פָּטוּר. הָתָם, פְּקִיד וַעֲקִיר. הָכָא, פְּקִיד וְלָא עֲקִיר.
il est exempt. Dans ce cas, exempt signifie permis a priori. À première vue, un rapport sexuel avec une vierge est comparable à la création d’une ouverture dans un abcès. Pourquoi, alors, un rapport sexuel avec une vierge serait-il interdit pendant le Shabbat ? La Guemara rejette la preuve : Là-bas, le pus dans l’abcès est accumulé en un seul endroit et complètement séparé des vaisseaux dans la chair. En créant l’ouverture, il ne crée rien de durable. Ici, cependant, dans le cas de la rupture de l’hymen, même selon l’opinion que le sang est accumulé, il n’est pas complètement séparé des vaisseaux sanguins dans la chair. Par le rapport sexuel, le sang est déplacé de son endroit, ce qui constitue un aspect d’un travail interdit.
רַבִּי אַמֵּי שְׁרָא לְמִיבְעַל בַּתְּחִלָּה בְּשַׁבָּת. אָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן: וְהָא לָא כְּתִיבָא כְּתוּבָּתָהּ! אֲמַר לְהוּ: אַתְפְּסוּהָ מִטַּלְטְלִין.
La Guemara rapporte : Rav Ami a permis d’avoir des relations conjugales avec son épouse vierge pour la première fois pendant Chabbat. Les Sages lui dirent : Mais son contrat de mariage n’est pas encore écrit. Avoir des relations conjugales avec son épouse sans contrat de mariage est considéré comme un acte de débauche. Il leur dit : Qu’elle prenne possession d’une partie des biens meubles de son mari équivalente à la valeur de son contrat de mariage, et cela servira de dépôt jusqu’à ce qu’il rédige le contrat de mariage. Il pourra alors avoir des relations sexuelles avec elle.
רַב זְבִיד שְׁרָא לְמִיבְעַל בַּתְּחִלָּה בְּשַׁבָּת. אִיכָּא דְּאָמְרִי: רַב זְבִיד גּוּפֵיהּ בְּעַל בַּתְּחִלָּה בְּשַׁבָּת.
La Guemara rapporte : Rav Zevid a permis d’avoir des relations conjugales avec son épouse vierge pour la première fois pendant Chabbat. Il y en a qui disent : Rav Zevid lui-même a eu des relations conjugales avec son épouse vierge pour la première fois pendant Chabbat.
רַב יְהוּדָה שְׁרָא לְמִיבְעַל בַּתְּחִלָּה בְּיוֹם טוֹב. אָמַר רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: לָא תֵּימָא בְּיוֹם טוֹב דִּשְׁרֵי, הָא בְּשַׁבָּת אֲסִיר, דְּהוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת נָמֵי שְׁרֵי, וּמַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה כָּךְ הָיָה.
Il fut en outre rapporté : Rav Yehuda permit d’avoir des relations conjugales avec son épouse vierge pour la première fois un jour de fête. Rav Pappi dit au nom de Rava : Ne déduis pas et ne dis pas : C’est un jour de fête que cela est permis, mais le Shabbat cela est interdit, à l’instar des actes liés à la préparation des aliments, qui sont permis les jours de fête et interdits le Shabbat, car il est également vrai que même le Shabbat cela est permis. Et la raison pour laquelle Rav Yehuda a rendu sa décision au sujet d’un jour de fête tient au fait que l’incident qui s’est produit s’est produit de cette manière.
רַב פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר: בְּיוֹם טוֹב שְׁרֵי, בְּשַׁבָּת אֲסִיר. אֲמַר לֵיהּ רַב פַּפִּי לְרַב פָּפָּא: מַאי דַּעְתָּיךְ — מִתּוֹךְ שֶׁהוּתְּרָה חַבּוּרָה לְצוֹרֶךְ, הוּתְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצוֹרֶךְ? אֶלָּא מֵעַתָּה, מוּתָּר לַעֲשׂוֹת מוּגְמָר בְּיוֹם טוֹב, דְּמִתּוֹךְ שֶׁהוּתְּרָה הַבְעָרָה לְצוֹרֶךְ, הוּתְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצוֹרֶךְ!
