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מַאי ״שָׁקְדוּ״? דְּתַנְיָא: מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ בְּתוּלָה נִשֵּׂאת לַיּוֹם הָרְבִיעִי? שֶׁאִם הָיָה לוֹ טַעֲנַת בְּתוּלִים, הָיָה מַשְׁכִּים לְבֵית דִּין. וְתִנָּשֵׂא בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת, וְאִם הָיָה לוֹ טַעֲנַת בְּתוּלִים הָיָה מַשְׁכִּים לְבֵית דִּין! שָׁקְדוּ חֲכָמִים עַל תַּקָּנַת בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל, שֶׁיְּהֵא אָדָם טוֹרֵחַ בַּסְּעוּדָה שְׁלֹשָׁה יָמִים: אֶחָד בַּשַּׁבָּת וְשֵׁנִי בְּשַׁבָּת וּשְׁלִישִׁי בַּשַּׁבָּת, וּבָרְבִיעִי כּוֹנְסָהּ.
La Guemara demande : Quel est le sens de : Les Sages étaient assidus ? Comme il est enseigné dans une baraita : Pour quelle raison les Sages dans la michna ont-ils dit qu’une vierge se marie le mercredi ? C’est afin que, si le mari avait une réclamation concernant la virginité de la mariée, il se rende tôt le lendemain au tribunal et présente sa réclamation. La baraita poursuit : Mais si telle est la raison, qu’elle se marie le dimanche, puisque là aussi, si le mari avait une réclamation concernant la virginité de la mariée, il se rendrait tôt le lendemain au tribunal et présenterait sa réclamation. La Guemara répond : Les Sages étaient assidus à veiller au bien-être des femmes juives et ont préféré le mercredi, afin que le mari se donne de la peine à préparer le festin de mariage pendant trois jours, dimanche, lundi et mardi, et le mercredi, il l’épouse.
וּמִסַּכָּנָה וְאֵילָךְ נָהֲגוּ הָעָם לִכְנוֹס בַּשְּׁלִישִׁי, וְלֹא מִיחוּ בְּיָדָם חֲכָמִים. וּבַשֵּׁנִי לֹא יִכְנוֹס. וְאִם מֵחֲמַת הָאוֹנֶס — מוּתָּר. וּמַפְרִישִׁין אֶת הֶחָתָן מִן הַכַּלָּה לֵילֵי שַׁבָּת תְּחִלָּה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא עוֹשֶׂה חַבּוּרָה.
La baraita continue : Et à partir du temps de danger et par la suite, le peuple adopta aussi la coutume de se marier le mardi, et les Sages ne les réprimandèrent pas. Et le lundi, on ne peut pas se marier même en temps de danger. Cependant, si c’est en raison de la contrainte, cela est permis. La baraita conclut : On isole le marié de la mariée vierge, afin qu’il n’ait pas de rapports avec elle pour la première fois le soir de Shabbat, parce qu’en rompant l’hymen il inflige une blessure, ce qui constitue un travail interdit pendant Shabbat.
מַאי סַכָּנָה? אִילֵּימָא דְּאָמְרִי בְּתוּלָה הַנִּשֵּׂאת לַיּוֹם הָרְבִיעִי תֵּיהָרֵג — נָהֲגוּ?! לִגְמָרֵי נִיעְקְרֵיהּ!
La Guemara développe : Quel est le danger mentionné dans la baraita ? Si l’on dit qu’il s’agit d’une situation où le gouvernement a dit qu’une vierge qui se marie le mercredi sera exécutée, la réponse serait-elle simplement qu’ils ont adopté la coutume de se marier le mardi ? Qu’ils abolissent totalement l’ordonnance de se marier le mercredi face à un danger mortel.
אָמַר רַבָּה, דְּאָמְרִי: בְּתוּלָה הַנִּשֵּׂאת בְּיוֹם הָרְבִיעִי תִּיבָּעֵל לַהֶגְמוֹן תְּחִלָּה. הַאי סַכָּנָה? אוֹנֶס הוּא! מִשּׁוּם דְּאִיכָּא צְנוּעוֹת דְּמָסְרָן נַפְשַׁיְיהוּ לִקְטָלָא, וְאָתְיָין לִידֵי סַכָּנָה.
Rabba a dit : La baraita fait référence à une période où le gouvernement a dit qu’une vierge qui se marie le mercredi se soumettra d’abord à des rapports avec le préfet [hegmon]. La Guemara remet en question la formulation de la baraita : Est-ce que cela est considéré comme un danger ? C’est de la contrainte. La Guemara répond : Il y a aussi un danger en jeu, car il y a des femmes vertueuses qui donnent leur vie plutôt que de se laisser violer, et elles en viendront à un danger mortel.
וְלִידְרוֹשׁ לְהוּ דְּאוֹנֶס שְׁרֵי? אִיכָּא פְּרוּצוֹת, וְאִיכָּא נָמֵי כֹּהֲנוֹת.
