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אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן, קַרְעֵיהּ רַב נַחְמָן לִשְׁטָרָא. אֲזַל רַב עָנָן לְקַמֵּיהּ דְּמָר עוּקְבָא, אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי מָר נַחְמָן חַקְלָאָה הֵיכִי מְקָרַע שְׁטָרֵי דְאִינָשֵׁי. אֲמַר לֵיהּ: אֵימָא לִי אִיזִי, גּוּפָא דְעוֹבָדָא הֵיכִי הֲוָה?
La mère se présenta devant Rav Naḥman pour jugement. Rav Naḥman déchira le document, acceptant son affirmation selon laquelle elle n’avait pas l’intention de transférer la propriété de ses biens. Rav Anan se présenta devant Mar Ukva, l’exilarque, et lui dit : Que le Maître observe Naḥman le fermier, comment il déchire les documents des gens. Rav Anan était contrarié que Rav Naḥman ait détruit un document valide. Mar Ukva lui dit : Dis-moi, s’il te plaît, quel a été l’incident réel ?
אֲמַר לֵיהּ: הָכִי וְהָכִי הֲוָה. אֲמַר לֵיהּ: שְׁטַר מַבְרַחַת קָא אָמְרַתְּ? הָכִי אָמַר רַב חֲנִילַאי בַּר אִידִי אָמַר שְׁמוּאֵל: מוֹרֶה הוֹרָאָה אֲנִי: אִם יָבֹא שְׁטַר מַבְרַחַת לְיָדִי — אֶקְרָעֶנּוּ.
Rav Anan dit à Mar Ukva : Ceci et cela se sont produits ; c’est-à-dire qu’il l’informa de tous les détails. Mar Ukva lui dit : Es-tu en train de dire qu’il s’agissait d’un document d’évasion ? C’est ce qu’a dit Rav Ḥanilai bar Idi que Shmuel a dit : Je suis une autorité qui rend des décisions et j’ai émis la directive suivante : Si un document d’évasion me parvient entre les mains, je le déchirerai, car il est clair qu’il n’était pas destiné au transfert effectif de propriété, mais seulement à l’éloigner de quelqu’un d’autre.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: טַעְמָא מַאי? דְּלָא שָׁבֵיק אִינִישׁ נַפְשֵׁיהּ וְיָהֵיב לְאַחֲרִינֵי. הָנֵי מִילֵּי לְאַחֲרִינֵי, אֲבָל לִבְרַתַּהּ יָהֲיבָא! אֲפִילּוּ הָכִי: בִּמְקוֹם בְּרַתַּהּ, נַפְשָׁהּ עֲדִיפָא לַהּ.
Après avoir vu Rav Naḥman déchirer le document, Rava dit à Rav Naḥman : Quelle est la raison de tes actes ? Est-ce parce que tu supposes que ce n’était pas un don sincère parce qu’une personne n’abandonne pas ses propres intérêts et ne donne pas un cadeau à d’autres ? Cela s’applique seulement lorsqu’il est donné à d’autres qui sont des étrangers, mais à sa fille une mère donnerait des biens de tout cœur. Rav Naḥman répondit : Même ainsi, là où ses intérêts entrent en conflit avec ceux de sa fille, ses propres intérêts lui sont préférables, et par conséquent elle n’avait pas l’intention de renoncer à ses droits.
מֵיתִיבִי: הָרוֹצָה שֶׁתַּבְרִיחַ נְכָסֶיהָ מִבַּעְלָהּ, כֵּיצַד הִיא עוֹשָׂה? כּוֹתֶבֶת שְׁטַר פַּסִּים לַאֲחֵרִים, דִּבְרֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל.
La Guemara soulève une objection : En ce qui concerne une femme qui cherche à éloigner ses biens de son mari, comment procède-t-elle ? Elle écrit dans un document d’accord que ses biens doivent être donnés à d’autres, qui acceptent de ne pas acquérir les biens. Ce document empêche son mari d’avoir accès à ses biens. Telle est la déclaration de Rabban Shimon ben Gamliel.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: רָצָה — מְצַחֵק בָּהּ. עַד שֶׁתִּכְתּוֹב לוֹ מֵהַיּוֹם וְלִכְשֶׁאֶרְצֶה.
