שֶׁבָּאוּ לִינָּשֵׂא — מַשִּׂיאִין אֶת הַיְּתוֹמָה וְאַחַר כָּךְ מַשִּׂיאִין אֶת הַיָּתוֹם, מִפְּנֵי שֶׁבּוֹשְׁתָּהּ שֶׁל אִשָּׁה מְרוּבָּה מִשֶּׁל אִישׁ.
qui sont venus faire appel au fonds de charité pour être mariés, les administrateurs marient d’abord la jeune fille orpheline et ensuite marient le garçon orphelin, car l’humiliation d’une femme qui n’est pas mariée est plus grande que celle d’un homme. célibataire
תָּנוּ רַבָּנַן: יָתוֹם שֶׁבָּא לִישָּׂא — שׂוֹכְרִין לוֹ בַּיִת, וּמַצִּיעִין לוֹ מִטָּה וְכׇל כְּלֵי תַשְׁמִישׁוֹ, וְאַחַר כָּךְ מַשִּׂיאִין לוֹ אִשָּׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״דֵּי מַחְסוֹרוֹ אֲשֶׁר יֶחְסַר לוֹ״. ״דֵּי מַחְסוֹרוֹ״ — זֶה הַבַּיִת, ״אֲשֶׁר יֶחְסַר״ — זֶה מִטָּה וְשֻׁלְחָן, ״לוֹ״ — זוֹ אִשָּׁה. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״אֶעֱשֶׂה לּוֹ עֵזֶר כְּנֶגְדּוֹ״.
Les Sages ont enseigné : En ce qui concerne un orphelin, un jeune homme qui est venu se marier, la communauté fait tout son possible pour pourvoir à tous ses besoins. Les œuvres de charité lui louent une maison, lui procurent un lit et tous ses ustensiles, puis lui font épouser une femme, comme il est dit : « Mais tu lui ouvriras certainement ta main, et tu lui prêteras certainement ce qui suffit à son manque, en ce qui lui manque » (Deutéronome 15:8). Quant à l’expression « ce qui suffit à son manque », cela fait référence à la maison. « En ce qui lui manque » ; cela fait référence à un lit et une table. « Pour lui [lo] » ; cela fait référence à une femme. Et de même le verset dit : « Je lui ferai [lo] une aide qui lui corresponde » (Genèse 2:18), lorsque Dieu créa une femme pour Adam.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״דֵּי מַחְסוֹרוֹ״ — אַתָּה מְצֻוֶּוה עָלָיו לְפַרְנְסוֹ, וְאִי אַתָּה מְצֻוֶּוה עָלָיו לְעַשְּׁרוֹ. ״אֲשֶׁר יֶחְסַר לוֹ״ — אֲפִילּוּ סוּס לִרְכּוֹב עָלָיו וְעֶבֶד לָרוּץ לְפָנָיו. אָמְרוּ עָלָיו עַל הִלֵּל הַזָּקֵן שֶׁלָּקַח לְעָנִי בֶּן טוֹבִים אֶחָד סוּס לִרְכּוֹב עָלָיו וְעֶבֶד לָרוּץ לְפָנָיו. פַּעַם אַחַת לֹא מָצָא עֶבֶד לָרוּץ לְפָנָיו, וְרָץ לְפָנָיו שְׁלֹשָׁה מִילִין.
Concernant cette question, les Sages ont enseigné : « Suffisant pour son manque » ; cela enseigne que tu es tenu, à l’égard du pauvre, de le soutenir, mais tu n’es pas tenu, à son égard, de le rendre riche, car l’obligation n’englobe que ce qui lui manque, comme l’indique le mot manque. Cependant, le verset dit aussi : « Ce qui lui manque » ; cela inclut même un cheval sur lequel monter et un serviteur pour courir devant lui pour préserver son rang, si nécessaire. Pour quelqu’un habitué à ces avantages, leur absence constitue un véritable manque, et non une indulgence extravagante. La Guemara rapporte : On a dit au sujet de Hillel l’Ancien qu’il procura à un pauvre de noble lignée un cheval sur lequel monter et un serviteur pour courir devant lui. Une fois, il ne trouva pas de serviteur pour courir devant lui, et Hillel lui-même courut devant lui pendant trois mil, afin d’accomplir l’injonction « ce qui lui manque ».
