״מִקְלָט״ הָיָה כָּתוּב עַל פָּרָשַׁת דְּרָכִים, כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר הָרוֹצֵחַ וְיִפְנֶה לְשָׁם. אָמַר רַב כָּהֲנָא: מַאי קְרָא? ״תָּכִין לְךָ הַדֶּרֶךְ״ – עֲשֵׂה [לְךָ] הֲכָנָה לַדֶּרֶךְ.
Refuge était écrit sur des panneaux à chaque carrefour indiquant le chemin vers une ville de refuge, afin que le meurtrier involontaire identifie la route vers la ville de refuge et se tourne vers elle pour aller là-bas. Rav Kahana a dit : Quel est le verset d'où cela est dérivé ? « Prépare pour toi la route » (Deutéronome 19:3), c'est-à-dire : Fais pour toi la préparation de la route.
רַב חָמָא בַּר חֲנִינָא פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״טוֹב וְיָשָׁר ה׳ עַל כֵּן יוֹרֶה חַטָּאִים בַּדָּרֶךְ״ – אִם לַחַטָּאִים יוֹרֶה, קַל וָחוֹמֶר לַצַּדִּיקִים.
§ À propos de cette halakha, la Guemara cite que Rav Ḥama bar Ḥanina a introduit cette section au sujet des halakhot de l’exil par une introduction tirée d’ici : « Bon et droit est Dieu ; c’est pourquoi Il dirige les pécheurs dans la voie » (Psaumes 25:8). Il a dit : S’Il dirige les pécheurs en ordonnant de placer des panneaux les orientant vers la ville de refuge, on peut en déduire a fortiori qu’Il aidera et guidera les justes sur le chemin de la justice.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהַאי פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״וַאֲשֶׁר לֹא צָדָה וְהָאֱלֹהִים אִנָּה לְיָדוֹ וְגוֹ׳״, ״כַּאֲשֶׁר יֹאמַר מְשַׁל הַקַּדְמֹנִי מֵרְשָׁעִים יֵצֵא רֶשַׁע וְגוֹ׳״,
Rabbi Shimon ben Lakish a introduit cette portion par une introduction tirée d’ici : Il est dit au sujet d’un meurtrier involontaire : « Et celui qui n’était pas en embuscade, mais Dieu l’a fait venir dans sa main, et Je t’assignerai un lieu où il pourra s’enfuir » (Exode 21:13). Or, cela est déroutant. Pourquoi Dieu ferait-Il en sorte que quelqu’un pèche de cette manière ? Le verset déclare : « Comme le dit l’antique proverbe : De la méchanceté sort la méchanceté » (I Samuel 24:13). Les événements mauvais frappent ceux qui ont déjà péché.
בַּמָּה הַכָּתוּב מְדַבֵּר – בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁהָרְגוּ אֶת הַנֶּפֶשׁ, אֶחָד הָרַג בְּשׁוֹגֵג וְאֶחָד הָרַג בְּמֵזִיד, לָזֶה אֵין עֵדִים וְלָזֶה אֵין עֵדִים. הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַזְמִינָן לְפוּנְדָּק אֶחָד, זֶה שֶׁהָרַג בְּמֵזִיד יוֹשֵׁב תַּחַת הַסּוּלָּם, וְזֶה שֶׁהָרַג בְּשׁוֹגֵג יוֹרֵד בַּסּוּלָּם, וְנֹפֵל עָלָיו וְהֹרְגוֹ, זֶה שֶׁהָרַג בְּמֵזִיד – נֶהֱרָג, וְזֶה שֶׁהָרַג בְּשׁוֹגֵג – גּוֹלֶה.
