הַשְׁתָּא [הָא] אָמְרִי לָא צְרִיכָא לְקַדּוֹשֵׁי! אֶלָּא: מָצְאוּ אֶת אֵלּוּ וּמְנָאוּם.
N’ont-ils pas dit plus loin dans la même baraita qu’il n’est pas nécessaire de les consacrer ? Au contraire, voici ce que la baraita veut dire : cela est dû au fait que, lorsque les exilés sont montés de Babylonie, ils ont découvert ceux-ci et les ont énumérés.
וְלֹא אֵלּוּ בִּלְבַד, אֶלָּא כׇּל שֶׁתַּעֲלֶה לְךָ מָסוֹרֶת בְּיָדְךָ מֵאֲבוֹתֶיךָ שֶׁמּוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן — כׇּל הַמִּצְוֹת הַלָּלוּ נוֹהֲגִין בָּהּ, מִפְּנֵי שֶׁקְּדוּשָּׁה רִאשׁוֹנָה קִידְּשָׁה לִשְׁעָתָהּ וְקִידְּשָׁה לֶעָתִיד לָבֹא. קַשְׁיָא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל אַדְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל.
La baraita continue. Et non seulement celles-ci, mais dans toute ville au sujet de laquelle vous recevez une tradition de vos ancêtres selon laquelle elle était entourée d’une muraille depuis les jours de Josué, fils de Noun, toutes ces mitzvot y sont observées, en raison du fait que la consécration initiale a sanctifié Eretz Yisrael pour son temps et a sanctifié Eretz Yisrael pour toujours. Cela est difficile, car il y a une contradiction entre une déclaration de Rabbi Yishmaël et une autre déclaration de Rabbi Yishmaël.
תְּרֵי תַנָּאֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי. וְאִיבָּעֵית אֵימָא, הָא רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר יוֹסֵי אַמְרַהּ, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי אָמַר: ״אֲשֶׁר לוֹא חוֹמָה״, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין לוֹ עַכְשָׁיו וְהָיָה לוֹ קוֹדֶם לָכֵן.
La Guemara répond : Il s’agit d’un différend entre deux tannaïm tardifs, qui soutiennent conformément à l’opinion de Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei. Chacun a transmis l’opinion de Rabbi Yishmaël d’une manière différente. Et si tu veux, dis plutôt que l’une des traditions est erronée, comme au sujet de cette déclaration : c’est Rabbi Elazar bar Yossei qui l’a dite, comme cela est enseigné dans une baraita : Rabbi Elazar, fils de Rabbi Yossei, a dit que le verset déclare : « Qui a [lo] une muraille » (Lévitique 25:30). Le mot lo est écrit avec un alef, signifiant non, c’est-à-dire qu’elle n’a pas de muraille, mais sa vocalisation est au sens de son homonyme, lo avec un vav, signifiant qu’elle a une muraille. Cela indique que même si elle n’a pas actuellement de muraille, puisqu’elle a été détruite, mais qu’elle en avait auparavant, elle conserve son statut de ville fortifiée. C’est Rabbi Elazar, fils de Rabbi Yossei, qui soutient que la première consécration a sanctifié Jérusalem pour toujours.
״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״, אָמַר רַבִּי לֵוִי וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹנָתָן: דָּבָר זֶה מָסוֹרֶת בְּיָדֵינוּ מֵאַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה, כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיְהִי״ אֵינוֹ אֶלָּא לְשׁוֹן צַעַר.
§ La Guemara revient au sujet principal de ce chapitre, le livre d’Esther. La Guemara cite diverses interprétations aggadiques des versets de la Meguila. Le verset d’ouverture de la Meguila déclare : « Et il arriva [vayhi] aux jours d’Assuérus » (Esther 1:1). Rabbi Levi a dit, et certains disent que c’était Rabbi Yonatan qui l’a dit : Cette chose est une tradition que nous avons reçue des membres de la Grande Assemblée. Partout où le mot vayhi est énoncé, c’est un terme de mauvais augure indiquant rien d’autre qu’un chagrin, comme si le mot était une contraction des mots vai et hi, signifiant malheur et deuil.