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּאַנְשֵׁי גָּלִיל הָעֶלְיוֹן שֶׁלָּקְחוּ לְעָנִי בֶּן טוֹבִים אֶחָד מִצִּיפּוֹרִי לִיטְרָא בָּשָׂר בְּכׇל יוֹם. לִיטְרָא בָּשָׂר מַאי רְבוּתָא? אָמַר רַב הוּנָא: לִיטְרָא בָּשָׂר מִשֶּׁל עוֹפוֹת. וְאִיבָּעֵית אֵימָא בְּלִיטְרָא, בָּשָׂר מַמָּשׁ. רַב אָשֵׁי אָמַר: הָתָם כְּפָר קָטָן הָיָה, בְּכׇל יוֹמָא הֲוָה מַפְסְדִי חֵיוְתָא אַמְּטוּלְתֵּיהּ.
Les Sages ont enseigné : Il y eut un incident concernant les habitants de la Haute Galilée, qui achetèrent pour un pauvre de noble lignée de la ville de Tzippori une litra de viande chaque jour. La Guemara demande : s’ils lui fournissaient la ration raisonnable d’une litra de viande, quelle est la nouveauté dans cet incident ? Pourquoi mérite-t-il d’être rapporté ? Rav Houna dit : C’était une litra de viande de volaille, qui est très chère. Et si tu veux, dis plutôt que pour le poids d’une litra de pièces, ils lui achetaient de la véritable viande rouge. Le prix de la viande ordinaire était si élevé qu’ils durent payer le prix exorbitant d’une litra de pièces. Rav Ashi dit qu’ils ne dépensèrent pas pour lui une litra de pièces. Au contraire, là-bas, en Galilée, c’était un petit village, et chaque jour ils perdaient un animal entier uniquement pour lui. Ils abattaient un animal chaque jour, simplement pour lui fournir de la viande fraîche, bien qu’il n’y eût autrement aucun marché pour une offre aussi abondante de viande dans le village.
הַהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי נְחֶמְיָה, אָמַר לֵיהּ: בַּמָּה אַתָּה סוֹעֵד? אֲמַר לֵיהּ בְּבָשָׂר שָׁמֵן וְיַיִן יָשָׁן. רְצוֹנְךָ שֶׁתְּגַלְגֵּל עִמִּי בַּעֲדָשִׁים? גִּלְגֵּל עִמּוֹ בַּעֲדָשִׁים וָמֵת. אָמַר: אוֹי לוֹ לְזֶה שֶׁהֲרָגוֹ נְחֶמְיָה. אַדְּרַבָּה, ״אוֹי לוֹ לִנְחֶמְיָה שֶׁהֲרָגוֹ לְזֶה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא: אִיהוּ הוּא דְּלָא אִיבְּעִי לֵיהּ לְפַנּוֹקֵי נַפְשֵׁיהּ כּוּלֵּי הַאי.
La Guemara rapporte un autre incident concernant la charité. Une certaine personne se présenta devant Rabbi Neḥemya pour demander la charité. Il lui dit : De quoi te nourris-tu normalement ? Il lui dit : Je me nourris habituellement de viande grasse et de vin vieux. Rabbi Neḥemya lui demanda : Souhaites-tu t'abaisser et prendre part avec moi à un repas de lentilles, qui est ma nourriture habituelle ? Il mangea avec lui des lentilles, et mourut, car il n'était pas habitué à cette nourriture. Rabbi Neḥemya dit : Malheur à celui-ci qui a été tué par Neḥemya. La Guemara s'interroge : Au contraire, Rabbi Neḥemya aurait dû dire : Malheur à Neḥemya qui a tué celui-ci. La Guemara répond : Plutôt, Rabbi Neḥemya voulait dire que c'était lui, le pauvre, qui n'aurait pas dû se dorloter autant. Le pauvre était responsable de sa propre mort. Son indulgence excessive l'avait rendu incapable de digérer des aliments simples comme les lentilles.
הָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אָמַר לוֹ: בַּמָּה אַתָּה סוֹעֵד? אָמַר לוֹ: בְּתַרְנְגוֹלֶת פְּטוּמָה וְיַיִן יָשָׁן. אֲמַר לֵיהּ: וְלָא חָיְישַׁתְּ לְדוּחְקָא דְּצִיבּוּרָא? אֲמַר לֵיהּ: אַטּוּ מִדִּידְהוּ קָאָכֵילְנָא? מִדְּרַחְמָנָא קָאָכֵילְנָא! דְּתָנֵינָא: ״עֵינֵי כֹל אֵלֶיךָ יְשַׂבֵּרוּ וְאַתָּה נוֹתֵן לָהֶם אֶת אׇכְלָם בְּעִתּוֹ״. ״בְּעִתָּם״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״בְּעִתּוֹ״ — מְלַמֵּד שֶׁכׇּל אֶחָד וְאֶחָד נוֹתֵן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא פַּרְנָסָתוֹ בְּעִתּוֹ.
La Guemara rapporte une autre histoire. Une certaine personne se présenta devant Rava pour demander la charité. Il lui dit : De quoi te nourris-tu normalement ? Il lui dit : D’une poule engraissée et de vin vieux. Il lui dit : Et ne craignais-tu pas d’imposer un fardeau à la communauté en attendant des aliments si opulents ? Il lui dit : Est-ce à dire que c’est de leurs fonds que je mange ? Je mange du soutien du Miséricordieux. Cela semblerait être un argument raisonnable, car nous avons déjà appris que dans le verset « Les yeux de tous espèrent en Toi, et Tu leur donnes leur nourriture en son temps » (Psaumes 145:15), l’expression : À leur temps, n’est pas énoncée ; plutôt, « en son temps ». Cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, donne à chacun et à tous sa subsistance personnellement appropriée en son temps convenable, et la communauté n’est que Son agent dans l’accomplissement de Sa volonté. Par conséquent, l’homme est justifié à maintenir son niveau de vie.
אַדְּהָכִי, אֲתַאי אֲחָתֵיהּ דְּרָבָא דְּלָא חָזְיָא לֵיהּ תְּלֵיסְרֵי שְׁנֵי, וְאַתְיָא לֵיהּ תַּרְנְגוֹלֶת פְּטוּמָה וְיַיִן יָשָׁן. אָמַר: מַאי דְּקַמָּא? אֲמַר לֵיהּ: נַעֲנֵתִי לְךָ, קוּם אֱכוֹל.
Entre-temps, pendant qu’ils parlaient, la sœur de Rava, qui ne l’avait pas vu depuis treize ans, arriva. Et en cadeau, elle lui apporta une poule engraissée et du vin vieilli. Rava se dit à lui-même : Qu’est-ce que c’est que cela qui s’est produit devant moi pour que soudain on m’apporte une nourriture que je ne mange pas habituellement ? Il comprit alors qu’il s’agissait d’une réponse providentielle à ce qu’il avait dit plus tôt à l’homme. Rava lui dit : J’ai répondu [na’aneti] à ton argument. Lève-toi et mange.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין לוֹ וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהִתְפַּרְנֵס — נוֹתְנִין לוֹ לְשׁוּם הַלְוָאָה, וְחוֹזְרִין וְנוֹתְנִין לוֹ לְשׁוּם מַתָּנָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: נוֹתְנִין לוֹ לְשׁוּם מַתָּנָה, וְחוֹזְרִין וְנוֹתְנִין לוֹ לְשׁוּם הַלְוָאָה. לְשׁוּם מַתָּנָה? הָא לָא שָׁקֵיל! אָמַר רָבָא: לִפְתּוֹחַ לוֹ לְשׁוּם מַתָּנָה.
