דִּכְתִיב: ״גִּלְעָד קִרְיַת פֹּעֲלֵי אָוֶן עֲקֻבָּה מִדָּם״, מַאי ״עֲקוּבָּה מִדָּם״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁהָיוּ עוֹקְבִין לַהֲרוֹג נְפָשׁוֹת.
Par conséquent, un plus grand nombre de villes de refuge par habitant y était nécessaire, comme il est écrit : « Galaad est une ville de ceux qui commettent l’iniquité ; elle est couverte [akuba] de sang » (Osée 6:8). Quel est le sens de : Couverte [akuba] de sang ? Rabbi Elazar dit : Cela signifie qu’ils tendaient une embuscade [okevin] pour tuer des gens.
וּמַאי שְׁנָא מֵהַאי גִּיסָא וּמֵהַאי גִּיסָא דִּמְרַחֲקִי, וּמַאי שְׁנָא מְצִיעָאֵי דִּמְקָרְבִי?
La Guemara demande : Et qu’y a-t-il de différent au sujet des villes de refuge les plus proches de la frontière de ce côté sud du pays et de la frontière de cet autre côté nord du pays, qui sont éloignées d’un quart de la longueur d’Eretz Yisrael par rapport à la frontière, et qu’y a-t-il de différent au sujet de la ville de refuge au milieu du pays, qui est relativement proche de tout meurtrier potentiel ? La distance maximale qu’une personne devrait parcourir pour atteindre la ville du milieu est la moitié de la distance entre les frontières nord et sud et leurs villes de refuge respectives.
אָמַר אַבָּיֵי: בִּשְׁכֶם נָמֵי שְׁכִיחִי רוֹצְחִים, דִּכְתִיב: ״וּכְחַכֵּי אִישׁ גְּדוּדִים חֶבֶר כֹּהֲנִים, דֶּרֶךְ יְרַצְּחוּ שֶׁכְמָה וְגוֹ׳״, מַאי ״חֶבֶר כֹּהֲנִים״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁהָיוּ מִתְחַבְּרִין לַהֲרוֹג נְפָשׁוֹת, כְּכֹהֲנִים הַלָּלוּ שֶׁמִּתְחַבְּרִין לַחְלוֹק תְּרוּמוֹת בְּבֵית הַגֳּרָנוֹת.
Abaye a dit : Les meurtriers sont également fréquents à Sichem, comme il est écrit : « Et comme des bandes de brigands guettent un homme, ainsi est la troupe des prêtres ; ils assassinent sur le chemin de Sichem, oui, ils commettent une énormité » (Osée 6:9). Quel est le sens de « la troupe des prêtres » ? Rabbi Elazar dit : Cela signifie que les gens se regroupaient pour tuer des gens, comme ces prêtres qui se regroupent pour distribuer la terouma entre eux dans les greniers.
וְתוּ לֵיכָּא? וְהָא כְּתִיב: ״וַעֲלֵיהֶם תִּתְּנוּ אַרְבָּעִים וּשְׁתַּיִם עִיר״! אָמַר אַבָּיֵי: הַלָּלוּ, קוֹלְטוֹת בֵּין לְדַעַת בֵּין שֶׁלֹּא לְדַעַת. הַלָּלוּ – לְדַעַת קוֹלְטוֹת, שֶׁלֹּא לְדַעַת אֵינָן קוֹלְטוֹת.
La Guemara demande : Et n’y a-t-il pas davantage de villes de refuge au-delà de ces six ? Mais n’est-il pas écrit : « Et les villes que vous donnerez aux Lévites : les six villes de refuge, vous les donnerez afin que le meurtrier s’y enfuie, et en plus d’elles vous donnerez quarante-deux villes » (Nombres 35:6), ce qui indique que le statut de toutes les villes lévitiques est celui de villes de refuge ? Abaye a dit : En ce qui concerne ces six villes désignées spécifiquement à cette fin, les meurtriers involontaires ayant besoin de refuge y sont admis qu’ils soient entrés dans les villes délibérément, conscients qu’il s’agit de villes de refuge, ou qu’ils y soient entrés par inadvertance. En revanche, en ce qui concerne ces quarante-deux villes lévitiques, les meurtriers involontaires ne sont admis que s’ils sont entrés dans les villes délibérément, mais s’ils y sont entrés par inadvertance, ils ne sont pas admis dans ces villes.
