נָתוּן לוֹ לִיהוֹשֻׁעַ, וּמְקוֹמוֹ מוּשְׂכָּר לוֹ. וְעִישּׂוּר אַחֵר שֶׁאֲנִי עָתִיד לָמוֹד נָתוּן לוֹ לַעֲקִיבָא בֶּן יוֹסֵף, כְּדֵי שֶׁיִּזְכֶּה בּוֹ לַעֲנִיִּים, וּמְקוֹמוֹ מוּשְׂכָּר לוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ בָּעֵינַן צְבוּרִים בַּהּ! שָׁאנֵי הָתָם, כִּי הֵיכִי דְּלָא לַיטְרְחִינְהוּ.
est donné comme première dîme à Yehoshua ben Ḥananya, qui était un Lévite, et l’endroit de la dîme lui est loué afin qu’il puisse acquérir la dîme au moyen de la terre. Et un autre dixième que je mesurerai à l’avenir comme la dîme du pauvre est donné à Akiva ben Yosef afin qu’il l’acquière au nom des pauvres, et son emplacement lui est loué. On peut apprendre d’ici que nous exigeons que les biens meubles soient entassés sur la terre, comme Rabban Gamliel l’a souligné : Son emplacement. La Guemara rejette cet argument : Là-bas, c’est différent, car Rabban Gamliel a fait cela afin de ne pas déranger les Sages à qui il donnait les dîmes, en les forçant à transporter les dîmes vers un autre endroit. Pour des raisons de commodité, il a transféré aux autres Sages la propriété de la terre où les dîmes se trouvaient déjà.
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רָבָא בַּר יִצְחָק אָמַר רַב: שְׁנֵי שְׁטָרוֹת הֵן: ״זְכוּ בְּשָׂדֶה זוֹ לִפְלוֹנִי וְכִתְבוּ לוֹ אֶת הַשְּׁטָר״ – חוֹזֵר בַּשְּׁטָר, וְאֵינוֹ חוֹזֵר בַּשָּׂדֶה. ״עַל מְנָת שֶׁתִּכְתְּבוּ לוֹ אֶת הַשְּׁטָר״ – חוֹזֵר בֵּין בַּשְּׁטָר בֵּין בַּשָּׂדֶה.
La Guemara suggère en outre : Viens et écoute une solution à ce dilemme, comme le dit Rava bar Yitzḥak selon qui Rav dit : Il y a deux types de documents. Si quelqu’un dit : Acquérez ce champ pour untel et écrivez-lui le document comme preuve de la vente du champ, il peut se rétracter de son accord en ce qui concerne le document. Il peut changer d’avis et leur dire de ne pas écrire le document. Mais il ne peut pas se rétracter de son accord en ce qui concerne le champ, car l’acheteur l’a déjà acquis. En revanche, s’il a dit : Acquérez ce champ pour untel à condition que vous lui écriviez un document, si le document n’a pas encore été remis, il peut se rétracter de son accord à la fois en ce qui concerne le document et en ce qui concerne le champ, car il ne lui transfère le champ qu’à la condition qu’un document soit écrit.
וְרַב חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר רַב הוּנָא: שְׁלֹשָׁה שְׁטָרוֹת הֵן. תְּרֵי – הָא דַּאֲמַרַן, אִידַּךְ: אִם קָדַם מוֹכֵר וְכָתַב לוֹ אֶת הַשְּׁטָר, כְּאוֹתָהּ שֶׁשָּׁנִינוּ: כּוֹתְבִים שְׁטָר לַמּוֹכֵר אַף עַל פִּי שֶׁאֵין לוֹקֵחַ עִמּוֹ. כֵּיוָן שֶׁהֶחְזִיק עִמּוֹ בַּקַּרְקַע – נִקְנָה שְׁטָר בְּכׇל מָקוֹם שֶׁהוּא.
Et Rav Ḥiyya bar Avin a dit que Rav Huna a dit : en réalité, il y a trois types de documents. Deux types sont ceux que nous avons mentionnés, et l’autre type est le suivant. Si le vendeur lui a d’abord rédigé le document, car un vendeur peut rédiger un acte de vente avant la transaction et le remettre lorsqu’il reçoit le paiement. C’est comme nous l’avons appris dans une michna (Bava Batra 167b) : un scribe peut rédiger un acte de vente pour le vendeur d’un bien qui le demande, même si l’acheteur n’est pas avec lui lorsqu’il présente sa demande. Dans un cas de ce genre, dès que l’acheteur prend possession du terrain de sa part, le document est acquis par l’acheteur où qu’il se trouve, c’est-à-dire même s’il n’est pas en la possession de l’acheteur.
שְׁמַע מִינַּהּ לָא בָּעֵינַן צְבוּרִים בַּהּ! שָׁאנֵי שְׁטָר דְּאַפְסֵירָא דְאַרְעָא הוּא.