§ Les Sages ont enseigné : Si une personne n’a pas des moyens de subsistance suffisants et ne veut pas être soutenue par des fonds de charité, les organismes de charité lui fournissent des fonds sous forme de prêt d’une manière digne, puis ils reviennent et lui donnent les fonds comme un cadeau ; telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : Ils lui donnent des fonds comme un cadeau, puis ils reviennent et lui donnent les fonds sous forme de prêt. La Guemara s’interroge sur l’avis des Sages : comment peut-on le donner comme un cadeau ? Après tout, il ne veut pas l’accepter comme un cadeau. La Guemara répond que Rava a dit : L’instruction des Sages est de commencer la discussion avec lui en offrant l’aide comme un cadeau. S’il refuse, les organismes de charité la lui donnent comme un prêt, mais la traitent comme un cadeau et s’abstiennent d’essayer de recouvrer une dette.
יֵשׁ לוֹ וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהִתְפַּרְנֵס — נוֹתְנִין לוֹ לְשׁוּם מַתָּנָה, וְחוֹזְרִין וְנִפְרָעִין מִמֶּנּוּ. חוֹזְרִין וְנִפְרָעִין הֵימֶנּוּ, תּוּ לָא שָׁקֵיל! אָמַר רַב פָּפָּא: לְאַחַר מִיתָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: יֵשׁ לוֹ וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהִתְפַּרְנֵס — אֵין נִזְקָקִין לוֹ. אֵין לוֹ וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהִתְפַּרְנֵס — אוֹמְרִים לוֹ: הָבֵא מַשְׁכּוֹן וָטוֹל, כְּדֵי שֶׁתָּזוּחַ דַּעְתּוֹ עָלָיו.
S’il a des ressources suffisantes qui lui appartiennent mais ne veut pas subvenir à ses besoins avec ses propres fonds sans l’aide de la charité, les œuvres de charité lui donnent une aide comme un cadeau, puis reviennent et recouvrent la dette auprès de lui. La Guemara demande : Comment les administrateurs du fonds peuvent-ils revenir et recouvrer auprès de lui ? Leurs efforts ne seraient-ils pas vains, puisque par la suite il n’accepterait pas leur soutien, sachant qu’il devrait quand même le payer ? Rav Pappa a dit : Les œuvres de charité ne recouvrent la dette accumulée sur sa succession qu’après sa mort. La baraita poursuit : Rabbi Shimon dit, en contestant l’opinion des Sages : S’il a des ressources suffisantes et ne veut pas être entretenu par ses propres moyens, ils ne s’occupent pas de lui, car la communauté n’est pas tenue de l’entretenir. S’il n’a pas de ressources et ne veut pas être entretenu par la charité, les œuvres de charité lui disent : Apporte une garantie et prends un prêt, afin de lui remonter le moral, avec la fausse impression qu’il ne reçoit pas l’aumône.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״הַעֲבֵט״, זֶה שֶׁאֵין לוֹ וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהִתְפַּרְנֵס, שֶׁנּוֹתְנִים לוֹ לְשׁוּם הַלְוָאָה, וְחוֹזְרִין וְנוֹתְנִין לוֹ לְשׁוּם מַתָּנָה. ״תַּעֲבִיטֶנּוּ״, זֶה שֶׁיֵּשׁ לוֹ וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהִתְפַּרְנֵס, שֶׁנּוֹתְנִין לוֹ לְשׁוּם מַתָּנָה, וְחוֹזְרִין וְנִפְרָעִין הֵימֶנּוּ לְאַחַר מִיתָה, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara cite une controverse liée aux discussions précédentes. Les Sages ont enseigné dans une baraita au sujet de la double expression dans la Torah : « Tu ouvriras ta main pour lui [ha’avet ta’avitenu] » (Deutéronome 15:8). « Ha’avet » ; cela fait référence à quelqu’un qui n’a pas de ressources et ne veut pas être soutenu par la charité. La règle est que les organismes de bienfaisance lui fournissent des fonds sous forme de prêt, puis reviennent et lui donnent ces fonds comme cadeau. « Ta’avitenu » ; cela fait référence à quelqu’un qui a des moyens et ne veut pas subvenir à ses propres besoins. La règle est que les organismes de bienfaisance fournissent de l’argent comme cadeau, puis reviennent et recouvrent sur sa succession après sa mort. Telle est la déclaration de Rabbi Yehouda.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יֵשׁ לוֹ וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהִתְפַּרְנֵס — אֵין נִזְקָקִין לוֹ. וְאֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״תַּעֲבִיטֶנּוּ״? דִּבְּרָה תוֹרָה כִלְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם.