״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״ — הֲוָה הָמָן. ״וַיְהִי בִּימֵי שְׁפוֹט הַשּׁוֹפְטִים״ — הֲוָה רָעָב. ״וַיְהִי כִּי הֵחֵל הָאָדָם לָרוֹב״ — ״וַיַּרְא ה׳ כִּי רַבָּה רָעַת הָאָדָם״.
La Guemara cite plusieurs preuves corroborant cette interprétation. « Et il arriva [vayhi] aux jours d’Assuérus » mena au chagrin, car il y avait Haman. « Et il arriva [vayhi] aux jours où les juges jugeaient » (Ruth 1:1) introduit une période où il y eut famine. « Et il arriva [vayhi], lorsque les hommes commencèrent à se multiplier » (Genèse 6:1) est immédiatement suivi du verset : « Et le Seigneur vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre » (Genèse 6:5).
״וַיְהִי בְּנׇסְעָם מִקֶּדֶם״ — ״הָבָה נִבְנֶה לָּנוּ עִיר״. ״וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל״ — ״עָשׂוּ מִלְחָמָה״. ״וַיְהִי בִּהְיוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּירִיחוֹ״ — ״וְחַרְבּוֹ שְׁלוּפָה בְּיָדוֹ״. ״וַיְהִי ה׳ אֶת יְהוֹשֻׁעַ״ — ״וַיִּמְעֲלוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״. ״וַיְהִי אִישׁ אֶחָד מִן הָרָמָתַיִם״ — ״כִּי אֶת חַנָּה אָהֵב וַה׳ סָגַר רַחְמָהּ״.
« Et il arriva [vayhi] comme ils voyageaient depuis l’orient » (Genèse 11:2) est suivi de : « Allons, bâtissons-nous une ville » (Genèse 11:4), ce qui mena au péché de la tour de Babel. La Guemara cite d’autres exemples : « Et il arriva aux jours d’Amraphel » (Genèse 14:1), au sujet duquel il est dit : « Ceux-ci firent la guerre » (Genèse 14:2). Un autre verset dit : « Et il arriva, lorsque Josué était près de Jéricho » (Josué 5:13), c’est là qu’il vit un ange « avec son épée dégainée dans sa main » comme avertissement. Il est écrit : « Et le Seigneur était [vayhi] avec Josué » (Josué 6:27), et immédiatement après : « Mais les enfants d’Israël commirent une faute » (Josué 7:1). Il est dit : « Et il y avait un certain homme de Ramathaïm-Tsophim » (I Samuel 1:1), et peu après est mentionnée l’incapacité de Hannah à concevoir : « Car il aimait Hannah, mais le Seigneur avait fermé son sein » (I Samuel 1:5).
״וַיְהִי (כִּי) זָקֵן שְׁמוּאֵל״ — ״וְלֹא הָלְכוּ בָנָיו בִּדְרָכָיו״. ״וַיְהִי דָוִד לְכׇל דְּרָכָיו מַשְׂכִּיל [וַה׳ עִמּוֹ]״ — ״וַיְהִי שָׁאוּל עוֹיֵן אֶת דָּוִד״. ״וַיְהִי כִּי יָשַׁב הַמֶּלֶךְ בְּבֵיתוֹ״ — ״רַק אַתָּה לֹא תִבְנֶה הַבָּיִת״.
