וְלִכְתּוֹב עָלֶיהָ פְּרוֹסְבּוּל, וְלִקְנוֹת עִמָּהּ נְכָסִים שֶׁאֵין לָהֶם אַחְרָיוּת. וְאִי אָמְרַתְּ בָּעֵינַן צְבוּרִים, כׇּל שֶׁהוּא לְמַאי חֲזֵי?
et si le débiteur possède une terre de quelque superficie que ce soit, le créancier peut rédiger un document qui empêche l’Année sabbatique d’annuler une dette en cours [prosbol] à son sujet, afin que ses prêts ne soient pas annulés la septième année, et il peut acquérir des biens qui ne servent pas de garantie avec elle. Et si tu dis que nous exigeons que les biens meubles soient entassés sur la terre, à quoi est propre une terre de quelque taille que ce soit ? Que peut-on entasser sur un minuscule morceau de terre ?
תַּרְגְּומַאּ רַב שְׁמוּאֵל בַּר בִּיסְנָא קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף: כְּגוֹן שֶׁנָּעַץ בָּהּ מַחַט. אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף: קְבַסְתַּן! אִיכְּפַל תַּנָּא לְאַשְׁמוֹעִינַן מַחַט? אָמַר רַב אָשֵׁי: מַאן לֵימָא לַן דְּלָא תְּלָה בָּהּ מַרְגָּנִיתָא דְּשָׁוְויָא אַלְפָּא זוּזֵי.
Rav Shmuel bar Bisna a interprété cela devant Rav Yosef comme suit : Par exemple, si quelqu’un a planté une aiguille dans une minuscule parcelle de terre, qu’il a vendue au moyen de la terre, l’aiguille est acquise. Rav Yosef lui dit : Tu me dégoûtes [kevastan]. Le tanna s’est-il donné tout ce mal uniquement pour nous enseigner qu’une aiguille peut être acquise au moyen de la terre ? Rav Ashi dit : Qui nous dira qu’il n’a pas suspendu une perle valant mille dinars à l’aiguille ? On peut acquérir un objet de grande valeur au moyen d’une terre de cette taille. En tout état de cause, la question de savoir si les biens meubles doivent être entassés sur la terre ou non n’a pas été résolue.
תָּא שְׁמַע, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַעֲשֶׂה בְּמָדוֹנִי אֶחָד שֶׁהָיָה בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁהָיוּ לוֹ מִטַּלְטְלִין הַרְבֵּה, וּבִיקֵּשׁ לִיתְּנָם בְּמַתָּנָה. אָמְרוּ לוֹ: אֵין לוֹ תַּקָּנָה עַד שֶׁיַּקְנֵם עַל גַּבֵּי קַרְקַע. מָה עָשָׂה? הָלַךְ וְלָקַח בֵּית סֶלַע סָמוּךְ לִירוּשָׁלַיִם, וְאָמַר: ״צְפוֹנִי זֶה לִפְלוֹנִי, וְעִמּוֹ מֵאָה צֹאן וּמֵאָה חָבִיּוֹת״, וָמֵת, וְקִיְּימוּ אֶת דְּבָרָיו.
Viens et écoute, comme l’a dit Rabbi Elazar : Il y eut un incident impliquant un certain Madonite [Madoni] qui se trouvait à Jérusalem, car il avait beaucoup de biens meubles et souhaitait les donner en cadeau. Il était malade et n’eut pas le temps pour que le bénéficiaire acquière les biens par traction. Les Sages lui dirent : Quelqu’un dans cette situation n’a pas d’autre recours que de les transférer au moyen d’un terrain. Que fit-il ? Il alla acquérir un beit sela, signifiant apparemment un terrain de la taille d’une pièce de sela, près de Jérusalem et dit : Cette portion nord du beit sela est donnée à untel, et avec elle cent brebis et cent barils. Et le Madonite mourut, et les Sages exécutèrent sa déclaration et remirent les cadeaux.
