קָא מַשְׁמַע לַן ״וְיָצְאָה חִנָּם כּוּ׳״.
Par conséquent, l’expression superflue : « Alors elle sortira gratuitement, sans argent » (Exode 21:11), nous enseigne que même une ailonit peut être vendue comme servante hébraïque et est libérée lorsqu’elle atteint l’âge adulte.
וּלְמָר בַּר רַב אָשֵׁי, דְּאָמַר: וְלָאו קַל וָחוֹמֶר הוּא, הָא אָמְרִינַן מִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר טָרַח וְכָתַב לַהּ קְרָא! הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלֵיכָּא לְשַׁנּוֹיֵי, אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא לְשַׁנּוֹיֵי – מְשַׁנִּינַן.
La Guemara demande : Et selon l’opinion de Mar bar Rav Ashi, qui a dit : Mais n’est-ce pas une inférence a fortiori, selon laquelle la majorité libère une femme de l’autorité de son maître, comment répond-il au fait que nous disons en général, au sujet d’une question qui peut être déduite par une inférence a fortiori, que le verset, malgré tout, prend la peine de l’écrire explicitement ? La Guemara répond : Ce principe ne s’applique que là où il n’y a pas d’autre manière de résoudre la difficulté de savoir pourquoi une halakha est écrite alors qu’elle pourrait être déduite par une inférence a fortiori. Mais lorsqu’il y a une autre manière, plus substantielle, de résoudre la difficulté, on la résout de cette manière.
וְתַנָּא מַיְיתֵי לַהּ מֵהָכָא, דְּתַנְיָא: ״כִּי יִקַּח אִישׁ אִשָּׁה וּבְעָלָהּ וְהָיָה אִם לֹא תִמְצָא חֵן בְּעֵינָיו כִּי מָצָא בָהּ וְגוֹ׳״ – אֵין קִיחָה אֶלָּא בְּכֶסֶף. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״נָתַתִּי כֶּסֶף הַשָּׂדֶה קַח מִמֶּנִּי״.
§ La Guemara note : Et un tanna cite la halakha selon laquelle une femme peut être fiancée avec de l’argent d’ici, d’une autre source. Comme il est enseigné dans une baraita que lorsque le verset déclare : « Lorsqu’un homme prend une femme et a des relations sexuelles avec elle, et qu’il arrive que si elle ne trouve pas grâce à ses yeux, parce qu’il a trouvé en elle quelque chose d’indécent , et il lui écrit un acte de rupture » (Deutéronome 24:1), dans ce verset, le terme prendre ne se fait qu’avec de l’argent. Et ainsi il est dit : « Je donnerai de l’argent pour le champ ; prends-le de moi » (Genèse 23:13).
וַהֲלֹא דִּין הוּא: וּמָה אָמָה הָעִבְרִיָּה שֶׁאֵינָהּ נִקְנֵית בְּבִיאָה – נִקְנֵית בְּכֶסֶף, זוֹ, שֶׁנִּקְנֵית בְּבִיאָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁתִּקָּנֶה בְּכֶסֶף?
La Guemara demande : Mais est-il nécessaire de faire cette dérivation ? Cela ne pourrait-il pas être dérivé au moyen d’une a fortioriinférence, comme suit : Et si une servante hébraïque, qui ne peut pas être acquise comme servante par rapport sexuel, peut néanmoins être acquise par de l’argent, n’est-il pas logique que cette femme, qui peut être acquise par rapport sexuel aux fins de fiançailles, puisse elle aussi être acquise par de l’argent ?
יְבָמָה תּוֹכִיחַ, שֶׁנִּקְנֵית בְּבִיאָה וְאֵינָהּ נִקְנֵית בְּכֶסֶף! מָה לִיבָמָה, שֶׁכֵּן אֵין נִקְנֵית בִּשְׁטָר, תֹּאמַר בְּזוֹ, שֶׁנִּקְנֵית בִּשְׁטָר!
