אִיתְּמַר, אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: חֲכָמִים תִּקְּנוּ לָהֶם לִבְנוֹת יִשְׂרָאֵל, לִבְתוּלָה מָאתַיִם, וּלְאַלְמָנָה מָנֶה. וְהֵם הֶאֱמִינוּהוּ, שֶׁאִם אָמַר ״פֶּתַח פָּתוּחַ מָצָאתִי״ — נֶאֱמָן. אִם כֵּן — מָה הוֹעִילוּ חֲכָמִים בְּתַקָּנָתָם?
§ Il a été déclaré : Rav Naḥman a dit que Shmuel a dit au nom de Rabbi Shimon ben Elazar : Les Sages ont institué le contrat de mariage pour les femmes juives : pour une vierge, deux cents dinars et pour une veuve, cent dinars. Et ils l’ont jugé digne de confiance en ce sens que si il dit au sujet de sa mariée vierge : J’ai trouvé une ouverture non obstruée et elle n’est pas vierge, il est jugé digne de confiance, ce qui lui fait perdre son contrat de mariage. La Guemara demande : Si tel est le cas, et que les Sages l’ont jugé digne de confiance, qu’ont accompli les Sages par leur ordonnance selon laquelle le contrat de mariage d’une vierge est de deux cents dinars, si son affirmation qu’elle n’est pas vierge est effective ?
אָמַר רָבָא: חֲזָקָה, אֵין אָדָם טוֹרֵחַ בַּסְּעוּדָה וּמַפְסִידָהּ.
Rava dit : L’ordonnance est effective en raison de la présomption qu’une personne ne se donne pas de mal pour préparer un festin de mariage et ensuite le laisser se perdre. Investir dans les préparatifs du mariage indique clairement que l’intention du marié est d’épouser la mariée et de se réjouir avec elle. Si, néanmoins, il affirme qu’elle n’est pas vierge, apparemment il dit la vérité.
תָּנָא: הוֹאִיל וּקְנַס חֲכָמִים הוּא — לֹא תִּגְבֶּה אֶלָּא מִן הַזִּיבּוּרִית. קְנָסָא? מַאי קְנָסָא?! אֶלָּא אֵימָא: הוֹאִיל וְתַקָּנַת חֲכָמִים הוּא — לֹא תִּגְבֶּה אֶלָּא מִן הַזִּיבּוּרִית. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כְּתוּבַּת אִשָּׁה מִן הַתּוֹרָה.
§ Un Sage a enseigné dans une baraita : Puisque le paiement du contrat de mariage est une pénalité instituée par les Sages, elle ne peut recouvrer qu'à partir des terres du mari de la qualité la plus inférieure. La Guemara demande : Une pénalité ? Quelle pénalité y a-t-il dans un contrat de mariage ? Plutôt, corrige la baraita et dis : Puisque c'est une ordonnance rabbinique et non une obligation de la Torah, elle ne peut recouvrer qu'à partir des terres du mari de la qualité la plus inférieure. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Le contrat de mariage d'une femme est une obligation selon la loi de la Torah.
וּמִי אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הָכִי? וְהָתַנְיָא: ״כֶּסֶף יִשְׁקֹל כְּמֹהַר הַבְּתוּלוֹת״: שֶׁיְּהֵא זֶה, כְּמוֹהַר הַבְּתוּלוֹת, וּמוֹהַר הַבְּתוּלוֹת כָּזֶה. מִכָּאן סָמְכוּ חֲכָמִים לִכְתוּבַּת אִשָּׁה מִן הַתּוֹרָה. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כְּתוּבַּת אִשָּׁה אֵינָהּ מִדִּבְרֵי תוֹרָה, אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים!
La Guemara demande : Et Rabban Shimon ben Gamliel a-t-il dit cela ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita qu’il est écrit au sujet d’un séducteur : « Il paiera de l’argent selon la dot des vierges » (Exode 22:16) ? La Torah établit que cette amende sera comme la dot d’une vierge, et que la dot d’une vierge sera comme cette amende, c’est-à-dire cinquante sela d’argent, ou deux cents dinars. D’ici les Sages ont déduit leur détermination selon laquelle le contrat de mariage d’une femme est une obligation selon la loi de la Torah. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Le contrat de mariage d’une femme n’est pas une obligation selon la loi de la Torah, mais relève de la loi rabbinique.