La baraita continue : Et les Rabbins disent : S’il a de l’argent et ne veut pas subvenir à ses besoins lui-même, on ne s’occupe pas de lui. La baraita demande : Comment alors puis-je interpréter la double expression « ha’avet ta’avitenu » ? La baraita répond : La Torah a parlé dans le langage des hommes, et la forme double n’a pas de signification halakhique.
מָר עוּקְבָא הֲוָה עַנְיָא בְּשִׁיבָבוּתֵיהּ דַּהֲוָה רְגִיל כׇּל יוֹמָא דְּשָׁדֵי לֵיהּ אַרְבְּעָה זוּזֵי בְּצִינּוֹרָא דְּדַשָּׁא. (יוֹם אֶחָד) [יוֹמָא חַד] אֲמַר: אֵיזִיל אִיחְזֵי מַאן קָעָבֵיד בִּי הָהוּא טֵיבוּתָא. הָהוּא יוֹמָא נְגַהָא לֵיהּ לְמָר עוּקְבָא לְבֵי מִדְרְשָׁא, אָתְיָא דְּבֵיתְהוּ בַּהֲדֵיהּ.
La Guemara raconte un autre incident lié à la charité. Mar Ukva avait un pauvre dans son voisinage, et Mar Ukva avait l’habitude chaque jour de lui jeter quatre dinars dans la fente adjacente à la charnière de la porte. Un jour le pauvre dit : J’irai et je verrai qui me rend ce service. Ce jour-là, Mar Ukva fut retardé à la maison d’étude, et sa femme vint avec lui pour distribuer la charité.
כֵּיוָן דְּחַזְיֵוהּ דְּקָא מַצְלֵי לֵיהּ לְדַשָּׁא, נְפַק בָּתְרַיְיהוּ. רְהוּט מִקַּמֵּיהּ, עָיְילִי לְהָהוּא אַתּוּנָא דַּהֲוָה גְּרִופָה נוּרָא, הֲוָה קָא מִיקַּלְיָין כַּרְעֵיהּ דְּמָר עוּקְבָא. אֲמַרָה לֵיהּ דְּבֵיתְהוּ: שְׁקוֹל כַּרְעָיךְ אוֹתֵיב אַכַּרְעַאי. חֲלַשׁ דַּעְתֵּיהּ, אֲמַרָה לֵיהּ: אֲנָא שְׁכִיחָנָא בְּגַוֵּיהּ דְּבֵיתָא וּמְקָרְבָא אַהֲנָיָיתִי.
Lorsque les gens dans la maison du pauvre virent que quelqu’un était en train de tourner la porte, le pauvre sortit à leur poursuite pour voir qui c’était. Mar Ukva et sa femme s’enfuirent devant lui afin qu’il ne découvre pas leur identité, et ils entrèrent dans une certaine fournaise dont le feu avait déjà été râtissé et tempéré, mais brûlait encore. Les jambes de Mar Ukva étaient en train d’être brûlées, et sa femme lui dit : Lève tes jambes et pose-les sur mes jambes, qui ne sont pas brûlées. Comprenant que seule sa femme avait été épargnée des brûlures, parce qu’elle était plus digne, Mar Ukva fut bouleversé. À titre d’explication, elle lui dit : Je suis normalement à l’intérieur de la maison, et lorsque je donne la charité, mon aide est prête et immédiate, dans la mesure où je distribue de véritables aliments. Puisque tu distribues de l’argent, qui n’est pas aussi immédiatement utile, mon aide est plus grande que la tienne.