Et les Rabbins disent : Cette solution est défectueuse, car si le bénéficiaire le souhaite, il peut la tromper et conserver le bien en vertu du document valide en sa possession. Cette possibilité ne peut être évitée jusqu’à ce qu’elle lui écrive dans le document que le don est accordé à partir d’aujourd’hui et que le don n’est en vigueur que tant que je le souhaite encore. Dans ce cas, si celui à qui elle a donné le don vient en prendre possession, elle peut dire qu’elle ne veut plus donner le don et ainsi invalider le document.
טַעְמָא דְּכָתְבָה לֵיהּ הָכִי, הָא לָא כָּתְבָה לֵיהּ הָכִי — קְנַנְהִי לוֹקֵחַ!
La Guemara déduit : La raison pour laquelle elle peut finalement conserver sa propriété tient au fait qu’elle lui a écrit cela ; mais si elle ne lui avait pas écrit cela, l’acheteur l’aurait acquise. Cela indique qu’un document de contournement est juridiquement valide.
אָמַר רַבִּי זֵירָא, לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּכוּלַּהּ, הָא — בְּמִקְצָתַהּ.
Rabbi Zeira a dit : Cela n’est pas difficile, car cela, la décision selon laquelle le document d’évasion est nul, concerne un cas où le document a été rédigé sur la totalité des biens, car il est clair qu’une personne ne donne pas tous ses biens en cadeau en ne se laissant rien. En revanche, cette décision selon laquelle le document n’est pas annulé concerne un cas où le document a été rédigé sur seulement une partie des biens, et il faut donc ajouter une clause garantissant que le bénéficiaire ne puisse pas conserver la possession du cadeau.
וְאִי לָא קְנַנְהִי לוֹקֵחַ — נִיקְנִינְהוּ בַּעַל! אָמַר אַבָּיֵי: עֲשָׂאוּם כִּנְכָסִים שֶׁאֵין יְדוּעִין לַבַּעַל, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן.
La Guemara soulève une difficulté : Et dans le cas où le document est invalide parce que tous les biens y ont été inclus, si l’acheteur n’acquiert pas le bien, le mari devrait l’acquérir. Abaye a dit : Les Sages ont considéré ce bien donné en cadeau comme un bien inconnu du mari, et cela est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon dans la michna selon laquelle, si elle a vendu un tel bien après son mariage, la vente est valide. Par conséquent, le mari n’a pas accès au bien.
מַתְנִי׳ נָפְלוּ לָהּ כְּסָפִים — יִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת. פֵּירוֹת הַתְּלוּשִׁין מִן הַקַּרְקַע — יִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת.
MICHNA : Si de l’argent a été légué à une femme en héritage alors qu’elle était mariée, on acquiert un terrain avec cet argent, et le mari consomme les fruits du terrain tandis que le capital reste à elle. Si elle a hérité de fruits détachés du sol, ils sont considérés comme de l’argent ; par conséquent, on acquiert un terrain avec cela et il consomme les fruits du terrain.
[פֵּירוֹת] הַמְחוּבָּרִים בַּקַּרְקַע? אָמַר רַבִּי מֵאִיר: שָׁמִין אוֹתָהּ כַּמָּה הִיא יָפָה בְּפֵירוֹת וְכַמָּה הִיא יָפָה בְּלֹא פֵּירוֹת, וּמוֹתַר — יִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַמְחוּבָּרִים לַקַּרְקַע — שֶׁלּוֹ, וְהַתְּלוּשִׁין מִן הַקַּרְקַע — שֶׁלָּהּ, וְיִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת.
