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יִרְאֶה אָדָם עַצְמוֹ כְּאִילּוּ חֶצְיוֹ חַיָּיב וְחֶצְיוֹ זַכַּאי. עָשָׂה מִצְוָה אַחַת – אַשְׁרָיו, שֶׁהִכְרִיעַ עַצְמוֹ לְכַף זְכוּת, עָבַר עֲבֵירָה אַחַת – אוֹי לוֹ, שֶׁהִכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ לְכַף חוֹבָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְחוֹטֶא אֶחָד יְאַבֵּד טוֹבָה הַרְבֵּה״ – בִּשְׁבִיל חֵטְא יְחִידִי שֶׁחָטָא אוֹבֵד מִמֶּנּוּ טוֹבוֹת הַרְבֵּה.
une personne doit se considérer comme si elle était exactement à moitié coupable et à moitié méritante. En d’autres termes, elle doit agir comme si les plateaux de sa balance étaient en équilibre, de sorte que, si elle accomplit une mitsva, elle est heureuse, car elle fait pencher sa balance du côté du mérite. Si elle transgresse un interdit, malheur à elle, car elle fait pencher sa balance du côté de la culpabilité, comme il est dit : « Mais un seul péché détruit beaucoup de bien » (Ecclésiaste 9:18), ce qui signifie que, à cause d’un seul péché que une personne commet, elle gaspille beaucoup de bien.
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְפִי שֶׁהָעוֹלָם נִידּוֹן אַחַר רוּבּוֹ, וְהַיָּחִיד נִידּוֹן אַחַר רוּבּוֹ, עָשָׂה מִצְוָה אַחַת – אַשְׁרָיו, שֶׁהִכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ וְאֶת כָּל הָעוֹלָם לְכַף זְכוּת, עָבַר עֲבֵירָה אַחַת – אוֹי לוֹ, שֶׁהִכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ וְאֶת כָּל הָעוֹלָם לְכַף חוֹבָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְחוֹטֵא אֶחָד כּוּ׳״ – בִּשְׁבִיל חֵטְא יְחִידִי שֶׁעָשָׂה זֶה אָבַד מִמֶּנּוּ וּמִכׇּל הָעוֹלָם טוֹבָה הַרְבֵּה.
Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, dit : Puisque le monde est jugé selon sa majorité, c’est-à-dire selon que les gens ont accompli une majorité de mitsvot ou une majorité de fautes, et qu’un individu est lui aussi jugé selon sa majorité, chacun doit considérer que si il accomplit une mitsva, il est digne d’éloge, car il fait pencher la balance de lui-même et du monde entier du côté du mérite. À l’inverse, si il transgresse un interdit, malheur à lui, car il fait pencher la balance pour lui-même et pour le monde entier du côté de la culpabilité, comme il est dit : « Mais un seul péché détruit beaucoup de bien », c’est-à-dire que par un seul péché que cet individu commet, il dissipe beaucoup de bonté de lui-même et du monde entier.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ צַדִּיק גָּמוּר כׇּל יָמָיו וּמָרַד בָּאַחֲרוֹנָה – אִיבֵּד אֶת הָרִאשׁוֹנוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״צִדְקַת הַצַּדִּיק לֹא תַצִּילֶנּוּ בְּיוֹם פִּשְׁעוֹ״. וַאֲפִילּוּ רָשָׁע גָּמוּר כׇּל יָמָיו וְעָשָׂה תְּשׁוּבָה בָּאַחֲרוֹנָה – אֵין מַזְכִּירִים לוֹ שׁוּב רִשְׁעוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְרִשְׁעַת הָרָשָׁע לֹא יִכָּשֶׁל בָּהּ בְּיוֹם שׁוּבוֹ מֵרִשְׁעוֹ״.