De même, le verset déclare : « Et il arriva que, lorsque Samuel fut vieux » (I Samuel 8:1), puis il est écrit : « Et ses fils ne marchèrent pas dans ses voies » (I Samuel 8:3). De plus, il est dit : « Et il arriva que David réussissait dans toutes ses voies, et le Seigneur était avec lui » (I Samuel 18:14), et seulement quelques versets plus tôt il est écrit : « Et Saül regardait David avec suspicion » (I Samuel 18:9). Dans un autre cas, le verset déclare : « Et il arriva que, lorsque le roi demeurait dans sa maison » (II Samuel 7:1). Ici, le roi David mentionna son désir de construire un temple pour Dieu, mais il est écrit ailleurs qu’on lui dit : « Cependant, tu ne bâtiras pas la maison » (II Chroniques 6:9).
וְהָכְתִיב: ״וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי״, וְתַנְיָא: אוֹתוֹ הַיּוֹם הָיְתָה שִׂמְחָה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כְּיוֹם שֶׁנִּבְרְאוּ בּוֹ שָׁמַיִם וָאָרֶץ, כְּתִיב הָכָא: ״וַיְהִי בְּיוֹם הַשְּׁמִינִי״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיְהִי (בֹקֶר) יוֹם אֶחָד״!
Après avoir cité plusieurs versets où vayhi annonce le chagrin, la Guemara mentionne plusieurs versets qui semblent indiquer le contraire. Mais n’est-il pas écrit : « Et il arriva [vayhi] le huitième jour » (Lévitique 9:1), qui était le jour de la dédicace du Tabernacle ? Et il est enseigné dans une baraita au sujet de ce jour : Ce jour-là, il y eut de la joie devant le Saint, béni soit-Il, semblable à la joie qui existait au jour où les cieux et la terre furent créés. La Guemara cite une analogie verbale à l’appui de cette affirmation. Il est écrit ici, au sujet de la dédicace du Tabernacle : « Et il arriva [vayhi] le huitième jour », et il est écrit là-bas, dans le récit de la Création : « Et ce fut [vayhi] le soir, et ce fut le matin : un jour » (Genèse 1:5). Cela indique qu’il y eut de la joie le huitième jour, lorsque le Tabernacle fut dédié, semblable à la joie qui existait au jour où le monde fut créé. Apparemment, le terme vayhi n’est pas nécessairement un présage de chagrin.
הָא שְׁכֵיב נָדָב וַאֲבִיהוּא.
La Guemara répond : Ce verset ne contredit pas le principe. Le jour de la dédicace du Tabernacle, un malheur frappa aussi le peuple, lorsque Nadav et Avihou moururent.
וְהָכְתִיב: ״וַיְהִי בִשְׁמוֹנִים שָׁנָה וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה״! וְהָכְתִיב: ״וַיְהִי כַּאֲשֶׁר רָאָה יַעֲקֹב אֶת רָחֵל״! וְהָכְתִיב ״וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד״! וְהָאִיכָּא שֵׁנִי! וְהָאִיכָּא שְׁלִישִׁי! וְהָאִיכָּא טוּבָא!
La Guemara cite des versets נוספים où vayhi n’indique pas un chagrin imminent : Mais n’est-il pas écrit : « Et il arriva [vayhi] dans la quatre-cent-quatre-vingtième année » (I Rois 6:1), ce qui traite de l’occasion joyeuse de la construction du Temple ? Et, de plus, n’est-il pas écrit : « Et il arriva [vayhi] lorsque Jacob vit Rachel » (Genèse 29:10), qui fut une occasion mémorable ? Et n’est-il pas écrit : « Et ce fut [vayhi] le soir, et ce fut [vayhi] le matin, un jour » (Genèse 1:5) ? Et n’y a-t-il pas le deuxième jour de la Création, et n’y a-t-il pas le troisième jour, où le terme vayhi est employé ? Et n’y a-t-il pas de nombreux versets dans la Torah où le terme vayhi apparaît sans qu’aucun chagrin ne s’ensuive ? Apparemment, le principe proposé est incorrect.