וְאִי אָמְרַתְּ בָּעֵינַן צְבוּרִים בָּהּ, בֵּית סֶלַע לְמַאי חֲזֵי? מִי סָבְרַתְּ בֵּית סֶלַע, סֶלַע מַמָּשׁ? מַאי סֶלַע – דִּנְפִישׁ טוּבָא. וְאַמַּאי קָרוּ לֵיהּ סֶלַע – דִּקְשֵׁי כְּסֶלַע.
Et si tu dis que, pour acquérir des biens meubles au moyen d’un terrain, nous exigeons que les biens soient réellement entassés dessus, à quoi un beit sela est-il propre ? Il est impossible d’entasser cent brebis et cent barils sur une si petite parcelle de terre. La Guemara rejette cet argument : Soutiens-tu qu’un beit sela désigne un endroit qui est réellement de la taille d’une pièce de monnaie sela ? Non ; plutôt, que signifie le terme sela ? Il désigne un endroit qui est très grand et qui pourrait contenir les nombreux présents. Si cela est vrai, pourquoi l’ont-ils appelé sela ? Ce nom indique qu’il était dur comme la roche [sela].
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁחָלָה בִּירוּשָׁלַיִם – כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְאָמְרִי לַהּ: בָּרִיא הָיָה – כְּרַבָּנַן,
Viens et entends une preuve d’une autre source, comme Rav Yehuda dit que Rav dit : Il y eut un incident concernant une certaine personne qui tomba malade à Jérusalem, et l’hypothèse selon laquelle elle tomba malade est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer, qui dit qu’une personne sur son lit de mort ne peut transférer des biens que par un acte d’acquisition standard accepté. Et certains disent qu’elle était en bonne santé, et cette hypothèse est conforme à l’opinion des Sages selon laquelle une personne sur son lit de mort peut transférer des biens par la parole seule, tandis qu’une personne en bonne santé requiert un acte d’acquisition accepté.
שֶׁהָיוּ לוֹ מִטַּלְטְלִין הַרְבֵּה וּבִיקֵּשׁ לִיתְּנָם בְּמַתָּנָה, אָמְרוּ לוֹ: אֵין לוֹ תַּקָּנָה עַד שֶׁיַּקְנֵם עַל גַּבֵּי קַרְקַע. מָה עָשָׂה? הָלַךְ וְלָקַח בֵּית רוֹבַע סָמוּךְ לִירוּשָׁלַיִם, וְאָמַר: ״טֶפַח עַל טֶפַח לִפְלוֹנִי וְעִמּוֹ מֵאָה צֹאן וּמֵאָה חָבִיּוֹת״, וָמֵת, וְקִיְּימוּ חֲכָמִים אֶת דְּבָרָיו. וְאִי אָמְרַתְּ בָּעֵינַן צְבוּרִים, טֶפַח עַל טֶפַח לְמַאי חֲזֵי?
L'incident s'est produit comme suit : Cet homme avait une grande quantité de biens meubles et il souhaitait les donner en cadeau comme don. Les Sages lui dirent : Dans cette situation, il n'y a pas d'autre recours que de transférer des biens meubles au moyen d'un terrain. Que fit-il ? Il alla acquérir un terrain de la taille d'un beit rova près de Jérusalem et dit : Ce palme carré est donné à untel, et avec lui cent brebis et cent barils. Puis il mourut, et les Sages exécutèrent sa déclaration. Et si vous dites que nous exigeons que les biens soient entassés sur le terrain, à quoi un palme carré est-il propre ? Est-il possible de placer tous ces objets dans un espace si restreint ?
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, לִדְמֵי. הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מֵאָה צֹאן וּמֵאָה חָבִיּוֹת מַמָּשׁ, נַיקְנִינְהוּ נִיהֲלֵיהּ בַּחֲלִיפִין.
