לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִתְנַאי כָּפוּל הוּא דַּאֲתָא.
Pourquoi ai-je besoin de cette phrase supplémentaire ? Concluez-en qu'elle vient enseigner l'exigence d'une condition composée.
וְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל אָמַר: אִי לָא כְּתַב רַחֲמָנָא ״בְּאֶרֶץ כְּנַעַן״, הֲוָה אָמֵינָא ״וְנֹאחֲזוּ בְתֹכְכֶם״ – בְּאֶרֶץ גִּלְעָד, אֲבָל אֶרֶץ כְּנַעַן – כְּלָל לָא. וְרַבִּי מֵאִיר? ״בְתֹכְכֶם״ – כֹּל הֵיכָא דְּאִית לְכוּ מַשְׁמַע.
Et Rabbi Ḥanina ben Gamliel dit : Si le Miséricordieux n’avait pas écrit : « Dans le pays de Canaan », j’aurais dit que l’exigence : « Ils recevront une possession parmi vous » (Nombres 32:30) fait référence au pays de Galaad, c’est-à-dire que ce pays doit être partagé avec les autres tribus. Mais ils n’hériteraient pas du tout dans le pays de Canaan. La Guemara demande : Et comment Rabbi Meir répond-il à cette affirmation ? Il soutient que l’expression : « Parmi vous » signifie partout où vous avez pris possession, y compris le pays de Canaan. Par conséquent, l’expression suivante « le pays de Canaan » est superflue et vient enseigner que la condition doit être doublée.
תַּנְיָא: אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל: מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה – לְאָדָם שֶׁהָיָה מְחַלֵּק נְכָסָיו לְבָנָיו, אָמַר: פְּלוֹנִי בְּנִי יִירַשׁ שָׂדֶה פְּלוֹנִית, וּפְלוֹנִי בְּנִי יִירַשׁ שָׂדֶה פְּלוֹנִית, וּפְלוֹנִי בְּנִי יִתֵּן מָאתַיִם זוּז וְיִירַשׁ שָׂדֶה פְּלוֹנִית, וְאִם לֹא יִתֵּן – יִירַשׁ עִם אֶחָיו בִּשְׁאָר נְכָסִים.
Il est enseigné dans une baraita au sujet de cette question que Rabbi Ḥanina ben Gamliel a dit : Écoutez une parabole : À quoi cela, c’est-à-dire la condition des fils de Gad et de Réouven, est-il comparable ? Cela est comparable à une personne qui partageait ses biens entre ses fils, et a dit : Mon fils untel héritera de tel champ ; et mon fils untel héritera de tel champ ; et mon fils untel donnera deux cents dinars et héritera de tel champ, et s’il ne donne pas l’argent, il héritera d’une part du reste des biens avec ses frères.
מִי גָּרַם לוֹ לִירַשׁ עִם אֶחָיו בִּשְׁאָר נְכָסִים – כְּפֵילוֹ גָּרַם לוֹ.
Qu’est-ce qui fait que le dernier frère hérite d’une part du reste du bien avec ses frères ? La formulation double de la condition par le père fait qu’il hérite de cette manière. Il était donc nécessaire que le père énonce les deux aspects de la condition et explique ce qui se passera si le troisième frère ne donne pas l’argent. Si le père n’avait pas répété la condition, en ne donnant pas les deux cents dinars, le fils n’aurait reçu aucune part du bien.
וְהָא לָא דָּמְיָא מָשָׁל לְמַתְנִיתִין! הָתָם קָתָנֵי: יֵשׁ בַּמַּשְׁמָע שֶׁאֲפִילּוּ בְּאֶרֶץ כְּנַעַן לֹא יִנְחָלוּ, אַלְמָא כְּפֵילָה לְאֶרֶץ גִּלְעָד נָמֵי מַהֲנֵי.
La Guemara demande : Mais la parabole n’est pas semblable à la michna, car là-bas la michna enseigne : On aurait pu penser que cela signifiait que, s’ils ne remplissent pas la condition, ils n’hériteront même pas dans la terre de Canaan, et certainement pas dans la terre de Galaad. Cela apparemment indique que la formulation double est également efficace pour leur faire hériter la terre de Galaad avec les autres tribus. Sinon, les fils de Gad et de Ruben ne recevraient aucune part même en Galaad.