וְחֶבְרוֹן עִיר מִקְלָט הֲוַא[י]? וְהָכְתִיב: ״וַיִּתְּנוּ לְכָלֵב אֶת חֶבְרוֹן כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר מֹשֶׁה״! אָמַר אַבָּיֵי: פַּרְווֹדֶהָא, דִּכְתִיב: ״וְאֶת שְׂדֵה הָעִיר וְאֶת חֲצֵרֶיהָ נָתְנוּ לְכָלֵב בֶּן יְפֻנֶּה״.
La Guemara demande : Et Hébron est-elle une ville de refuge ? Mais n’est-il pas écrit : « Et ils donnèrent Hébron à Caleb, comme Moïse l’avait dit » (Juges 1:20) ? Cela indique qu’Hébron appartenait à Caleb, de la tribu de Juda, et n’était pas une ville lévitique. Abaye a dit : Ses faubourgs [parvadaha] furent donnés à Caleb ; la ville elle-même était une ville de prêtres, comme il est écrit dans le contexte de la répartition des villes lévitiques : « Et ils leur donnèrent Qiryat-Arba… qui est Hébron… et le champ de la ville et ses cours furent donnés à Caleb, fils de Yefounné” (Josué 21:11–12).
וְקֶדֶשׁ עִיר מִקְלָט הֲוַאי? וְהָכְתִיב: ״וְעָרֵי מִבְצָר הַצִּדִּים צֵר וְחַמַּת רַקַּת וְכִנָּרֶת וְגוֹ׳ וְקֶדֶשׁ וְאֶדְרֶעִי וְעֵין חָצוֹר״, וְתַנְיָא: עָרִים הַלָּלוּ אֵין עוֹשִׂין אוֹתָן לֹא טִירִין קְטַנִּים וְלֹא כְּרַכִּים גְּדוֹלִים אֶלָּא עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת! אָמַר רַב יוֹסֵף: תַּרְתֵּי קֶדֶשׁ הֲוַאי. (אָמַר) רַב אָשֵׁי [אָמַר]: כְּגוֹן סְלֵיקוּם וְאַקְרָא דִּסְלֵיקוּם.
La Guemara demande en outre : Et Kadesh est-elle une ville de refuge ? Mais n’est-il pas écrit : “Et les villes fortifiées étaient Ziddim, Tser, et Hammath, Rakkath, et Chinnereth… et Kedesh, et Edrei, et En Hazor” (Josué 19:35–37), et il est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne ces villes de refuge, on ne les établit pas dans de petites localités [tirin] ni dans de grandes villes ; plutôt, on les établit dans des villes de taille intermédiaire ? Apparemment, Kadesh était une grande ville fortifiée. Rav Yosef a dit : Il y avait deux villes nommées Kedesh, et celle qui est énumérée parmi les villes fortifiées dans le livre de Josué n’est pas celle qui était une ville de refuge. Rav Ashi a dit : Le fait que Kadesh soit énumérée parmi les villes fortifiées ne pose pas de difficulté, car cela est semblable à deux villes adjacentes mais distinctes : Selikum et la fortification [ve’akra] de Selikum. De même, il y avait la ville fortifiée de Kadesh, mentionnée dans Josué, et la ville elle-même, qui était une ville intermédiaire et servait de ville de refuge.
גּוּפָא: עָרִים הַלָּלוּ, אֵין עוֹשִׂין אוֹתָן לֹא טִירִין קְטַנִּים וְלֹא כְּרַכִּין גְּדוֹלִים, אֶלָּא עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת. וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם מַיִם, וְאִם אֵין שָׁם מַיִם – מְבִיאִין לָהֶם מַיִם. וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם שְׁווֹקִים, וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם אוּכְלוּסִין. נִתְמַעֲטוּ אוּכְלוּסֵיהֶן – מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן. נִתְמַעֲטוּ דִּיּוּרֵיהֶן – מְבִיאִין לָהֶם כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים.
