אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: נֵילַף ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״ ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״ מֵחַג הַמַּצּוֹת, מָה לְהַלָּן נָשִׁים חַיָּיבוֹת – אַף כָּאן נָשִׁים חַיָּיבוֹת, צְרִיכָא.
Il est nécessaire d’énoncer ce verset pour une autre raison, car il pourrait vous venir à l’esprit de dire : Dérivez une analogie verbale concernant Soukkot, où le verset déclare : « Le quinzième jour de ce septième mois est la fête de Soukkot » (Lévitique 23:34), à partir de Pessa'h, où le verset déclare : « Et le quinzième jour du même mois est la fête de Pessa'h” (Lévitique 23:6). On dirait alors que, de même que là-bas les femmes sont tenues de manger de la matza la première nuit de Pessa'h, malgré le fait qu’il s’agisse d’une mitsva liée au temps, de même ici, en ce qui concerne la mitsva de résider dans la soukka, les femmes sont tenues. Il était donc nécessaire que le verset emploie le terme « l’autochtone » afin d’exclure les femmes de l’obligation de résider dans une soukka.
וַהֲרֵי רְאִיָּה, דְּמִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָהּ, וְטַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״זְכוּרְךָ״ – לְהוֹצִיא הַנָּשִׁים, הָא לָאו הָכִי נָשִׁים חַיָּיבוֹת!
La Guemara demande en outre : Mais il y a la mitsva de comparution, c’est-à-dire l’obligation d’apporter un holocauste lors des fêtes de pèlerinage, qui est une mitsva positive liée au temps. Et la raison pour laquelle les femmes sont exemptées de cette obligation est que le Miséricordieux écrit, au sujet de cette mitsva : « Trois fois par an tous tes mâles paraîtront devant le Seigneur Dieu » (Exode 23:17), ce qui vient exclure les femmes. On peut en déduire que sans cela, les femmes seraient tenues. Cela indique que les femmes ne sont pas nécessairement exemptées de toute mitsva positive liée au temps.
אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: נֵילַף ״רְאִיָּה״ ״רְאִיָּה״ מֵהַקְהֵל.
La Guemara répond : Il était nécessaire que le verset enseigne la halakha dans ce cas également, car on aurait pu penser et dire : Déduis une analogie verbale au sujet de la comparution, au sujet de laquelle le verset déclare : « Trois fois par an, tous tes mâles comparaîtront », à partir de la comparution mentionnée au sujet de la mitsva de rassemblement, à propos de laquelle le verset déclare : « Quand tout Israël viendra comparaître devant l’Éternel, ton Dieu » (Deutéronome 31:11). On aurait alors dit que, de même que les femmes sont tenues par la mitsva de rassemblement, elles devraient elles aussi être tenues de comparaître lors d’une fête de pèlerinage. Il est donc nécessaire que la Torah énonce explicitement que les femmes sont exemptées de la mitsva de comparution lors d’une fête de pèlerinage.
וְאַדְּיָלְפִינַן מִתְּפִילִּין לִפְטוּרָא, נֵילַף מִשִּׂמְחָה לְחִיּוּבָא! אָמַר אַבָּיֵי: אִשָּׁה בַּעֲלָהּ מְשַׂמְּחָהּ.
En ce qui concerne la preuve principale du principe selon lequel les femmes sont exemptées des commandements positifs liés au temps, la Guemara demande : Mais avant de dériver la halakhades phylactères, afin d’exempter les femmes de tous les commandements positifs liés au temps, dérivez-la de la mitsva de la joie lors d’une fête, dans laquelle les femmes sont obligées, afin d’obliger les femmes dans tous ces commandements. Abaye a dit : La mitsva de la joie ne s’applique pas directement aux femmes. Au contraire, une femme est rendue joyeuse par son mari, c’est-à-dire que la mitsva lui incombe de la réjouir lors d’une fête.
אַלְמָנָה מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? בִּשְׁרוּיָה אֶצְלוֹ.
