וְאַסְּקִינֵּיהּ. וַאֲתוֹ בֵּי תְרֵי וְאָמְרִי: בֶּן גְּרוּשָׁה וּבֶן חֲלוּצָה הוּא, וְאַחֲתִינֵּיהּ. וַאֲתָא עֵד אֶחָד וְאָמַר: יָדַעְנָא בֵּיהּ דְּכֹהֵן הוּא. וּדְכוּלֵּי עָלְמָא מִצְטָרְפִין לְעֵדוּת.
et par conséquent, nous l’avons rétabli dans la prêtrise, car un seul témoin suffit à réfuter la rumeur. Et ensuite deux témoins sont venus et ont dit : Il est le fils d’une femme divorcée ou le fils d’une ḥalutza, et alors nous l’avons rétrogradé de la prêtrise, car deux témoins ont annulé le témoignage d’un seul témoin. Puis un témoin est venu et a dit : Je sais qu’il est un prêtre de lignée irréprochable. Et tout le monde s’accorde à dire que les deux témoins isolés se joignent et constituent deux témoins pour le but du témoignage qu’il est un prêtre de lignée irréprochable, et fondamentalement son statut présumé de prêtrise doit être rétabli.
וְהָכָא בְּמֵיחַשׁ לְזִילוּתָא דְבֵי דִינָא קָמִיפַּלְגִי. תַּנָּא קַמָּא סָבַר: כֵּיוָן דְּאַחֲתִינֵּיהּ, לָא מַסְּקִינַן לֵיהּ, חָיְישִׁינַן לְזִילוּתָא דְּבֵי דִינָא. וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: אֲנַן אַחֲתִינַן לֵיהּ וַאֲנַן מַסְּקִינַן לֵיהּ, וּלְזִילוּתָא דְּבֵי דִינָא לָא חָיְישִׁינַן.
Et ici c’est au sujet de la préoccupation que cela conduise au mépris pour le tribunal qu’ils sont en désaccord. Le premier tanna, Rabbi Eliezer, soutient : Une fois que nous l’avons rétrogradé de la prêtrise, nous ne l’élevons pas ensuite. Nous craignons que cela conduise au mépris pour le tribunal, car le revirement des décisions du tribunal donne l’impression que le tribunal ne sait pas ce qu’il fait. Et Rabban Shimon ben Gamliel soutient : Nous le rétrogradons de la prêtrise puis nous l’élevons, et quant à la possibilité que cela conduise au mépris pour le tribunal, nous ne nous en soucions pas. La préoccupation principale est que l’affaire soit tranchée sur la base des témoignages pertinents.
מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: אִי הָכִי, אֲפִילּוּ תְּרֵי וּתְרֵי נָמֵי!
Rav Ashi objecte avec force : Si tel est le cas, s’ils sont en désaccord au sujet du mépris envers le tribunal, pourquoi est-il nécessaire d’établir le différend dans un cas où les témoins qui ont attesté qu’il est un prêtre de lignée sans défaut sont venus individuellement ? Si tel est le cas, alors même si deux témoins attestent ensemble qu’il est inapte à la prêtrise, et que le tribunal l’a rétrogradé, et deux témoins attestent ensemble qu’il est apte à la prêtrise, et que le tribunal l’a élevé, les tanna’im seraient aussi en désaccord, puisque la même préoccupation de mépris envers le tribunal s’applique.
אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: בְּמִצְטָרְפִין לְעֵדוּת קָמִיפַּלְגִי, וּבִפְלוּגְתָּא דְּהָנֵי תַנָּאֵי. דְּתַנְיָא: אֵין עֵדוּתָן מִצְטָרֶפֶת עַד שֶׁיִּרְאוּ שְׁנֵיהֶם כְּאֶחָד. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ בָּזֶה אַחַר זֶה. וְאֵין עֵדוּתָן מִתְקַיֶּימֶת בְּבֵית דִּין עַד שֶׁיָּעִידוּ שְׁנֵיהֶם כְּאֶחָד.
Au contraire, Rav Ashi a dit : C’est au sujet de la question de savoir si deux témoins individuels s’associent et constituent deux témoins aux fins de témoignage qu’ils sont en désaccord, et c’est dans le différend entre ces tanna’im qu’ils divergent, comme il est enseigné dans une baraita : Le témoignage de témoins individuels se combine en témoignage de deux témoins seulement si tous deux ont vu l’incident se produire ensemble, comme un seul. Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : Leur témoignage se combine même dans un cas où ce témoin a vu l’incident après que cet autre témoin l’a vu ; cependant, le témoignage des témoins n’est validé au tribunal que si tous deux témoignent ensemble comme un seul.
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: שׁוֹמְעִין דְּבָרָיו שֶׁל זֶה הַיּוֹם, וּכְשֶׁיָּבֹא חֲבֵירוֹ לְמָחָר שׁוֹמְעִין דְּבָרָיו.