Reish Lakish explique : À la lumière de cela, on peut comprendre le verset : « Mais Dieu fit que cela vienne dans sa main ». À propos de quel scénario le verset parle-t-il ? Il s’agit de deux personnes qui ont tué une personne, où l’une a tué involontairement tandis que l’autre a tué intentionnellement. Pour cette personne il n’y a pas de témoins de son acte, et pour cette autre personne il n’y a pas de témoins de son acte ; par conséquent, aucune des deux n’a reçu la punition appropriée d’exil et d’exécution, respectivement. Le Saint, béni soit-Il, les réunit dans une même auberge. Cette personne qui a tué intentionnellement s’assoit sous une échelle, et cette autre personne qui a tué involontairement descend l’échelle, et il tombe sur lui et le tue. Il y avait des témoins de cet incident et, par conséquent, cette personne qui a tué intentionnellement est mise à mort, et cette autre personne qui a tué involontairement est exilée, chacune recevant ce qu’elle méritait.
אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב הוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִן הַתּוֹרָה וּמִן הַנְּבִיאִים וּמִן הַכְּתוּבִים – בַּדֶּרֶךְ שֶׁאָדָם רוֹצֶה לֵילֵךְ בָּהּ – מוֹלִיכִין אוֹתוֹ.
À propos du chemin par lequel Dieu conduit les gens, la Guemara cite une déclaration selon laquelle Rabba bar Rav Huna dit que Rav Huna dit, et certains disent que c’était une déclaration dans laquelle Rav Huna dit que Rabbi Elazar dit : de la Torah, des Prophètes et des Écrits on apprend que sur le chemin qu’une personne souhaite emprunter, on la conduit et on l’aide elle.
מִן הַתּוֹרָה, דִּכְתִיב: ״לֹא תֵלֵךְ עִמָּהֶם״, וּכְתִיב: ״קוּם לֵךְ אִתָּם״. מִן הַנְּבִיאִים – דִּכְתִיב: ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֶיךָ מְלַמֶּדְךָ לְהוֹעִיל מַדְרִיכְךָ בְּדֶרֶךְ (זוּ) תֵּלֵךְ״. מִן הַכְּתוּבִים – דִּכְתִיב: ״אִם לַלֵּצִים הוּא יָלִיץ וְלַעֲנָוִים יִתֶּן חֵן״.
On apprend cela de la Torah, comme il est écrit, qu’au début Dieu dit à Balaam au sujet des émissaires occasionnels envoyés par Balak : « Tu n’iras pas avec eux » (Nombres 22:12). Après que Balaam L’eut imploré et eut indiqué son désir d’aller avec eux, il est écrit : « Lève-toi, va avec eux » (Nombres 22:20). On apprend cela des Prophètes, comme il est écrit : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’enseigne pour ton profit, qui te conduit sur le chemin où tu vas » (Isaïe 48:17), indiquant que sur le chemin qu’une personne cherche à suivre, Dieu la dirigera. On apprend cela des Écrits, comme il est écrit : « Si l’on recherche les moqueurs, Il le fera se joindre aux moqueurs, mais aux humbles Il donnera la grâce » (Proverbes 3:34), indiquant que si l’on choisit le cynisme, Dieu l’y dirigera, et si l’on opte pour l’humilité, Dieu lui accordera la grâce.
אָמַר רַב הוּנָא: רוֹצֵחַ שֶׁגָּלָה לְעִיר מִקְלָט וּמְצָאוֹ גּוֹאֵל הַדָּם וַהֲרָגוֹ – פָּטוּר. קָסָבַר: ״וְלוֹ אֵין מִשְׁפַּט מָוֶת״ – בְּגוֹאֵל הַדָּם הוּא דִּכְתִיב.
§ La Guemara reprend sa discussion des halakhot de l’exil. Rav Houna dit : Dans le cas d’un meurtrier involontaire qui a été exilé dans une ville de refuge, et que le vengeur du sang a trouvé en chemin et a tué, il est exempt. La Guemara note : Rav Houna soutient que le verset : « De peur que le vengeur du sang ne poursuive le meurtrier… et ne le frappe mortellement… et pour lui il n’y a pas de sentence de mort, car il ne le haïssait pas auparavant » (Deutéronome 19:6), est écrit au sujet du vengeur du sang, enseignant que le vengeur du sang n’est pas passible d’exécution pour avoir tué le meurtrier.