וּמַאי כּוּלֵּי הַאי? דְּאָמַר מָר זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב הוּנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא, וְאָמְרִי לָהּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: נוֹחַ לוֹ לָאָדָם שֶׁיִּמְסוֹר עַצְמוֹ לְתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ, וְאַל יַלְבִּין פְּנֵי חֲבֵרוֹ בָּרַבִּים. מְנָא לַן — מִתָּמָר, דִּכְתִיב: ״הִיא מוּצֵאת״.
La Guemara demande : Et qu’est-ce que tout cela ? Pourquoi sont-ils allés à de tels extrêmes pour éviter d’être découverts ? La Guemara répond : C’est comme l’a dit Mar Zutra bar Toviya, à savoir que Rav a dit, et certains disent que Rav Huna bar Bizna a dit que Rabbi Shimon Ḥasida a dit, et certains disent que Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Il est préférable pour une personne de se jeter dans une fournaise ardente afin de ne pas blanchir le visage de, c’est-à-dire humilier, son ami en public. D’où l’apprenons-nous ? De la conduite de Tamar, comme il est écrit : « Et Juda dit : Faites-la sortir, et qu’elle soit brûlée. Lorsqu’elle fut amenée dehors, elle envoya à son beau-père, en disant : C’est de l’homme à qui appartiennent ces choses que je suis enceinte » (Genèse 38:24–25). Bien que Tamar fût emmenée pour être exécutée par le feu, elle s’adressa à Juda en privé et directement, plutôt que de l’identifier publiquement comme le père de ses enfants à naître et de lui causer de la honte.
מָר עוּקְבָא הֲוָה עַנְיָא בְּשִׁיבָבוּתֵיהּ דַּהֲוָה רְגִיל לְשַׁדּוֹרֵי לֵיהּ אַרְבַּע מְאָה זוּזֵי כׇּל מַעֲלֵי יוֹמָא דְּכִיפּוּרָא. יוֹמָא חַד שַׁדְּרִינְהוּ נִיהֲלֵיהּ בְּיַד בְּרֵיהּ. אֲתָא אֲמַר לֵיהּ: לָא צְרִיךְ. אָמַר מַאי חֲזֵית? חֲזַאי דְּקָא מְזַלְּפִי לֵיהּ יַיִן יָשָׁן. אָמַר: מְפַנַּק כּוּלֵּי הַאי! עַיְיפִינְהוּ וְשַׁדְּרִינְהוּ נִיהֲלֵיהּ.
La Guemara rapporte un autre incident concernant Mar Ukva. Mar Ukva avait un autre pauvre dans son voisinage, et Mar Ukva avait l’habitude de lui envoyer quatre cents dinars chaque année à la veille de Yom Kippour. Un jour, il envoya l’argent par l’intermédiaire de son fils. Le fils revint et lui dit : Le pauvre n’a pas besoin de la charité. Mar Ukva dit : Qu’as-tu vu qui t’a poussé à dire cela ? Il lui dit : Je les ai vus verser du vieux vin sur le sol pour lui, afin de donner à la pièce une odeur agréable. Mar Ukva dit : S’il est choyé à ce point et a besoin même de ce luxe, alors il a besoin d’encore plus d’argent. Il doubla les fonds et les lui envoya.
