כׇּל הַיּוֹצֵא לְמִלְחֶמֶת בֵּית דָּוִד, גֵּט כְּרִיתוּת כּוֹתֵב לְאִשְׁתּוֹ. דִּכְתִיב: ״וְאֶת אַחֶיךָ תִּפְקֹד לְשָׁלוֹם וְאֶת עֲרֻבָּתָם תִּקָּח״, מַאי ״וְאֶת עֲרֻבָּתָם תִּקָּח״? תָּנֵי רַב יוֹסֵף: דְּבָרִים הַמְעוֹרָבִין בֵּינוֹ לְבֵינָהּ.
Quiconque part à la guerre menée par la royale maison de David écrit une lettre conditionnelle de divorce à sa femme. Cela était fait afin d’éviter une situation dans laquelle l’épouse du soldat ne pourrait pas se remarier parce que son mari ne revenait pas de la bataille et qu’il n’y avait aucun témoin quant à son sort. La lettre conditionnelle de divorce conférait à l’épouse le statut de divorcée et la libérait pour se remarier, comme il est écrit : « Et à tes frères tu apporteras des salutations et tu prendras leur gage [arubatam] » (I Samuel 17:18). Quel est le sens de : « Et tu prendras leur gage [arubatam] » ? Rav Yosef a enseigné : Cela fait référence à des choses partagées [hame’oravin] entre le mari et sa femme, c’est-à-dire le mariage. Puisqu’il était apparemment d’usage que les hommes partant à la guerre envoient à leurs femmes un divorce conditionnel, et puisque Urie mourut plus tard, Bethsabée a assumé rétroactivement le statut de divorcée à partir du moment où il partit à la guerre. Par conséquent, elle n’était pas interdite à David.
אָמַר אַבָּיֵי, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: בְּתוּלָה נִשֵּׂאת לַיּוֹם הָרְבִיעִי. לְיוֹם רְבִיעִי — אִין, לְיוֹם חֲמִישִׁי — לָא. מַאי טַעְמָא — מִשּׁוּם אִיקָּרוֹרֵי דַעְתָּא.
§ À propos de la crédibilité de l’affirmation : J’ai rencontré un orifice non obstrué, Abaye a dit : Nous aussi, nous apprenons dans la michna une preuve à l’appui de l’opinion de Rabbi Elazar : Une vierge se marie le mercredi. Abaye en déduit : Le mercredi, oui, une vierge se marie ; le jeudi, non, elle ne se marie pas. Quelle est la raison de cette décision ? C’est en raison du fait que, si le mariage avait lieu le jeudi, plusieurs jours s’écouleraient avant que le tribunal ne siège de nouveau et, entre-temps, sa résolution se refroidira et sa colère s’apaisera. La crainte est qu’en conséquence il ne fasse pas valoir devant le tribunal que sa fiancée n’était pas vierge.
וּלְמַאי? אִי לְמִיתַּב לָהּ כְּתוּבָּה, נִיתֵּיב לַהּ! אֶלָּא לְאוֹסְרָהּ עָלָיו, וּדְקָא טָעֵין טַעֲנָה.
La Guemara demande : Et pour quelle raison cela est-il une source d’inquiétude ? Si l’inquiétude concerne le fait de lui donner le paiement de son contrat de mariage, c’est-à-dire que, s’il ne va pas au tribunal, son statut juridique au moment du mariage restera celui d’une vierge, et lorsque le moment viendra elle recevra le paiement de son contrat de mariage auquel elle n’a pas droit ; alors qu’il le donne à elle s’il le souhaite. Pourquoi cela serait-il une source d’inquiétude ? Au contraire, il s’agit de la rendre interdite pour lui, et cela se produirait dans un cas où il formule une revendication.
מַאי לָאו, דְּקָטָעֵין טַעֲנַת ״פֶּתַח פָּתוּחַ״! לָא, דְּקָטָעֵין טַעֲנַת דָּמִים.
Quoi, cela ne fait-il pas référence à un cas où il affirme : J’ai trouvé un orifice non obstrué, après avoir eu des rapports avec sa fiancée, et son affirmation est jugée crédible au point de la rendre interdite pour lui conformément à l’opinion de Rabbi Elazar ? La Guemara rejette cette preuve : Non, on peut expliquer qu’il s’agit d’un cas où il affirme qu’il n’y avait pas de sang, ce qui aurait résulté de la rupture de l’hymen si elle avait été vierge. Il s’agit d’une affirmation fondée sur une preuve objective et vérifiable, et non simplement dépendante de sa sensation subjective.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הָאוֹמֵר ״פֶּתַח פָּתוּחַ מָצָאתִי״, נֶאֱמָן לְהַפְסִידָהּ כְּתוּבָּתָהּ. אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא: הָאוֹכֵל אֵצֶל חָמִיו בִּיהוּדָה שֶׁלֹּא בְּעֵדִים — אֵינוֹ יָכוֹל לִטְעוֹן טַעֲנַת בְּתוּלִים, מִפְּנֵי שֶׁמִּתְיַיחֵד עִמָּהּ. בִּיהוּדָה הוּא דְּלָא מָצֵי טָעֵין, הָא בַּגָּלִיל מָצֵי טָעֵין.
§ Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit qu’un marié qui dit : J’ai trouvé un orifice non obstrué, est jugé crédible en ce qui concerne le fait de lui faire perdre son contrat de mariage. Rav Yosef a dit : Que nous enseigne-t-il ? Nous avons déjà appris explicitement dans une michna (12a) : Un homme qui mange chez son beau-père en Judée après les fiançailles, sans témoins pour attester du fait qu’il n’était pas seul avec elle, ne peut pas formuler une réclamation au sujet de la virginité de sa mariée après le mariage, parce que, conformément à la coutume en Judée, on présume qu’il s’est isolé avec elle et que c’est lui qui a eu des rapports avec elle. La Guemara en déduit : C’est en Judée qu’il ne peut pas prétendre qu’elle n’est pas vierge, mais en Galilée, il peut prétendre que c’est le cas.
וּלְמַאי, אִי לְאוֹסְרָהּ עָלָיו, בִּיהוּדָה אַמַּאי לָא? אֶלָּא לָאו, לְהַפְסִידָהּ כְּתוּבָּתָהּ, וּדְקָא טָעֵין טַעֲנָה. מַאי לָאו, דְּקָא טָעֵין טַעֲנַת ״פֶּתַח פָּתוּחַ״! לָא, דְּקָא טָעֵין טַעֲנַת דָּמִים.
La Guemara demande : Et à propos de quelle question cette revendication est-elle formulée ? Si c’est pour la rendre interdite pour lui, alors en Judée pourquoi cette revendication n’est-elle pas crédible ? S’il est certain de ne pas avoir eu de rapports avec elle et découvre qu’elle n’est pas vierge, apparemment elle a commis l’adultère et cette revendication devrait la rendre interdite pour lui. N’est-ce pas plutôt qu’il cherche à lui faire perdre son contrat de mariage dans un cas où il formule une revendication ? Et quoi, n’est-ce pas qu’il s’agit d’un cas où il affirme : J’ai trouvé un orifice non obstrué, et apparemment on lui accorde de la crédibilité ? La Guemara rejette cette preuve : Non, on peut expliquer qu’il s’agit d’un cas où il affirme qu’il n’y avait pas de sang.