On peut apprendre d’ici que nous n’exigeons pas que le bien soit posé dessus, car dans ce cas le document est acquis au moyen de la terre, où que le document se trouve. La Guemara rejette cette preuve : Un document est différent, car il est le frein de la terre. Puisque le document qui se rapporte à la terre est le moyen par lequel on prend possession de la terre, il est considéré comme si le document faisait partie de la terre. Par conséquent, on peut prendre possession du document au moyen de la terre sans qu’il ait réellement besoin d’y être placé. Il n’en va pas nécessairement de même pour les autres biens meubles, qui ne se rapportent pas spécifiquement à la terre.
וְהָא עֲלַהּ קָתָנֵי: זוֹ הִיא שֶׁשָּׁנִינוּ: נְכָסִים שֶׁאֵין לָהֶם אַחְרָיוּת נִקְנִין עִם נְכָסִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶם אַחְרָיוּת בְּכֶסֶף בִּשְׁטָר וּבַחֲזָקָה! שְׁמַע מִינַּהּ: לָא בָּעֵינַן צְבוּרִים בָּהּ, שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara demande : Mais il a été enseigné à ce sujethalakha qu’un document peut effectuer une acquisition où qu’il se trouve : C’est ce que nous avons appris dans la michna : Un bien qui ne sert pas de garantie peut être acquis avec un bien qui sert de garantie au moyen de la remise de l’argent, au moyen de la remise d’un document, ou au moyen de la prise de possession de ceux-ci. Cela indique qu’il n’y a pas de différence entre un document et d’autres types de biens meubles. Par conséquent, on peut apprendre d’ici que nous n’exigeons pas que le bien soit entassé sur la terre. La Guemara confirme : on peut apprendre d’ici que tel est le cas.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מִי בָּעֵינַן ״אַגַּב״ אוֹ לָא? תָּא שְׁמַע, דְּקָתָנֵי כֹּל הָנֵי, וְלָא קָתָנֵי אַגַּב. וּלְטַעְמָיךְ, ״קְנִי״ מִי קָתָנֵי?
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Exigeons-nous que celui qui vend des biens meubles au moyen d’un terrain déclare explicitement que telle est son intention, ou non ? La Guemara suggère : Viens et écoute, car ces baraitot mentionnées plus haut enseignent toutes ces halakhot relatives à l’acquisition de biens meubles par l’intermédiaire d’un terrain, et elles n’enseignent pas l’expression : Au moyen de. Cela indique qu’il n’est pas nécessaire de préciser cet aspect de l’acquisition. La Guemara rejette cette preuve : Et selon ton raisonnement, est-il enseigné qu’il doit lui dire : Acquiers ? Les baraitot ne le disent pas, et pourtant tout le monde s’accorde à dire que le vendeur doit lui dire qu’il doit acquérir le terrain.
אֶלָּא, עַד דְּאָמַר ״קְנִי״? הָכָא נָמֵי, עַד דַּאֲמַר ״אַגַּב״. וְהִלְכְתָא: צְבוּרִים – לָא בָּעֵינַן, ״אַגַּב״ וּ״קְנִי״ – בָּעֵינַן.
Au contraire, il faut dire que l’acquisition n’est pas effective à moins qu’il ne dise : Acquiers cela, et pourtant le tanna n’a pas jugé nécessaire de mentionner cette exigence. Ici aussi, l’acquisition n’est pas effective à moins qu’il ne dise : Au moyen de. Cette exigence n’est pas mentionnée parce que ces baraitot ne traitent pas du type de déclarations qu’il doit formuler, mais se réfèrent simplement aux questions juridiques fondamentales en jeu. La Guemara conclut : Et la halakha est que nous n’exigeons pas que le bien soit entassé sur la terre, mais nous exigeons que le vendeur dise qu’il transfère le bien meuble au moyen de la terre, et il doit dire : Acquiers cela.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שָׂדֶה בְּמֶכֶר וּמְטַלְטְלִין בְּמַתָּנָה מַהוּ? תָּא שְׁמַע: עִישּׂוּר שֶׁאֲנִי עָתִיד לָמוֹד, נָתוּן לִיהוֹשֻׁעַ וּמְקוֹמוֹ מוּשְׂכָּר לוֹ, שְׁמַע מִינַּהּ!
§ Un dilemme fut soulevé devant les Sages : si un vendeur souhaite donner un champ sous forme de vente et, avec lui, des biens meubles en cadeau, quelle est la halakha ? Peut-il les transférer ensemble au moyen d’une transaction effectuée avec la terre ? La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve pour ce dilemme à partir de l’incident impliquant Rabban Gamliel, car il a dit : Un dixième de la production que je mesurerai à l’avenir est donné à Yehoshua, et sa place lui est louée. Apprends de cela que même si le champ est loué, ce qui équivaut à une vente, et que la dîme est donnée en cadeau, on peut transférer les deux ensemble.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שָׂדֶה לְאֶחָד, וּמְטַלְטְלִין לְאַחֵר מַהוּ? תָּא שְׁמַע: עִישּׂוּר שֶׁאֲנִי עָתִיד לָמוֹד נָתוּן לַעֲקִיבָא בֶּן יוֹסֵף כְּדֵי שֶׁיִּזְכֶּה בּוֹ לַעֲנִיִּים וּמְקוֹמוֹ מוּשְׂכָּר לוֹ.
Un autre dilemme fut soulevé auparavant devant les Sages : si quelqu’un souhaite donner un champ à une personne et des biens meubles à une autre, quelle est la halakha ? Peut-on transférer des biens meubles à une personne au moyen d’une terre qui va être donnée en cadeau à une autre ? La Guemara suggère : Viens et écoute ce qu’a déclaré Rabban Gamliel : Un dixième de ce que je mesurerai à l’avenir est donné à Akiva ben Yosef afin qu’il l’acquière au nom des pauvres, et sa place lui est louée. Bien que le don soit pour les pauvres et que la place soit louée à Rabbi Akiva, l’acquisition est effective.
מַאי ״מוּשְׂכָּר״ – מוּשְׂכָּר לְמַעֲשֵׂר. וְאִי בָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי רַבִּי עֲקִיבָא, דְּיַד עֲנִיִּים הֲוָה.
La Guemara rejette cette preuve : Que signifie : Louée, dans ce cas ? Cela signifie louée pour la dîme. Cette terre n’a pas été louée à Rabbi Akiva pour son propre usage, mais seulement afin qu’il puisse recevoir la dîme. Par conséquent, la terre a également été donnée aux pauvres. Et si tu veux, dis une réfutation différente : Rabbi Akiva est différent, car il était collecteur de charité, et par conséquent il était considéré comme la main des pauvres. Puisqu’un collecteur de charité recueille la charité au nom des pauvres, il a le statut des pauvres eux-mêmes. Si tel est le cas, cela ne peut pas être comparé à un cas où quelqu’un transfère un certain objet à une personne et une terre à quelqu’un d’autre.
אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנָּתַן דְּמֵי כוּלָּן, אֲבָל לֹא נָתַן דְּמֵי כוּלָּן – לֹא קָנָה אֶלָּא כְּנֶגֶד מְעוֹתָיו.
§ Rava dit : Les Sages ont enseigné que l’on peut acquérir des biens meubles au moyen d’un terrain seulement lorsqu’il donne tout l’argent pour le terrain et les biens meubles. Mais, s’il n’a pas donné l’argent pour toute la propriété, même si elle lui a été transférée, il n’acquiert que les biens meubles correspondant à l’argent qu’il a payé.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרָבָא: יָפֶה כֹּחַ הַכֶּסֶף מִכֹּחַ הַשְּׁטָר, וְכֹחַ הַשְּׁטָר מִכֹּחַ הַכֶּסֶף. יָפֶה כֹּחַ הַכֶּסֶף – שֶׁהַכֶּסֶף פּוֹדִין בּוֹ הֶקְדֵּשׁוֹת וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּשְׁטָר. וְיָפֶה כֹּחַ הַשְּׁטָר – שֶׁהַשְּׁטָר מוֹצִיא בְּבַת יִשְׂרָאֵל, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּכֶסֶף.
Il est enseigné dans une baraita (Tosefta, Ketoubot 2:3) conformément à l’opinion de Rava : La force de l’argent est plus grande que la force d’un document d’une manière, et la force d’un document est plus grande que la force de l’argent d’une autre manière. La baraita précise : La force de l’argent est plus grande en ce que l’argent peut être utilisé pour racheter un bien consacré et la seconde dîme, ce qui n’est pas le cas avec un document. Et la force d’un document est plus grande que la force de l’argent, car un document libère une femme juive, c’est-à-dire qu’un homme peut divorcer de sa femme avec un acte de divorce, ce qui n’est pas le cas avec l’argent.
וְיָפֶה כֹּחַ שְׁנֵיהֶם מִכֹּחַ חֲזָקָה, וְכֹחַ חֲזָקָה מִכֹּחַ שְׁנֵיהֶם. יָפֶה כֹּחַ שְׁנֵיהֶם – שֶׁשְּׁנֵיהֶם קוֹנִים בְּעֶבֶד עִבְרִי, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בַּחֲזָקָה. יָפֶה כֹּחַ חֲזָקָה – שֶׁחֲזָקָה מָכַר לוֹ עֶשֶׂר שָׂדוֹת בְּעֶשֶׂר מְדִינוֹת, כֵּיוָן שֶׁהֶחְזִיק בְּאַחַת מֵהֶם – קְנָאָם כּוּלָּם.
La baraita continue : Et, de plus, la force de chacun d’eux, l’argent et un document, comme moyen de transférer la propriété, est plus grande que la force de l’acquisition au moyen de la prise de possession, et la force de la prise de possession est plus grande que la force de l’acquisition de chacun d’eux. Comment cela ? La force de chacun d’eux est plus grande que la force de l’acquisition par prise de possession, car chacun d’eux effectue une acquisition dans le cas d’un esclave hébreu, ce qui n’est pas le cas de la prise de possession (voir 14b). La force de la prise de possession est plus grande que la force de l’acquisition de chacun d’eux, car, en ce qui concerne la prise de possession, si quelqu’un a vendu à un autre dix champs dans dix pays, dès lors que l’acheteur prend possession de l’un des champs, il les acquiert tous.