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הַמַּקְדִּישׁ שָׂדֵהוּ בִּשְׁעַת הַיּוֹבֵל, נוֹתֵן בְּזֶרַע חוֹמֶר שְׂעוֹרִים חֲמִשִּׁים שֶׁקֶל כָּסֶף. הָיוּ נְקָעִים עֲמוּקִּים עֲשָׂרָה טְפָחִים אוֹ סְלָעִים גְּבוֹהִים עֲשָׂרָה טְפָחִים – אֵין נִמְדָּדִין עִמָּהּ. פָּחוֹת מִכָּאן – נִמְדָּדִין עִמָּהּ.
En ce qui concerne celui qui consacre son champ pendant l’année du Jubilé, c’est-à-dire à une époque où les halakhot de l’année du Jubilé sont observées, s’il souhaite le racheter du trésor du Temple, il donne cinquante sicles d’argent pour une superficie qui produit un ḥomer, c’est-à-dire un kor, de semence d’orge. Si le champ avait des crevasses, c’est-à-dire des fissures profondes à sa surface, de dix palmes de profondeur, ou des rochers de dix palmes de hauteur, ils ne sont pas mesurés avec lui, c’est-à-dire dans le calcul de la terre qui nécessite un rachat. Si les crevasses ou les rochers sont inférieurs à cela, ils sont mesurés avec lui.
וְהָוֵינַן בַּהּ: נְהִי דְּבַהֲדֵי אַרְעָא לֹא קָדְשׁוּ, נִקְדְּשׁוּ בְּאַפֵּי נַפְשַׁיְיהוּ! וְכִי תֵּימָא: כַּמָּה דְּלָא הָוֵי בֵּית כּוֹר לָא חֲשִׁיב, וּרְמִינְהוּ:
Et nous avons discuté du problème suivant : Soit admis que ces zones ne sont pas consacrées avec le champ, puisqu’elles sont de dix palmes plus hautes ou plus basses que le reste du terrain ; mais que les crevasses et les rochers soient consacrés en eux-mêmes, de sorte qu’ils nécessitent leur propre rachat de cinquante sicles d’argent par beit kor. Et si tu dis que, tant qu’une zone n’atteint pas un beit kor, elle n’est pas importante, la Guemara soulève une contradiction à cette affirmation à partir d’une baraita.
״שָׂדֶה״ מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? – לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֶרַע חֹמֶר שְׂעֹרִים בַּחֲמִשִּׁים״, אֵין לִי אֶלָּא שֶׁהִקְדִּישׁ בָּעִנְיָן הַזֶּה, מִנַּיִן לְרַבּוֹת, לֶתֶךְ וַחֲצִי לֶתֶךְ, סְאָה, תַּרְקַב, וַחֲצִי תַּרְקַב, וַאֲפִילּוּ רוֹבַע מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״שָׂדֶה״ – מִכׇּל מָקוֹם!
Le verset déclare au sujet de celui qui consacre son champ : « Une partie d’un champ de sa possession » (Lévitique 27:16). Quel est le sens lorsque le verset déclare cela ? Puisqu’il est déclaré dans le même verset : « L’ensemencement d’un ḥomer d’orge sera évalué à cinquante sicles d’argent », j’ai déduit seulement que cette halakha s’applique à celui qui a consacré de cette manière, c’est-à-dire a consacré une surface propre à ensemencer un ḥomer d’orge. D’où puis-je déduire que cette halakhainclut une surface plus petite, par exemple une surface convenant à l’ensemencement de la moitié d’un kor, et la moitié de la moitié d’un kor, ainsi que la surface pour une se’a, et un tarkav, qui est la moitié d’une se’a, et la moitié d’un tarkav, et même la surface d’un quart-kav ? La baraita reformule sa question : D’où est-il déduit que ces surfaces de terre peuvent elles aussi être consacrées et rachetées sur la base des valeurs fixes de la Torah ? Le verset déclare « un champ » dans tous les cas.
אָמַר מָר עוּקְבָא בַּר חָמָא: הָכָא בִּנְקָעִים מְלֵאִים מַיִם עָסְקִינַן, מִשּׁוּם דְּלָאו בְּנֵי זְרִיעָה נִינְהוּ. דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי דּוּמְיָא דִסְלָעִים גְּבוֹהִים, שְׁמַע מִינַּהּ.
