדְנֶצַּר, דִּכְתִיב: ״וְהָיָה הַגּוֹי וְהַמַּמְלָכָה אֲשֶׁר לֹא יִתֵּן אֶת צַוָּארוֹ בְּעוֹל מֶלֶךְ בָּבֶל״. אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, הָא דַּאֲמַרַן.
Nebucadnetsar régna aussi sur le monde entier, comme il est écrit : « Et il arrivera que la nation et le royaume qui ne serviront pas ce même Nebucadnetsar, roi de Babylone, et qui ne mettront pas leur cou sous le joug du roi de Babylone, cette nation-là, je la châtierai, dit le Seigneur, par l’épée, par la famine et par la peste, jusqu’à ce que je les aie consumés par sa main » (Jérémie 27:8). Assuérus régna aussi sur le monde, comme nous l’avons dit plus haut.

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