Rabbi Shimon ben Yoḥai dit : Même si quelqu’un a été parfaitement juste toute sa vie et s’est rebellé en péchant à la fin de sa vie, il perd son mérite antérieur, comme il est dit : « La justice du juste ne le délivrera pas au jour de sa transgression » (Ézéchiel 33:12). Et, de même, même si quelqu’un a été parfaitement méchant toute sa vie et s’est repenti à la fin, sa méchanceté ne lui est plus rappelée, comme il est dit dans la suite du verset : « Quant à la méchanceté du méchant, il n’en trébuchera pas au jour où il se détournera de sa méchanceté. »
וְנִיהְוֵי כְּמֶחֱצָה עֲוֹנוֹת וּמֶחֱצָה זְכִיּוֹת? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: בְּתוֹהֶא עַל הָרִאשׁוֹנוֹת.
La Guemara demande : Mais un individu qui a accompli des mitsvot toute sa vie puis a péché devrait au moins être comme quelqu’un dont les actes sont moitié péchés et moitié mérites, c’est-à-dire que chacun devrait avoir un poids égal. Pourquoi, alors, est-il déclaré coupable ? Reish Lakish a dit : Il ne s’agit pas ici d’un individu qui a simplement péché, mais de celui qui regrette toutes les mitsvot initiales qu’il a accomplies dans le passé. Dans ce cas, les mitsvot qu’il a accomplies ne sont pas prises en compte.
מַתְנִי׳ כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בַּמִּקְרָא וּבַמִּשְׁנָה וּבְדֶרֶךְ אֶרֶץ – לֹא בִּמְהֵרָה הוּא חוֹטֵא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהַחוּט הַמְשֻׁלָּשׁ לֹא בִמְהֵרָה יִנָּתֵק״. וְכֹל שֶׁאֵינוֹ לֹא בַּמִּקְרָא וְלֹא בַּמִּשְׁנָה וְלֹא בְּדֶרֶךְ אֶרֶץ – אֵינוֹ מִן הַיִּישּׁוּב.
MICHNA :Quiconque s’adonne à l’étude de la Bible, et à l’étude de la Michna, et à la bonne conduite, c’est-à-dire qu’il travaille et agit généralement de manière appropriée, ne sera pas prompt à pécher, comme il est dit : « Et la corde à trois brins ne se rompt pas vite » (Ecclésiaste 4:12). Celui qui s’implique dans ces trois activités ne péchera pas facilement. Et quiconque ne s’adonne pas à l’étude de la Bible, ni à l’étude de la Michna, ni à la bonne conduite, ne fait pas partie de la société, c’est-à-dire qu’il n’est pas du tout considéré comme une personne civilisée.
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק: לְמָה צַדִּיקִים נִמְשָׁלִים בָּעוֹלָם הַזֶּה – לְאִילָן שֶׁכּוּלּוֹ עוֹמֵד בִּמְקוֹם טׇהֳרָה, וְנוֹפוֹ נוֹטֶה לִמְקוֹם טוּמְאָה. נִקְצַץ נוֹפוֹ – כּוּלּוֹ עוֹמֵד בִּמְקוֹם טׇהֳרָה. כָּךְ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵבִיא יִסּוּרִים עַל צַדִּיקִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, כְּדֵי שֶׁיִּירְשׁוּ הָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה רֵאשִׁיתְךָ מִצְעָר וְאַחֲרִיתְךָ יִשְׂגֶּה מְאֹד״.
GUEMARA :Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tzadok, dit : À quoi les justes dans ce monde sont-ils comparés ? À un arbre qui se tient entièrement dans un endroit pur, tandis que ses branches pendent au-dessus d’un endroit impur. Si ses branches sont coupées, il se tiendra entièrement dans un endroit pur. De même, le Saint, béni soit-Il, fait venir des afflictions sur les justes dans ce monde afin de les purifier de leurs quelques péchés. Il les fait souffrir afin qu’ils héritent entièrement du Monde à venir, comme il est dit : « Et ton commencement fut dans la douleur, mais ta fin croîtra énormément » (Job 8:7).
וּלְמָה רְשָׁעִים דּוֹמִים בָּעוֹלָם הַזֶּה – לְאִילָן שֶׁכּוּלּוֹ עוֹמֵד בִּמְקוֹם טוּמְאָה וְנוֹפוֹ נוֹטֶה לִמְקוֹם טׇהֳרָה. נִקְצַץ נוֹפוֹ – כּוּלּוֹ עוֹמֵד בִּמְקוֹם טוּמְאָה. כָּךְ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְשַׁפֵּיעַ לָהֶן טוֹבָה לָרְשָׁעִים בְּעוֹלָם הַזֶּה כְּדֵי לְטוֹרְדָן וּלְהוֹרִישָׁן לְמַדְרֵיגָה הַתַּחְתּוֹנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יֵשׁ דֶּרֶךְ יָשָׁר לִפְנֵי אִישׁ וְאַחֲרִיתָהּ דַּרְכֵי מָוֶת״.