La Guemara rejette cela : De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit d’argent, c’est-à-dire qu’il cherchait à donner la valeur des tonneaux et des brebis, et une somme de cette importance peut être placée sur une petite parcelle de terre. La Guemara commente : Il est également raisonnable de dire que cet incident concernait de l’argent. Car, s’il te vient à l’esprit de dire qu’il s’agissait d’un groupe réel de cent brebis et cent tonneaux, qu’il les transfère au destinataire au moyen d’un acte d’échange symbolique. Si l’incident concernait de l’argent, qui ne peut pas être transféré par échange symbolique, il n’avait d’autre recours que d’acquérir la terre.
וְאֶלָּא מַאי, לִדְמֵי? נַיקְנִינְהוּ נִיהֲלֵיהּ בִּמְשִׁיכָה! אֶלָּא: דְּלֵיתֵיהּ לִמְקַבֵּל מַתָּנָה. הָכִי נָמֵי, דְּלֵיתֵיהּ לִמְקַבֵּל מַתָּנָה.
La Guemara soulève une difficulté contre cet argument : Plutôt, que diras-tu, que cela fait référence à de l’argent, qui ne peut pas être acquis par échange symbolique ? Même ainsi, il aurait tout de même pu agir autrement : Qu’il le transfère au destinataire par traction. Plutôt, tu es forcé de dire que le destinataire de ce cadeau n’était pas présent, et l’homme voulait lui en conférer la possession sans que le destinataire ait à accomplir un acte physique d’acquisition. De même, il est possible que le destinataire du cadeau n’était pas présent, et il ne pouvait pas le lui transférer par échange symbolique. Par conséquent, il n’y a aucune preuve que l’incident concernait de l’argent.
וְנִיזְכִּינְהוּ נִיהֲלֵיהּ אַגַּב אַחֵר? לָא סָמְכָה דַּעְתֵּיהּ, סָבַר שָׁמֵיט וְאָכֵיל לְהוּ.
La Guemara demande : N’y a-t-il pas une autre manière d’effectuer cette acquisition ? Mais qu’il la lui transfère par l’intermédiaire d’une autre personne, c’est-à-dire qu’une autre personne peut tirer le bien au nom du bénéficiaire. La Guemara répond : Le donateur ne s’est pas fié à cette option, car il craignait que le tiers puisse s’en emparer et le consommer ou utiliser le bien d’une autre manière. Le donateur voulait s’assurer que l’acquisition serait pleinement menée à bien.
וְאֶלָּא מַאי ״אֵין לוֹ תַּקָּנָה״? הָכִי קָאָמַר: לְמַאי דְּלָא סָמְכָה דַּעְתֵּיהּ – אֵין לוֹ תַּקָּנָה עַד שֶׁיַּקְנֵם עַל גַּבֵּי קַרְקַע.
Mais plutôt, quel est alors le sens de l’affirmation : Il n’a pas de recours ? Même s’il ne voulait pas utiliser l’option d’un tiers, cette option lui était certainement offerte. La Guemara explique que c’est ce que Rav disait et voulait dire dans sa description de cet incident : Conformément à sa décision de ne pas se fier à une autre personne et de ne pas vouloir transférer des biens par l’intermédiaire de quelqu’un d’autre, dans cette situation, il n’a pas de recours sinon de transférer des biens meubles au moyen de la terre. En résumé, aucune preuve décisive n’a été citée quant à savoir s’il est ou non possible d’acquérir des biens meubles au moyen de la terre lorsque les objets ne sont pas entassés dessus.
תָּא שְׁמַע: מַעֲשֶׂה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וּזְקֵנִים שֶׁהָיוּ בָּאִים בִּסְפִינָה, אָמַר לָהֶם רַבָּן גַּמְלִיאֵל לַזְּקֵנִים: עִישּׂוּר שֶׁאֲנִי עָתִיד לָמוֹד
Viens et entends une preuve tirée de la michna suivante (Ma’aser Sheni 5:9) : Il y eut un incident impliquant Rabban Gamliel et d’autres Anciens qui voyageaient sur un bateau. Rabban Gamliel dit aux Anciens : Un dixième de la récolte que je mesurerai et séparerai à l’avenir de la récolte de mes champs