En ce qui concerne le produit attaché au sol, Rabbi Meir dit : On évalue combien la terre vaut avec le produit, et combien elle vaut sans le produit, et la différence entre ces sommes est le surplus qui appartient à la femme. On acquiert ensuite un terrain avec ce surplus et il consomme le produit. Et les Sages disent : Ce qui est attaché au sol est à lui, car il a droit au produit de ses biens et peut donc en manger. Et ce qui est détaché du sol est à elle, comme tout autre argent qu’elle apporte au mariage, et un terrain est acquis avec cela et il consomme le produit.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מְקוֹם שֶׁיִּפָּה כֹּחוֹ בִּכְנִיסָתָהּ — הוֹרַע כֹּחוֹ בִּיצִיאָתָהּ. מְקוֹם שֶׁהוֹרַע כֹּחוֹ בִּכְנִיסָתָהּ — יִפָּה כֹּחוֹ בִּיצִיאָתָהּ. כֵּיצַד? פֵּירוֹת הַמְחוּבָּרִים לַקַּרְקַע, בִּכְנִיסָתָהּ — שֶׁלּוֹ, וּבִיצִיאָתָהּ — שֶׁלָּהּ. וְהַתְּלוּשִׁין מִן הַקַּרְקַע, בִּכְנִיסָתָהּ — שֶׁלָּהּ, וּבִיצִיאָתָהּ — שֶׁלּוֹ.
Rabbi Shimon dit : Dans un cas où son droit est supérieur lors de son entrée dans le mariage, son droit est inférieur lors de sa sortie s’il divorce d’avec elle. À l’inverse, dans un cas où son droit est inférieur lors de son entrée, son droit est supérieur lors de sa sortie. Comment cela ? En ce qui concerne les fruits attachés au sol, si elle s’est mariée en possédant de tels fruits, lors de son entrée ils sont à lui, conformément à l’opinion des Sages, et lors de sa sortie, lorsqu’il divorce d’avec elle, ils sont à elle, car ils sont considérés comme faisant partie de ses biens. Mais dans le cas de fruits détachés du sol, lors de son entrée ils sont à elle, et si de tels fruits sont détachés avant leur divorce, lors de sa sortie ils sont à lui, car il avait déjà droit à tous les fruits de ses biens.
גְּמָ׳ פְּשִׁיטָא: אַרְעָא וּבָתֵּי — אַרְעָא. בָּתֵּי וְדִיקְלֵי — בָּתֵּי. דִּיקְלֵי וְאִילָנֵי — דִּיקְלֵי. אִילָנֵי וְגוּפְנֵי — אִילָנֵי.
GUEMARA : La Guemara fait remarquer que, dans les cas de la michna où l’on achète un terrain avec l’argent, il est évident que si l’un des époux propose d’acquérir un terrain et que l’autre propose d’acheter des maisons, ils doivent acheter un terrain, car c’est un achat plus sûr. Si la décision se fait entre des maisons et des palmiers-dattiers, ils doivent acquérir des maisons. Si la décision se fait entre des palmiers-dattiers ou d’autres types d’arbres, ils doivent acheter des palmiers-dattiers. Si la décision se fait entre des arbres ordinaires ou des vignes, ils doivent acheter des arbres. Le principe est qu’ils acquièrent ce qui dure plus longtemps et ne se détériore pas avec le temps.
אִבָּא, זַרְדְּתָא, וּפִירָא דְכַוְורֵי, אָמְרִי לַהּ פֵּירָא וְאָמְרִי לַהּ קַרְנָא. כְּלָלָא דְּמִילְּתָא: גִּזְעוֹ מַחְלִיף — פֵּירָא, אֵין גִּזְעוֹ מַחְלִיף — קַרְנָא.
Si la femme a hérité d’une forêt [abba] d’arbres d’aubépine [zeradeta], dont le produit est de qualité inférieure, ou d’un vivier à poissons, leur statut fait l’objet d’un débat : Certains disent qu’ils sont considérés comme des fruits, et certains disent qu’ils sont comme le principal, car ils ne se renouvellent pas d’eux-mêmes mais finissent par s’user. Le principe de la chose est le suivant : tout arbre ou plante dont le tronc se renouvelle et repousse après avoir été coupé est considéré comme des fruits, tandis que tout arbre ou plante dont le tronc ne se renouvelle pas est considéré comme faisant partie du principal.
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא אָמַר רַבִּי יַנַּאי, וְאָמְרִי לַהּ, אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא אָמַר רַבִּי יַנַּאי: הַגּוֹנֵב
Rabbi Zeira a dit que Rabbi Oshaya a dit que Rabbi Yannai a dit, et certains disent que Rabbi Abba a dit que Rabbi Oshaya a dit que Rabbi Yannai a dit : Celui qui vole

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