Rav Pappa a dit au nom de Rava : Selon Rav Yehuda, lors d’une fête cela est permis, pendant Shabbat cela est interdit. Rav Pappi dit à Rav Pappa : Quel est ton raisonnement ? Est-ce le suivant : Puisque provoquer une blessure a été permis lors d’une fête lorsque cela est fait dans le but de préparer de la nourriture, cela a aussi été permis lorsque cela n’est pas fait dans le but de préparer de la nourriture ? Si c’est le cas, il serait alors permis de préparer de l’encens [mugmar] lors d’une fête pour la raison suivante : Puisque allumer un feu a été permis lors d’une fête lorsque cela est fait dans le but de préparer de la nourriture, cela a aussi été permis lorsque cela n’est pas fait dans le but de préparer de la nourriture.
אֲמַר לֵיהּ, עָלֶיךָ אָמַר קְרָא: ״אַךְ אֲשֶׁר יֵאָכֵל לְכׇל נֶפֶשׁ״ — דָּבָר הַשָּׁוֶה לְכׇל נֶפֶשׁ.
Rav Pappa lui dit : Il s’agit de ton affirmation selon laquelle le verset déclare au sujet d’une fête : « Seulement ce que chaque personne doit manger, cela seul pourra être fait pour vous » (Exode 12:16), indiquant une chose qui est égale pour chaque personne. L’encens n’est brûlé que par ceux qui sont particulièrement délicats. Il n’est pas utilisé de manière égale par tous, et il n’est donc pas permis. Les rapports sexuels, en revanche, sont pratiqués universellement.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: אֶלָּא מֵעַתָּה, נִזְדַּמֵּן לוֹ צְבִי בְּיוֹם טוֹב, הוֹאִיל וְאֵינוֹ שָׁוֶה לְכׇל נֶפֶשׁ, הָכִי נָמֵי דַּאֲסִיר לְמִשְׁחֲטֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא דְּבַר (הַ)צוֹרֶךְ לְכׇל נֶפֶשׁ קָאָמֵינָא, צְבִי צָרִיךְ לְכׇל נֶפֶשׁ הוּא.
Rav Aḥa, fils de Rava, dit à Rav Ashi : Si tel est le cas, si un cerf venait par hasard en sa possession pendant une fête, puisque ce n’est pas un aliment qui soit égal pour toute personne, la règle serait-elle aussi qu’il est interdit de l’abattre ? Rav Ashi lui dit : J’ai parlé d’une chose qui est un besoin pour toute personne, et la viande de cerf est une chose qui, bien que difficile à obtenir, est un besoin pour toute personne. L’encens, même lorsqu’il est disponible, n’est pas utilisé universellement.
אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי, הוֹרָה רַבִּי יוֹחָנָן בְּצַיְידָן: אָסוּר לִבְעוֹל בַּתְּחִלָּה בַּשַּׁבָּת. וּמִי אִיכָּא הוֹרָאָה לְאִיסּוּר?
Rabbi Ya’akov bar Idi a dit : Rabbi Yoḥanan a rendu une décision à la ville de Tzaidan : Il est interdit d’avoir des relations conjugales avec son épouse vierge pour la première fois pendant Chabbat. La Guemara demande : Et rend-on une décision pour interdire une action ? Habituellement, cette formulation est utilisée en référence à une décision fermement établie. Une décision rigoureuse peut être rendue même sur la base d’une incertitude. En revanche, une décision indulgente ne peut être rendue que si la question est clairement établie par la tradition ou par le raisonnement du sage qui rend la décision.
אִין, וְהָתְנַן: הוֹרוּהָ בֵּית הִלֵּל שֶׁתְּהֵא נְזִירָה עוֹד שֶׁבַע שָׁנִים אֲחֵרוֹת.