Néanmoins, cette inférence de type kal va’homer peut être réfutée. Une yevama prouve le contraire, car elle est acquise par le yavam par des relations sexuelles, et pourtant elle ne peut pas être acquise par de l’argent. La Guemara rejette cette réfutation : Qu’est-ce qui est particulier chez une yevama ? C’est qu’elle ne peut pas être acquise par un document. Diras-tu que la même chose s’applique à cette femme, qui peut être acquise par un document aux fins de fiançailles, et que, par conséquent, l’acquisition par argent s’applique aussi à elle ?
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי יִקַּח אִישׁ״. הָא לְמָה לִי קְרָא, הָא אָתְיָא לַהּ! אָמַר רַב אָשֵׁי: מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר מֵעִיקָּרָא דְּדִינָא פִּירְכָא.
La Guemara réitère sa question. Le verset déclare : « Lorsqu’un homme prend une femme. » Pourquoi ai-je besoin d’un verset à cette fin ? Cela avait déjà été dérivé au moyen de cette inférence a fortiori, puisque la réfutation proposée de cette inférence a été rejetée. Rav Ashi a dit : Cela est nécessaire car on peut dire que la réfutation de l’inférence a fortiori est présente dès le départ, c’est-à-dire qu’il existe une difficulté dans la comparaison entre une femme et une servante hébraïque.
מֵהֵיכָא קָא מַיְיתֵית לַהּ – מֵאָמָה הָעִבְרִיָּה. מָה לְאָמָה הָעִבְרִיָּה, שֶׁכֵּן יוֹצְאָה בְּכֶסֶף, תֹּאמַר בְּזוֹ, שֶׁאֵינָהּ יוֹצְאָה בְּכֶסֶף. תַּלְמוּד לוֹמַר ״כִּי יִקַּח אִישׁ״.
Rav Ashi explique : D’où déduis-tu qu’une femme peut être fiancée avec de l’argent ? Cela est dérivé au moyen d’une inférence a fortiori du cas d’une servante hébraïque. Cette dérivation peut être réfutée. Qu’est-ce qui est particulier dans le cas d’une servante hébraïque ? C’est qu’elle peut être libérée avec de l’argent, c’est-à-dire qu’elle paie à son maître sa valeur en tant que servante puis elle est libérée, et par conséquent elle peut également être acquise avec de l’argent. Diras-tu la même chose au sujet de cette femme, qui ne peut pas être libérée, c’est-à-dire divorcée, par de l’argent ? Puisque cette inférence a fortiori est rejetée, il faut s’appuyer sur la source citée dans la baraita, selon laquelle le verset déclare : « Quand un homme prend ».
וְאִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב ״וְיָצְאָה חִנָּם״, וְאִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב ״כִּי יִקַּח אִישׁ״. דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״כִּי יִקַּח״, הֲוָה אָמֵינָא: קִידּוּשִׁין דִּיהַב לַהּ בַּעַל – דִּידַהּ הָווּ, כְּתַב רַחֲמָנָא ״וְיָצְאָה חִנָּם״.
Après avoir mentionné une preuve supplémentaire de la possibilité des fiançailles par de l’argent, la Guemara commente : Et il était nécessaire que la Torah écrive, au sujet d’une servante hébraïque : « Alors elle sortira gratuitement, sans argent », et il était aussi nécessaire d’écrire : « Quand un homme prend une femme. » Car, si le Miséricordieux avait écrit seulement : « Quand il prend », j’aurais dit : L’argent des fiançailles que le mari lui donne lui appartient invariablement à elle. C’est pourquoi le Miséricordieux écrit : « Alors elle sortira gratuitement, sans argent », pour enseigner que, lorsqu’elle n’est pas adulte, son père a droit à l’argent de ses fiançailles.
וְאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״וְיָצְאָה חִנָּם״, הֲוָה אָמֵינָא: הֵיכָא דְּיָהֲבָה לֵיהּ אִיהִי לְדִידֵיהּ וְקִידְּשַׁתּוּ – הָווּ קִידּוּשֵׁי, כְּתַב רַחֲמָנָא ״כִּי יִקַּח״ – וְלָא ״כִּי תִּקַּח״.
Et, inversement, si le Miséricordieux avait écrit seulement : « Alors elle sortira gratuitement, sans paiement », je dirais que, dans un cas où elle lui a donné de l’argent et l’a fiancé, c’est une fiançailles valide, car ce verset ne précise pas qui donne l’argent à qui. C’est pourquoi le Miséricordieux écrit : « Quand il prend », et non : Quand elle prend, pour enseigner que seul un homme peut fiancer une femme, et non l’inverse.
״וּבְעָלָהּ״ – מְלַמֵּד שֶׁנִּקְנֵית בְּבִיאָה. וַהֲלֹא דִּין הוּא: וּמָה יְבָמָה שֶׁאֵין נִקְנֵית בְּכֶסֶף – נִקְנֵית בְּבִיאָה, זוֹ, שֶׁנִּקְנֵית בְּכֶסֶף – אֵינוֹ דִּין שֶׁנִּקְנֵית בְּבִיאָה?
La baraita continue d’interpréter le verset. L’expression : « Et a des relations sexuelles avec elle » (Deutéronome 24:1), enseigne qu’une femme peut être acquise par des relations sexuelles. Pourquoi est-il nécessaire que le verset l’énonce explicitement ? Cela ne pourrait-il pas être déduit au moyen d’une inférence a fortiori : Et si une yevama, qui ne peut pas être acquise par de l’argent, peut être acquise par des relations sexuelles, n’est-il pas logique que cette femme, qui peut être acquise par de l’argent, comme cela a été déduit ci-dessus, puisse elle aussi être acquise par des relations sexuelles ?
אָמָה הָעִבְרִיָּה תּוֹכִיחַ, שֶׁנִּקְנֵית בְּכֶסֶף וְאֵין נִקְנֵית בְּבִיאָה. מָה לְאָמָה הָעִבְרִיָּה, שֶׁאֵין קִנְיָנָהּ לְשׁוּם אִישׁוּת, תֹּאמַר בְּזוֹ, שֶׁקִּנְיָנָהּ לְשׁוּם אִישׁוּת.
La Guemara objecte : Le cas de la servante hébraïque prouve le contraire, car elle est acquise par de l’argent et pourtant ne peut pas être acquise par relation sexuelle. La Guemara rejette cette réfutation : Ce qui distingue la servante hébraïque, c’est que son acquisition n’est pas à des fins de mariage, puisqu’elle est acquise comme servante. Diras-tu la même chose à l’égard de cette femme, dont l’acquisition est à des fins de mariage ? Par conséquent, il est logique qu’une femme puisse être acquise par relation sexuelle.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבְעָלָהּ״. וּלְמָה לִי קְרָא, הָא אָתְיָא לַהּ! אָמַר רַב אָשֵׁי: מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר מֵעִיקָּרָא דְּדִינָא פִּירְכָא: מֵהֵיכָא קָא מַיְיתֵית לַהּ – מִיְּבָמָה.
La Guemara réitère sa question. Le verset déclare : « Et a des rapports sexuels avec elle. » Mais pourquoi ai-je besoin d’un verset à cette fin ? Cela avait déjà été dérivé au moyen de l’inférence a fortiori ci-dessus. Rav Ashi a dit : Cela est nécessaire car il est possible de dire que la réfutation de l’inférence a fortiori est présente dès le départ. D’où déduis-tu que le rapport sexuel est un mode d’acquisition ? Du cas d’une yevama.
מָה לִיבָמָה, שֶׁכֵּן זְקוּקָה וְעוֹמֶדֶת, תֹּאמַר בָּזוֹ, שֶׁאֵין זְקוּקָה וְעוֹמֶדֶת. תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבְעָלָהּ״.
On pourrait dire : Ce qui est unique chez une yevama, c’est qu’elle est liée au yavamet se tient dans l’attente qu’il agisse, et pour cette raison le rapport sexuel suffit à faire d’elle son épouse. Diras-tu la même chose à l’égard de cette femme, qui n’est pas liée et ne se tient dans l’attente de personne ? Il est donc possible que le rapport sexuel ne suffise pas à acquérir une femme dans des circonstances ordinaires. Par conséquent, l’inférence a fortiori ne résiste pas à un examen attentif. Pour cette raison, une preuve supplémentaire est nécessaire, car le verset déclare : « Et a des rapports sexuels avec elle. »