מֵיתִיבִי: מְבָרְכִין לִבְתוּלָה שִׁבְעָה וּלְאַלְמָנָה יוֹם אֶחָד. מַאי לָאו, אֲפִילּוּ אַלְמָנָה שֶׁנִּשֵּׂאת לְבָחוּר! לֹא, לְאַלְמוֹן. אֲבָל לְבָחוּר מַאי, שִׁבְעָה? אִי הָכִי לִיתְנֵי: מְבָרְכִין לִבְתוּלָה שִׁבְעָה, וּלְאַלְמָנָה שֶׁנִּשֵּׂאת לְבָחוּר שִׁבְעָה, וּלְאַלְמָנָה יוֹם אֶחָד?
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : On récite une bénédiction pour une vierge qui se marie pendant sept jours et pour une veuve qui se marie pendant un jour. Quoi, n’est-ce pas même dans le cas d’une veuve qui épouse un célibataire, que l’on récite la bénédiction pendant un jour ? La Guemara répond : Non, c’est seulement dans le cas d’une veuve qui épouse un veuf que la bénédiction est récitée pendant un jour. La Guemara demande : Cependant, on peut alors déduire que dans le cas d’une veuve qui épouse un célibataire, quelle est la halakha ? La bénédiction est récitée pendant sept jours ? Si c’est le cas, que le tannaenseigne dans la baraita : On récite une bénédiction pour une vierge qui se marie pendant sept jours, et pour une veuve qui épouse un célibataire pendant sept jours, et pour une veuve qui épouse un veuf pendant un jour. Pourquoi le cas intermédiaire a-t-il été omis ?
מִילְּתָא פְּסִיקְתָּא קָתָנֵי, דְּלֵיכָּא בְּתוּלָה דְּבָצְרָה מִשִּׁבְעָה, וְלֵיכָּא אַלְמָנָה דְּבָצְרָה מִיּוֹם אֶחָד.
Bien que le tanna ait pu inclure ce cas dans la baraita, il a enseigné des principes catégoriques. Il a préféré éviter d’entrer dans les détails, car il n’y a pas de vierge pour qui la bénédiction est récitée pendant moins de sept jours, et il n’y a pas de veuve pour qui la bénédiction est récitée pendant moins d’un jour. Cependant, il existe des circonstances où, même pour une veuve, la bénédiction est récitée pendant plus d’un jour.
גּוּפָא, אָמַר רַב נַחְמָן: אָמַר לִי הוּנָא בַּר נָתָן, תָּנָא: מִנַּיִן לְבִרְכַּת חֲתָנִים בַּעֲשָׂרָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקַּח עֲשָׂרָה אֲנָשִׁים מִזִּקְנֵי הָעִיר וַיֹּאמֶר שְׁבוּ פֹה״. וְרַבִּי אֲבָהוּ אָמַר, מֵהָכָא: ״בְּמַקְהֵלוֹת בָּרְכוּ אֱלֹהִים ה׳ מִמְּקוֹר יִשְׂרָאֵל״.
§ À propos de la source de la bénédiction des mariés, la Guemara discute la question elle-même. Rav Naḥman a dit : Huna bar Natan m’a dit qu’il a été enseigné : D’où est-il dérivé que la bénédiction des mariés est récitée dans un quorum de dix hommes ? Comme il est dit : « Il prit dix hommes parmi les anciens de la ville et dit : Asseyez-vous ici, et ils s’assirent » (Ruth 4:2). Et Rabbi Abbahu a dit que la source vient d’ici : « Dans les assemblées [mak’helot], bénissez Dieu, le Seigneur, depuis la source d’Israël » (Psaumes 68:27). Ce verset indique qu’une assemblée [kahal], qui contient au moins dix hommes, bénit Dieu lorsqu’elle récite une bénédiction liée à la source d’Israël, c’est-à-dire aux relations conjugales, qui mèneront à la naissance d’enfants juifs.
וְרַב נַחְמָן, בְּהַאי קְרָא דְּרַבִּי אֲבָהוּ מַאי דָּרֵישׁ בֵּיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאֲפִילּוּ עוּבָּרִים שֶׁבִּמְעֵי אִמָּן אָמְרוּ שִׁירָה עַל הַיָּם — שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּמַקְהֵלוֹת בָּרְכוּ אֱלֹהִים ה׳ מִמְּקוֹר יִשְׂרָאֵל״. וְאִידַּךְ? אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא ״מִבֶּטֶן״. מַאי ״מִמְּקוֹר״ — עַל עִסְקֵי מְקוֹר.
