חָזַרְנוּ עַל כׇּל צְדָדִים שֶׁל רַבִּי מֵאִיר, וְלֹא מָצִינוּ הֶקְדֵּשׁ בְּשׁוֹגֵג אֵין מִתְחַלֵּל, בְּמֵזִיד מִתְחַלֵּל.
Nous avons examiné tous les aspects de l’opinion de Rabbi Meir, c’est-à-dire que nous avons étudié toutes les déclarations de Rabbi Meir concernant les biens consacrés, et nous n’avons pas trouvé qu’il soutienne que les biens consacrés ne sont pas désacralisés s’ils sont utilisés à mauvais escient involontairement, mais qu’ils sont désacralisés s’ils sont utilisés à mauvais escient intentionnellement.
וּמִשְׁנָתֵינוּ בְּכׇתְנוֹת כְּהוּנָּה שֶׁלֹּא בָּלוּ, הוֹאִיל וְנִיתְּנוּ לֵיהָנוֹת בָּהֶן, לְפִי שֶׁלֹּא נִיתְּנָה תּוֹרָה לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת.
Et quant à notre mishna, qui indique qu’il s’agit de l’opinion de Rabbi Meir, il ne faut pas la comprendre comme l’opinion de Rabbi Meir concernant les biens consacrés en général, mais en ce qui concerne un cas où un prêtre a fiancé une femme en utilisant des tuniques sacerdotales qui ne sont pas usées et qui peuvent encore être portées pendant le service du Temple. Si un prêtre a fiancé une femme avec de tels vêtements, Rabbi Meir soutient que, s’il l’a fait involontairement, elle n’est pas fiancée, puisque des vêtements de ce type ne sont pas désacralisés et ne deviennent pas sa propriété. Cela est ainsi parce qu’ils ont été initialement donnés à condition que les prêtres puissent en tirer profit même lorsqu’ils n’accomplissent pas le service du Temple, car la Torah n’a pas été donnée aux anges de service. Il est impossible pour un prêtre de porter les vêtements uniquement au moment où il accomplit le service et à aucun autre moment. Par conséquent, ces vêtements ne sont désacralisés que s’il avait l’intention de les désacraliser.
תָּא שְׁמַע: כׇּתְנוֹת כְּהוּנָּה שֶׁבָּלוּ מוֹעֲלִין בָּהֶם, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. מַאי לָאו אֲפִילּוּ לֹא בָּלוּ? לָא, בָּלוּ דַּוְקָא.
La Guemara soulève une difficulté à propos de la déclaration de Rav. Viens et entends : En ce qui concerne des tuniques sacerdotales qui se sont usées, on fait un usage fautif d’un bien consacré au Temple en les utilisant ; telle est la déclaration de Rabbi Meïr. Quoi, n’est-ce pas que cette halakha s’appliquerait même si elles ne s’étaient pas usées, et que le tanna voulait enseigner la halakha supplémentaire selon laquelle cela reste une transgression même après qu’elles ne sont plus aptes à l’usage ? La Guemara rejette cela : Non, cette halakha s’applique spécifiquement à des vêtements qui se sont usés. Puisque les prêtres ne peuvent pas les utiliser, la permission de les employer à des fins non sacrées expire, et ils sont comme les autres biens consacrés soumis aux halakhot de l’usage fautif.
תָּא שְׁמַע: מוֹעֲלִים בְּחַדְתִין וְאֵין מוֹעֲלִים בְּעַתִּיקִים. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מוֹעֲלִין אַף בְּעַתִּיקִים, שֶׁהָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מוֹעֲלִין בִּשְׁיָרֵי הַלִּשְׁכָּה.
La Guemara soulève une difficulté concernant l’explication de la déclaration de Rabbi Meir. Viens et entends : Une personne est passible de mauvaise utilisation d’un bien consacré au Temple en utilisant de nouveaux shekels, c’est-à-dire ceux donnés cette année, qui servent à acheter des animaux pour les offrandes de cette année, mais une personne n’est pas passible de mauvaise utilisation d’un bien consacré au Temple en utilisant de vieux shekels, donnés par ceux qui n’ont pas donné le demi-shekel l’année précédente, puisque ces vieux shekels servent non pas à acheter des offrandes mais à l’entretien du Temple ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda. Rabbi Meir dit : Une personne est passible de mauvaise utilisation d’un bien consacré au Temple même en utilisant de vieux shekels, car Rabbi Meir dirait : Une personne est passible de mauvaise utilisation d’un bien consacré au Temple non seulement en utilisant de l’argent destiné à acheter des offrandes, mais même avec le reste de la chambre, c’est-à-dire l’argent qui est resté dans la chambre après qu’on en a pris pour acheter les animaux utilisés dans les offrandes communautaires.
וְאַמַּאי? נֵימָא: הוֹאִיל וְנִיתְּנוּ לֵיהָנוֹת, לְפִי שֶׁלֹּא נִיתְּנָה תּוֹרָה לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת, דְּהָא חוֹמַת הָעִיר וּמִגְדְּלוֹתֶיהָ מִשְּׁיָרֵי הַלִּשְׁכָּה אָתוּ, דִּתְנַן: חוֹמַת הָעִיר וּמִגְדְּלוֹתֶיהָ, וְכׇל צׇרְכֵי הָעִיר בָּאִין מִשְּׁיָרֵי הַלִּשְׁכָּה. לָא תֵּימָא רַבִּי מֵאִיר, אֶלָּא אֵימָא רַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara poursuit la question : Mais pourquoi quelqu’un serait-il responsable de l’usage des anciens shekels ? Disons la même logique : il n’est pas responsable, parce qu’ils ont été initialement donnés à la condition que les gens puissent en tirer profit, car la Torah n’a pas été donnée aux anges serviteurs et les gens ne pouvaient pas ne pas en tirer profit. C’est comme l’argent destiné à réparer la muraille de la ville et ses tours, qui provient du reste de la chambre, comme nous l’avons appris dans une michna (Shekalim 4:2) : La muraille de la ville, ses tours, et tous les besoins de la ville de Jérusalem proviennent du reste de la chambre. Il n’est pas possible pour les passants d’éviter de profiter de l’ombre fournie par les murailles de la ville. La Guemara répond : Ne dis pas que l’opinion selon laquelle on est responsable d’un usage fautif d’un bien consacré au Temple en utilisant l’argent du reste de la chambre est celle de Rabbi Meir. Au contraire, corrige la michna et dis que c’est l’opinion de Rabbi Yehuda.
תָּא שְׁמַע: דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר רַבִּי יִצְחָק: אַבְנֵי יְרוּשָׁלַיִם שֶׁנָּשְׁרוּ מוֹעֲלִים בָּהֶם, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. לָא תֵּימָא רַבִּי מֵאִיר, אֶלָּא אֵימָא רַבִּי יְהוּדָה.
Viens et écoute une autre preuve : Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yishmael bar Rabbi Yitzḥak a dit : En ce qui concerne les pierres des murailles et des tours de Jérusalem qui sont tombées, on est passible de mauvaise utilisation d’un bien consacré au Temple en les utilisant ; telle est l’opinion de Rabbi Meir. Cela indique que, selon Rabbi Meir, l’utilisation même de telles pierres rend passible, malgré le fait qu’il n’est pas possible aux gens d’éviter d’en tirer profit. La Guemara répond de nouveau : Ne dis pas que cette baraita rapporte l’opinion de Rabbi Meir. Au contraire, corrige la baraita et dis qu’elle est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda.
אִי רַבִּי יְהוּדָה, יְרוּשָׁלַיִם מִי מִיקַּדְּשָׁא? וְהָתְנַן: כְּאִימְּרָא, כַּדִּירִים, כָּעֵצִים, כָּאִישִּׁים, כַּהֵיכָל, כַּמִּזְבֵּחַ, כִּירוּשָׁלַיִם. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כׇּל הָאוֹמֵר: ״יְרוּשָׁלַיִם״ לֹא אָמַר כְּלוּם.
La Guemara conteste cette explication : Si cela est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, Jérusalem est-elle consacrée בכלל ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Nedarim 10b) : Si quelqu’un dit qu’un objet sera considéré comme l’agneau de l’offrande quotidienne, comme les animaux désignés comme offrandes et gardés dans des enclos, comme le bois de l’autel, comme les feux sur l’autel, comme le Sanctuaire, comme l’autel, ou comme Jérusalem, c’est un vœu et il lui est interdit de tirer profit de l’objet, puisqu’il l’a comparé à quelque chose de consacré. L’essence d’un vœu créant une interdiction est l’énoncé selon lequel un certain objet sera comme un objet consacré. Rabbi Yehouda dit : Quiconque dit qu’un objet sera considéré Jérusalem n’a rien dit, ce qui indique que Rabbi Yehouda soutient que Jérusalem n’est pas consacrée.
וְכִי תֵּימָא, מִשּׁוּם דְּלֹא אָמַר: ״כִּירוּשָׁלַיִם״, וְהָתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כׇּל הָאוֹמֵר ״כִּירוּשָׁלַיִם״ – לֹא אָמַר כְּלוּם, עַד שֶׁיִּדּוֹר בְּדָבָר הַקָּרֵב בִּירוּשָׁלַיִם!
Et si tu disais que la raison de Rabbi Yehouda n’est pas qu’il soutient que Jérusalem n’est pas consacrée, mais parce que celui qui formule le vœu n’a pas dit : Comme Jérusalem, mais a seulement déclaré que l’objet serait considéré comme Jérusalem, ce qui n’est pas une formulation claire d’un vœu, mais n’est-il pas enseigné dans une baraita (Tosefta, Nedarim 1:6) que Rabbi Yehouda dit : Quiconque dit qu’un objet sera considéré comme Jérusalem n’a rien dit, jusqu’à ce qu’il fasse un vœu en comparant l’objet à un objet sacrifié à Jérusalem. Cela indique qu’il soutient que Jérusalem elle-même n’est pas consacrée.