La Guemara répond : Oui, cette formulation est employée à propos d’une décision rigoureuse, car n’avons-nous pas appris ce qui suit dans une michna (Nazir 19b) : Lorsque le fils de la reine Hélène partit à la guerre, elle fit le vœu d’être naziréenne pendant sept ans, et elle accomplit ce vœu pendant toute la durée de son séjour dans la Diaspora ? Lorsqu’elle immigra en Eretz Israël, Beit Hillel rendit une décision selon laquelle elle devait être naziréenne pendant sept années supplémentaires. Apparemment, des décisions sont également rendues pour interdire une action.
וְאִי נָמֵי, כִּי הָא דְּתַנְיָא: חוּט הַשִּׁדְרָה שֶׁנִּפְסַק בְּרוּבּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי יַעֲקֹב אוֹמֵר: אֲפִילּוּ נִיקַּב. הוֹרָה רַבִּי כְּרַבִּי יַעֲקֹב. אָמַר רַב הוּנָא: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יַעֲקֹב.
Et alternativement, cela est semblable à ce qui est enseigné dans une baraita : Si la majorité de la moelle épinière d’un animal est sectionnée, l’animal est une tereifa ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi. Rabbi Ya’akov dit : Même si la moelle épinière est perforée mais autrement intacte, l’animal est une tereifa. La baraita poursuit : Rabbi Yehuda HaNasi a rendu une décision conformément à l’opinion de Rabbi Ya’akov. Ici aussi, le terme : rendre une décision, est employé à l’égard d’une décision rigoureuse. Rav Houna a dit : Malgré le fait que Rabbi Yehuda HaNasi ait statué conformément à son opinion, la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Ya’akov, mais plutôt à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi. Ceci est une version de cette discussion.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מַתְנֵי הָכִי: אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, שָׁאַל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן יַעֲקֹב דְּמִן צוּר אֶת רַבִּי יוֹחָנָן בְּצַיְידָן, וַאֲנָא שְׁמַעִי: מַהוּ לִבְעוֹל בַּתְּחִלָּה בַּשַּׁבָּת, וַאֲמַר לֵיהּ: אָסוּר. וְהִלְכְתָא: מוּתָּר לִבְעוֹל בַּתְּחִלָּה בַּשַּׁבָּת.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a enseigné cette version alternative de la décision de Rabbi Yoḥanan. Rav Abbahu a dit : Rabbi Yishmael ben Ya’akov, qui est de Tyr, a demandé à Rabbi Yoḥanan à Sidon, et j’ai entendu l’échange : Quelle est la halakha concernant le fait d’avoir des relations conjugales avec son épouse vierge pour la première fois pendant Chabbat ? Et il lui a dit : C’est interdit. La Guemara conclut : Et la halakha est qu’il est permis d’avoir des relations conjugales avec son épouse vierge pour la première fois pendant Chabbat, et il n’y a pas lieu de craindre qu’il cause une blessure, crée une ouverture ou provoque un saignement.
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר זַבְדָּא אָמַר רַב: אַחַת בְּתוּלָה וְאַחַת אַלְמָנָה טְעוּנָה בְּרָכָה. וּמִי אָמַר רַב הוּנָא הָכִי? וְהָאָמַר רַב הוּנָא: אַלְמָנָה אֵינָהּ טְעוּנָה בְּרָכָה! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּבָחוּר שֶׁנָּשָׂא אַלְמָנָה, כָּאן בְּאַלְמוֹן שֶׁנָּשָׂא אַלְמָנָה.
§ Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Huna a dit que Rabbi Abba bar Rav Zavda a dit que Rav a dit : Une vierge comme une veuve qui se marient requièrent que la bénédiction des mariés soit récitée. La Guemara demande : Rav Huna a-t-il dit cela ? Mais Rav Huna n’a-t-il pas dit : Une veuve ne requiert pas qu’une bénédiction soit récitée ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Ici, là où Rav Huna a dit qu’une veuve requiert une bénédiction, il s’agit d’un célibataire qui a épousé une veuve. Là-bas, là où Rav Huna a dit qu’elle ne requiert pas de bénédiction, il s’agit d’un veuf qui a épousé une veuve.