אָמַר רַב אָשֵׁי: כׇּל ״וַיְהִי״ — אִיכָּא הָכִי וְאִיכָּא הָכִי, ״וַיְהִי בִּימֵי״ — אֵינוֹ אֶלָּא לְשׁוֹן צַעַר.
Au contraire, Rav Ashi a dit : En ce qui concerne chaque occurrence de vayhi seule, il y en a qui signifient ceci, le chagrin, et il y en a qui signifient cela, la joie. Cependant, partout où l’expression « et il arriva aux jours de [vayhi bimei] » est employée dans la Torah, ce n’est rien d’autre qu’un terme de chagrin imminent.
חַמְשָׁה ״וַיְהִי בִּימֵי״ הָווּ: ״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״, ״וַיְהִי בִּימֵי שְׁפוֹט הַשּׁוֹפְטִים״, ״וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל״, ״וַיְהִי בִּימֵי אָחָז״, ״וַיְהִי בִּימֵי יְהוֹיָקִים״.
La Guemara déclare qu’il y a cinq occurrences de vayhi bimei dans la Torah. « Et il arriva aux jours de [vayhi bimei] Assuérus » ; « Et il arriva aux jours [vayhi bimei] où les juges jugeaient » ; « Et il arriva aux jours de [vayhi bimei] Amraphel » ; « Et il arriva aux jours de [vayhi bimei] Achaz » (Isaïe 7:1) ; « Et il arriva aux jours de [vayhi bimei] Joïaqim » (Jérémie 1:3). Dans tous ces cas, le chagrin s’ensuivit.
וְאָמַר רַבִּי לֵוִי, דָּבָר זֶה מָסוֹרֶת בְּיָדֵינוּ מֵאֲבוֹתֵינוּ: אָמוֹץ וַאֲמַצְיָה — אֲחֵי הָווּ. מַאי קָא מַשְׁמַע לַן?
§ À propos de la tradition citée ci-dessus par Rabbi Levi, la Guemara cite d'autres traditions qu'il a transmises. Rabbi Levi a dit : Cette chose est une tradition que nous avons reçue de nos ancêtres : Amots, père d’Isaïe, et Amatsia, roi de Judée, étaient frères. La Guemara demande : Quel élément nouveau cette déclaration nous enseigne-t-elle ?
כִּי הָא דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל כַּלָּה שֶׁהִיא צְנוּעָה בְּבֵית חָמִיהָ — זוֹכָה וְיוֹצְאִין מִמֶּנָּה מְלָכִים וּנְבִיאִים. מְנָלַן? מִתָּמָר, דִּכְתִיב: ״וַיִּרְאֶהָ יְהוּדָה וַיַּחְשְׁבֶהָ לְזוֹנָה כִּי כִסְּתָה פָּנֶיהָ״, מִשּׁוּם דְּכִסְּתָה פָּנֶיהָ ״וַיַּחְשְׁבֶהָ לְזוֹנָה״?
La Guemara répond : Cela est conforme à ce qu’a dit Rabbi Shmuel bar Naḥmani, à savoir que Rabbi Yonatan a dit : Toute mariée qui est pudique dans la maison de son beau-père mérite que des rois et des prophètes sortent d’elle. D’où tirons-nous cela ? De Tamar, comme il est écrit : « Lorsque Juda la vit, il la prit pour une prostituée, car elle avait couvert son visage » (Genèse 38:15). Se peut-il que ce soit parce que Tamar avait couvert son visage qu’il la prit pour une prostituée ? Au contraire, une prostituée a tendance à découvrir son visage.
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּכִסְּתָה פָּנֶיהָ בְּבֵית חָמִיהָ, וְלָא הֲוָה יָדַע לַהּ, זָכְתָה וְיָצְאוּ מִמֶּנָּה מְלָכִים וּנְבִיאִים. מְלָכִים — מִדָּוִד, נְבִיאִים — דְּאָמַר רַבִּי לֵוִי, מָסוֹרֶת בְּיָדֵינוּ מֵאֲבוֹתֵינוּ: אָמוֹץ וַאֲמַצְיָה אַחִים הָיוּ, וּכְתִיב: ״חֲזוֹן יְשַׁעְיָהוּ בֶן אָמוֹץ״.
