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אִין, מִינַּאי. אָמַר רַב יוֹסֵף: לְמַאי נֵיחוּשׁ לַהּ? חֲדָא, דְּהָא קָא מוֹדֵה. וְעוֹד, הָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל.
Oui, elle a conçu de relations avec moi. Rav Yosef a dit : La décision ici est claire, car de quel soupçon devons-nous nous préoccuper ? D’abord, il reconnaît qu’il est le père. Et de plus, Rav Yehouda n’a-t-il pas dit que Shmouel a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabban Gamliel, et même s’il n’avait pas admis que l’enfant était de lui, on accorde de la crédibilité à l’affirmation de la femme ?
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וּבְהָא, כִּי לָא מוֹדֵה מַכְשַׁר רַבָּן גַּמְלִיאֵל? וְהָאָמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, וְאַתְּ לָא תַּעֲבֵיד עוֹבָדָא עַד דְּאִיכָּא רוֹב כְּשֵׁרִין אֶצְלָהּ. וְהָכָא — רוֹב פְּסוּלִין אֶצְלָהּ!
Abaye lui dit : Et dans ce cas, sur la base du fait que tu as cité deux raisons pour considérer l’enfant comme apte, cela veut-il dire que lorsqu’il n’admet pas qu’il est le père, Rabban Gamliel considère l’enfant comme apte ? Mais Shmuel n’a-t-il pas dit à Rav Yehuda : aux grandes dents, la halakha est conforme à l’opinion de Rabban Gamliel, c’est-à-dire qu’on lui accorde de la crédibilité, mais tu ne dois pas agir sur la base de cette décision à moins que la majorité des hommes à proximité d’elle ne soient honorables et d’une lignée irréprochable, corroborant sa prétention. Et ici, puisqu’elle est fiancée, la majorité des hommes à proximité d’elle sont inaptes, car un enfant engendré par tout homme autre que son fiancé est un mamzer. Shmuel n’aurait pas dû statuer que la halakha était conforme à l’opinion de Rabban Gamliel.
וְלִיטַעְמָיךְ תִּקְשֵׁי לָךְ הִיא גּוּפַהּ: הֲלָכָה, וְאַתְּ לָא תַּעֲבֵיד עוֹבָדָא?! אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר: הָא — לְכַתְּחִלָּה, הָא — דִּיעֲבַד. וְהָא נָמֵי, כְּדִיעֲבַד דָּמֵי.
Rav Yosef dit à Abaye : Et selon ton raisonnement, la halakha elle-même devrait te poser une difficulté, car, d’une part, Shmuel statue que c’est la halakha et, d’autre part, il ajoute : Mais tu ne dois pas agir sur la base de cette décision. Plutôt, qu’as-tu à dire pour expliquer cette contradiction ? Cette déclaration, selon laquelle on se fie à l’affirmation de la femme seulement si la majorité des hommes à proximité d’elle sont d’une lignée sans défaut, relève du a priori. Cette autre déclaration, selon laquelle on peut se fier à l’affirmation de la femme indépendamment du statut des hommes à proximité d’elle, relève de l’après coup. Et ce cas de la femme fiancée aussi est comme un cas d’après coup, car ne pas se fier à son affirmation rendra son enfant mamzer. Par conséquent, dans ce cas, Shmuel statuerait que la halakha est conforme à l’opinion de Rabban Gamliel.
רָמֵי לֵיהּ אַבָּיֵי לְרָבָא: וּמִי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת? וּרְמִינְהוּ: הֵעִיד רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא עַל אַלְמְנַת עִיסָּה, שֶׁהִיא כְּשֵׁרָה לַכְּהוּנָּה.
§ Abaye a soulevé une contradiction devant Rava à partir d’une michna (Eduyyot 8:3) : Rabbi Yehoshua a-t-il dit que la femme n’est pas considérée comme crédible et que sa prétention n’est pas acceptée ? Et la Guemara soulève une contradiction : Rabbi Yehoshua et Rabbi Yehuda ben Beteira ont témoigné au sujet de la veuve dont le défunt mari était membre d’une famille sacerdotale à lignée douteuse [issa], qu’elle est apte à épouser le sacerdoce. Puisque la question est incertaine, la femme conserve son statut présumé d’aptitude et son défunt mari est présumé être de lignée sans défaut.
אֲמַר לֵיהּ: הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם: אִשָּׁה נִישֵּׂאת, בּוֹדֶקֶת וְנִישֵּׂאת. הָכָא, אִשָּׁה מְזַנָּה בּוֹדֶקֶת וּמְזַנָּה?!
Rava lui dit : Comment peut-on comparer ces cas ? Là-bas, dans le cas de la veuve, on peut dire : Une femme qui se marie vérifie la lignée de son futur mari avant le mariage et ce n’est qu’ensuite qu’elle se marie. On peut donc se fier à sa présomption d’aptitude et la considérer comme apte à épouser un prêtre. Ici, peut-on dire qu’une femme qui s’engage dans des relations licencieuses vérifie la lignée de son partenaire et qu’ensuite seulement elle s’engage dans des relations licencieuses ?
אָמַר רָבָא: דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אַדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ קַשְׁיָא, דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל אַדְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל לָא קַשְׁיָא? וְהָא קָתָנֵי סֵיפָא: אָמַר לָהֶן רַבָּן גַּמְלִיאֵל: קִבַּלְנוּ עֵדוּתְכֶם, אֲבָל מָה נַעֲשֶׂה שֶׁהֲרֵי גָּזַר רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי שֶׁלֹּא לְהוֹשִׁיב בֵּית דִּין עַל כָּךְ, שֶׁהַכֹּהֲנִים שׁוֹמְעִין לָכֶם לְרַחֵק אֲבָל לֹא לְקָרֵב.
Rava a dit au sujet de la contradiction qui a été soulevée : la contradiction entre une déclaration de Rabbi Yehoshua et une autre déclaration de Rabbi Yehoshua est-elle difficile, tandis que la contradiction entre une déclaration de Rabban Gamliel et une autre déclaration de Rabban Gamliel ne l’est pas ? Mais n’est-il pas enseigné dans la clause finale de cette michna, au sujet de la veuve dont le défunt mari était issu d’une famille sacerdotale de lignée douteuse, que Rabban Gamliel leur a dit : Nous acceptons votre témoignage selon lequel telle est la halakha, mais que pouvons-nous faire, puisque Rabban Yoḥanan ben Zakkai a décrété de ne pas convoquer un tribunal à cette fin de déclarer la femme apte, car les prêtres vous obéissent lorsque votre décision appelle à éloigner d’eux une femme de lignée douteuse pour le mariage, mais non lorsque votre décision appelle à la rapprocher et à la déclarer apte à les épouser. Apparemment, Rabban Gamliel n’a pas accepté la décision indulgente dans le cas de la veuve, contrairement à sa déclaration ici selon laquelle on lui accorde de la crédibilité.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל אַדְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל לָא קַשְׁיָא: הָתָם — בָּרִי, הָכָא — שֶׁמָּא.
Au contraire, Rava a dit : La contradiction entre une déclaration de Rabban Gamliel et une autre déclaration de Rabban Gamliel n’est pas difficile. Là-bas, dans le cas de la femme qui a eu des rapports avec un homme non identifié, son affirmation selon laquelle la lignée de l’homme est sans défaut est une affirmation certaine. Ici, dans le cas de la veuve, son affirmation selon laquelle sa lignée est sans défaut est une affirmation incertaine, car il existe une incertitude objective quant à sa lignée.
דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אַדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נָמֵי לָא קַשְׁיָא: הָתָם — חַד סְפֵיקָא, הָכָא — תְּרֵי סְפֵיקֵי.
La contradiction entre une déclaration de Rabbi Yehoshua et une autre déclaration de Rabbi Yehoshua n’est pas non plus difficile. Là-bas, dans le cas de la femme qui a eu des rapports avec un homme non identifié, il n’y a qu’une seule incertitude : la lignée de l’homme avec qui elle a eu des rapports est-elle entachée ou non entachée ? Dans le cas d’une seule incertitude, la décision est rigoureuse. Ici, dans le cas de la veuve, il y a deux incertitudes quant à la situation objective. Il est établi qu’il existe une incertitude concernant l’un des membres de la famille, à savoir s’il est ou non un ḥalal. La première incertitude est de savoir si son défunt mari est le membre de cette famille à l’égard duquel l’incertitude existe. Et même s’il est établi que son défunt mari est bien celui à l’égard duquel l’incertitude existe, il demeure encore une incertitude quant à savoir s’il est en fait un ḥalal.
הִלְכָּךְ, לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל: אַלִּים לֵיהּ בָּרִי, דַּאֲפִילּוּ בְּחַד סְפֵיקָא נָמֵי מַכְשִׁיר. וְקִיל לֵיהּ שֶׁמָּא, דַּאֲפִילּוּ בִּסְפֵק סְפֵיקָא נָמֵי פָּסֵיל. לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: אַלִּים לֵיהּ חַד סְפֵיקָא, דַּאֲפִילּוּ בְּבָרִי נָמֵי פָּסֵיל, וְקִיל לֵיהּ סְפֵק סְפֵיקָא, דַּאֲפִילּוּ בִּשְׁמָא נָמֵי מַכְשִׁיר.
Par conséquent, selon Rabban Gamliel, une certaine affirmation est si forte pour lui que même dans un cas où il y a une incertitude, il la considère également comme apte à épouser un prêtre. Et une affirmation incertaine est si insignifiante pour lui que même dans un cas où il y a une incertitude composée, il la considère également comme inapte à épouser un prêtre. Selon Rabbi Yehoshua, un cas où il y a une incertitude est si fort pour lui que même dans un cas où elle avance une affirmation certaine, il la considère également comme inapte. Et le cas d'une incertitude composée est si insignifiant pour lui que même si elle avance une affirmation incertaine, il la considère également comme apte.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזוֹהִי אַלְמְנַת עִיסָּה? כֹּל שֶׁאֵין בָּהּ לֹא מִשּׁוּם מַמְזֵרוּת, וְלֹא מִשּׁוּם נְתִינוּת, וְלֹא מִשּׁוּם עַבְדֵי מְלָכִים. אָמַר רַבִּי מֵאִיר:
§ À propos de la veuve, les Rabbins ont enseigné : Qui est la veuve dont le défunt mari était membre d’une famille sacerdotale à la lignée douteuse et qui est apte à épouser un prêtre ? C’est celle qui s’est mariée dans n’importe quelle famille qui n’a pas le statut d’inaptitude, ni en raison d’un statut incertain de mamzer, ni en raison d’un statut incertain de Gabaonite, ni en raison d’un statut incertain comme esclaves de rois, qui forçaient des femmes juives, même des filles de prêtres, à les épouser. Rabbi Meïr a dit :

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