La Guemara demande : Que peut-on dire au sujet d’une veuve, qui n’a plus de mari mais qui est néanmoins tenue de se réjouir pendant une fête, comme il est écrit : « Tu te réjouiras devant l’Éternel, ton Dieu, toi… et la veuve » (Deutéronome 16:11) ? La Guemara répond que la mitsva ne s’applique pas directement à une veuve ; elle s’applique plutôt aux hommes avec lesquels elle se trouve, c’est-à-dire qu’ils ont l’obligation de veiller à ce que les veuves se réjouissent pendant les fêtes.
וְנֵילַף מֵהַקְהֵל! מִשּׁוּם דְּהָוֵה מַצָּה וְהַקְהֵל שְׁנֵי כְתוּבִים הַבָּאִים כְּאֶחָד, וְכׇל שְׁנֵי כְתוּבִים הַבָּאִין כְּאֶחָד – אֵין מְלַמְּדִים.
La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas déduire que les femmes sont tenues à toutes les mitsvot positives liées au temps de la mitsva de rassemblement, dans laquelle les femmes sont explicitement obligées malgré le fait qu’il s’agisse d’une mitsva liée au temps. La Guemara répond : On ne peut pas déduire de cette manière, parce que les versets concernant la matza et le rassemblement sont deux versets qui viennent comme un seul, c’est-à-dire pour enseigner la même chose, à savoir que les femmes sont tenues à ces mitsvot malgré le fait qu’il s’agisse de mitsvot positives liées au temps. Et il existe un principe selon lequel deux versets qui viennent comme un seul n’enseignent pas un précédent applicable à d’autres cas. Au contraire, ces deux cas sont considérés comme des exceptions.
אִי הָכִי, תְּפִילִּין וּרְאִיָּה נָמֵי שְׁנֵי כְתוּבִים הַבָּאִים כְּאֶחָד – וְאֵין מְלַמְּדִים! צְרִיכִי, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא תְּפִילִּין וְלָא כְּתַב רְאִיָּה, הֲוָה אָמֵינָא: נֵילַף רְאִיָּה רְאִיָּה מֵהַקְהֵל.
La Guemara demande : Si tel est le cas, les versets concernant les phylactères et la comparution sont eux aussi deux versets qui viennent comme un seul, car tous deux indiquent que les femmes sont exemptées des mitsvot positives liées au temps, et, par conséquent, ces versets n’enseignent pas un précédent. La Guemara répond : Ceux-ci ne sont pas considérés comme deux versets qui viennent comme un seul, car tous deux sont nécessaires, chacun pour sa propre raison. Car, si le Miséricordieux avait écrit que les femmes sont exemptées de mettre les phylactères et n’avait pas écrit qu’elles sont exemptées de la mitsva de comparution, j’aurais dit : Dérive une analogie verbale pour obliger les femmes à partir du verset énoncé au sujet de la comparution à partir de la comparution énoncée au sujet de la mitsva de rassemblement. Il est donc nécessaire que la Torah enseigne que les femmes sont exemptées de la mitsva de comparution.
וְאִי כְּתַב רַחֲמָנָא רְאִיָּה וְלָא כְּתַב תְּפִילִּין, הֲוָה אָמֵינָא: אַקֵּישׁ תְּפִילִּין לִמְזוּזָה, צְרִיכָא.
Et si le Miséricordieux avait écrit que les femmes sont exemptées de la comparution, et n’avait pas écrit qu’elles sont exemptées de la mise des phylactères, j’aurais dit : je comparerai les phylactères à la mezouza, ce qui signifierait que les femmes sont tenues par la mitsva des phylactères. Il est donc nécessaire d’énoncer cette halakha à la fois pour les phylactères et pour la comparution, et ce ne sont pas deux versets qui viennent comme un seul.
אִי הָכִי, מַצָּה וְהַקְהֵל נָמֵי צְרִיכִי! לְמַאי צְרִיכִי? בִּשְׁלָמָא אִי כְּתַב רַחֲמָנָא הַקְהֵל וְלָא כְּתַב מַצָּה, הֲוָה אָמֵינָא: נֵילַף ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״ ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״ מֵחַג הַסּוּכּוֹת.