Et qu’est-ce que Rav Naḥman déduit de ce verset duquel Rabbi Abbahu a déduit cette halakha ? Il a besoin du verset pour en déduire ce qui est enseigné dans une baraita : Rabbi Meir avait l’habitude de dire : D’où est-il déduit que même les fœtus dans le ventre de leur mère ont récité le cantique à la mer Rouge ? Comme il est dit dans le chapitre des Psaumes qui décrit la sortie d’Égypte : « Dans les assemblées, bénissez Dieu, le Seigneur, depuis la source d’Israël. » Même ces fœtus qui étaient encore dans la source, c’est-à-dire dans le ventre, se joignirent aux assemblées pour bénir Dieu. Et l’autre Sage, Rabbi Abbahu, dit : Si tel est le sens, que le verset dise : Depuis le ventre d’Israël. Quel est le sens du terme « source » ? Il est clair qu’il se réfère à des questions liées à la source d’Israël, c’est-à-dire à la bénédiction des mariés, qui doit être récitée dans une assemblée, un quorum de dix.
וְרַבִּי אֲבָהוּ, בְּהַאי קְרָא דְּרַב נַחְמָן מַאי דָּרֵישׁ בֵּיהּ? הָהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמִידְרַשׁ: עַמּוֹנִי וְלֹא עַמּוֹנִית, מוֹאָבִי וְלֹא מוֹאָבִית. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לִבְרָכָה, לָא סַגִּיא דְּלָאו זְקֵנִים.
Et qu’est-ce que Rabbi Abbahu déduit de ce verset à partir duquel Rav Naḥman a déduit sa halakha ? Il a besoin du verset disant que Boaz assembla dix hommes afin d’enseigner que l’interdiction de la Torah concernant le mariage avec des membres des nations d’Ammon et de Moab est limitée à un homme ammonite et non à une ammonite, et à un homme moabite et non à une moabite, car, s’il te venait à l’esprit que Boaz rassembla les hommes seulement pour réciter une bénédiction, n’aurait-il pas été suffisant qu’ils ne soient pas des Anciens ? Du fait qu’il réunit un quorum d’Anciens, il apparaît que c’était afin de s’engager dans une discussion halakhique et de rendre une décision halakhique.
וְאִידַּךְ: אִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ לְמִידְרַשׁ, לָא סַגִּיא דְּלָאו עֲשָׂרָה! אִין — לְפַרְסוֹמֵי מִילְּתָא, וּכְדַאֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב חָנָא בַּגְדָּתָאָה: פּוֹק וְאַיְיתִי לִי בֵּי עַשְׂרָה, וְאֵימָא לָךְ בְּאַנְפַּיְיהוּ: הַמְזַכֶּה לְעוּבָּר קָנָה. וְהִלְכְתָא — הַמְזַכֶּה לְעוּבָּר לֹא קָנָה.
Et l’autre Sage, Rav Naḥman, rejetterait cette preuve. S’il te venait à l’esprit qu’il a rassemblé les hommes afin d’enseigner une halakha, n’aurait-il pas été suffisant qu’ils ne soient pas dix ? La Guemara répond : Oui, en effet, un quorum de dix n’est pas nécessaire pour rendre une décision halakhique. Néanmoins, Boaz réunit dix Anciens pour rendre l’affaire publique, comme Shmuel dit à Rav Ḥana de Bagdad : Va et amène-moi une assemblée de dix hommes et je te dirai devant eux une halakha que je cherche à diffuser : En ce qui concerne celui qui transfère la propriété d’un objet à un fœtus, le fœtus l’acquiert, bien qu’il ne soit pas encore venu au monde. Boaz aussi rassembla dix Anciens pour rendre l’affaire publique. À propos de la halakha que Shmuel a rendue publique, la Guemara tranche : Et la halakha est la suivante : En ce qui concerne celui qui transfère la propriété d’un objet à un fœtus, le fœtus ne l’acquiert pas.
תָּנוּ רַבָּנַן: מְבָרְכִין בִּרְכַּת חֲתָנִים בְּבֵית חֲתָנִים. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף בְּבֵית הָאֵרוּסִין מְבָרְכִין אוֹתָהּ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : On récite la bénédiction des mariés dans la maison des mariés, lorsque la mariée entre sous le dais nuptial. Rabbi Yehouda a dit : On la récite même dans la maison des fiançailles, au moment des fiançailles.