§ La Guemara traite de la question elle-même, et cite la baraita au complet : En ce qui concerne ces villes de refuge, on ne les établit pas dans de petites localités ni dans de grandes villes ; mais, on les établit dans des villes de taille intermédiaire. Et on ne les établit que dans un endroit où il y a de l’eau, et s’il n’y a pas d’eau disponible là-bas, puisqu’il n’y a pas de source accessible depuis la ville, on leur amène de l’eau en creusant un canal. Et on ne les établit que dans un endroit où il y a des marchés, et on ne les établit que dans un endroit peuplé, où il y a beaucoup de gens qui fréquentent régulièrement la ville. Si la population des zones environnantes diminue, on l’augmente. Si le nombre de résidents dans la ville de refuge elle-même diminue, on y amène de nouveaux résidents, parmi eux des prêtres, des Lévites et des Israélites.
וְאֵין מוֹכְרִין בָּהֶן לֹא כְּלֵי זַיִין, וְלֹא כְּלֵי מְצוּדָה, דִּבְרֵי רַבִּי נְחֶמְיָה. וַחֲכָמִים מַתִּירִין. וְשָׁוִין שֶׁאֵין פּוֹרְסִין בְּתוֹכָן מְצוּדוֹת, וְאֵין מַפְשִׁילִין לְתוֹכָן חֲבָלִים, כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּהֵא רֶגֶל גּוֹאֵל הַדָּם מְצוּיָה שָׁם.
La baraita continue : Et l’on ne peut pas vendre d’armes ni d’outils de chasse dans les villes de refuge, afin d’empêcher le vengeur du sang d’obtenir des moyens qu’il pourrait utiliser pour tuer l’homicide involontaire qui s’est enfui vers la ville de refuge ; telle est la déclaration de Rabbi Neḥemya. Et les Sages permettent la vente d’armes et d’outils de chasse. Et Rabbi Neḥemya et les Sages s’accordent à dire qu’on ne peut pas étendre de filets dans les villes de refuge, ni tresser [mafshilin] des cordes dans ces villes, afin que le pied du vengeur du sang ne s’y trouve pas. Si le vengeur du sang entrait dans la ville de refuge pour acheter des filets ou des cordes, il risque de rencontrer l’homicide et de le tuer.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מַאי קְרָא? ״וְנָס אֶל אַחַת מִן הֶעָרִים הָאֵל וָחָי״ – עֲבֵיד לֵיהּ מִידֵּי דְּתֶהְוֵי לֵיהּ חִיּוּתָא.
Rabbi Yitzḥak dit : Quel est le verset d’où ces éléments sont déduits ? Il est écrit : « Et il s’enfuira vers l’une de ces villes et vivra » (Deutéronome 4:42), c’est-à-dire : Faites quelque chose pour l’homicide involontaire afin que la vie dans la ville de refuge soit propice à la vie pour lui. Toutes ces mesures sont prises pour faciliter cet objectif.
תָּנָא: תַּלְמִיד שֶׁגָּלָה – מַגְּלִין רַבּוֹ עִמּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָחַי״ – עֲבֵיד לֵיהּ מִידֵּי דְּתֶהְוֵי לֵיהּ חִיּוּתָא. אָמַר רַבִּי זְעֵירָא: מִכָּאן שֶׁלֹּא יִשְׁנֶה אָדָם לְתַלְמִיד שֶׁאֵינוֹ הָגוּן.