מֵיתִיבִי: ״וְלוֹ אֵין מִשְׁפַּט מָוֶת״ – בָּרוֹצֵחַ הַכָּתוּב מְדַבֵּר. אַתָּה אוֹמֵר בָּרוֹצֵחַ, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּגוֹאֵל הַדָּם? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״וְהוּא לֹא שֹׂנֵא לוֹ מִתְּמוֹל שִׁלְשׁוֹם״ – הֱוֵי אוֹמֵר בָּרוֹצֵחַ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
La Guemara soulève une objection à l’opinion de Rav Houna à partir d’une baraita : « Et pour lui il n’y a pas de sentence de mort » ; le verset parle du meurtrier involontaire, enseignant que le meurtrier involontaire n’est pas passible d’exécution. C’est pourquoi le peuple juif a reçu l’ordre d’établir des villes de refuge pour le protéger. La baraita poursuit en prouvant que le verset est écrit au sujet du meurtrier. Dis-tu qu’il parle du meurtrier involontaire, ou parle-t-il seulement du vengeur du sang ? Lorsqu’il est dit dans un verset antérieur : « Et il ne le haïssait pas auparavant » (Deutéronome 19:4), il est clair que la référence est au meurtrier involontaire, et par conséquent, tu dois dire que dans l’expression : « Et pour lui il n’y a pas de sentence de mort », le verset parle du meurtrier involontaire.
הוּא דְּאָמַר כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא: ״וְלוֹ אֵין מִשְׁפַּט מָוֶת״ – בְּגוֹאֵל הַדָּם הַכָּתוּב מְדַבֵּר. אַתָּה אוֹמֵר בְּגוֹאֵל הַדָּם הַכָּתוּב מְדַבֵּר, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בָּרוֹצֵחַ? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״כִּי לֹא שׂוֹנֵא הוּא לוֹ מִתְּמוֹל שִׁלְשׁוֹם״ – הֲרֵי רוֹצֵחַ אָמוּר, הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים: ״וְלוֹ אֵין מִשְׁפַּט מָוֶת״? בְּגוֹאֵל הַדָּם הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
La Guemara répond : Rav Houna énonce son opinion conformément à l’opinion de ce tanna suivant, comme cela est enseigné dans une autre baraita : « Et pour lui il n’y a pas de sentence de mort » ; le verset parle du vengeur du sang. La baraita précise : Dis-tu qu’il parle du vengeur du sang, ou parle-t-il seulement du meurtrier involontaire ? Lorsqu’il est dit : « Puisqu’il ne le haïssait pas auparavant, » le meurtrier involontaire est déjà mentionné, car cette expression le vise certainement. Comment dois-je comprendre le sens du verset : « Et pour lui il n’y a pas de sentence de mort » ? C’est du vengeur du sang que le verset parle.
תְּנַן: מוֹסְרִין לוֹ שְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁמָּא יַהַרְגֶנּוּ בַּדֶּרֶךְ, וִידַבְּרוּ אֵלָיו. מַאי לָאו דְּמַתְרוּ בֵּיהּ, דְּאִי קָטֵיל בַּר קְטָלָא הוּא?
La Guemara cite une preuve concernant la décision de Rav Houna à partir de la michna. Nous avons appris dans la michna : Et ils fournissaient au meurtrier involontaire fuyant vers une ville de refuge deux érudits de la Torah, en raison de la crainte que peut-être le vengeur du sang cherchera à le tuer en chemin, et dans ce cas ils parleront au vengeur du sang. La Guemara demande : Quoi, n'est-ce pas que les érudits de la Torah l'avertissent que s'il tue le meurtrier involontaire, il serait passible d'exécution ? Cela contredit l'opinion de Rav Houna selon laquelle un vengeur du sang qui tue le meurtrier involontaire est exempt.