וְהָכָא קָתָנֵי: מִי גָּרַם לוֹ לִירַשׁ עִם אֶחָיו בִּשְׁאָר נְכָסִים – כְּפֵילוֹ גָּרַם לוֹ, אַלְמָא כְּפֵילָה לִשְׁאָר נְכָסִים הוּא דְּקָמַהֲנֵי!
Et pourtant, ici la baraita enseigne : Qu’est-ce qui fait que le dernier frère hérite d’une part du reste des biens avec ses frères ? La formulation double du père en est la cause pour lui. Cela indique apparemment que la formulation double est efficace pour le reste des biens, tandis qu’il aurait de toute façon reçu cette portion du champ liée à la condition. Selon ce raisonnement, les fils de Gad et de Reuben auraient reçu une part dans le pays de Gilead même sans la formulation double.
לָא קַשְׁיָא. הָא – מִקַּמֵּי דְּנֵימָא לֵיהּ רַבִּי מֵאִיר ״וְנֹאחֲזוּ״,
La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car ce cas, se référant à la décision de Rabbi Ḥanina ben Gamliel dans la michna, a été énoncé avant que Rabbi Meir ne lui dise que le verset aurait simplement pu dire : « Ils recevront une possession » parmi vous. À ce stade, Rabbi Ḥanina ben Gamliel soutenait que si les deux tribus ne remplissaient pas la condition, elles n’hériteraient même pas dans le pays de Guilad, comme l’indique son emploi du terme : Même, dans la michna.
הָא – לְבָתַר דְּנֵימָא לֵיהּ רַבִּי מֵאִיר ״וְנֹאחֲזוּ״.
Tandis que ce cas, se référant à la parabole dans la baraita, a été enseigné après que Rabbi Meir a dit à Rabbi Ḥanina ben Gamliel que lorsque l’expression : « Ils recevront une possession, » apparaît seule, elle fait référence à la terre de Canaan. Comme indiqué précédemment, Rabbi Ḥanina ben Gamliel a répondu en expliquant que si le verset n’avait pas dit : « dans la terre de Canaan », on aurait dit que l’exigence : « ils recevront une possession parmi vous » (Nombres 32:30), fait référence à la terre de Galaad, et ils n’hériteraient pas dans la terre de Canaan. En d’autres termes, même sans la condition composée ils auraient reçu une part en Galaad, ce qui est semblable à la parabole.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת, וְאִם לֹא תֵיטִיב לַפֶּתַח חַטָּאת רֹבֵץ״. אֶלָּא לְרַבִּי חֲנִינָא לְמָה לִי? סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: אִם תֵּיטִיב – אַגְרָא, אִם לֹא תֵיטִיב – לָא אַגְרָא וְלָא דִּינָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
§ La Guemara poursuit l’analyse de ces deux opinions : Certes, selon l’opinion de Rabbi Meïr, qui exige une condition composée, c’est la raison pour laquelle il est écrit, au sujet de la réprimande de Dieu à Caïn : « Si tu agis bien, n’y aura-t-il pas élévation ? Et si tu n’agis pas bien, le péché est tapi à la porte » (Genèse 4:7). Cependant, selon l’opinion de Rabbi Ḥanina ben Gamliel, pourquoi ai-je besoin que les deux côtés de cette stipulation soient précisés ? La Guemara répond : Sans la formulation double, il pourrait te venir à l’esprit de dire que le verset signifie : Si tu agis bien, ne recevras-tu pas une récompense ? Et si tu n’agis pas bien, tu ne recevras ni récompense ni punition. La formulation double du verset nous enseigne que si Caïn ne parvient pas à bien agir, il sera activement puni.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אָז תִּנָּקֶה מֵאָלָתִי״, אֶלָּא לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל לְמָה לִי?
La Guemara pose une autre question : Soit, selon l’opinion de Rabbi Meir, c’est la raison pour laquelle il est écrit, au sujet de l’instruction d’Abraham à Éliézer d’amener une femme pour Isaac : « Alors tu seras dégagé de mon serment... s’ils ne te la donnent pas » (Genèse 24:41). Cependant, selon l’opinion de Rabbi Ḥanina ben Gamliel, pourquoi ai-je besoin de cet ajout ? La formulation positive du serment indique déjà la négative.
אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הֵיכָא דְּנִיחָא לַהּ לְדִידַהּ וְלָא נִיחָא לֵיהּ לְדִידְהוּ מַיְיתֵי בְּעַל כֻּרְחַיְיהוּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : il était nécessaire que cela soit dit ; car si Abraham avait seulement dit : « Et prends une femme pour mon fils » (Genèse 24:38), on pourrait penser : dans un cas où l’arrangement lui convient, mais ne convient pas à sa famille, il devrait l’amener contre leur volonté. Le verset nous enseigne donc qu’Éliézer n’est pas tenu de l’amener contre la volonté de sa famille.
״אִם לֹא תֹאבֶה הָאִשָּׁה״ לְמָה לִי? אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הֵיכָא דְּנִיחָא לְהוּ לְדִידְהוּ וְלָא נִיחָא לַהּ לְדִידַהּ – נַיְיתֵי בְּעַל כֻּרְחַהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara s’interroge sur un autre verset de ce chapitre : « Si la femme ne veut pas te suivre » (Genèse 24:8). Pourquoi ai-je besoin de cette clause ? La Guemara répond : C’était nécessaire, car il pourrait te venir à l’esprit de dire : Si cela leur convient mais ne lui convient pas à elle, il devrait l’amener contre son gré. Le verset nous enseigne donc qu’il ne doit pas l’amener contre son gré.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אִם בְּחֻקֹּתַי תֵּלֵכוּ״, ״וְאִם בְּחֻקֹּתַי תִּמְאָסוּ״, אֶלָּא לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל לְמָה לִי? אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״אִם בְּחֻקֹּתַי תֵּלֵכוּ״ – בְּרָכָה, ״אִם בְּחֻקֹּתַי תִּמְאָסוּ״ – לֹא בְּרָכָה וְלֹא קְלָלָה, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara pose une question connexe : Soit, selon l’opinion de Rabbi Meïr, c’est la raison pour laquelle il est écrit : « Si vous marchez dans Mes statuts » (Lévitique 26:3), vous recevrez des bénédictions ; et inversement : « Et si vous rejetez Mes statuts » (Lévitique 26:15), vous recevrez des malédictions. Cependant, selon l’opinion de Rabbi Ḥanina ben Gamliel, pourquoi ai-je besoin de ces deux propositions ? La Guemara répond : Elles sont toutes deux nécessaires, car il pourrait vous venir à l’esprit de dire : si vous suivez Mes statuts, vous recevrez une bénédiction, tandis que si vous rejetez Mes statuts, vous ne recevrez ni bénédiction ni malédiction. Le verset nous enseigne donc que le rejet des statuts de Dieu entraîne une malédiction.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, הַיְינוּ דִּכְתִיב ״אִם תֹּאבוּ וּשְׁמַעְתֶּם וְגוֹ׳״, ״וְאִם תְּמָאֲנוּ וּמְרִיתֶם וְגוֹ׳״, אֶלָּא לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל לְמָה לִי? אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״אִם תֹּאבוּ״ – טוֹבָה, ״וְאִם תְּמָאֲנוּ״ – לֹא טוֹבָה וְלֹא רָעָה, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande de nouveau : Soit, selon l’opinion de Rabbi Meïr, c’est la raison pour laquelle il est écrit : « Si vous consentez et obéissez, vous mangerez les bonnes choses du pays » (Isaïe 1:19), tandis que : « Mais si vous refusez et vous rebellez, vous serez dévorés par l’épée » (Isaïe 1:20). Mais selon l’opinion de Rabbi Ḥanina ben Gamliel, pourquoi ai-je besoin de la formulation double ? La Guemara répond de manière similaire : Cela est nécessaire, car on pourrait penser et dire : « Si vous consentez », vous recevrez du bien, c’est-à-dire une récompense, « mais si vous refusez », vous ne recevrez ni bien ni mal. Le verset nous enseigne donc que ce n’est pas le cas, et celui qui se rebelle recevra une punition.
מַאי
En lien avec le verset d’Isaïe, la Guemara demande : Que signifie l’expression :