Les Sages ont enseigné : Dans le cas d’un élève qui a été exilé, son maître est exilé vers la ville de refuge avec lui, afin que l’élève puisse continuer à y étudier la Torah avec lui, comme il est dit : « Et il s’enfuira vers l’une de ces villes et vivra, » d’où l’on déduit : Accomplissez quelque action pour l’homicide involontaire, afin que la vie dans la ville soit propice au fait d’y vivre pour lui. Puisque l’étude de la Torah est une composante intégrale de sa vie, des dispositions doivent être prises pour assurer la continuité de cet aspect de son existence. Rabbi Zeira dit : D’ici on apprend qu’une personne ne doit pas enseigner à un élève qui n’est pas apte, car cela peut avoir pour conséquence que le maître suive l’élève en exil.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָרַב שֶׁגָּלָה – מַגְּלִין יְשִׁיבָתוֹ עִמּוֹ. אִינִי? וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִן לְדִבְרֵי תוֹרָה שֶׁהֵן קוֹלְטִין? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶת בֶּצֶר בַּמִּדְבָּר וְגוֹ׳״, [וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ:] ״וְזֹאת הַתּוֹרָה״.
Rabbi Yoḥanan dit : Dans le cas d’un maître de Torah qui a été exilé, son école est exilée avec lui. La Guemara demande : Est-ce bien ainsi qu’un maître de Torah est exilé ? Mais Rabbi Yoḥanan lui-même dit : D’où est-il déduit que les paroles de Torah procurent refuge, c’est-à-dire que le vengeur du sang ne peut pas nuire à celui qui est engagé dans la Torah ? Cela est déduit d’un verset, comme il est dit : « Betser dans le désert, dans la plaine, pour les Rubénites ; et Ramot en Galaad, pour les Gadites ; et Golan en Bachan, pour les Manassites » (Deutéronome 4:43), dans la liste des villes de refuge désignées par Moïse, et il est écrit ensuite : « Et voici la Torah » (Deutéronome 4:44). Sur la base de cette juxtaposition, on déduit que le statut de la Torah est comme celui d’une ville de refuge.
לָא קַשְׁיָא, הָא – בְּעִידָּנָא דְּעָסֵיק בַּהּ, הָא – בְּעִידָּנָא דְּלָא עָסֵיק בַּהּ.
La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car cette déclaration de Rabbi Yoḥanan, selon laquelle le statut de la Torah est comme celui d’une ville de refuge, se rapporte à la Torah au moment où l’on est engagé dans son étude, tandis que cette autre déclaration de Rabbi Yoḥanan, selon laquelle l’enseignant de Torah doit emmener son école dans la ville de refuge, se rapporte à l’enseignant de Torah au moment où il n’est pas engagé dans son étude. Sa simple présence dans une ville de refuge lui procure une protection continue.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא, מַאי קוֹלְטִין – מִמַּלְאַךְ הַמָּוֶת. כִּי הָא דְּרַב חִסְדָּא הֲוָה יָתֵיב וְגָרֵיס בְּבֵי רַב, וְלָא הֲוָה קָא יָכֵיל שְׁלִיחָא [דְּמַלְאֲכָא דְּמוֹתָא] לְמִיקְרַב לְגַבֵּיהּ, דְּלָא הֲוָה שָׁתֵיק פּוּמֵּיהּ מִגִּירְסָא, סְלֵיק וִיתֵיב אַאַרְזָא דְּבֵי רַב, פְּקַע אַרְזָא וּשְׁתֵיק, וִיכֵיל לֵיהּ.
Et si tu le souhaites, dis : Quel est le sens de la déclaration de Rabbi Yoḥanan selon laquelle les paroles de Torah offrent refuge ? Cela signifie une protection, mais non pour un meurtrier involontaire contre le vengeur du sang ; cela signifie plutôt une protection contre l’Ange de la Mort. C’est comme dans cet incident où Rav Ḥisda était assis et étudiait dans la maison d’étude de Rav, et l’agent de l’Ange de la Mort ne pouvait pas s’approcher de lui ni lui ôter la vie, car sa bouche ne cessait pas de son étude ne serait-ce qu’un instant. L’agent monta et s’assit sur le cèdre de la maison d’étude de Rav. Le cèdre se brisa, et Rav Ḥisda fut momentanément silencieux, surpris par le bruit soudain, et l’agent de l’Ange de la Mort le maîtrisa. Apparemment, les paroles de Torah n’offrent une protection contre l’Ange de la Mort que lorsqu’on est activement engagé dans leur étude.
אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲנִילַאי: מִפְּנֵי מָה זָכָה רְאוּבֵן לִימָּנוֹת בְּהַצָּלָה תְּחִלָּה? מִפְּנֵי שֶׁהוּא פָּתַח בְּהַצָּלָה תְּחִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁמַע רְאוּבֵן וַיַּצִּלֵהוּ מִיָּדָם״.
§ Rabbi Tanḥum bar Ḥanilai dit : Pour quelle raison Ruben a-t-il eu le privilège d’être énuméré en premier dans le sauvetage, puisque la première ville de refuge mentionnée est Betser (voir Deutéronome 4:43), située dans la part tribale de Ruben ? C’est en raison du fait qu’il a commencé le sauvetage de Joseph le premier, comme il est dit : « Et Ruben entendit et le délivra de leurs mains » (Genèse 37:21).
דָּרַשׁ רַבִּי שִׂמְלַאי: מַאי דִּכְתִיב: ״אָז יַבְדִּיל מֹשֶׁה שָׁלֹשׁ עָרִים בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן מִזְרְחָה [שָׁמֶשׁ]״? אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: הַזְרַח שֶׁמֶשׁ לָרוֹצְחִים. אִיכָּא דְּאָמְרִי אָמַר לוֹ: הִזְרַחְתָּ שֶׁמֶשׁ לָרוֹצְחִים.
Rabbi Simlaï a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Alors Moïse sépara trois villes au-delà du Jourdain, vers le levant du soleil [mizreḥa shamesh] » (Deutéronome 4:41) ? Le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : Fais briller le soleil [hazraḥ shemesh] pour les meurtriers, c’est-à-dire donne-leur l’espoir d’être secourus. Certains disent que Dieu a dit à Moïse : En désignant ces villes de refuge, tu as fait briller le soleil pour les meurtriers.
דָּרַשׁ רַבִּי סִימַאי: מַאי דִּכְתִיב: ״אֹהֵב כֶּסֶף לֹא יִשְׂבַּע כֶּסֶף וּמִי אֹהֵב בֶּהָמוֹן לֹא תְבוּאָה״? ״אֹהֵב כֶּסֶף לֹא יִשְׂבַּע כֶּסֶף״ – זֶה מֹשֶׁה רַבֵּינוּ, שֶׁהָיָה יוֹדֵעַ שֶׁאֵין שָׁלֹשׁ עָרִים שֶׁבְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן קוֹלְטוֹת עַד שֶׁלֹּא נִבְחֲרוּ שָׁלֹשׁ בְּאֶרֶץ כְּנַעַן, וְאָמַר: מִצְוָה שֶׁבָּאָה לְיָדִי אֲקַיְּימֶנָּה.
À ce propos, Rabbi Simai a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Celui qui aime l’argent ne sera pas rassasié d’argent ; ni celui qui aime l’abondance, avec le gain » (Ecclésiaste 5:9) ? « Celui qui aime l’argent ne sera pas rassasié d’argent » ; cela fait référence à Moïse notre maître, dont l’amour des mitsvot était si grand que, bien qu’il sût que un meurtrier involontaire ne serait pas admis dans les trois villes de refuge qui se trouvaient sur la rive orientale du Jourdain jusqu’à ce que les trois villes de refuge qui se trouvaient dans le pays de Canaan soient choisies, et que sa désignation des villes de refuge n’aurait aucune conséquence pratique de son vivant, il a néanmoins dit : Lorsqu’il y a une mitsva qui s’est présentée à moi, je l’accomplirai.
״וּמִי אֹהֵב בֶּהָמוֹן לֹא תְבוּאָה״ – לְמִי נָאֶה לְלַמֵּד בְּהָמוֹן? מִי שֶׁכׇּל תְּבוּאָה שֶׁלּוֹ. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: ״מַאי דִּכְתִיב מִי יְמַלֵּל גְּבוּרוֹת ה׳ יַשְׁמִיעַ כׇּל תְּהִלָּתוֹ״? לְמִי נָאֶה (לְלַמֵּד) [לְמַלֵּל] גְּבוּרוֹת ה׳ – מִי שֶׁיָּכוֹל לְהַשְׁמִיעַ כׇּל תְּהִלָּתוֹ.
