וְאִי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא, אֲפִילּוּ עַצְמוֹ. כִּי הָא דְּרַב אָשֵׁי הֲוָה יְדִיעַ לֵיהּ בְּסָהֲדוּתָא לְרַב כָּהֲנָא. אֲמַר לֵיהּ: מִי דְּכִיר מָר הַאי סָהֲדוּתָא? אֲמַר לֵיהּ: לָא. וְלָאו הָכִי וְהָכִי הֲוָה? אֲמַר לֵיהּ: לָא יָדַעְנָא, לְסוֹף אִידְּכַר רַב אָשֵׁי, אַסְהֵיד לֵיהּ. חַזְיֵיהּ לְרַב כָּהֲנָא דַּהֲוָה מְחַסֵּם. אֲמַר לֵיהּ: מִי סָבְרַתְּ עֲלָךְ קָא סְמִיכְנָא? אֲנָא הוּא דִּרְמַאי אַנַּפְשַׁאי וְאִדַּכְרִי.
Et si le témoin est un érudit de la Torah, alors même si le plaideur lui-même a rafraîchi la mémoire du témoin, le témoin peut témoigner. Un érudit de la Torah ne témoignerait pas s’il ne se souvenait pas réellement lui-même du témoignage, comme dans cette affaire concernant Rav Ashi, qui connaissait un témoignage relatif à Rav Kahana. Rav Kahana dit à Rav Ashi : Le Maître se souvient-il de ce témoignage ? Rav Ashi lui dit : Non. Rav Kahana lui dit : L’incident ne s’est-il pas produit de telle et telle manière ? Rav Ashi lui dit : Je ne sais pas. Finalement, Rav Ashi se souvint du témoignage et témoigna pour Rav Kahana. Il vit que Rav Kahana hésitait [meḥassem] à accepter son témoignage, craignant d’avoir influencé le contenu du témoignage de Rav Ashi. Rav Ashi lui dit : Penses-tu que je m’appuie sur toi ? J’ai fait un effort, et je me suis souvenu de l’incident.
תְּנַן הָתָם: הַתְּלוּלִיּוֹת הַקְּרוֹבוֹת בֵּין לָעִיר וּבֵין לַדֶּרֶךְ, אֶחָד חֲדָשׁוֹת וְאֶחָד יְשָׁנוֹת — טְמֵאוֹת. הָרְחוֹקוֹת, חֲדָשׁוֹת — טְהוֹרוֹת, יְשָׁנוֹת — טְמֵאוֹת. אֵיזוֹהִי קְרוֹבָה — חֲמִשִּׁים אַמָּה, וְאֵיזוֹ הִיא יְשָׁנָה — שִׁשִּׁים שָׁנָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: קְרוֹבָה — שֶׁאֵין קְרוֹבָה הֵימֶנָּה, יְשָׁנָה — שֶׁאֵין אָדָם זוֹכְרָהּ.
§ À propos du rappel d’un témoignage, la Guemara ajoute que nous avons appris là-bas dans une michna (Oholot 16:2) : Des monticules de terre qui sont proches soit d’une ville soit d’un chemin, que ces monticules soient nouveaux ou qu’ils soient anciens, sont rituellement impurs en raison de la crainte qu’un cadavre y soit enterré. En ce qui concerne les monticules éloignés de la ville : s’ils sont nouveaux, ils sont rituellement purs, car, s’il y avait un cadavre enterré là, quelqu’un s’en souviendrait, et s’ils sont anciens, ils sont impurs. La michna précise : Qu’est-ce qu’un monticule qui est proche ? C’est un monticule situé à une distance allant jusqu’à cinquante coudées. Et qu’est-ce qu’un monticule qui est ancien ? C’est un monticule qui était là depuis plus de soixante ans ; telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda dit : Un monticule qui est proche est celui pour lequel il n’y a pas de monticule plus proche que lui. Ancien désigne un monticule dont personne ne se souvient. Selon Rabbi Yehouda, les paramètres ne sont pas quantifiables.