La Guemara demande : Et si c’est le cas, que les Sages instruisent ces femmes que, dans les cas de contrainte, il est permis de se soumettre à la violation plutôt que de sacrifier leur vie, et elles ne seront pas interdites à leurs maris. La Guemara répond : Les Sages ne peuvent pas donner une telle instruction, car il y a des femmes licencieuses qui exploiteraient la situation pour avoir des rapports volontairement, se rendant ainsi interdites à leurs maris. Et, de plus, il y a aussi des femmes mariées à des prêtres, qui deviennent interdites à leurs maris même si elles sont violées.
וְלִיעְקְרֵיהּ! שְׁמָדָא עֲבִידָא דְּבָטְלָא, וְתַקַּנְתָּא דְרַבָּנַן מִקַּמֵּי שְׁמָדָא לָא עָקְרִינַן. אִי הָכִי, בַּשְּׁלִישִׁי נָמֵי אָתֵי וּבָעֵיל! מִסְּפֵיקָא לָא עָקַר נַפְשֵׁיהּ.
La Guemara demande : Que les Sages abolissent complètement l’ordonnance de se marier le mercredi et fixent le mariage à un autre jour. La Guemara répond : Un décret de persécution religieuse [shemada] est susceptible d’être abrogé, et nous n’abolissons pas une ordonnance rabbinique face à un décret de persécution religieuse. Au contraire, une décision indulgente est rendue, leur enjoignant de ne pas suivre l’ordonnance tant que le décret de persécution est en vigueur. La Guemara demande : Si tel est le cas, qu’accomplit-on en déplaçant le mariage au mardi ? Le préfet viendra aussi le mardi, pour les violer. La Guemara répond : La date du mariage n’est pas fixe et, dans une situation d’incertitude, le préfet ne se dérangera pas pour violer la mariée.
וּבַשֵּׁנִי לֹא יִכְנוֹס, וְאִם מֵחֲמַת הָאוֹנֶס — מוּתָּר. מַאי אוֹנֶס? אִילֵּימָא הָא דַּאֲמַרַן, הָתָם קָרֵי לֵיהּ ״סַכָּנָה״, וְהָכָא קָא קָרֵי לֵיהּ ״אוֹנֶס״?! וְתוּ: הָתָם נָהֲגוּ, הָכָא מוּתָּר?
La baraita continue : Et le lundi, on ne peut pas se marier même en temps de danger. Cependant, si c’est en raison de la coercition, c’est permis. La Guemara demande : Qu’est-ce que la coercition mentionnée dans la baraita ? Si nous disons qu’il s’agit de ce que nous avons mentionné au sujet du décret de prima nocta, cela est difficile, car là-bas le tanna appelle cela un danger, et ici il appelle cela une coercition. En outre, là-bas il est dit qu’ils adoptèrent la coutume de se marier le mardi ; ici il est dit que cela est permis.
אָמַר רָבָא, דְּאָמְרִי: שַׂר צָבָא בָּא לָעִיר. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּאָתֵי וְחָלֵיף — לִיעַכַּב! לָא צְרִיכָא, דְּאָתֵי וְקָבַע. בַּשְּׁלִישִׁי מִיהָא לִכְנוֹס? אִסְפַּרְווֹא דִידֵיהּ בִּשְׁלִישִׁי קָאָתוּ.
Rava a dit : La contrainte se rapporte à un cas où ils ont dit : Un général et son armée arrivent en ville le mercredi, et l’on craint que les troupes ne s’approprient les provisions destinées au festin. Quelles sont les circonstances ? Si c’est une situation le général vient et passe simplement, qu’ils reportent le mariage à la semaine suivante. Au contraire, il est nécessaire d’enseigner la halakha au sujet du général uniquement dans un cas où il vient et s’établit là-bas. La Guemara demande : En tout état de cause, qu’on se marie le mardi. Pourquoi la baraita permet-elle de se marier le lundi ? La Guemara répond : Il était nécessaire d’avancer le mariage au lundi parce que son entourage [asperava] arrive le mardi.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מַאי ״מֵחֲמַת הָאוֹנֶס״ — כִּדְתַנְיָא: הֲרֵי שֶׁהָיָה פִּתּוֹ אָפוּי, וְטִבְחוֹ טָבוּחַ, וְיֵינוֹ מָזוּג, וּמֵת אָבִיו שֶׁל חָתָן אוֹ אִמָּהּ שֶׁל כַּלָּה — מַכְנִיסִין אֶת הַמֵּת לַחֶדֶר, וְאֶת הֶחָתָן וְאֶת הַכַּלָּה לַחוּפָּה,
Et si tu le souhaites, dis plutôt : Quel est le sens de : En raison de la contrainte ? C’est comme il est enseigné dans une baraita : Si le pain de quelqu’un a été cuit, et son animal abattu, et son vin coupé d’eau, et que tous les préparatifs du festin de mariage étaient achevés, et que le père du marié ou la mère de la mariée est mort avant le mariage, alors, avant d’enterrer le défunt, ce qui déclencherait le début du deuil, on déplace le corps dans une pièce, et la mariée et le marié sont conduits sous la houppa et ils se marient.

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