לָא, כִּדְתַנְיָא: וִידַבְּרוּ אֵלָיו – דְּבָרִים הָרְאוּיִים לוֹ. אוֹמְרִים לוֹ: אַל תִּנְהַג בּוֹ מִנְהַג שׁוֹפְכֵי דָמִים, בִּשְׁגָגָה בָּא מַעֲשֶׂה לְיָדוֹ. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הוּא מְדַבֵּר עַל יְדֵי עַצְמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְזֶה דְּבַר הָרֹצֵחַ״. אָמְרוּ לוֹ: הַרְבֵּה שְׁלִיחוּת עוֹשָׂה.
La Guemara rejette cette preuve : Non, la déclaration des érudits de la Torah au vengeur du sang peut s’expliquer comme il est enseigné dans une baraita : Et ils lui parleront de choses appropriées pour lui. Ils disent au vengeur du sang : Ne lui accorde pas un traitement approprié aux meurtriers, car c’est involontairement qu’il s’est trouvé impliqué dans l’incident. Rabbi Meir dit : Le meurtrier involontaire aussi parle [medabber] pour sa propre défense afin de dissuader le vengeur du sang, comme il est dit : « Et ceci est la parole [devar] du meurtrier, qui s’y enfuira et vivra » (Deutéronome 19:4), indiquant que le meurtrier lui-même s’excuse et parle au vengeur du sang. Les Sages dirent à Rabbi Meir : Bien des choses s’accomplissent plus efficacement par intermédiaire.
אָמַר מָר: בִּשְׁגָגָה בָּא מַעֲשֶׂה לְיָדוֹ. פְּשִׁיטָא! דְּאִי בְּמֵזִיד, בַּר גָּלוּת הוּא? אִין.
La Guemara analyse la baraita. Le Maître dit dans la baraita : C’est involontairement qu’il s’est trouvé impliqué dans l’incident. La Guemara demande : N’est-ce pas évident ? Car, si c’était intentionnellement qu’il a tué une personne, est-il passible d’exil ? La Guemara répond : Oui, même les meurtriers intentionnels fuient parfois vers une ville de refuge.
וְהָא תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בַּתְּחִלָּה, אֶחָד שׁוֹגֵג וְאֶחָד מֵזִיד מַקְדִּימִין לְעָרֵי מִקְלָט, וּבֵית דִּין שׁוֹלְחִין וּמְבִיאִין אוֹתָם מִשָּׁם.
La Guemara continue : Et ainsi il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : Au début, aussi bien celui qui avait tué un autre involontairement que celui qui avait tué un autre intentionnellement se hâtait et fuyait vers les villes de refuge, et le tribunal de sa ville envoyait le chercher et l’amenait de là pour être jugé.
מִי שֶׁנִּתְחַיֵּיב מִיתָה – הֲרָגוּהוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁלְחוּ זִקְנֵי עִירוֹ וְלָקְחוּ אֹתוֹ מִשָּׁם וְנָתְנוּ אֹתוֹ בְּיַד גֹּאֵל הַדָּם וָמֵת״. מִי שֶׁלֹּא נִתְחַיֵּיב – פְּטָרוּהוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהִצִּילוּ הָעֵדָה אֶת הָרֹצֵחַ מִיַּד גֹּאֵל הַדָּם״. מִי שֶׁנִּתְחַיֵּיב גָּלוּת – מַחְזִירִין אוֹתוֹ לִמְקוֹמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהֵשִׁיבוּ אֹתוֹ הָעֵדָה אֶל עִיר מִקְלָטוֹ אֲשֶׁר נָס שָׁמָּה״.