Rabbi Natan dit : Ils n’ont même pas besoin de témoigner ensemble, mais même si le tribunal entend la déposition de ce témoin aujourd’hui, et lorsque son compagnon témoin vient demain le tribunal entend sa déposition, leurs témoignages se joignent. Rabbi Eliezer est d’accord avec l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa, et par conséquent le témoignage du second témoin ne peut pas être joint à celui du premier témoin, et la personne reste un ḥalal. Rabban Shimon ben Gamliel soutient que le témoignage des deux témoins selon lequel il est un prêtre de lignée sans défaut se joint, et son statut présumé de prêtrise est rétabli, puisqu’il a déjà été établi que son père est prêtre.
מַתְנִי׳ הָאִשָּׁה שֶׁנֶּחְבְּשָׁה בִּידֵי גוֹיִם, עַל יְדֵי מָמוֹן — מוּתֶּרֶת לְבַעְלָהּ. עַל יְדֵי נְפָשׁוֹת — אֲסוּרָה לְבַעְלָהּ.
MICHNA : Dans le cas d’une femme emprisonnée par des gentils en raison d’une infraction pécuniaire commise par son mari, une fois libérée après qu’il a payé sa dette, elle est permise à son mari, même s’il est prêtre. Il n’y a pas lieu de craindre qu’ils aient abusé d’elle, car leur objectif est de contraindre le mari à payer sa dette en échange de sa libération. S’ils la maltraitaient, il est possible qu’il ne soit pas disposé à payer. Cependant, si une femme a été emprisonnée pour une infraction capitale et condamnée à mort, une fois libérée elle est interdite à son mari même s’il n’est pas prêtre, en raison de la crainte que peut-être ses ravisseurs aient abusé d’elle, et qu’elle ait consenti à l’un d’eux.
גְּמָ׳ אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁיַּד יִשְׂרָאֵל תַּקִּיפָה עַל אוּמּוֹת הָעוֹלָם, אֲבָל יַד אוּמּוֹת הָעוֹלָם תַּקִּיפָה עַל עַצְמָן, אֲפִילּוּ עַל יְדֵי מָמוֹן — אֲסוּרָה לְבַעְלָהּ.
GUEMARA :Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak a dit que Rav a dit : Ils ont enseigné cette michna seulement dans un cas où l’autorité du peuple juif domine les nations du monde, et les gentils sont des citoyens respectueux de la loi. Cependant, lorsque l’autorité des nations du monde domine sur elles-mêmes, un euphémisme pour désigner la domination sur le peuple juif, même une femme qui a été emprisonnée pour une infraction pécuniaire est interdite à son mari, car rien n’empêche ses geôliers de la violer.
מֵתִיב רָבָא: הֵעִיד רַבִּי יוֹסֵי הַכֹּהֵן וְרַבִּי זְכַרְיָה בֶּן הַקַּצָּב עַל בַּת יִשְׂרָאֵל שֶׁהוּרְהֲנָה בְּאַשְׁקְלוֹן, וְרִיחֲקוּהָ בְּנֵי מִשְׁפַּחְתָּהּ, וְעֵדֶיהָ מְעִידִים אוֹתָהּ שֶׁלֹּא נִסְתְּרָה וְשֶׁלֹּא נִטְמָאָה. וְאָמְרוּ לָהֶם חֲכָמִים: אִם אַתֶּם מַאֲמִינִים שֶׁהוּרְהֲנָה — הַאֲמִינוּ שֶׁלֹּא נִסְתְּרָה וְשֶׁלֹּא נִטְמָאָה, וְאִם אִי אַתֶּם מַאֲמִינִים שֶׁלֹּא נִסְתְּרָה וְשֶׁלֹּא נִטְמָאָה — אַל תַּאֲמִינוּ שֶׁהוּרְהֲנָה.
Rava souleva une objection à partir d’une michna (Eduyyot 8:2) : Rabbi Yossei le prêtre et Rabbi Zekharya ben HaKatzav ont témoigné au sujet d’une femme juive au sujet de laquelle des témoins ont attesté qu’elle avait été prise en gage pour une dette à Ashkelon. Et les membres de sa famille, qui soupçonnaient qu’elle y avait eu des rapports, se sont éloignés d’elle, mais ses témoins ont attesté à son sujet qu’elle ne s’était ni isolée ni n’avait été violée. Et les Sages dirent aux membres de la famille : Si vous jugez les témoins dignes de foi pour attester qu’elle avait été prise en gage, jugez les témoins dignes de foi pour attester qu’elle ne s’était ni isolée ni n’avait été violée. Et si vous ne jugez pas les témoins dignes de foi pour attester qu’elle ne s’était ni isolée ni n’avait été violée, ne jugez pas les témoins dignes de foi pour attester qu’elle avait été prise en gage du tout. Dans tous les cas, elle est permise à son mari.
וְהָא אַשְׁקְלוֹן, דְּיַד אוּמּוֹת הָעוֹלָם תַּקִּיפָה עַל עַצְמָן, וְקָתָנֵי:
Rava demande : Mais cela a eu lieu à Ashkelon, qui est un endroit où l’autorité des nations du monde prédomine sur eux-mêmes, car c’était une ville de gentils, et il est enseigné :