Au contraire, parce qu’elle avait couvert son visage dans la maison de son beau-père et qu’il n’était pas familier avec son apparence, Juda ne reconnut pas Tamar, pensa qu’elle était une prostituée et chercha à avoir des relations sexuelles avec elle. Finalement, elle mérita que des rois et des prophètes sortent d’elle. Des rois sortirent d’elle par l’intermédiaire de David, qui était un descendant de Perets, le fils de Tamar. Cependant, il n’y a pas de mention explicite qu’elle ait été l’ancêtre de prophètes. Cela est déduit de ce qu’a dit Rabbi Levi : Cette affaire est une tradition que nous avons reçue de nos ancêtres. Amots, père d’Isaïe, et Amatsia, roi de Juda, étaient frères, et il est écrit : « La vision d’Isaïe, fils d’Amots » (Isaïe 1:1). Amots était membre de la dynastie davidique, et son fils, le prophète Isaïe, était lui aussi un descendant de Tamar.
וְאָמַר רַבִּי לֵוִי, דָּבָר זֶה מָסוֹרֶת בְּיָדֵינוּ מֵאֲבוֹתֵינוּ: מְקוֹם אָרוֹן אֵינוֹ מִן הַמִּדָּה.
Et Rabbi Lévi a dit : Cette chose est une tradition que nous avons reçue de nos ancêtres : La place de l'Arche de l'Alliance n'est pas incluse dans la mesure du Saint des Saints où elle reposait.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אָרוֹן שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה יֵשׁ לוֹ עֶשֶׂר אַמּוֹת לְכׇל רוּחַ, וּכְתִיב: ״וְלִפְנֵי הַדְּבִיר עֶשְׂרִים אַמָּה אוֹרֶךְ״, וּכְתִיב: ״כְּנַף הַכְּרוּב הָאֶחָד עֶשֶׂר אַמּוֹת וּכְנַף הַכְּרוּב הָאֶחָד עֶשֶׂר אַמּוֹת״, אָרוֹן גּוּפֵיהּ הֵיכָא הֲוָה קָאֵי? אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: בְּנֵס הָיָה עוֹמֵד.
La Guemara commente : Cela aussi est enseigné dans une baraita : L’Arche fabriquée par Moïse avait dix coudées d’espace vide de chaque côté. Et il est écrit dans la description du Temple de Salomon : « Et devant le Sanctuaire, qui avait vingt coudées de longueur, et vingt coudées de largeur » (I Rois 6:20). L’endroit « devant le Sanctuaire » désigne le Saint des Saints. Il mesurait vingt sur vingt coudées. S’il y avait dix coudées d’espace vide de chaque côté de l’Arche, il apparaît que l’Arche elle-même n’occupait aucun espace. Et il est écrit : Et l’aile de l’un des chérubins était de dix coudées et l’aile de l’autre chérubin était de dix coudées ; les ailes des chérubins occupaient toute la surface. Si tel est le cas, où se tenait donc l’Arche elle-même ? Plutôt, ne faut-il pas conclure de cela que l’Arche se tenait par miracle et n’occupait aucun espace ?
רַבִּי יוֹנָתָן פָּתַח לַהּ פִּיתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״וְקַמְתִּי עֲלֵיהֶם וְגוֹ׳ וְהִכְרַתִּי לְבָבֶל שֵׁם וּשְׁאָר וְנִין וָנֶכֶד נְאֻם ה׳״. ״שֵׁם״ — זֶה הַכְּתָב, ״שְׁאָר״ — זֶה לְשׁוֹן, ״נִין״ — זֶה מַלְכוּת, ״וָנֶכֶד״ — זוֹ וַשְׁתִּי.