La phrase suivante dans ce verset : « Ni celui qui aime l’abondance avec accroissement, » est également interprétée comme se référant à la Torah : À qui convient-il d’enseigner à une abondance de personnes ? À celui pour qui tout son accroissement lui appartient, c’est-à-dire que celui qui connaît tout le contenu de la Torah est digne de l’enseigner en public. Et cela est identique à ce que dit Rabbi Elazar : Que signifie ce qui est écrit : « Qui peut exprimer les actes puissants de Dieu, ou faire entendre toute Sa louange » (Psaumes 106:2) ? À qui convient-il d’exprimer les actes puissants de Dieu ? C’est celui qui peut faire entendre toute Sa louange. Celui qui n’en connaît qu’une partie n’est pas apte à enseigner aux multitudes.
וְרַבָּנַן, וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר מָרִי, אָמַר: ״מִי אֹהֵב בֶּהָמוֹן לוֹ תְּבוּאָה״ – כׇּל הָאוֹהֵב (לִמְלַמֵּד) בֶּהָמוֹן – לוֹ תְבוּאָה. יְהַבוּ בֵּיהּ רַבָּנַן עֵינַיְיהוּ בְּרָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה.
Et les Rabbins disent, et certains disent que Rabba bar Mari dit, que le passage « ni celui qui aime l’abondance avec accroissement » signifie quiconque aime un érudit de la Torah qui enseigne en présence d’une abondance de personnes, à lui il y aura accroissement, c’est-à-dire des fils qui sont des érudits de la Torah. La Guemara rapporte : Lorsqu’ils entendirent cette interprétation, les Sages portèrent leurs regards sur Rava, fils de Rabba, qui aimait les érudits de la Torah qui diffusent la Torah, et il fut béni avec des fils qui étaient des érudits de la Torah.
(סִימָן: אָשֵׁי לִלְמוֹד, רָבִינָא לְלַמֵּד).
La Guemara fournit un moyen mnémotechnique pour les interprétations suivantes de la seconde partie du verset cité plus haut (Ecclésiaste 5:9) : Ashi pour étudier, Ravina pour enseigner.
רַב אָשֵׁי אָמַר: כׇּל הָאוֹהֵב לִלְמוֹד בֶּהָמוֹן – לוֹ תְּבוּאָה. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי דִּכְתִיב: ״חֶרֶב אֶל הַבַּדִּים וְנֹאָלוּ״? חֶרֶב עַל צַוְּארֵי שׂוֹנְאֵיהֶם שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁיּוֹשְׁבִין וְעוֹסְקִין בַּתּוֹרָה בַּד בְּבַד, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמִּטַּפְּשִׁין – כְּתִיב הָכָא: ״וְנֹאָלוּ״, וּכְתִיב הָתָם: ״אֲשֶׁר נוֹאַלְנוּ״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁחוֹטְאִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲשֶׁר חָטָאנוּ״. וְאִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״נוֹאֲלוּ שָׂרֵי צֹעַן״.
Rav Ashi dit : Quiconque aime étudier en abondance, c’est-à-dire avec de nombreux collègues, verra son savoir s’accroître, c’est-à-dire qu’il réussira dans son étude. Et cela est parallèle à ce que dit Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Une épée est sur les baddim, et veno’alu » (Jérémie 50:36) ? Il convient qu’une épée soit placée sur le cou des ennemis des érudits de la Torah, euphémisme désignant les érudits de la Torah, qui s’assoient et s’occupent de l’étude de la Torah individuellement [bad bevad]. De plus, ils deviennent insensés par l’étude individuelle, comme il est écrit ici : Veno’alu, et il est écrit là-bas : « Car nous avons été insensés [no’alnu] » (Nombres 12:11). De plus, ils pèchent ainsi, comme il est dit immédiatement après : « Et car nous avons péché. » Et si tu veux, dis que d’ici on déduit que no’alu signifie pécher : « Les ministres de Tsoan ont péché [no’alu] » (Isaïe 19:13).