La baraita continue : En ce qui concerne celui qui a été reconnu coupable et passible de la peine de mort pour meurtre intentionnel, après le procès le tribunal l’exécutait, comme il est dit : « Les anciens de sa ville enverront le prendre de là et le livreront entre les mains du vengeur du sang, et il mourra » (Deutéronome 19:12). Et en ce qui concerne celui qui n’a pas été reconnu coupable et passible de la peine de mort, par exemple s’ils ont estimé que cela était dû à des circonstances indépendantes de sa volonté, ils le libéraient, comme il est dit : « Et l’assemblée sauvera le meurtrier des mains du vengeur du sang » (Nombres 35:25). En ce qui concerne celui qui a été reconnu passible d’exil, le tribunal le ramenait à sa place dans la ville de refuge, comme il est dit : « Et l’assemblée jugera entre le meurtrier et le vengeur du sang…et l’assemblée le ramènera dans sa ville de refuge, où il s’était enfui » (Nombres 35:24–25).
רַבִּי אוֹמֵר: מֵעַצְמָן הֵן גּוֹלִין. כִּסְבוּרִין הֵן אֶחָד שׁוֹגֵג וְאֶחָד מֵזִיד – קוֹלְטוֹת, וְהֵן אֵינָן יוֹדְעִין שֶׁבַּשּׁוֹגֵג קוֹלְטוֹת, בְּמֵזִיד אֵינָן קוֹלְטוֹת.
La baraita continue : Rabbi Yehouda HaNassi dit : La Torah n’ordonne pas aux meurtriers intentionnels de fuir vers une ville de refuge ; au contraire, la Torah est consciente du fait qu’en pratique, les meurtriers intentionnels s’exileraient d’eux-mêmes, car ils pensaient qu’ils seraient admis dans ces villes, qui offriraient refuge aux meurtriers à la fois involontaires et intentionnels, et ils ne savent pas que seuls ceux qui tuent involontairement sont admis dans ces villes, mais ceux qui tuent intentionnellement ne sont pas admis.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עִיר שֶׁרוּבָּהּ רוֹצְחִים – אֵינָהּ קוֹלֶטֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְדִבֶּר בְּאׇזְנֵי זִקְנֵי הָעִיר הַהִיא אֶת דְּבָרָיו״ – וְלֹא שֶׁהוּשְׁווּ דִּבְרֵיהֶן לִדְבָרָיו.
§ Rabbi Elazar dit : Un meurtrier involontaire n’est pas admis dans une ville de refuge dont la majorité est composée de meurtriers involontaires, comme il est dit au sujet d’un meurtrier involontaire qui s’est enfui vers une ville de refuge : « Et il exposera ses paroles aux oreilles des anciens de cette ville » (Josué 20:4), ce qui indique qu’il y a un élément nouveau dans les paroles qu’il cherche à transmettre aux anciens de la ville, mais non lorsque leurs paroles sont égales aux siennes, puisque ces anciens ont prononcé les mêmes paroles lorsqu’ils sont arrivés dans la ville de refuge en tant que meurtriers involontaires.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עִיר שֶׁאֵין בָּהּ זְקֵנִים אֵינָהּ קוֹלֶטֶת, דְּבָעֵינַן ״זִקְנֵי הָעִיר״ וְלֵיכָּא. אִיתְּמַר: עִיר שֶׁאֵין בָּהּ זְקֵנִים, רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי – חַד אוֹמֵר: קוֹלֶטֶת, וְחַד אוֹמֵר: אֵינָהּ קוֹלֶטֶת. לְמַאן דְּאָמַר אֵינָהּ קוֹלֶטֶת – בָּעֵינַן ״זִקְנֵי הָעִיר״, וְלֵיכָּא. לְמַאן דְּאָמַר קוֹלֶטֶת – מִצְוָה בְּעָלְמָא.