וְאַלְמוֹן שֶׁנָּשָׂא אַלְמָנָה לָא? וְהָאָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר לִי הוּנָא בַּר נָתָן, תָּנָא: מִנַּיִן לְבִרְכַּת חֲתָנִים בַּעֲשָׂרָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקַּח עֲשָׂרָה אֲנָשִׁים מִזִּקְנֵי הָעִיר וַיֹּאמֶר שְׁבוּ פֹה וַיֵּשֵׁבוּ״. וּבוֹעַז אַלְמוֹן שֶׁנָּשָׂא אַלְמָנָה הֲוָה.
La Guemara demande : Et un veuf qui a épousé une veuve ne nécessite-t-il pas qu’une bénédiction soit récitée ? Mais Rav Naḥman n’a-t-il pas dit : Huna bar Natan m’a dit qu’il a été enseigné : D’où est-il dérivé que la bénédiction des mariés est récitée en présence d’un quorum de dix hommes ? Comme il est dit au sujet de Boaz, qui a épousé Ruth : « Et il prit dix hommes parmi les anciens de la ville et dit : Asseyez-vous ici, et ils s’assirent » (Ruth 4:2). Or, lorsque Boaz a épousé Ruth, il était un veuf épousant une veuve. Puisque c’est la source principale de l’obligation de réciter la bénédiction, il apparaît que la bénédiction est récitée même dans ce cas.
מַאי ״אֵינָהּ טְעוּנָה בְּרָכָה״ דְּאָמַר רַב הוּנָא — אֵינָהּ טְעוּנָה בְּרָכָה כׇּל שִׁבְעָה, אֲבָל יוֹם אֶחָד טְעוּנָה בְּרָכָה.
La Guemara répond : Quel est le sens de : Ne nécessite pas de bénédiction, comme l’a déclaré Rav Houna ? Cela signifie qu’elle ne nécessite pas de bénédiction pendant les sept jours de la célébration du mariage, mais tout le monde est d’accord que pendant un jour, elle nécessite qu’une bénédiction soit récitée.
אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא: שָׁקְדוּ חֲכָמִים עַל תַּקָּנַת בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהֵא שָׂמֵחַ עִמָּהּ שְׁלֹשָׁה יָמִים. בְּמַאי: אִי בְּבָחוּר, הָאָמְרַתְּ שִׁבְעָה! אִי בְּאַלְמוֹן, הָאָמְרַתְּ יוֹם אֶחָד?
La Guemara demande : Cependant, ce qui est enseigné dans une baraita, à savoir que les Sages se sont appliqués à veiller au bien-être des femmes juives, en s’assurant que le marié se réjouira avec elle pendant trois jours, et que c’est pour cette raison qu’ils ont institué qu’une veuve se marie le jeudi, à propos de quelle circonstance la baraita parle-t-elle ? Si c’est à propos d’un célibataire qui épouse une veuve, n’as-tu pas dit qu’il célèbre pendant sept jours ? Pourquoi donc les Sages n’ont-ils prévu qu’une célébration de trois jours ? Si c’est à propos d’un veuf qui épouse une veuve, n’as-tu pas dit qu’il célèbre pendant un jour ? Pourquoi donc les Sages ont-ils prévu une célébration de trois jours ?
אִיבָּעֵית אֵימָא: בְּאַלְמוֹן — יוֹם אֶחָד לִבְרָכָה, וּשְׁלֹשָׁה לְשִׂמְחָה. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: בְּבָחוּר — שִׁבְעָה לִבְרָכָה, וּשְׁלֹשָׁה לְשִׂמְחָה.
La Guemara répond que cela peut être résolu de plusieurs manières. Si vous voulez, dites : Dans le cas d'un veuf qui épouse une veuve, il y a un jour pour la bénédiction et trois jours pour la célébration. Le mariage est fixé au jeudi afin de permettre une célébration de trois jours. Et si vous voulez, dites plutôt : Dans le cas d'un célibataire qui épouse une veuve, il y a sept jours pour la bénédiction et il y a trois jours pour la célébration, durant lesquels il doit s'abstenir d'aller travailler.