אָמַר אַבָּיֵי: וּבִיהוּדָה שָׁנוּ, מִפְּנֵי שֶׁמִּתְיַיחֵד עִמָּהּ.
Abaye a dit : Et les Sages ont enseigné la déclaration de Rabbi Yehouda en Judée parce que là-bas, la coutume était que le marié s’isole avec sa fiancée, ce qui suscitait la crainte qu’il n’ait des relations conjugales avec elle. Par conséquent, la bénédiction est récitée כבר à ce stade.
תַּנְיָא אִידַּךְ: מְבָרְכִין בִּרְכַּת חֲתָנִים בְּבֵית חֲתָנִים, וּבִרְכַּת אֵרוּסִין בְּבֵית הָאֵרוּסִין. בִּרְכַּת הָאֵרוּסִין מַאי מְבָרֵךְ? רָבִין בַּר רַב אַדָּא וְרַבָּה בַּר רַב אַדָּא, תַּרְוַיְיהוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה אָמְרִי: ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו, וְצִוָּנוּ עַל הָעֲרָיוֹת, וְאָסַר לָנוּ אֶת הָאֲרוּסוֹת, וְהִתִּיר לָנוּ אֶת הַנְּשׂוּאוֹת עַל יְדֵי חוּפָּה וְקִדּוּשִׁין״. רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא מְסַיֵּים בַּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳, מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל עַל יְדֵי חוּפָּה וְקִדּוּשִׁין״.
Il est enseigné dans une autrebaraita : On récite la bénédiction des mariés dans la maison des mariés, et la bénédiction des fiançailles dans la maison des fiançailles. En ce qui concerne la bénédiction des fiançailles, quelle formule récite-t-on ? Ravin bar Rav Adda et Rabba bar Rav Adda ont tous deux dit au nom de Rav Yehouda : Béni sois-Tu, Seigneur notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Ses commandements, et nous as ordonné au sujet des parentes interdites, et nous as interdit les femmes fiancées, et nous as permis les femmes qui sont mariées au moyen de la houppa et des fiançailles. Rav Aḥa, fils de Rava, conclut la bénédiction au nom de Rav Yehouda : Béni sois-Tu, Seigneur, qui sanctifies Israël au moyen de la houppa et des fiançailles.
מַאן דְּלָא חָתֵים, מִידֵּי דְּהָוֵה אַבִּרְכַּת פֵּרוֹת וְאַבִּרְכַּת מִצְוֹת. וּמַאן דְּחָתֵים, מִידֵּי דְּהָוֵה אַקִּידּוּשָׁא.
Celui qui ne conclut pas la bénédiction des fiançailles conformément à l’opinion de Rav Aḥa, mais la récite plutôt sans bénédiction conclusive, considère la formule de cette bénédiction comme la formule qui se trouve dans la bénédiction récitée sur les fruits et la bénédiction récitée sur les mitsvot, dans lesquelles les mots : Béni sois-Tu, Seigneur, n’apparaissent qu’au début de la bénédiction. Et celui qui conclut la bénédiction des fiançailles conformément à l’opinion de Rav Aḥa, considère la formule de cette bénédiction comme la formule qui se trouve dans la bénédiction du kiddouch, dans laquelle les mots : Béni sois-Tu, Seigneur, apparaissent à la fois au début et à la conclusion de la bénédiction.
תָּנוּ רַבָּנַן: מְבָרְכִין בִּרְכַּת חֲתָנִים בַּעֲשָׂרָה כׇּל שִׁבְעָה. אָמַר רַב יְהוּדָה: וְהוּא שֶׁבָּאוּ פָּנִים חֲדָשׁוֹת.
§ Les Sages ont enseigné : On récite la bénédiction des mariés en un quorum de dix hommes pendant les sept jours de la célébration du mariage. Rav Yehuda a dit : Et cela n’est le cas que lorsque de nouveaux visages qui n’avaient pas auparavant participé aux festivités sont venus se joindre à la célébration.
מַאי מְבָרֵךְ? אָמַר רַב יְהוּדָה: ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם,
La Guemara demande : Quelles bénédictions récite-t-on ? Rav Yehouda a dit que ce sont les sept bénédictions : Béni sois-Tu, Seigneur notre Dieu, Roi de l’univers,