מַאי ״עִיר״ וּמַאי ״דֶּרֶךְ״? אִילֵימָא ״עִיר״ — עִיר מַמָּשׁ, ״דֶּרֶךְ״ — דֶּרֶךְ מַמָּשׁ, מִסְּפֵיקָא מִי מַחְזְקִינַן טוּמְאָה? וְהָאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: עִילָּה מָצְאוּ וְטִהֲרוּ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. אָמַר רַבִּי זֵירָא: ״עִיר״ — עִיר הַסְּמוּכָה לְבֵית הַקְּבָרוֹת, וְ״דֶרֶךְ״ — דֶּרֶךְ בֵּית הַקְּבָרוֹת.
La Guemara demande : Qu’est-ce qu’une ville et qu’est-ce qu’un chemin dans ce contexte ? Si tu dis que ville signifie une ville réelle et qu’un chemin est un chemin réel, et que la michna parle de n’importe quelle ville ou de n’importe quel chemin, la question se pose : Présume-t-on l’existence d’une impureté rituelle en Eretz Yisrael ? Mais Reish Lakish n’a-t-il pas dit, en expliquant comment les Sages, sur la base d’une preuve mince, ont déclaré une zone en Eretz Yisrael rituellement pure lorsqu’un doute surgissait quant à sa pureté : Ils ont trouvé un prétexte et ont déclaré Eretz Yisrael rituellement pure. Apparemment, on ne présume pas l’impureté rituelle en Eretz Yisrael. Pourquoi, alors, la michna déclare-t-elle que tout monticule de terre près d’une ville ou d’un chemin est impur ? Rabbi Zeira a dit : Le mot ville dans la michna fait référence à une ville adjacente au cimetière, et le mot chemin fait référence au chemin menant au cimetière. Par conséquent, la crainte qu’un cadavre puisse être enterré dans le monticule est raisonnable.
בִּשְׁלָמָא דֶּרֶךְ בֵּית הַקְּבָרוֹת, דְּזִמְנִין דְּמִתְרְמֵי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וּמִקְּרוּ קָבְרוּ בְּתֵל. אֶלָּא עִיר הַסְּמוּכָה לְבֵית הַקְּבָרוֹת, כּוּלְּהִי לְבֵית הַקְּבָרוֹת אָזְלִי?
La Guemara demande : Soit, en ce qui concerne un tertre situé à côté du chemin menant au cimetière, on craint qu’un cadavre soit enterré dans le tertre, car il arrive parfois que l’on aille enterrer le cadavre la veille de Chabbat au crépuscule, et, afin d’éviter de profaner Chabbat, il est arrivé qu’on enterre le cadavre dans un tertre sur le chemin. Cependant, en ce qui concerne une ville adjacente au cimetière, tout le monde va au cimetière pour enterrer ses morts. Pourquoi quelqu’un enterrerait-il un cadavre dans un tertre adjacent à la ville ?
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מִתּוֹךְ שֶׁהַנָּשִׁים קוֹבְרוֹת שָׁם נִפְלֵיהֶן, וּמוּכֵּי שְׁחִין זְרוֹעוֹתֵיהֶם — עַד חֲמִשִּׁים אַמָּה אָזְלָא אִיהִי לְחוּדַּהּ. טְפֵי — דָּבְרָא אִינִישׁ בַּהֲדַהּ, וּלְבֵית הַקְּבָרוֹת אָזְלָא. הִלְכָּךְ, טוּמְאָה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לָא מַחְזְקִינַן.