Par conséquent, la question de la Guemara demeure : pourquoi les crevasses et les rochers ne sont-ils pas mesurés en eux-mêmes ? Mar Ukva bar Ḥama a dit : Ici, nous traitons de crevasses remplies d’eau. En raison du fait qu’elles ne sont pas propres aux semailles, les crevasses ne sont pas considérées comme un champ. La Guemara commente : Le langage de la michna est également précis, car elle enseigne le cas des crevasses, semblable au cas des rochers élevés, qui eux aussi ne sont pas propres aux semailles. La Guemara affirme : Apprends de cette comparaison que cette explication est correcte.
אִי הָכִי, אֲפִילּוּ פָּחוֹת מִיכֵּן נָמֵי! הָנְהוּ נְאגָנֵי דְאַרְעָא מִיקְּרוּ, שִׁדְרָא דְאַרְעָא מִקְּרוּ.
La Guemara demande : Si c’est le cas, c’est-à-dire si les crevasses, comme les rochers, sont impropres aux semailles, alors même s’il y a une différence de moins de dix palmes aussi, les crevasses et les rochers ne devraient également pas être mesurés comme faisant partie du champ. La Guemara répond : S’ils sont séparés du champ par moins de dix palmes, ces crevasses sont appelées les fissures du sol. De même, des rochers de moins de dix palmes de haut sont appelés l’épine dorsale du sol. Ils sont considérés comme des caractéristiques régulières des champs, qui comportent généralement quelques fosses et monticules.
גַּבֵּי מֶכֶר תְּנַן: הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״בֵּית כּוֹר עָפָר אֲנִי מוֹכֵר לָךְ״, וְהָיוּ שָׁם נְקָעִים עֲמוּקִּים עֲשָׂרָה טְפָחִים אוֹ סְלָעִים גְּבוֹהִים עֲשָׂרָה טְפָחִים – אֵין נִמְדָּדִים עִמָּהּ. פָּחוֹת מִכָּאן – נִמְדָּדִים עִמָּהּ. וְאָמַר מָר עוּקְבָא בַּר חָמָא: אַף עַל פִּי שֶׁאֵין מְלֵאִים מַיִם.
En ce qui concerne la vente d’un champ, nous avons appris dans une michna (Bava Batra 102b) : Dans le cas de quelqu’un qui dit à un autre : Je te vends un beit kor de terre, s’il y avait des crevasses de dix palmes de profondeur ou des rochers de dix palmes de hauteur dans le champ, ils ne sont pas mesurés avec lui ; si les crevasses ou les rochers étaient inférieurs à cela, ils sont mesurés avec lui. Et Mar Ukva bar Ḥama dit : Même s’ils ne sont pas remplis d’eau, ils ne sont néanmoins pas inclus.
מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב פָּפָּא: לְפִי שֶׁאֵין אָדָם רוֹצֶה שֶׁיִּתֵּן אֶת מְעוֹתָיו בְּשָׂדֶה אַחַת וְיֵרָאֶה לוֹ כִּשְׁנַיִם וְכַשְּׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת.
La Guemara demande : Quelle est la raison de cette différence entre les deux décisions de Mar Ukva bar Ḥama ? Pourquoi, dans le cas d’une vente, les crevasses ne sont-elles pas considérées comme faisant partie du champ même si elles ne sont pas remplies d’eau ? Rav Pappa dit : Parce qu’une personne qui achète un champ ne veut pas donner son argent pour un seul champ alors que, pourtant, il lui apparaît comme deux ou trois endroits. Lors de l’achat d’une parcelle de terre, il est important pour l’acheteur que la terre constitue une seule unité contiguë afin de permettre sa culture sans difficulté. Par conséquent, ces zones de dix palmes ne sont pas mesurées comme faisant partie du champ, qu’elles soient remplies d’eau ou non.
הָכָא מַאי? לְהֶקְדֵּשׁ מְדַמֵּינַן לַהּ, אוֹ לְמֶכֶר מְדַמֵּינַן לַהּ? מִסְתַּבְּרָא לְהֶקְדֵּשׁ מְדַמֵּינַן לַהּ, דְּאָמַר לַהּ: אֲנָא טָרַחְנָא וְזָרַעְנָא וּמַיְיתֵינָא.
Après avoir discuté des halakhot d’un champ en ce qui concerne la consécration et les ventes, la Guemara demande : Quelle est la halakhaici, en ce qui concerne la mesure d’un champ pour voir s’il remplit la condition stipulée par celui qui épouse une femme, s’il contient de grandes crevasses qui ne sont pas remplies d’eau ? Le comparons-nous à la halakha d’un bien consacré et incluons-nous ces endroits, ou le comparons-nous à la halakha d’une vente, ce qui signifie qu’ils ne sont pas inclus ? La Guemara répond : Il est logique que nous le comparions au cas d’un bien consacré, car le mari peut lui dire : Je prendrai la peine de semer et d’apporter également la production des zones plus basses ou plus élevées. Bien que le travail exige un effort supplémentaire, il possède bien un beit kor de terre.
מַתְנִי׳ רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כׇּל תְּנַאי שֶׁאֵינוֹ כִּתְנַאי בְּנֵי גָּד וּבְנֵי רְאוּבֵן – אֵינוֹ תְּנַאי. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם אִם יַעַבְרוּ בְנֵי גָד וּבְנֵי רְאוּבֵן״. וּכְתִיב: ״וְאִם לֹא יַעַבְרוּ חֲלוּצִים״.
MICHNA :Rabbi Meïr dit : Toute condition qui n’est pas doublée, c’est-à-dire qui ne précise pas à la fois le résultat de l’accomplissement de la condition et le résultat du non-accomplissement de la condition, comme la condition que Moïse a stipulée avec les fils de Gad et les fils de Ruben, qui cherchaient à s’établir du côté oriental du Jourdain, n’est pas une condition valable et n’est aucunement prise en compte. Comme il est dit : « Et Moïse leur dit : si les fils de Gad et les fils de Ruben passent le Jourdain avec vous, chaque homme armé pour le combat devant le Seigneur, et que le pays soit soumis devant vous, alors vous leur donnerez le pays de Galaad en possession » (Nombres 32:29). Et il est écrit ensuite : « Mais s’ils ne passent pas armés avec vous, ils recevront une possession parmi vous dans le pays de Canaan » (Nombres 32:30).
רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: צָרִיךְ הַדָּבָר לְאוֹמְרוֹ, שֶׁאִלְמָלֵא כֵּן, יֵשׁ בַּמַּשְׁמָע שֶׁאֲפִילּוּ בְּאֶרֶץ כְּנַעַן לֹא יִנְחָלוּ.
Rabbi Ḥanina ben Gamliel dit : On ne peut pas déduire les exigences relatives aux conditions en général de ce cas particulier, car en ce qui concerne l’annulation de la condition des fils de Gad et de Reuven, il était nécessaire d’énoncer la chose, car autrement, si le verset n’avait pas précisé les deux côtés de la condition, on aurait pu penser que cela signifiait qu’ils n’hériteraient même pas dans le pays de Canaan. On aurait pu penser que si les tribus de Gad et de Reuven ne remplissaient pas la condition, elles perdraient leur droit d’hériter où que ce soit. Il était donc nécessaire de préciser qu’elles ne perdraient pas leur part en Eretz Yisrael. Par conséquent, il est possible que, s’agissant d’une condition standard, où un tel malentendu n’est pas susceptible de se produire, il ne soit pas nécessaire de mentionner les deux côtés.
גְּמָ׳ שַׁפִּיר קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל לְרַבִּי מֵאִיר! אָמַר לָךְ רַבִּי מֵאִיר: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לָאו לִתְנַאי כָּפוּל הוּא דַּאֲתָא, לִכְתּוֹב: ״וְאִם לֹא יַעַבְרוּ וְנֹאחֲזוּ בְתֹכְכֶם״, ״בְּאֶרֶץ כְּנָעַן״
GUEMARA :Rabbi Ḥanina ben Gamliel parle justement, c’est-à-dire qu’il présente une objection raisonnable à Rabbi Meir. Apparemment, il a entièrement réfuté l’opinion de Rabbi Meir. Comment Rabbi Meir répondrait-il ? La Guemara répond : Rabbi Meir aurait pu te dire : S’il te vient à l’esprit que le verset ne vient pas enseigner l’exigence d’une condition double afin de stipuler à la fois des issues positives et négatives, qu’il se contente simplement d’écrire : Mais s’ils ne passent pas, ils recevront une possession parmi vous, ce qui indiquerait qu’ils ont une part dans le pays. En réalité, le verset poursuit et déclare : « Dans le pays de Canaan. »

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