La Guemara demande : Si tel est le cas, les versets concernant la matza et l’assemblée sont eux aussi nécessaires, chacun pour sa propre raison, et ils ne constituent pas non plus deux versets qui viennent comme un seul. La Guemara rejette cette suggestion : Pourquoi les deux sont-ils nécessaires ? Certes, si le Miséricordieux avait écrit que les femmes sont tenues par la mitsva de l’assemblée mais n’avait pas écrit qu’elles sont tenues de manger de la matza, j’aurais dit : Déduis une analogie verbale au sujet de Pessa’h, où le verset déclare : « Et le quinzième jour de ce même mois est la fête de Pessa’h » (Lévitique 23:6), de Soukkot, où le verset déclare : « Le quinzième jour de ce septième mois est la fête de Soukkot » (Lévitique 23:34), enseignant que les femmes sont exemptées de manger de la matza, tout comme elles sont exemptées de résider dans une soucca. Il est donc nécessaire qu’un verset enseigne que les femmes sont tenues de manger de la matza.
אֶלָּא נִיכְתּוֹב רַחֲמָנָא מַצָּה, וְלָא בָּעֵי הַקְהֵל, וַאֲנָא אָמֵינָא: טְפָלִים חַיָּיבִים, נָשִׁים לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! הִילְכָּךְ, הָוֵה לְהוּ שְׁנֵי כְתוּבִים הַבָּאִים כְּאֶחָד, וְאֵין מְלַמְּדִים.
Mais que le Miséricordieux écrive que les femmes sont tenues de manger de la matza, et il ne serait pas nécessaire d’énoncer la même halakha concernant le rassemblement, et je dirais de moi-même : Si les enfants sont tenus au rassemblement, comme cela est explicitement dit dans le verset : « Assemble le peuple, les hommes, les femmes et les enfants » (Deutéronome 31:12), les femmes ne le sont-elles pas à plus forte raison ? Par conséquent, puisqu’il est explicitement dit que les femmes sont tenues au rassemblement, les versets concernant la matza et le rassemblement sont deux versets qui viennent comme un seul, et par conséquent n’enseignent pas un précédent.
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר אֵין מְלַמְּדִין, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מְלַמְּדִין, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
La Guemara demande : Cela s'explique bien selon celui qui dit comme principe que deux versets qui viennent comme un seul n'enseignent pas un précédent. Mais selon celui qui dit que deux versets qui viennent comme un seul enseignent un précédent, que peut-on dire ?
וְתוּ: מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁלֹּא הַזְּמַן גְּרָמָהּ נָשִׁים חַיָּיבוֹת מְנָלַן? דְּיָלֵיף מִמּוֹרָא, מָה מוֹרָא נָשִׁים חַיָּיבוֹת – אַף כׇּל מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁלֹּא הַזְּמַן גְּרָמָא נָשִׁים חַיָּיבוֹת.
De plus, on peut demander : D'où déduisons-nous que les femmes sont tenues d'accomplir les mitsvot positives qui ne dépendent pas du temps ? La Guemara répond que cela se déduit de la mitsva de craindre sa mère et son père : De même que les femmes sont tenues par la mitsva de crainte (Lévitique 19:3), de même les femmes sont tenues par toute mitsva positive qui ne dépend pas du temps.
וְנֵילַף מִתַּלְמוּד תּוֹרָה! – מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ תַּלְמוּד תּוֹרָה וּפְרִיָּה וּרְבִיָּה שְׁנֵי כְתוּבִים הַבָּאִים כְּאֶחָד, וְכֹל שְׁנֵי כְתוּבִים הַבָּאִים כְּאֶחָד אֵין מְלַמְּדִים.
La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas déduire l’inverse de l’étude de la Torah : De même que les femmes sont dispensées de l’étude de la Torah, elles devraient également être dispensées de toutes les mitsvot positives qui ne dépendent pas du temps. La Guemara répond : On ne peut pas déduire une exemption pour les femmes de leur exemption de l’étude de la Torah, car l’étude de la Torah et la procréation sont deux versets qui viennent comme un seul, puisque dans les deux cas les femmes sont dispensées, malgré le fait qu’il s’agisse de mitsvot qui ne dépendent pas du temps. Et tous deux versets qui viennent comme un seul n’enseignent pas de précédent.