שֶׁאֵין בָּהּ סְמִיכָה — עֲמִידָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ סְמִיכָה נוֹחָה הֵימֶנָּה.
sans support, se tenir debout avec un support, c’est-à-dire un objet contre lequel on peut s’appuyer, est meilleur que cela.
וְכֵן אָמְרוּ: יִצְחָק וְשִׁמְעוֹן וְאוֹשַׁעְיָא אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בִּפְרָדוֹת. דְּתַנְיָא רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: פִּרְדָּה שֶׁתָּבְעָה — אֵין מַרְבִּיעִין עָלֶיהָ לֹא סוּס וְלֹא חֲמוֹר, אֶלָּא מִינָהּ.
Et de même, les frères dirent à Rabba : Yitzḥak, Shimon et Oshaya ont tous dit la même chose : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda concernant les mules femelles. Comme il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehuda dit : En ce qui concerne une mule femelle en chaleur, on ne peut pas l’accoupler avec un cheval ou un âne, en raison de l’interdiction du croisement de bétail d’espèces différentes. Au contraire, on l’accouple avec une de son espèce, une autre mule.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: יִצְחָק — זֶה רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא, שִׁמְעוֹן — זֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי, וְאָמְרִי לַהּ: רֵישׁ לָקִישׁ, אוֹשַׁעְיָא — זֶה רַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרַבִּי.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit, en explication de cette dernière déclaration des frères de Rabba : Yitzḥak doit être identifié à Rabbi Yitzḥak Nappaḥa ; Shimon est Rabbi Shimon ben Pazi. Et certains disent qu’il s’agit de Reish Lakish, c’est-à-dire Rabbi Shimon ben Lakish. Oshaya est Rabbi Oshaya le Distingué.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עַמֵּי הָאֲרָצוֹת אֵינָן חַיִּים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מֵתִים בַּל יִחְיוּ וְגוֹ׳״, תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״מֵתִים בַּל יִחְיוּ״, יָכוֹל לַכֹּל — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״רְפָאִים בַּל יָקוּמוּ״, בִּמְרַפֶּה עַצְמוֹ מִדִּבְרֵי תוֹרָה הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
§ Rabbi Elazar a dit : Les gens ordinaires et sans instruction ne reviendront pas à la vie dans l’avenir, comme il est dit : « Les morts ne vivront pas » (Isaïe 26:14). En d’autres termes, ceux qui étaient déjà considérés comme morts de leur vivant ne reviendront pas non plus à la vie ensuite. Cette idée est également enseignée dans une baraita : « Les morts ne vivront pas » ; on aurait pu penser que cela se rapporte à tout le monde, c’est-à-dire qu’aucun des morts ne revivra. C’est pourquoi le verset déclare : « Les ombres [refa’im] ne se relèveront pas » (Isaïe 26:14). Cela enseigne que le verset parle de celui qui s’affaiblit [merapeh] dans les questions de Torah.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן: לָא נִיחָא לְמָרַיְיהוּ דְּאָמְרַתְּ לְהוּ הָכִי, הָהוּא בִּמְרַפֶּה עַצְמוֹ לַעֲבוֹדָה זָרָה הוּא דִּכְתִיב. אֲמַר לֵיהּ: מִקְרָא אַחֵר אֲנִי דּוֹרֵשׁ, דִּכְתִיב: ״כִּי טַל אוֹרוֹת טַלֶּיךָ וָאָרֶץ רְפָאִים תַּפִּיל״, כׇּל הַמִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּאוֹר תּוֹרָה — אוֹר תּוֹרָה מְחַיֵּיהוּ, וְכֹל שֶׁאֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ בְּאוֹר תּוֹרָה — אֵין אוֹר תּוֹרָה מְחַיֵּיהוּ.
Rabbi Yoḥanan dit à Rabbi Elazar : Leur Maître, c’est-à-dire Dieu, n’est pas satisfait que tu dises cela des Juifs ordinaires. Au contraire, ce verset est écrit au sujet de celui qui s’affaiblit et succombe à l’idolâtrie. Ceux qui commettent ce grand péché ne méritent pas d’être ressuscités dans l’avenir. Rabbi Elazar lui dit : Je l’enseigne à partir d’un autre verset, comme il est écrit : « Car ta rosée est comme la rosée de la lumière, et la terre fera revivre les ombres » (Isaïe 26:19). Rabbi Elazar explique : Quiconque utilise la lumière de la Torah, qui est appelée la rosée de la lumière, la lumière de la Torah le fera revivre ; et quiconque n’utilise pas la lumière de la Torah, la lumière de la Torah ne le fera pas revivre.
כֵּיוָן דְּחַזְיֵיהּ דְּקָמִצְטַעַר, אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, מָצָאתִי לָהֶן תַּקָּנָה מִן הַתּוֹרָה: ״וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּה׳ אֱלֹהֵיכֶם חַיִּים כּוּלְּכֶם הַיּוֹם״, וְכִי אֶפְשָׁר לִדַּבּוֹקֵי בַּשְּׁכִינָה? וְהָכְתִיב: ״כִּי ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֵשׁ אוֹכְלָה״?
Puisque Rabbi Elazar vit que Rabbi Yoḥanan était affligé par la détresse des gens simples et sans instruction, il lui dit : Mon maître, j’ai trouvé pour eux un remède dans la Torah afin qu’ils méritent la vie dans le Monde à venir, comme il est dit : « Mais vous qui vous attachez à l’Éternel, votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui » (Deutéronome 4:4). Mais est-il possible de s’attacher à la Présence divine ? N’est-il pas écrit : « Car l’Éternel, ton Dieu, est un feu dévorant » (Deutéronome 4:24) ?
אֶלָּא: כׇּל הַמַּשִּׂיא בִּתּוֹ לְתַלְמִיד חָכָם, וְהָעוֹשֶׂה פְּרַקְמַטְיָא לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים, וְהַמְהַנֶּה תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מִנְּכָסָיו — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ מִדַּבֵּק בַּשְּׁכִינָה.
Au contraire, ce verset enseigne que quiconque marie sa fille à un érudit de la Torah, et celui qui fait du commerce [perakmatya] au nom d’érudits de la Torah, en investissant leur argent, et celui qui utilise sa richesse pour faire bénéficier des érudits de la Torah de ses biens d’une autre manière, le verset lui attribue du mérite comme s’il s’attachait à la Présence divine.
כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״לְאַהֲבָה אֶת ה׳ אֱלֹהֶיךָ וּלְדׇבְקָה בוֹ״, וְכִי אֶפְשָׁר לָאָדָם לִידַּבֵּק בַּשְּׁכִינָה? אֶלָּא: כׇּל הַמַּשִּׂיא בִּתּוֹ לְתַלְמִיד חָכָם, וְהָעוֹשֶׂה פְּרַקְמַטְיָא לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים, וְהַמְהַנֶּה תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מִנְּכָסָיו — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ מִדַּבֵּק בַּשְּׁכִינָה.
De même, vous dites : Le verset déclare : « Aimer le Seigneur ton Dieu, écouter Sa voix et t’attacher à Lui » (Deutéronome 30:20). Mais est-il possible pour une personne de s’attacher à la Présence divine ? Au contraire, quiconque marie sa fille à un érudit de la Torah, et celui qui fait des affaires au nom d’érudits de la Torah, et celui qui utilise sa richesse pour faire bénéficier des érudits de la Torah de ses biens, le verset lui attribue le mérite comme s’il s’attachait à la Présence divine.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף: עֲתִידִין צַדִּיקִים שֶׁמְּבַצְבְּצִין וְעוֹלִין בִּירוּשָׁלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיָצִיצוּ מֵעִיר כְּעֵשֶׂב הָאָרֶץ״, וְאֵין ״עִיר״ אֶלָּא יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְגַנּוֹתִי אֶל הָעִיר הַזֹּאת״.
§ Rabbi Ḥiyya bar Yosef a dit : À l’avenir, au moment de la résurrection des morts, les justes éclateront et se lèveront à Jérusalem, comme il est dit : « Et qu’ils fleurissent de la ville comme l’herbe de la terre » (Psaumes 72:16), et le terme « ville » ne signifie rien d’autre que Jérusalem, comme il est dit : « Car Je défendrai cette ville » (II Rois 19:34).
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף: עֲתִידִים צַדִּיקִים שֶׁיַּעַמְדוּ בְּמַלְבּוּשֵׁיהֶן, קַל וָחוֹמֶר מֵחִטָּה: מָה חִטָּה שֶׁנִּקְבְּרָה עֲרוּמָּה — יוֹצְאָה בְּכַמָּה לְבוּשִׁין, צַדִּיקִים שֶׁנִּקְבְּרוּ בִּלְבוּשֵׁיהֶן — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Et Rabbi Ḥiyya bar Yosef a dit : À l’avenir, les justes se lèveront de leurs tombes dans leurs vêtements. Cela s’apprend par une inférence a fortiori à partir de l’exemple du blé : De même que le blé, qui est enterré nu, c’est-à-dire que seule la graine est semée, et pourtant il émerge de la terre avec plusieurs couches d’habit, y compris la paille et la balle, dans le cas des justes, qui sont enterrés entièrement vêtus, à plus forte raison sortiront-ils de la terre convenablement vêtus.
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף: עֲתִידָה אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁתּוֹצִיא גְּלוּסְקָאוֹת וּכְלֵי מֵילָת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהִי פִסַּת בַּר בָּאָרֶץ״.
Et Rabbi Ḥiyya bar Yosef dit en outre : À l’avenir, Eretz Yisrael produira des gâteaux [geluskaot] et de fins vêtements de laine [meilat] qui pousseront de la terre, comme il est dit : « Qu’il y ait abondance [pissat] de grain [bar] dans le pays » (Psaumes 72:16). Le terme pissat est interprété de manière similaire à ketonet passim, le précieux vêtement multicolore de Joseph, tandis que bar peut signifier pain.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״יְהִי פִסַּת בַּר בָּאָרֶץ בְּרֹאשׁ הָרִים״, אָמְרוּ: עֲתִידָה חִטָּה שֶׁתִּתַּמֵּר כְּדֶקֶל, וְעוֹלָה בְּרֹאשׁ הָרִים. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר: יֵשׁ צַעַר לְקוֹצְרָהּ! תַּלְמוּד לוֹמַר: ״יִרְעַשׁ כַּלְּבָנוֹן פִּרְיוֹ״ — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵבִיא רוּחַ מִבֵּית גְּנָזָיו וּמְנַשְּׁבָהּ עָלֶיהָ וּמַשִּׁרָה אֶת סׇלְתָּהּ, וְאָדָם יוֹצֵא לַשָּׂדֶה וּמֵבִיא מְלֹא פִּיסַּת יָדוֹ, וּמִמֶּנָּה פַּרְנָסָתוֹ וּפַרְנָסַת אַנְשֵׁי בֵיתוֹ.
§ Les Sages ont enseigné ce qui suit au sujet du verset « Qu’il y ait abondance de grain [pissat] dans le pays au sommet des montagnes » (Psaumes 72:16). Ils ont dit : À l’avenir, le blé se dressera et poussera haut comme un palmier, et montera jusqu’au sommet des montagnes. Et de peur que tu ne dises que, si le blé pousse à une telle hauteur, son moissonneur éprouvera de l’inconfort, le même verset déclare : « Que son fruit bruisse comme le Liban. » Le Saint, béni soit-Il, fera venir un vent de Son trésor et soufflera, et cela fera tomber la farine des épis de blé, et une personne sortira au champ et rapportera une poignée [pissat] de farine, avec laquelle elle assurera sa subsistance et celle des membres de sa maison.
״עִם חֵלֶב כִּלְיוֹת חִטָּה״, אָמְרוּ: עֲתִידָה חִטָּה שֶׁתְּהֵא כִּשְׁתֵּי כְלָיוֹת שֶׁל שׁוֹר הַגָּדוֹל. וְאַל תִּתְמַהּ, שֶׁהֲרֵי שׁוּעָל קִינֵּן בְּלֶפֶת, וּשְׁקָלוּהוּ, וּמָצְאוּ בּוֹ שִׁשִּׁים לִיטְרִין, בְּלִיטְרָא שֶׁל צִפּוֹרִי.
Il est dit : « Avec la graisse des rognons du blé » (Deutéronome 32:14). Les Sages ont dit : À l’avenir, chaque grain de blé sera aussi gros que les deux rognons du grand bœuf. Et ne sois pas surpris que cela soit possible, car il y eut un incident impliquant un renard qui fit son nid dans un navet, et ils pesèrent ce navet, et ils découvrirent que même en déduisant l’espace creusé par le renard, il pesait encore soixante litra, selon la mesure de la litra de Tzippori.
תַּנְיָא, אָמַר רַב יוֹסֵי: מַעֲשֶׂה בְּשִׁיחִין בְּאֶחָד שֶׁהִנִּיחַ לוֹ אָבִיו שְׁלֹשָׁה בַּדֵּי חַרְדָּל וְנִפְשַׁח אֶחָד מֵהֶן וְנִמְצְאוּ בּוֹ תִּשְׁעָה קַבִּין חַרְדָּל. וְעֵצָיו, סִיכְּכוּ בּוֹ סוּכַּת יוֹצְרִין. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן תַּחְלִיפָא: קֶלַח שֶׁל כְּרוּב הִנִּיחַ לָנוּ אַבָּא, וְהָיִינוּ עוֹלִים וְיוֹרְדִים בּוֹ בְּסוּלָּם.
De même, il est enseigné dans une baraita que Rav Yosef a dit : Il y eut un incident qui se produisit dans le village de Shiḥin, en Eretz Yisrael, concernant quelqu’un dont le père lui avait laissé trois branches de moutarde, dont l’une se cassa. Et ils trouvèrent sur cette seule branche neuf kav de moutarde. Et avec le bois de ses grandes branches ils couvrirent une cabane pour des artisans. De même, Rabbi Shimon ben Taḥlifa a dit : Notre père nous a laissé une tige de chou, et nous y montions et en descendions avec une échelle, en raison de sa grande hauteur.
״וְדַם עֵנָב תִּשְׁתֶּה חָמֶר״, אָמְרוּ: לֹא כָּעוֹלָם הַזֶּה הָעוֹלָם הַבָּא. הָעוֹלָם הַזֶּה יֵשׁ בּוֹ צַעַר לִבְצוֹר וְלִדְרוֹךְ, הָעוֹלָם הַבָּא מֵבִיא עֲנָוָה אַחַת בַּקָּרוֹן אוֹ בִּסְפִינָה, וּמַנִּיחָהּ בְּזָוִית בֵּיתוֹ, וּמְסַפֵּק הֵימֶנָּה כְּפִטוֹס גָּדוֹל. וְעֵצָיו, מַסִּיקִין תַּחַת הַתַּבְשִׁיל. וְאֵין לְךָ כׇּל עֲנָבָה וַעֲנָבָה שֶׁאֵין בָּהּ שְׁלֹשִׁים גַּרְבֵי יַיִן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְדַם עֵנָב תִּשְׁתֶּה חָמֶר״, אַל תִּקְרֵי ״חָמֶר״ אֶלָּא ״חוֹמֶר״.
§ Il est dit : « Et du sang du raisin tu as bu un vin écumant » (Deutéronome 32:14). Les Sages ont dit : Le Monde à venir n’est pas comme ce monde. Dans ce monde, il y a de la souffrance liée à la cueillette des raisins et à leur pressurage. En revanche, dans le Monde à venir, on apportera un seul raisin dans un chariot ou sur un bateau, on le déposera dans un coin de sa maison, et il fournira assez pour remplir environ la quantité d’une grande jarre [pitus], et avec son bois on allumera un feu sous un plat cuit. Et chaque raisin que tu auras produira pas moins de trente jarres pleines de vin, chacune ayant la capacité d’un se’a. Comme il est dit : « Et du sang du raisin tu as bu un vin écumant [ḥamer]. » Ne lis pas ce terme comme ḥamer ; mais plutôt, lis-le comme ḥomer, qui est une mesure équivalant à trente se’a.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: מַאי דִּכְתִיב ״אוֹסְרִי לַגֶּפֶן עִירֹה״ — אֵין לְךָ כׇּל גֶּפֶן וָגֶפֶן שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁאֵין צָרִיךְ עַיִר אַחַת לִבְצוֹר. ״וְלַשּׂוֹרֵקָה בְּנִי אֲתוֹנוֹ״ — אֵין לָךְ כׇּל אִילַן סְרָק שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁאֵינוֹ מוֹצִיא מַשּׂוֹי שְׁתֵּי אֲתוֹנוֹת. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר אֵין בּוֹ יַיִן, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּבֵּס בְּיַיִן לְבוּשׁוֹ״. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר אֵינוֹ אָדוֹם, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְדַם עֵנָב תִּשְׁתֶּה חָמֶר״.
§ Lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Attachant son ânon à la vigne » (Genèse 49:11), qui est interprété comme une prophétie pour l’avenir ? Cela signifie que chaque vigne que tu as en Eretz Yisrael nécessite un ânon pour porter la charge de sa récolte. Le verset continue : « Et le petit de son ânesse à la vigne de choix [soreka]. » La Guemara explique : Tout arbre stérile [serak] que tu as en Eretz Yisrael produira à l’avenir suffisamment de fruits pour charger deux ânes. Et de peur que tu ne dises que ces arbres ne contiennent pas de vin, le même verset déclare : « Il lave ses vêtements dans le vin. » Et de peur que tu ne dises que le vin n’est pas rouge, le verset déclare : « Et du sang du raisin tu as bu du vin écumant » (Deutéronome 32:14).
וְשֶׁמָּא תֹּאמַר אֵינוֹ מַרְוֶה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״סוּתֹה״. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר אֵין בּוֹ טַעַם — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״חַכְלִילִי עֵינַיִם מִיָּיִן״. כׇּל חֵיךְ שֶׁטּוֹעֲמוֹ, אוֹמֵר: ״לִי לִי״. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר לִנְעָרִים יָפֶה וְלִזְקֵנִים אֵינוֹ יָפֶה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּלְבֶן שִׁנַּיִם מֵחָלָב״, אַל תִּיקְרֵי ״לְבֶן שִׁינַּיִם״ אֶלָּא ״לְבֶן שָׁנִים״.
Et de peur que tu ne dises que ce vin n’enivre pas ceux qui le boivent, le verset déclare : « Et son vêtement [suto] dans le sang des raisins » (Genèse 49:11). Ce verset indique que ces vins provoqueront [mesit] un état d’ivresse. Et de peur que tu ne dises que ce vin n’a pas de saveur, le verset déclare : « Ses yeux seront rouges [ḥakhlili] de vin » (Genèse 49:12). Ce terme inhabituel est interprété homilétiquement ainsi : Chaque palais [ḥeikh] qui le goûte dit : C’est pour moi, pour moi [li li]. Et de peur que tu ne dises que le vin est bon pour les jeunes mais qu’il n’est pas bon pour les vieux, le verset déclare : « Et ses dents blanches [leven shinayim] de lait » (Genèse 49:12). Ne lis pas cette expression comme leven shinayim ; mais plutôt, lis-la comme leven shanim, une personne avancée en âge, c’est-à-dire une personne âgée.
פְּשָׁטֵיהּ דִּקְרָא בְּמַאי כְּתִיב? כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: אָמְרָה כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, רְמוֹז [לִי] בְּעֵינָיךְ דִּבְסִים מֵחַמְרָא, וְאַחְוִי לִי שִׁינָּיךְ דִּבְסִים מֵחֲלָבָא.
La Guemara demande : À quoi se réfère le sens simple du verset susmentionné ? Lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Israël en Babylonie, il dit : L’assemblée d’Israël dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers : Fais un signe avec Tes yeux d’un amour qui est plus doux que le vin, et montre-moi Tes dents par un sourire qui est plus doux que le lait.
מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: טוֹב הַמַּלְבִּין שִׁינַּיִם לַחֲבֵירוֹ יוֹתֵר מִמַּשְׁקֵהוּ חָלָב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְבֶן שִׁנַּיִם מֵחָלָב״, אַל תִּקְרֵי ״לְבֶן שִׁינַּיִם״ אֶלָּא ״לִבּוּן שִׁינַּיִם״.
La Guemara commente : Cette interprétation soutient l’opinion de Rabbi Yoḥanan. Comme l’a dit Rabbi Yoḥanan : Celui qui blanchit ses dents à son ami en lui souriant vaut mieux que celui qui lui donne du lait à boire, comme il est dit : « Et ses dents blanches [leven shinayim] avec du lait » (Genèse 49:12). Ne lis pas cette expression comme leven shinayim ; mais plutôt, lis-la comme libbun shinayim, le blanchiment des dents. De même, l’expression : Avec du lait, peut se lire comme : Plus que du lait.
רַב חִיָּיא בַּר אַדָּא מַקְרֵי דַרְדְּקֵי דְּרֵישׁ לָקִישׁ הֲוָה. אִיפַּגַּר תְּלָתָא יוֹמֵי וְלָא אֲתָא. כִּי אֲתָא, אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי אִיפַּגַּרְתְּ?
§ La Guemara raconte d’autres histoires concernant la grande abondance de la Terre d’Israël. Rav Ḥiyya bar Adda était l’enseignant des enfants de Reish Lakish. À une occasion, Rav Ḥiyya bar Adda fut retardé pendant trois jours et ne vint pas enseigner aux enfants. Lorsqu’il finit par venir, Reish Lakish lui dit : Pourquoi as-tu été retardé ?
אֲמַר לֵיהּ: דָּלִית אַחַת הִנִּיחַ לִי אַבָּא וּבָצַרְתִּי מִמֶּנָּה יוֹם רִאשׁוֹן שְׁלֹשׁ מֵאוֹת אֶשְׁכּוֹלוֹת אֶשְׁכּוֹל לְגָרָב, יוֹם שֵׁנִי בָּצַרְתִּי שְׁלֹשׁ מֵאוֹת אֶשְׁכּוֹלוֹת שְׁתֵּי אֶשְׁכּוֹלוֹת לְגָרָב, יוֹם שְׁלִישִׁי בָּצַרְתִּי מִמֶּנָּה שְׁלֹשׁ מֵאוֹת אֶשְׁכּוֹלוֹת שָׁלֹשׁ אֶשְׁכּוֹלוֹת לְגָרָב, וְהִפְקַרְתִּי יוֹתֵר מֵחֶצְיָהּ. אֲמַר לֵיהּ: אִי לָאו דְּאִיפַּגַּרְתְּ הֲוָה עָבְדָא טְפֵי.
Rav Ḥiyya bar Adda lui dit : Mon père m’a laissé un sarment de vigne, et j’en ai récolté le premier jour trois cents grappes de raisin, et chaque grappe produisit une quantité de vin suffisante pour remplir une cruche. Le deuxième jour, j’ai récolté encore trois cents grappes de raisin, et chaque deux grappes produisirent assez de vin pour remplir une cruche. Le troisième jour, j’ai de nouveau récolté trois cents grappes de raisin, et chaque trois grappes produisirent assez pour remplir une cruche, et j’en ai déclaré sans propriétaire plus de la moitié. Reish Lakish lui dit : Si tu ne t’étais pas attardé et n’avais ainsi interrompu l’étude de la Torah des enfants, chaque grappe aurait produit davantage de vin. À cause de ton interruption de l’étude de la Torah, chaque grappe produisit progressivement moins.
רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אִיקְּלַע לִבְנֵי בְרַק, חֲזַנְהוּ לְהָנְהוּ עִיזֵּי דְּקָאָכְלָן תּוּתֵי תְּאֵינֵי וְקָנָטֵיף דּוּבְשָׁא מִתְּאֵינֵי וַחֲלָבָא טָיֵיף מִנַּיְיהוּ וּמִיעָרַב בַּהֲדֵי הֲדָדֵי. אֲמַר: הַיְינוּ: ״זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ״.
§ Rami bar Yeḥezkel arriva à Benei Berak. Il vit ces chèvres qui paissaient sous un figuier, et du miel coulait des figues et du lait gouttait des chèvres, et les deux liquides se mélangeaient ensemble. Il dit : Voici le sens du verset : « Un pays ruisselant de lait et de miel » (Exode 3:8).
אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב בֶּן דּוֹסְתַּאי: מִלּוֹד לְאוֹנוֹ שְׁלֹשָׁה מִילִין, פַּעַם אַחַת קִדַּמְתִּי בַּנֶּשֶׁף וְהָלַכְתִּי עַד קַרְסוּלַּיי בִּדְבַשׁ שֶׁל תְּאֵינִים. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לְדִידִי חֲזֵי לִי ״זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ״ שֶׁל צִפּוֹרִי, וְהָוֵי שִׁיתְּסַר מִילִין אַשִּׁיתְּסַר מִילִין. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: לְדִידִי חֲזֵי לִי ״זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ״ שֶׁל כׇּל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל,
Rabbi Ya’akov ben Dostai a dit : Il y a trois mil de Lod à Ono. Une fois, je me suis levé tôt le matin et j’ai marché dans du miel jusqu’aux chevilles s’écoulant des figuiers. Reish Lakish a dit : J’ai moi-même vu une région appelée : l’endroit ruisselant de lait et de miel près de Tzippori, et c’était une zone qui couvrait seize sur seize mil, soit 256 mil carrés. Rabba bar bar Ḥana a dit : J’ai moi-même vu la région ruisselant de lait et de miel de toute Eretz Yisrael,