אֵיפוֹךְ. וּמַאי חָזֵית דְּאָפְכַתְּ בָּתְרָיְיתָא, אֵיפוֹךְ קַמַּיְיתָא?
La Guemara résout la contradiction entre les déclarations de Rabban Shimon ben Gamliel : Inversez l’attribution des opinions dans cette baraita. La Guemara demande : Et qu’as-tu vu qui t’a conduit, toi, à inverser l’attribution des opinions dans la dernière baraita ? Inversez l’attribution des opinions dans la première, dans la baraita, et dites que Rabban Shimon ben Gamliel est celui qui soutient que le contrat de mariage est une ordonnance rabbinique.
הָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר כְּתוּבַּת אִשָּׁה מִדְּאוֹרָיְיתָא. דִּתְנַן, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר — נוֹתֵן לָהּ מִמְּעוֹת קַפּוֹטְקְיָא.
La Guemara répond : La raison est que nous avons appris que c’est Rabban Shimon ben Gamliel qui a dit ailleurs que le contrat de mariage d’une femme est une obligation selon la loi de la Torah, comme nous l’avons appris dans une michna (110b) selon laquelle Rabban Shimon ben Gamliel dit que, si un homme épouse une femme en Cappadoce, où la monnaie a plus de valeur, puis divorce d’elle en Eretz Yisrael, il lui donne le paiement du contrat de mariage en monnaie de Cappadoce. Du fait qu’il est tenu de payer le contrat de mariage dans la monnaie du lieu où il a contracté l’obligation, il apparaît que le contrat de mariage d’une femme est une obligation selon la loi de la Torah.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: כּוּלָּהּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הִיא, וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: מִכָּאן סָמְכוּ חֲכָמִים לִכְתוּבַּת אִשָּׁה מִן הַתּוֹרָה. כְּתוּבַּת אַלְמָנָה אֵינָהּ מִדִּבְרֵי תוֹרָה, אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים, שֶׁרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כְּתוּבַּת אַלְמָנָה אֵינָהּ מִדִּבְרֵי תוֹרָה, אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que la baraita ultérieure tout entière est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel, mais la baraita est incomplète et enseigne ce qui suit : C’est de là que les Sages ont fondé leur détermination selon laquelle le contrat de mariage d’une femme dans le cas d’une vierge est une obligation selon la loi de la Torah. Cependant, le contrat de mariage d’une veuve n’est pas une obligation selon la loi de la Torah mais une ordonnance de droit rabbinique, comme le dit Rabban Shimon ben Gamliel : Le contrat de mariage d’une veuve n’est pas une obligation selon la loi de la Torah mais une ordonnance de droit rabbinique.
הַהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן, אֲמַר לֵיהּ: פֶּתַח פָּתוּחַ מָצָאתִי. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: אַסְּבוּהוּ כּוּפְרֵי, מְבָרַכְתָּא חֲבִיטָא לֵיהּ?
§ La Guemara raconte : Un certain homme qui n’avait jamais été marié se présenta devant Rav Naḥman et lui dit : J’ai trouvé un orifice non obstrué lorsque j’ai consommé le mariage. Rav Naḥman dit à son sujet : Fouettez-le avec des branches de palmier [kufrei] ; les prostituées [mevarakhta] sont courantes autour de lui. Comme il n’avait jamais été marié auparavant, comment pouvait-il déterminer si l’orifice était obstrué ou non, s’il n’avait pas acquis d’expérience avec des prostituées ?
וְהָא רַב נַחְמָן הוּא דְּאָמַר מְהֵימַן! מְהֵימַן, וּמַסְּבִינַן לֵיהּ כּוּפְרֵי. רַב אַחַאי מְשַׁנֵּי: כָּאן בְּבָחוּר, כָּאן בְּנָשׂוּי.
La Guemara demande : Mais Rav Naḥman n’est-il pas celui qui a dit qu’on le considère comme digne de foi lorsqu’il affirme avoir trouvé un orifice non obstrué ? La Guemara répond : Oui, on le considère comme digne de foi, et néanmoins, nous le flagellons avec des branches de palmier. Rav Aḥai a répondu : Ici, dans le cas où il est flagellé, il s’agit d’un célibataire, à qui l’on n’accorde pas de crédibilité, parce qu’il manque d’expérience. Là-bas, dans le cas où on lui accorde de la crédibilité, il s’agit de quelqu’un qui a été marié.
הַהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, אֲמַר לֵיהּ: פֶּתַח פָּתוּחַ מָצָאתִי. אֲמַר לֵיהּ: שֶׁמָּא הִטֵּיתָהּ? אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאָדָם שֶׁהָיָה מְהַלֵּךְ בְּאִישׁוֹן לַיְלָה וַאֲפֵילָה, הִיטָּה — מְצָאוֹ פָּתוּחַ, לֹא הִיטָּה — מְצָאוֹ נָעוּל.
La Guemara rapporte un incident similaire d’une époque antérieure : Un certain homme qui se présenta devant Rabban Gamliel lui dit : J’ai trouvé un orifice non obstrué. Rabban Gamliel lui dit : Peut-être as-tu dévié ton approche et, par conséquent, tu n’as rencontré aucun obstacle ? Je vais te dire une parabole à laquelle cela ressemble. Cela ressemble à un homme qui marchait dans la noirceur de la nuit et l’obscurité et qui arriva à l’entrée de la maison ; si il écarte l’objet empêchant la porte de s’ouvrir, il la trouve ouverte ; s’il ne l’écarte pas, il la trouve verrouillée. Peut-être toi aussi as-tu dévié ton approche et es-tu entré sous un angle différent, et c’est pourquoi tu n’as rencontré aucun obstacle.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, הָכִי אֲמַר לֵיהּ: שֶׁמָּא בְּמֵזִיד הִטֵּיתָהּ, וַעֲקַרְתְּ לְדַשָּׁא וְעָבְרָא? אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאָדָם שֶׁהוּא מְהַלֵּךְ בְּאִישׁוֹן לַיְלָה וַאֲפֵילָה, הִיטָּה בְּמֵזִיד — מְצָאוֹ פָּתוּחַ, לֹא הִיטָּה בְּמֵזִיד — מְצָאוֹ נָעוּל.
Certains disent que c’est ce que Rabban Gamliel lui dit : Peut-être t’es-tu détourné de ton chemin intentionnellement et as déplacé la porte et le verrou. Je vais te dire une parabole à laquelle cela ressemble. Cela ressemble à un homme qui marche dans la noirceur de la nuit et l’obscurité et qui arrive à son entrée. S’il se détourne intentionnellement, il la trouve ouverte ; s’il ne se détourne pas intentionnellement, il la trouve verrouillée.
הַהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בַּר רַבִּי, אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, בָּעַלְתִּי וְלֹא מָצָאתִי דָּם. אָמְרָה לוֹ: רַבִּי, בְּתוּלָה הָיִיתִי. אָמַר לָהֶם: הָבִיאוּ לִי אוֹתוֹ סוּדָר. הֵבִיאוּ לוֹ הַסּוּדָר, וּשְׁרָאוֹ בְּמַיִם וְכִבְּסוֹ, וּמָצָא עָלָיו כַּמָּה טִיפֵּי דָמִים. אָמַר לוֹ: לֵךְ זְכֵה בְּמִקָּחֶךָ.
La Guemara rapporte : Un certain homme qui se présenta devant Rabban Gamliel bar Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Mon maître, j’ai eu des rapports et je n’ai pas trouvé de sang. La mariée lui dit : Mon maître, j’étais vierge. Rabban Gamliel bar Rabbi Yehuda HaNasi leur dit : Apportez-moi ce linge [sudar] sur lequel vous avez consommé le mariage. Ils lui apportèrent le linge, et il le trempa dans l’eau, le lava et y trouva plusieurs gouttes de sang provenant de la rupture de l’hymen. Rabban Gamliel bar Rabbi Yehuda HaNasi dit au marié : Va prendre possession de ton acquisition, car elle était vierge et il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
אֲמַר לֵיהּ הוּנָא מָר בְּרֵיהּ דְּרָבָא מִפַּרְזִקְיָא לְרַב אָשֵׁי: אֲנַן נָמֵי נַעֲבֵיד הָכִי. אֲמַר לֵיהּ:
Huna Mar, fils de Rava, de Parzakya, dit à Rav Ashi : Faisons ainsi nous aussi dans des cas similaires et examinons s'il y a du sang qui est obscurci par du sperme ou une autre substance. Rav Ashi lui dit :