רָבִינָא אָמַר: כׇּל הָאוֹהֵב לְלַמֵּד בֶּהָמוֹן – לוֹ תְּבוּאָה. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי: הַרְבֵּה תּוֹרָה לָמַדְתִּי מֵרַבּוֹתַי, וּמֵחֲבֵירַי יוֹתֵר מֵהֶם, וּמִתַּלְמִידַי יוֹתֵר מִכּוּלָּן.
Ravina dit qu’il existe une interprétation différente du verset cité plus haut (Ecclésiaste 5:9) : Quiconque aime enseigner en abondance, devant les multitudes, pour lui il y aura accroissement, car sa connaissance de la Torah s’accroît grâce à ces enseignements. Et cela est parallèle à ce que Rabbi Yehuda HaNasi dit : J’ai beaucoup étudié la Torah auprès de mes maîtres, et j’ai appris davantage de mes collègues que d’eux, et j’ai appris davantage de mes élèves que de tous eux.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי דִּכְתִיב: ״עֹמְדוֹת הָיוּ רַגְלֵינוּ בִּשְׁעָרַיִךְ יְרוּשָׁלִָם״? מִי גָּרַם לְרַגְלֵינוּ שֶׁיַּעַמְדוּ בַּמִּלְחָמָה – שַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַםִ, שֶׁהָיוּ עוֹסְקִים בַּתּוֹרָה.
À propos de la vertu de l’étude de la Torah, Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Que signifie ce qui est écrit : « Nos pieds se tenaient dans tes portes, Jérusalem » (Psaumes 122:2) ? Qu’est-ce qui a permis à nos pieds de tenir bon face aux ennemis dans la guerre ? Ce sont les portes de Jérusalem, où ils étaient engagés dans l’étude de la Torah. Il interprète l’expression « dans tes portes » comme signifiant : Grâce à tes portes, le lieu de la justice et de la Torah.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי דִּכְתִיב: ״שִׁיר הַמַּעֲלוֹת לְדָוִד שָׂמַחְתִּי בְּאֹמְרִים לִי בֵּית ה׳ נֵלֵךְ״? אָמַר דָּוִד לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, שָׁמַעְתִּי בְּנֵי אָדָם שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: ״מָתַי יָמוּת זָקֵן זֶה, וְיָבֹא שְׁלֹמֹה בְּנוֹ וְיִבְנֶה בֵּית הַבְּחִירָה וְנַעֲלֶה לָרֶגֶל?״, וְשָׂמַחְתִּי. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: ״כִּי טוֹב יוֹם בַּחֲצֵרֶיךָ מֵאָלֶף״ – טוֹב לִי יוֹם אֶחָד שֶׁאַתָּה עוֹסֵק בַּתּוֹרָה לְפָנַי, מֵאֶלֶף עוֹלוֹת שֶׁעָתִיד שְׁלֹמֹה בִּנְךָ לְהַקְרִיב לְפָנַי עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ.
Et Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Chant des montées, de David : Je me suis réjoui quand on m’a dit : allons à la maison de Dieu » (Psaumes 122:1) ? David dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, j’ai entendu des gens qui disaient à mon sujet : Quand ce vieillard mourra-t-il, et Salomon son fils viendra lui succéder et bâtira le Temple, et nous monterons là-bas pour la fête de pèlerinage ? Il était de notoriété publique que le Temple serait construit par le successeur de David. David poursuivit : Et, malgré ma douleur de ne pas avoir le privilège de construire le Temple, je me suis réjoui. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : « Car un jour dans tes parvis vaut mieux que mille » (Psaumes 84:11), c’est-à-dire : Je préfère un seul jour pendant lequel tu t’occupes de l’étude de la Torah devant Moi plutôt que les mille holocaustes que ton fils Salomon est destiné à offrir devant Moi sur l’autel (voir I Rois 3:4).
וּמְכֻוּוֹנוֹת לָהֶם דְּרָכִים וְכוּ׳. תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר:
§ La michna enseigne : Et les routes étaient aménagées pour eux de cette ville à cette autre ville. Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit :