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הָאוֹמֵר לְשִׁפְחָתוֹ: ״הֲרֵי אַתְּ בַּת חוֹרִין, וּוְלָדִךְ עֶבֶד״ – הַוָּלָד כְּמוֹתָהּ, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: דְּבָרָיו קַיָּימִים, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָאִשָּׁה וִילָדֶיהָ תִּהְיֶה לַאדֹנֶיהָ״.
En ce qui concerne celui qui dit à sa servante cananéenne enceinte : Tu es désormais une femme libre, mais ta descendance restera esclave, la descendance est affranchie comme elle. Telle est la déclaration de Rabbi Yosei HaGelili. Et les Sages disent : La déclaration du maître est maintenue, car il est écrit : « La femme et ses enfants seront à son maître » (Exode 21:4).
מַאי תַּלְמוּדָא? אָמַר רָבָא: אַדְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי.
La Guemara exprime son étonnement face à cette décision : Quelle est la dérivation de la Torah ici ? Comment les Sages apprennent-ils d’ici que l’enfant d’une servante affranchie demeure esclave dans ce cas ? Rava a dit : La preuve tirée du verset commençant par : « La femme et ses enfants » n’est pas la source de l’opinion des Sages. Il s’agit plutôt de la déclaration de Rabbi Yosei HaGelili, qui soutient que les enfants suivent leur mère, comme l’indique ce verset. Par conséquent, si elle est affranchie, sa descendance ne conserve pas le statut d’esclaves.
מַתְנִי׳ רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר: יְכוֹלִין מַמְזֵרִין לִיטָּהֵר. כֵּיצַד? מַמְזֵר שֶׁנָּשָׂא שִׁפְחָה, הַוָּלָד – עֶבֶד, שִׁיחְרְרוֹ – נִמְצָא הַבֵּן בֶּן חוֹרִין. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הֲרֵי זֶה עֶבֶד מַמְזֵר.
MICHNA :Rabbi Tarfon dit : les mamzerim peuvent être purifiés, afin que leur descendance ne soit pas mamzerim. Comment cela ? En ce qui concerne un mamzer qui a épousé une servante cananéenne, leur descendance est esclave. Si son maître l’affranchit par la suite, ce fils se trouve être un homme libre, plutôt qu’un mamzer. Rabbi Eliezer dit : Cette méthode n’est pas efficace, car ce fils est un esclave mamzer.
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: רַבִּי טַרְפוֹן לְכַתְּחִילָּה קָאָמַר, אוֹ דִיעֲבַד קָאָמַר? תָּא שְׁמַע: אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי טַרְפוֹן: טִיהַרְתָּ אֶת הַזְּכָרִים, וְלֹא טִיהַרְתָּ אֶת הַנְּקֵיבוֹת.
GUEMARA :Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Rabbi Tarfon a-t-il énoncé sa halakha ab initio, c’est-à-dire qu’un mamzer est autorisé à épouser une servante, ou l’a-t-il énoncée seulement a posteriori, sans permettre à un mamzer d’épouser une servante ab initio ? La Guemara répond : Viens et écoute une preuve tirée d’une baraita : Les autres Sages dirent à Rabbi Tarfon : Par cela, tu as purifié le mâle descendant d’un mamzer, mais tu n’as pas purifié la femelle parmi les enfants de mamzerim, car ta solution ne s’applique pas à elles.
וְאִי אָמְרַתְּ לְכַתְּחִילָּה קָאָמַר, מַמְזֶרֶת נָמֵי תִּינְּסִיב לְעַבְדָּא! עֶבֶד אֵין לוֹ חַיִיס.
La Guemara explique la preuve apparente tirée de cette baraita. Et si tu dis que Rabbi Tarfon a énoncé sa halakha a priori et a permis à un mamzer d’épouser une servante cananéenne, une mamzeret devrait également être autorisée à se marier avec un esclave cananéen, et son enfant pourrait alors lui aussi être affranchi. La Guemara répond : Un esclave n’a pas de lignée. Même si elle épousait un esclave, leur enfant ne serait pas considéré comme le sien, mais serait un mamzer juif comme elle. Par conséquent, cette source n’apporte aucune preuve concernant la question de la Guemara.
תָּא שְׁמַע: דְּאוּשְׁפִּיזְכָּנֵיהּ דְּרַבִּי שִׂמְלַאי מַמְזֵר הֲוָה, וַאֲמַר לֵיהּ: אִי אַקְדֵּמְתָּךְ – טַהַרְתִּינְהוּ לִבְנָךְ. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לְכַתְּחִילָּה – שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ דִּיעֲבַד, מַאי נִיהוּ?
La Guemara suggère en outre : Viens et écoute, car l’hôte de Rabbi Simlaï était un mamzer, et Rabbi Simlaï lui dit : Si j’avais découvert ton statut plus tôt, avant que tu ne te maries et aies des enfants, j’aurais purifié tes fils en te conseillant d’épouser une servante cananéenne, comme l’a suggéré Rabbi Tarfon. La Guemara explique la preuve : Soit, si tu dis que Rabbi Tarfon parlait ab initio, alors cela se comprend que Rabbi Simlaï ait suggéré cela. Mais si tu dis qu’il voulait seulement dire que cette méthode est efficace après coup, quel était le conseil que Rabbi Simlaï aurait donné à son hôte ?
דְּמַנְסֵיב לֵיהּ עֵצָה וְאָמַר לֵיהּ: זִיל גְּנוֹב וְאִיזְדַּבַּן בְּעֶבֶד עִבְרִי. וּבִשְׁנֵי דְּרַבִּי שִׂמְלַאי עֶבֶד עִבְרִי מִי הֲוָה? וְהָאָמַר מָר: אִין עֶבֶד עִבְרִי נוֹהֵג אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַיּוֹבֵל נוֹהֵג! אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ רַבִּי טַרְפוֹן לְכַתְּחִילָּה קָאָמַר – שְׁמַע מִינַּהּ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי טַרְפוֹן.
La Guemara répond que Rabbi Simlaï lui aurait donné ce conseil en disant : Va voler, et sois vendu comme esclave hébreu, ce qui signifierait que tu pourrais épouser une servante cananéenne et que ta descendance serait esclave. La Guemara demande : Mais à l’époque de Rabbi Simlaï, la halakha de l’esclave hébreu était-elle appliquée en pratique ? Mais le Maître n’a-t-il pas dit : La halakha de l’esclave hébreu n’est pratiquée que lorsque le Jubilé est pratiqué, et Rabbi Simlaï vécut de nombreuses années après que l’observance de l’année du Jubilé eut cessé. Ne faut-il donc pas plutôt conclure de cela que Rabbi Tarfon parlait ab initio, c’est-à-dire qu’il est permis à un mamzer d’épouser une servante cananéenne ? La Guemara confirme : En effet, conclus de la baraita que tel est le cas. Rav Yehouda dit que Shmuel dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Tarfon.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הֲרֵי זֶה עֶבֶד מַמְזֵר. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר – דְּאָמַר קְרָא: ״לוֹ״ – הַלֵּךְ אַחַר פְּסוּלוֹ.
§ La michna enseigne que Rabbi Eliezer dit : Ce fils est un esclave mamzer. Rabbi Elazar a dit : Quelle est la raison de Rabbi Eliezer ? Comme le verset l’énonce au sujet d’un mamzer : « Même jusqu’à la dixième génération, aucun des siens n’entrera dans l’assemblée du Seigneur » (Deutéronome 23:3), ce qui indique que, dans le cas de l’enfant d’un mamzer et d’une servante cananéenne, on suit son parent à la lignée entachée, et l’enfant est un mamzer.
וְרַבָּנַן: הַהוּא בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁנָּשָׂא מַמְזֶרֶת. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״לְמִשְׁפְּחֹתָם לְבֵית אֲבֹתָם״ כְּתִיב, אֲתָא ״לוֹ״ אַפְּקֵיהּ.
La Guemara demande : Et comment les Sages, c’est-à-dire Rabbi Tarfon, répondent-ils à cette affirmation ? Rabbi Tarfon soutient que ce verset fait référence à un Juif de lignée sans défaut qui a épousé une mamzeret. On pourrait penser dire que, puisque il est écrit : « Selon leurs familles, selon les maisons de leurs pères » (Nombres 4:2), l’enfant devrait suivre la lignée de son père plutôt que celle de sa mère. Par conséquent, le terme « le sien » dans le verset cité précédemment vient l’exclure de la lignée de son père, car il indique que sa lignée suit sa mère lorsqu’elle est une mamzeret.
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: לָאו אַף עַל גַּב דִּכְתַב ״לְמִשְׁפְּחֹתָם לְבֵית אֲבֹתָם״ אֲתָא ״לוֹ״ אַפְּקֵיהּ, הָכָא נָמֵי אַף עַל גַּב דִּכְתִיב ״הָאִשָּׁה וִילָדֶיהָ תִּהְיֶה לַאדֹנֶיהָ״, אֲתָא ״לוֹ״ אַפְּקֵיהּ. וְרַבָּנַן: כׇּל וָלָד בִּמְעֵי שִׁפְחָה כְּנַעֲנִית כְּוָלָד בִּמְעֵי בְּהֵמָה דָּמֵי.
Et comment Rabbi Eliezer répond-il à cette affirmation ? N’est-ce pas le cas que, bien que la Torah ait écrit : « Selon leurs familles, selon les maisons de leurs pères », néanmoins, le terme « de lui » vient l’exclure ? Ici aussi, bien qu’il soit écrit : « La femme et ses enfants seront à son maître » (Exode 21:4), d’où l’on déduit que l’enfant d’une servante cananéenne est comme elle, néanmoins le terme « de lui » vient l’exclure. Et comment les Sages, Rabbi Tarfon, répondent-ils à cette affirmation ? Ils disent : Toute progéniture dans le ventre d’une servante cananéenne est considérée comme la progéniture dans le ventre d’un animal. Par conséquent, ses enfants n’héritent pas du statut du père, même si le sien est une lignée défectueuse.


הֲדַרַן עֲלָךְ הָאוֹמֵר

Puissions-nous revenir à toi, chapitre «celui qui dit»
עֲשָׂרָה יוּחֲסִים עָלוּ מִבָּבֶל: כָּהֲנֵי, לְוִיֵּי, יִשְׂרְאֵלֵי, חֲלָלֵי, גֵּירֵי, וַחֲרוֹרֵי, מַמְזֵירֵי, נְתִינֵי, שְׁתוּקֵי, וַאֲסוּפֵי.
MISHNA : Il y avait dix catégories de lignée, avec diverses restrictions au mariage, parmi les Juifs qui montèrent de Babylonie vers Eretz Yisrael avec Ezra avant la construction du Second Temple. Les voici : prêtres ; Lévites ; Israélites ; prêtres disqualifiés en raison d’une lignée défectueuse [ḥalalim] ; convertis et esclaves affranchis ; mamzerim ; Gabaonites, c’est-à-dire les descendants des Gabaonites qui se convertirent à l’époque de Josué ; enfants de paternité inconnue [shetuki] ; et enfants trouvés.
כָּהֲנֵי לְוִיֵּי וְיִשְׂרְאֵלֵי – מוּתָּרִין לָבֹא זֶה בָּזֶה. לְוִיֵּי יִשְׂרְאֵלֵי חֲלָלֵי גֵּירֵי וַחֲרוֹרִי – מוּתָּרִין לָבֹא זֶה בָּזֶה.
La michna poursuit en détaillant leurs halakhot : En ce qui concerne les prêtres, Lévites et Israélites, il est permis aux hommes et aux femmes de ces catégories de se marier entre eux. En ce qui concerne les Lévites qui ne sont pas prêtres, les Israélites, ḥalalim, convertis et esclaves affranchis, il est permis aux hommes et aux femmes de ces catégories de se marier entre eux.
גִּירֵי וַחֲרוֹרֵי מַמְזֵירֵי וּנְתִינֵי שְׁתוּקֵי וַאֲסוּפֵי – כּוּלָּם מוּתָּרִין לָבֹא זֶה בָּזֶה. וְאֵלּוּ הֵם: שְׁתוּקִי כֹּל שֶׁהוּא מַכִּיר אֶת אִמּוֹ וְאֵינוֹ מַכִּיר אֶת אָבִיו, אֲסוּפִי – כֹּל שֶׁנֶּאֱסָף מִן הַשּׁוּק, וְאֵינוֹ מַכִּיר לֹא אֶת אָבִיו וְלֹא אִמּוֹ. אַבָּא שָׁאוּל הָיָה קוֹרֵא לַשְּׁתוּקִי: ״בְּדוּקִי״.
En ce qui concerne les convertis, et les esclaves affranchis, les mamzerim, et les Gabaonites, les enfants de paternité inconnue [shetuki], et les enfants trouvés, il est permis à tous les hommes et femmes de ces catégories de se marier entre eux. Et voici les deux dernières catégories : Un shetuki est toute personne qui connaît l’identité de sa mère mais ne connaît pas l’identité de son père. Un enfant trouvé est quiconque a été recueilli sur la place du marché et ne connaît pas l’identité de ses parents, ni celle de son père ni celle de sa mère. Ces deux catégories sont des personnes dont le statut est incertain ; elles peuvent être des mamzerim. Abba Shaul appelait un shetuki du nom de beduki.
גְּמָ׳ עֲשָׂרָה יוּחֲסִין עָלוּ מִבָּבֶל. מַאי אִירְיָא דְּתָנֵי ״עָלוּ מִבָּבֶל״? נִיתְנֵי ״הָלְכוּ לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל״! מִילְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָא מַשְׁמַע לַן, כִּדְתַנְיָא: ״וְקַמְתָּ וְעָלִיתָ אֶל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר יִבְחַר ה׳ אֱלֹהֶיךָ״, מְלַמֵּד שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ גָּבוֹהַּ מִכׇּל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל גְּבוֹהָה מִכׇּל הָאֲרָצוֹת.
GUEMARA : La michna enseigne : Il y avait dix catégories de lignée parmi les Juifs qui sont montés de Babylonie. La Guemara demande : Pourquoi le tanna enseigne-t-il spécifiquement l’expression : Sont montés de Babylonie ? Pourquoi était-il important pour le tanna de préciser leur lieu d’origine ? Qu’il enseigne qu’ils sont allés en Eretz Yisrael. La Guemara répond : Il nous enseigne incidemment un point, comme cela est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Tu te lèveras et tu monteras vers le lieu que le Seigneur, ton Dieu, choisira » (Deutéronome 17:8). Cela enseigne que le Temple est plus élevé que toute Eretz Yisrael, c’est pourquoi le verset parle de monter des villes d’Eretz Yisrael vers le Temple. Et cela enseigne qu’Eretz Yisrael est plus élevée que toutes les terres.
בִּשְׁלָמָא בֵּית הַמִּקְדָּשׁ גָּבוֹהַּ מִכׇּל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל – הַיְינוּ דִּכְתִיב:
La Guemara demande : Soit admis que le Temple est plus élevé que toute la Terre d’Israël. Cela est dérivé de ce qui est écrit :

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