§ La Guemara cite des prologues utilisés par divers Sages pour introduire l’étude de la Méguila : Rabbi Yonatan introduisit ce passage, le livre d’Esther, par une introduction tirée d’ici : « Car Je me lèverai contre eux, dit le Seigneur des armées, et Je retrancherai de Babylone le nom, et le reste, et la descendance [nin], et la postérité, dit le Seigneur » (Isaïe 14:22). Ce verset peut être interprété de manière homilétique : « Nom », c’est l’écriture de l’ancienne Babylone qui disparaîtra du monde. « Reste », c’est la langue de l’ancienne Babylone. « Descendance », c’est leur royaume. Et « postérité », c’est Vachti, qui selon la tradition était la petite-fille de Nabuchodonosor, et le livre d’Esther raconte comment elle aussi fut écartée du trône.
רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, פָּתַח לַהּ פִּיתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״תַּחַת הַנַּעֲצוּץ יַעֲלֶה בְרוֹשׁ וְתַחַת הַסִּרְפַּד יַעֲלֶה הֲדַס״.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici : « Au lieu de l’épine s’élèvera le cyprès, et au lieu de l’ortie s’élèvera le myrte ; et cela sera pour le Seigneur un nom, un signe éternel qui ne sera pas retranché » (Isaïe 55:13). Rabbi Shmuel bar Naḥmani a interprété ce verset de manière homilétique comme se référant aux justes qui ont remplacé les méchants dans le livre d’Esther.
״תַּחַת הַנַּעֲצוּץ״ — תַּחַת הָמָן הָרָשָׁע שֶׁעָשָׂה עַצְמוֹ עֲבוֹדָה זָרָה, דִּכְתִיב: ״וּבְכֹל הַנַּעֲצוּצִים וּבְכֹל הַנַּהֲלוֹלִים״.
« Au lieu de l’épine » ; cela signifie au lieu du méchant Haman. Il est désigné comme une épine parce qu’il s’est fait objet d’idolâtrie, puisqu’il a décrété que tous devaient se prosterner devant lui. La Guemara cite une preuve que le terme épine est employé en lien avec l’idolâtrie, comme il est écrit : « Et sur toutes les épines, et sur toutes les ronces » (Isaïe 7:19), ce qui est compris comme une référence à l’idolâtrie.
״יַעֲלֶה בְּרוֹשׁ״ — זֶה מָרְדֳּכַי שֶׁנִּקְרָא רֹאשׁ לְכׇל הַבְּשָׂמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה קַח לְךָ בְּשָׂמִים רֹאשׁ מׇר דְּרוֹר״, וּמְתַרְגְּמִינַן: ״מֹר דְּכֵי״.
La section suivante du verset explique ce qui remplacera les épines, c’est-à-dire Haman : « Le cyprès [berosh] s’élèvera » ; c’est Mardochée. Pourquoi est-il appelé un cyprès [berosh] ? Parce qu’il était appelé le chef [rosh] de toutes les épices, comme il est dit : « Prends aussi pour toi les principales épices, de myrrhe pure [mar deror] » (Exode 30:23), et nous traduisons « myrrhe pure » en araméen par mari dakhei. Mardochée était comme mari dakhi, le chef [rosh] des épices, et c’est pourquoi il est appelé berosh.
״תַּחַת הַסִּרְפַּד״ — תַּחַת וַשְׁתִּי הָרְשָׁעָה בַּת בְּנוֹ שֶׁל נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע שֶׁשָּׂרַף רְפִידַת בֵּית ה׳, דִּכְתִיב: ״רְפִידָתוֹ זָהָב״.
Le verset continue : “Et à la place de l’ortie [sirpad],” cela signifie à la place de la méchante Vashti. Pourquoi est-elle appelée ortie [sirpad] ? Parce qu’elle était la fille du fils du méchant Nabuchodonosor, qui a brûlé le plafond [saraf refidat] de la Maison de Dieu, comme il est écrit : “Son sommet [refidato] d’or” (Cantique des Cantiques 3:10).