Et Rabbi Elazar dit : Un meurtrier involontaire n’est pas admis dans une ville où il n’y a pas d’anciens, car nous exigeons l’accomplissement du verset : « Et il parlera aux oreilles des anciens de la ville » (Josué 20:4), et il n’y en a pas. Il a été énoncé : Une ville où il n’y a pas d’anciens fait l’objet d’un différend entre Rabbi Ami et Rabbi Asi. L’un dit : Un meurtrier involontaire y est admis, et l’autre dit : Un meurtrier involontaire n’y est pas admis. La Guemara explique : Selon celui qui dit qu’un meurtrier involontaire n’est pas admis dans une ville où il n’y a pas d’anciens, son raisonnement tient au fait que nous exigeons la présence des anciens de la ville et il n’y en a pas. Selon celui qui dit qu’un meurtrier involontaire y est admis, son raisonnement est qu’il soutient que parler aux anciens est simplement une mitsvaab initio, mais que cela n’affecte pas le statut de la ville en tant que ville de refuge.
וְעִיר שֶׁאֵין בָּהּ זְקֵנִים – רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי, חַד אָמַר: נַעֲשֶׂה בָּהּ בֵּן סוֹרֵר וּמוֹרֶה, וְחַד אָמַר: אֵין נַעֲשֶׂה בָּהּ בֵּן סוֹרֵר וּמוֹרֶה. לְמַאן דְּאָמַר אֵין נַעֲשֶׂה בָּהּ בֵּן סוֹרֵר וּמוֹרֶה – בָּעֵינַן ״זִקְנֵי עִירוֹ״, וְלֵיכָּא. לְמַאן דְּאָמַר נַעֲשֶׂה בָּהּ בֵּן סוֹרֵר וּמוֹרֶה – מִצְוָה בְּעָלְמָא.
Et une ville dans laquelle il n’y a pas d’anciens fait l’objet d’un autre différend entre Rabbi Ami et Rabbi Asi. L’un dit : On peut y devenir un fils dévoyé et rebelle. Et l’un dit : On ne peut pas y devenir un fils dévoyé et rebelle. La Guemara explique : Selon celui qui dit qu’on ne peut pas y devenir un fils dévoyé et rebelle, c’est parce que nous exigeons la présence des anciens de la ville, comme il est écrit : « Son père et sa mère le saisiront et l’amèneront aux anciens de sa ville et à la porte de son lieu » (Deutéronome 21:19), et il n’y en a pas. Selon celui qui dit qu’on peut y devenir un fils dévoyé et rebelle, la présence des anciens est simplement une mitsva ab initio.
וְעִיר שֶׁאֵין בָּהּ זְקֵנִים, רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי – חַד אָמַר: מְבִיאָה עֶגְלָה עֲרוּפָה, וְחַד אָמַר: אֵינָהּ מְבִיאָה עֶגְלָה עֲרוּפָה. לְמַאן דְּאָמַר אֵינָהּ מְבִיאָה עֶגְלָה עֲרוּפָה – בָּעֵינַן ״זִקְנֵי הָעִיר הַהִיא״, וְלֵיכָּא. לְמַאן דְּאָמַר מְבִיאָה עֶגְלָה עֲרוּפָה – מִצְוָה בְּעָלְמָא.
Et une ville dans laquelle il n’y a pas d’anciens fait l’objet d’un autre différend entre Rabbi Ami et Rabbi Assi. L’un dit : Si un cadavre a été découvert à proximité de cette ville, les habitants de la ville apportent une génisse à la nuque brisée. Et l’un dit : Les habitants de la ville n’apportent pas une génisse à la nuque brisée. La Guemara explique : Selon celui qui dit que les habitants de la ville n’apportent pas une génisse à la nuque brisée, c’est parce que nous exigeons la présence des anciens de la ville, comme il est écrit : « Et les anciens de cette ville feront descendre la génisse dans une vallée rocailleuse » (Torah 21:4), et il n’y a pas d’anciens. Selon celui qui dit que les habitants de la ville apportent une génisse à la nuque brisée, la présence des anciens n’est qu’une mitsva a priori.
אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: מִפְּנֵי מָה נֶאֶמְרָה פָּרָשַׁת רוֹצְחִים
§ Rabbi Ḥama bar Ḥanina dit : Pour quelle raison la section traitant des meurtriers a-t-elle été énoncée