Et à quoi les méchants dans ce monde sont-ils comparés ? À un arbre qui se tient entièrement dans un lieu impur et dont les branches s’étendent au-dessus d’un lieu pur. Si ses branches sont coupées, il se tient entièrement dans un lieu impur. De même, le Saint, béni soit-Il, accorde du bien aux méchants dans ce monde pour les quelques mitsvot qu’ils ont accomplies, afin de les chasser et de les reléguer au niveau le plus bas de la Géhenne dans l’avenir, comme il est dit : « Il est telle voie qui paraît droite à un homme, mais son issue, ce sont les voies de la mort » (Proverbes 14:12).
וּכְבָר הָיָה רַבִּי טַרְפוֹן וּזְקֵנִים מְסוּבִּין בַּעֲלִיַּת בֵּית נַתְּזָה בְּלוֹד. נִשְׁאֲלָה שְׁאֵילָה זוֹ בִּפְנֵיהֶם: תַּלְמוּד גָּדוֹל אוֹ מַעֲשֶׂה גָּדוֹל? נַעֲנָה רַבִּי טַרְפוֹן וְאָמַר: מַעֲשֶׂה גָּדוֹל. נַעֲנָה רַבִּי עֲקִיבָא וְאָמַר: תַּלְמוּד גָּדוֹל. נַעֲנוּ כּוּלָּם וְאָמְרוּ: תַּלְמוּד גָּדוֹל, שֶׁהַתַּלְמוּד מֵבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה.
En lien avec la déclaration de la michna sur l’importance de l’étude de la Torah, la Guemara rapporte l’incident suivant : Et là, il y eut déjà un incident dans lequel Rabbi Tarfon et les Anciens étaient attablés dans la chambre haute de la maison de Nit’za à Lod, lorsque cette question leur fut posée : L’étude est-elle plus grande ou l’action est-elle plus grande ? Rabbi Tarfon répondit et dit : L’action est plus grande. Rabbi Akiva répondit et dit : L’étude est plus grande. Tous répondirent et dirent : L’étude est plus grande, mais non comme une valeur indépendante ; elle est plutôt plus grande en ce que l’étude mène à l’action.
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: גָּדוֹל תַּלְמוּד שֶׁקָּדַם לְחַלָּה אַרְבָּעִים שָׁנָה, לִתְרוּמוֹת וּלְמַעַשְׂרוֹת חֲמִשִּׁים וְאַרְבַּע, לִשְׁמִיטִּים שִׁשִּׁים וְאַחַת, לְיוֹבְלוֹת מֵאָה וְשָׁלֹשׁ.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei dit : L’étude de la Torah est plus grande, car elle a précédé la mitsva de prélever la ‘halla de quarante ans. La Torah a été donnée au peuple juif peu après sa sortie d’Égypte, tandis que la mitsva de prélever la ‘halla n’est entrée en vigueur qu’après leur entrée en Eretz Yisrael. Et elle a précédé la mitsva des terumot et des dîmes de cinquante-quatre ans, car les Juifs ne sont devenus astreints à ces mitsvot que quatorze ans après leur entrée en Eretz Yisrael, une fois qu’ils eurent conquis et partagé le pays. En outre, la Torah a précédé l’observance des années sabbatiques de soixante et un ans, car ils n’ont commencé à compter le cycle de sept ans qu’après avoir partagé le pays. Enfin, elle a précédé les années du Jubilé de 103 ans, car le compte de cinquante ans jusqu’à la première année de Jubilé n’a commencé qu’après qu’ils eurent partagé Eretz Yisrael.
מֵאָה וְשָׁלֹשׁ? מֵאָה וְאַרְבַּע הָוְיָין! קָסָבַר: יוֹבֵל מִתְּחִילָּתוֹ הוּא מְשַׁמֵּט.
La Guemara demande : Pourquoi la baraita indique-t-elle 103 ans ? Il y en a eu en réalité 104 ans. Si l’on ajoute cinquante aux cinquante-quatre années qui se sont écoulées avant que les Juifs ne commencent à accomplir les mitsvot dépendantes de la terre, on arrive à un total de 104. La Guemara répond : Ce tannasoutient que l’année du Jubilé affranchit les esclaves et rend les champs à leurs propriétaires d’origine dès le début de l’année. Par conséquent, 103 ans se sont écoulés avant que la mitsva de l’année du Jubilé ne prenne effet.
וּכְשֵׁם שֶׁהַלִּימּוּד קוֹדֵם לְמַעֲשֶׂה כָּךְ דִּינוֹ קוֹדֵם לְמַעֲשֶׂה, כִּדְרַב הַמְנוּנָא. דְּאָמַר רַב הַמְנוּנָא: אֵין תְּחִילַּת דִּינוֹ שֶׁל אָדָם אֶלָּא עַל דִּבְרֵי תוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״פּוֹטֵר מַיִם רֵאשִׁית מָדוֹן״.
Et de même que l’étude vient avant l’action, c’est-à-dire que la mitsva de l’étude de la Torah a préséance sur les autres mitsvot, de même, le jugement concernant l’étude de la Torah précède le jugement pour un acte d’accomplissement d’une mitsva. Cela est conformément à la déclaration de Rav Hamnuna, car Rav Hamnuna dit : Le commencement du jugement d’une personne ne porte que sur les questions de Torah, comme il est dit : « Le commencement de la querelle, c’est comme laisser s’échapper l’eau » (Proverbes 17:14). Cela est compris comme une référence au péché de négliger la Torah, car la Torah est comparée à l’eau, qui apporte la vie au monde.
וּכְשֵׁם שֶׁדִּינוֹ קוֹדֵם לְמַעֲשֶׂה כָּךְ שְׂכָרוֹ קוֹדֵם לְמַעֲשֶׂה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּתֵּן לָהֶם אַרְצוֹת גּוֹיִם וַעֲמַל לְאֻמִּים יִירָשׁוּ. בַּעֲבוּר יִשְׁמְרוּ חֻקָּיו וְתוֹרֹתָיו יִנְצֹרוּ״.
Et de même que le jugement concernant l’étude de la Torah précède le jugement pour un acte d’accomplissement d’une mitsva, de même la récompense pour l’étude de la Torah précède la récompense pour un acte d’accomplissement d’une mitsva, comme il est dit : « Il leur donna les terres des nations, et ils prirent possession du labeur des peuples, afin qu’ils observent Ses statuts et gardent Ses lois » (Psaumes 105:44–45). La première récompense est pour l’observance des statuts, et, comme expliqué en 37a, cela fait référence à l’étude de la Torah.
כֹּל שֶׁאֵינוֹ לֹא בַּמִּקְרָא וְלֹא בַּמִּשְׁנָה. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּפָסוּל לְעֵדוּת. תָּנוּ רַבָּנַן: הָאוֹכֵל בַּשּׁוּק הֲרֵי זֶה דּוֹמֶה לְכֶלֶב. וְיֵשׁ אוֹמְרִים פָּסוּל לְעֵדוּת. אָמַר רַבִּי אִידִי בַּר אָבִין: הֲלָכָה כְּיֵשׁ אוֹמְרִים.
§ La michna enseigne que quiconque ne s’adonne pas à l’étude de la Bible, ni à l’étude de la Michna, ni à la conduite appropriée, ne fait pas partie de la société. Rabbi Yoḥanan dit : Et il est disqualifié pour témoigner, car on ne peut pas faire confiance à un tel individu. Les Sages ont enseigné : Celui qui mange au marché est comparable à un chien, car il se manque de respect par son absence de gêne à manger en public. Et certains disent qu’il est même disqualifié pour témoigner. Rabbi Idi bar Avin a dit : La halakha est conforme à l’opinion citée au nom de : Certains disent.
דָּרַשׁ בַּר קַפָּרָא: רַגְזָן
De même, bar Kappara a enseigné : Une personne colérique

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