כִּי קָא נִיחָא נַפְשֵׁיהּ, אֲמַר: אַיְיתוֹ לִי חוּשְׁבְּנַאי דִּצְדָקָה. אַשְׁכַּח דַּהֲוָה כְּתִיב בֵּיהּ שִׁבְעַת אַלְפֵי דִּינָרֵי סְיָאנְקֵי. אֲמַר: זַוְודַאי קַלִּילֵי וְאוֹרְחָא רַחִיקְתָּא. קָם בַּזְבְּזֵיהּ לְפַלְגֵיהּ מָמוֹנֵיהּ. הֵיכִי עֲבַד הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי אִילְעַאי, בְּאוּשָׁא הִתְקִינוּ: הַמְבַזְבֵּז — אַל יְבַזְבֵּז יוֹתֵר מֵחוֹמֶשׁ! הָנֵי מִילֵּי מֵחַיִּים, שֶׁמָּא יֵרֵד מִנְּכָסָיו. אֲבָל לְאַחַר מִיתָה לֵית לַן בַּהּ.
Lorsque Mar Ukva était en train de mourir, il dit : Apportez-moi mes registres de charité. Il constata qu’il y était écrit qu’il avait donné sept mille beaux siankei, c’est-à-dire des dinars d’or, à la charité. Il dit : Mes provisions sont légères, et le chemin est long. Cette maigre somme est insuffisante pour que je mérite le Monde à venir. Il se leva et dépensa la moitié de son argent restant en charité. La Guemara demande : Comment a-t-il pu faire cela ? Mais Rabbi Ilai n’a-t-il pas dit : À Usha, ils ont institué : Celui qui dépense de l’argent en charité ne doit pas dépenser plus d’un cinquième de son argent à cette fin. La Guemara répond : Cette restriction concernant un excès de charité s’applique seulement de son vivant, car peut-être perdra-t-il ses biens et deviendra indigent. Par conséquent, pour sa propre sécurité financière, il ne devrait jamais distribuer plus d’un cinquième. Mais après la mort, nous n’avons pas de problème avec cela. Il n’est plus nécessaire de conserver de l’argent dans sa succession.
רַבִּי אַבָּא הֲוָה צָיַיר זוּזֵי בְּסוּדָרֵיהּ, וְשָׁדֵי לֵיהּ לַאֲחוֹרֵיהּ, וּמַמְצֵי נַפְשֵׁיהּ לְבֵי עַנְיֵי, וּמַצְלֵי עֵינֵיהּ מֵרַמָּאֵי.
La Guemara raconte d’autres histoires liées à la charité. Rabbi Abba enveloppait des pièces dans son écharpe et jetait l’argent derrière lui, par-dessus son épaule. Et il se plaçait près des maisons des pauvres sans être vu, afin que les pauvres puissent recevoir l’aide sans être embarrassés. Et il baissait les yeux juste assez pour pouvoir protéger les dons des escrocs qui pourraient prendre l’argent malhonnêtement.
רַבִּי חֲנִינָא הֲוָה הָהוּא עַנְיָא דַּהֲוָה רְגִיל לְשַׁדּוֹרֵי לֵיהּ אַרְבְּעָה זוּזֵי כׇּל מַעֲלֵי שַׁבְּתָא. יוֹמָא חַד שַׁדְּרִינְהוּ נִיהֲלֵיהּ בְּיַד דְּבֵיתְהוּ, אֲתַאי אֲמַרָה לֵיהּ: לָא צְרִיךְ. מַאי חֲזֵית? שְׁמַעִי דַּהֲוֹה קָאָמְרִי לֵיהּ: בַּמָּה אַתָּה סוֹעֵד,
Rabbi Ḥanina connaissait un certain pauvre et avait l’habitude de lui envoyer quatre dinars à chaque veille de Chabbat. Un jour, il les envoya par la main de sa femme. Elle revint à la maison et lui dit : Cet homme n’a pas besoin de charité. Rabbi Ḥanina lui demanda : Qu’as-tu vu qui t’a poussée à dire cela ? Elle lui dit : Je les ai entendus lui dire dans la maison : Avec quoi d’ordinaire dînes-tu :