״יַעֲלֶה הֲדַס״ — זוֹ אֶסְתֵּר הַצַּדֶּקֶת שֶׁנִּקְרֵאת הֲדַסָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי אוֹמֵן אֶת הֲדַסָּה״. ״וְהָיָה לַה׳ לְשֵׁם״ — זוֹ מִקְרָא מְגִילָּה. ״לְאוֹת עוֹלָם לֹא יִכָּרֵת״ — אֵלּוּ יְמֵי פוּרִים.
La section suivante du verset déclare : « Le myrte [hadas] poussera » ; il s’agit de la juste Esther, qui était appelée Hadassa dans la Méguila, comme il est dit : « Et il avait élevé Hadassa ; c’est-à-dire Esther » (Esther 2:7). La section finale du verset déclare : « Et ce sera pour le Seigneur comme un nom » ; il s’agit de la lecture de la Méguila. « Comme un signe éternel qui ne sera pas retranché » ; ce sont les jours de Pourim.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי פָּתַח לַהּ פִּיתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״וְהָיָה כַּאֲשֶׁר שָׂשׂ ה׳ עֲלֵיכֶם לְהֵיטִיב אֶתְכֶם כֵּן יָשִׂישׂ... לְהָרַע אֶתְכֶם״.
Rabbi Yehoshua ben Levi a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici : « Et il arrivera que, de même que le Seigneur s’est réjoui à votre sujet pour vous faire du bien, et pour vous multiplier, de même le Seigneur se réjouira à votre sujet pour vous faire périr et vous détruire » (Deutéronome 28:63). Le verset indique que, tout comme le Seigneur s’est réjoui du bien qu’Il a fait en faveur d’Israël, de même le Seigneur se réjouira de vous causer du tort.
וּמִי חָדֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּמַפַּלְתָּן שֶׁל רְשָׁעִים? וְהָא כְּתִיב: ״בְּצֵאת לִפְנֵי הֶחָלוּץ וְאוֹמְרִים הוֹדוּ לַה׳ כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי מָה לֹא נֶאֱמַר ״כִּי טוֹב״ בְּהוֹדָאָה זוֹ? לְפִי שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שָׂמֵחַ בְּמַפַּלְתָּן שֶׁל רְשָׁעִים.
Rabbi Yehoshua ben Levi demanda : Le Saint, béni soit-Il, se réjouit-Il réellement de la chute des méchants ? Mais il est écrit : « Lorsqu’ils sortirent devant l’armée, ils disaient : Rendez grâce au Seigneur, car Sa bonté dure à jamais » (II Chroniques 20:21), et Rabbi Yoḥanan dit : Pour quelle raison les mots : « car Il est bon » n’ont-ils pas été dits dans cette formule de remerciement, alors que la formulation classique est : « Rendez grâce au Seigneur, car Il est bon, car Sa bonté dure à jamais » (I Chroniques 16:34) ? Parce que le Saint, béni soit-Il, ne se réjouit pas de la chute des méchants. Puisque ce chant fut entonné à la suite d’une victoire militaire, qui impliquait la chute des méchants, le nom de Dieu ne fut pas mentionné en bien.
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, מַאי דִּכְתִיב: ״וְלֹא קָרַב זֶה אֶל זֶה כׇּל הַלָּיְלָה״ — בִּקְּשׁוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לוֹמַר שִׁירָה, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: מַעֲשֵׂה יָדַי טוֹבְעִין בַּיָּם, וְאַתֶּם אוֹמְרִים שִׁירָה?
Et, de même, Rabbi Yoḥanan a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et l’un ne s’approcha pas de l’autre de toute la nuit » (Exode 14:20) ? Les anges de service voulurent chanter leur chant, car les anges se chantaient des chants les uns aux autres, comme il est dit : « Et ils s’appelaient l’un l’autre et disaient » (Isaïe 6:3), mais le Saint, béni soit-Il, dit : L’œuvre de Mes mains, les Égyptiens, sont en train de se noyer dans la mer, et vous souhaitez chanter des chants ? Cela indique que Dieu ne se réjouit pas de la chute des méchants.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הוּא אֵינוֹ שָׂשׂ, אֲבָל אֲחֵרִים מֵשִׂישׂ. וְדַיְקָא נָמֵי, דִּכְתִיב: ״כֵּן יָשִׂישׂ״, וְלָא כְּתִיב ״יָשׂוּשׂ״. שְׁמַע מִינַּהּ.
Rabbi Elazar a dit que c’est ainsi qu’il faut comprendre la question : En vérité, Dieu Lui-même ne se réjouit pas de la chute des méchants, mais Il fait réjouir les autres. La Guemara commente : On peut aussi l’apprendre du langage du verset , comme il est écrit : « Ainsi le Seigneur se réjouira [ken yasis] » (Deutéronome 28:63). Et il n’est pas écrit yasus, la forme grammaticale du verbe signifiant : Il se réjouira. Au contraire, il est écrit yasis. La forme grammaticale de ce verbe indique que l’on fait réjouir un autre. Par conséquent, ces mots sont compris comme signifiant que Dieu fera réjouir les autres. La Guemara conclut : En vérité, apprends-en que tel est bien le cas.
רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא פָּתַח לַהּ פִּיתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״לְאָדָם שֶׁטּוֹב לְפָנָיו נָתַן חׇכְמָה וְדַעַת וְשִׂמְחָה״ — זֶה מָרְדֳּכַי הַצַּדִּיק, ״וְלַחוֹטֶא נָתַן עִנְיָן לֶאֱסוֹף וְלִכְנוֹס״ — זֶה הָמָן, ״לָתֵת לְטוֹב לִפְנֵי הָאֱלֹהִים״ — זֶה מָרְדְּכַי וְאֶסְתֵּר, דִּכְתִיב: ״וַתָּשֶׂם אֶסְתֵּר אֶת מׇרְדֳּכַי עַל בֵּית הָמָן״.
Rabbi Abba bar Kahana a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici. Le verset déclare au sujet de la récompense de Dieu pour les justes : « Il donne à l’homme qui est bon à Ses yeux la sagesse, la connaissance et la joie » (Ecclésiaste 2:26). La Guemara explique que ce verset fait référence à Mardochée le juste. Quant à la partie suivante du verset : « Mais au pécheur Il donne la tâche de rassembler et d’amasser », cela fait référence à Haman. La conclusion du verset déclare : « Afin qu’il le donne à celui qui est bon devant Dieu » (Ecclésiaste 2:26). Cela désigne Mardochée et Esther, comme il est écrit : « Et Esther établit Mardochée sur la maison de Haman » (Esther 8:2).
רַבָּה בַּר עוֹפְרָן פָּתַח לַהּ פִּיתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״וְשַׂמְתִּי כִסְאִי בְּעֵילָם וְהַאֲבַדְתִּי מִשָּׁם מֶלֶךְ וְשָׂרִים״. ״מֶלֶךְ״ — זוֹ וַשְׁתִּי, ״וְשָׂרִים״ — זֶה הָמָן וַעֲשֶׂרֶת בָּנָיו.
Rabba bar Oferan a introduit ce passage par une introduction tirée d’ici : « Et j’établirai mon trône en Élam, et j’en détruirai le roi et les princes, dit le Seigneur » (Jérémie 49:38). « Le roi » qui fut détruit ; cela fait référence à Vashti. « Et les princes » ; cela fait référence à Haman et ses dix fils.
רַב דִּימִי בַּר יִצְחָק פָּתַח לַהּ פִּיתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא,
Rav Dimi bar Yitzḥak a introduit ce passage par une introduction d’ici :