Rabbi Ḥanina a dit : Les tertres pourraient être impurs, car les femmes enterrent leurs mort-nés à proximité de la ville, puisqu’il n’y a pas de funérailles dans ce cas, et parce que ceux atteints de furoncles enterrent leurs bras qui se sont flétris et sont tombés de leur corps. Jusqu’à une distance de cinquante coudées de la ville, la femme va seule et enterre le mort-né dans un tertre. Au-delà de cette distance, elle emmène quelqu’un avec elle, car elle craint d’y aller seule, et elle va au cimetière. Par conséquent, nous ne présumons pas l’existence d’une impureté rituelle en Eretz Yisrael. Le cas des tertres est une exception, car il y a des raisons de les considérer comme impurs.
אָמַר רַב חִסְדָּא: שְׁמַע מִינַּהּ מֵרַבִּי מֵאִיר, הַאי סָהֲדוּתָא עַד שִׁיתִּין שְׁנִין — מִידְּכַר, טְפֵי — לָא מִידְּכַר. וְלָא הִיא, הָתָם הוּא דְּלָא רַמְיָא עֲלֵיהּ. אֲבָל הָכָא, כֵּיוָן דְּרָמֵי עֲלֵיהּ, אֲפִילּוּ טוּבָא נָמֵי.
Rav Ḥisda a dit : Conclus de la déclaration de Rabbi Meir, qui a fixé une limite de temps au-delà de laquelle un tertre est considéré comme un ancien tertre, qu’en matière de témoignage, jusqu’à soixante ans cela est retenu en mémoire, et si plus de soixante ans se sont écoulés, cela n’est pas retenu en mémoire. Et la Guemara rejette cette conclusion : Ce n’est pas le cas. Là-bas, en ce qui concerne les tertres, il s’agit d’un cas où la responsabilité d’attester le statut du tertre ne lui avait pas été imposée, et la chose est oubliée après soixante ans. Cependant ici, en ce qui concerne le témoignage en général, puisque la responsabilité de témoigner lui avait été imposée, il se souvient du témoignage même après une période plus longue que soixante ans.
מַתְנִי׳ זֶה אוֹמֵר: כְּתַב יָדִי, וְזֶה כְּתַב יָדוֹ שֶׁל חֲבֵירִי. וְזֶה אוֹמֵר: זֶה כְּתַב יָדִי, וְזֶה כְּתַב יָדוֹ שֶׁל חֲבֵירִי — הֲרֵי אֵלּוּ נֶאֱמָנִין. זֶה אוֹמֵר: זֶה כְּתַב יָדִי, וְזֶה אוֹמֵר: זֶה כְּתַב יָדִי — צְרִיכִין לְצָרֵף עִמָּהֶם אַחֵר, דִּבְרֵי רַבִּי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינָם צְרִיכִין לְצָרֵף עִמָּהֶן אַחֵר, אֶלָּא נֶאֱמָן אָדָם לוֹמַר זֶה כְּתַב יָדִי.
MICHNA : Si ce témoin dont le nom est signé sur un document dit : Ceci est mon écriture et ceci est l’écriture de mon collègue témoin, et cet autre témoin dit : Ceci est mon écriture et cela est l’écriture de mon collègue témoin, ces témoins sont jugés crédibles et le document est ratifié, car ensemble ils fournissent un témoignage authentifiant les deux signatures. Si ce témoin dit : Ceci est mon écriture, et cet autre témoin dit : Ceci est mon écriture, et qu’aucun des deux ne témoigne au sujet de la signature de l’autre, ils doivent ajouter un autre témoin avec eux qui authentifiera les signatures des deux témoins, car autrement chacun des témoins témoignerait au sujet de la moitié de la somme figurant dans le document ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi. Et les Sages disent : Ils n’ont pas besoin d’ajouter un autre témoin avec eux. Au contraire, une personne est jugée crédible pour dire : Ceci est mon écriture. Le témoignage des deux signataires au sujet de leurs propres signatures suffit.
גְּמָ׳ כְּשֶׁתִּימְצֵי לוֹמַר, לְדִבְרֵי רַבִּי
GUEMARA : La Guemara dit : Lorsque tu analyses le raisonnement qui sous-tend les opinions des tanna’im, dis que, selon la déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi,