״בָּבֶלָה יוּבָאוּ וְשָׁמָּה יִהְיוּ עַד יוֹם פׇּקְדִי אוֹתָם נְאֻם ה׳״. וְרַבִּי זֵירָא — הָהוּא בִּכְלֵי שָׁרֵת כְּתִיב.
« Ils seront emportés à Babylone et ils y resteront jusqu’au jour où Je me souviendrai d’eux, dit le Seigneur » (Jérémie 27:22). Sur la base de ce verset, Rav Yehouda soutenait que, puisque l’exil babylonien avait été imposé par décret divin, l’autorisation de quitter Babylone pour Eretz Yisrael ne pouvait être accordée que par Dieu. La Guemara demande : Et comment Rabbi Zeira interprète-t-il ce verset ? La Guemara répond que Rabbi Zeira soutient que ce verset a été écrit au sujet des ustensiles du service du Temple, et qu’il ne se rapporte pas au peuple juif, comme l’énonce le verset précédent : « Ainsi parle le Seigneur des Armées, le Dieu d’Israël, au sujet des ustensiles qui restent dans la maison du Seigneur » (Jérémie 27:21). Par conséquent, Rabbi Zeira chercha à monter en Eretz Yisrael.
וְרַב יְהוּדָה? כְּתִיב קְרָא אַחֲרִינָא: ״הִשְׁבַּעְתִּי אֶתְכֶם בְּנוֹת יְרוּשָׁלִַים בִּצְבָאוֹת אוֹ בְּאַיְלוֹת הַשָּׂדֶה וְגוֹ׳״.
La Guemara demande : Et comment Rav Yehuda répond-il à cet argument ? Le verset fait clairement référence aux ustensiles du Temple, et non au peuple. La Guemara répond qu’un autre verset est écrit : « Je vous adjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et par les biches des champs, de ne pas éveiller ni susciter l’amour, jusqu’à ce qu’il lui plaise » (Cantique des Cantiques 2:7). Rabbi Yehuda en a déduit qu’aucun acte de rédemption ne doit être accompli jusqu’à ce qu’arrive un moment où il plaise à Dieu d’amener la rédemption.
וְרַבִּי זֵירָא — הָהוּא שֶׁלֹּא יַעֲלוּ יִשְׂרָאֵל בְּחוֹמָה. וְרַב יְהוּדָה? ״הִשְׁבַּעְתִּי״ אַחֲרִינָא כְּתִיב.
Et Rabbi Zeira soutient que le serment mentionné dans ce verset signifie que les Juifs ne doivent pas monter en Eretz Israël comme un mur, c’est-à-dire en masse, tandis que des individus peuvent immigrer comme ils le souhaitent. La Guemara demande : Et que répond Rav Yehuda à cela ? La Guemara répond que ce commandement est dérivé d’un autre verset dans lequel « Je vous adjure » (Cantique des Cantiques 3:5) est écrit.
וְרַבִּי זֵירָא — הָהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא, דְּאָמַר: שָׁלֹשׁ שְׁבוּעוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת שֶׁלֹּא יַעֲלוּ יִשְׂרָאֵל בְּחוֹמָה, וְאַחַת שֶׁהִשְׁבִּיעַ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא יִמְרְדוּ בְּאוּמּוֹת הָעוֹלָם, וְאַחַת שֶׁהִשְׁבִּיעַ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת הַגּוֹיִם שֶׁלֹּא יִשְׁתַּעְבְּדוּ בָּהֶן בְּיִשְׂרָאֵל יוֹתֵר מִדַּאי.
La Guemara demande : Et comment Rabbi Zeira explique-t-il la répétition de ce serment dans ces versets ? La Guemara explique : Ce verset est nécessaire pour cela qui a été enseigné par Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, qui a dit : Pourquoi ces trois serments (Cantique des Cantiques 2:7, 3:5, 8:4) sont-ils nécessaires ? Un, afin que les Juifs ne montent pas en Eretz Israël comme une muraille, mais petit à petit. Et un autre , que le Saint, béni soit-Il, a adjuré les Juifs de ne pas se rebeller contre la domination des nations du monde. Et le dernier est que le Saint, béni soit-Il, a adjuré les nations du monde de ne pas assujettir les Juifs excessivement.
וְרַב יְהוּדָה — ״אִם תָּעִירוּ וְאִם תְּעוֹרְרוּ״ כְּתִיב.
Et comment Rav Yehuda répond-il ? Il est écrit : « Que vous n’éveilliez ni ne réveilliez l’amour » (Cantique des Cantiques 2:7), ce qui sert à élargir et à inclure une interdiction faite aux Juifs d’immigrer en Eretz Yisrael.
וְרַבִּי זֵירָא — מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַבִּי לֵוִי, דְּאָמַר: שֵׁשׁ שְׁבוּעוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? תְּלָתָא — הָנֵי דַּאֲמַרַן, אִינָךְ: שֶׁלֹּא יְגַלּוּ אֶת הַקֵּץ, וְשֶׁלֹּא יְרַחֲקוּ אֶת הַקֵּץ, וְשֶׁלֹּא יְגַלּוּ הַסּוֹד לַגּוֹיִם.
La Guemara demande : Et comment Rabbi Zeira explique-t-il l’insistance supplémentaire de cette expression ? La Guemara explique : Il a besoin de cette expression pour ce qui a été enseigné par Rabbi Levi, qui a dit : Ces six serments, c’est-à-dire les trois versets mentionnés ci-dessus contenant des serments, dont chacun contient l’expression « Que vous ne réveilliez ni ne suscitiez », pourquoi sont-ils nécessaires ? Trois sont ceux que nous avons dits et expliqués ci-dessus. Les trois autres serments sont les suivants : Que ceux qui savent ne révèlent pas la fin des jours ; et qu’ils n’éloignent pas la fin des jours en disant qu’elle est encore lointaine ; et qu’ils ne révèlent pas le secret des Juifs aux nations.
״בִּצְבָאוֹת אוֹ בְּאַיְלוֹת הַשָּׂדֶה״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל, אִם אַתֶּם מְקַיְּימִין אֶת הַשְּׁבוּעָה — מוּטָב, וְאִם לָאו — אֲנִי מַתִּיר אֶת בְּשַׂרְכֶם כִּצְבָאוֹת וּכְאַיְלוֹת הַשָּׂדֶה.
§ La Guemara examine une expression du verset cité ci-dessus. « Je vous adjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et par les biches des champs” (Cantique des Cantiques 2:7). Rabbi Elazar a dit : Le Saint, béni soit-Il, a dit au peuple juif : Si vous respectez le serment, c’est bien, sinon, J’abandonnerai votre chair et tous vous dévoreront comme les gazelles et comme les biches des champs.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַדָּר בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שָׁרוּי בְּלֹא עָוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבַל יֹאמַר שָׁכֵן חָלִיתִי הָעָם הַיּוֹשֵׁב בָּהּ נְשׂוּא עָוֹן״. אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב אָשֵׁי: אֲנַן בְּסוֹבְלֵי חֳלָאִים מַתְנֵינַן לַהּ.
Rabbi Elazar a dit : Quiconque réside en Eretz Yisrael demeure sans transgression, comme il est dit : « Et l’habitant ne dira pas : Je suis malade ; au peuple qui y demeure, son iniquité sera pardonnée » (Isaïe 33:24). Rava dit à Rav Ashi : Nous avons appris cette promesse au sujet de ceux qui souffrent de maladie. L’expression « Je suis malade » indique que ce sont eux à qui leurs péchés sont pardonnés.
אָמַר רַב עָנָן: כׇּל הַקָּבוּר בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל כְּאִילּוּ קָבוּר תַּחַת הַמִּזְבֵּחַ. כְּתִיב הָכָא: ״מִזְבַּח אֲדָמָה תַּעֲשֶׂה לִּי״, וּכְתִיב הָתָם: ״וְכִפֵּר אַדְמָתוֹ עַמּוֹ״.
Rav Anan a dit : Quiconque est enterré en Eretz Yisrael est considéré comme si il était enterré sous l’autel. Comme il est dit ici : « Tu feras pour Moi un autel de terre [adama] » (Exode 20:21), et il est dit là-bas : « Car Il venge le sang de Ses serviteurs et exerce la vengeance contre Ses adversaires, et Il expie la terre de [admato] Son peuple » (Deutéronome 32:43). Cela enseigne que celui qui est enterré dans la terre d’Eretz Yisrael est considéré comme s’il était enterré sous l’autel dans le Temple.
עוּלָּא הֲוָה רְגִיל דַּהֲוָה סָלֵיק לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, נָח נַפְשֵׁיהּ בְּחוּץ לָאָרֶץ. אֲתוֹ אֲמַרוּ לֵיהּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר. אָמַר: אַנְתְּ עוּלָּא, ״עַל אֲדָמָה טְמֵאָה תָּמוּת״. אָמְרוּ לוֹ: אֲרוֹנוֹ בָּא. אָמַר לָהֶם: אֵינוֹ דּוֹמֶה קוֹלַטְתּוֹ מֵחַיִּים לְקוֹלַטְתּוֹ לְאַחַר מִיתָה.
§ La Guemara raconte : Ulla avait l'habitude de monter en Terre d'Israël de temps à autre. Cependant, il mourut hors de la Terre d'Israël. On vint dire à Rabbi Elazar qu'Ulla était décédé. Il dit : Malheur à toi, Ulla, car par toi un verset s'est accompli : « Tu mourras dans une terre impure » (Amos 7:17). Ils lui dirent : Mais son cercueil arrive pour être enterré en Terre d'Israël. Il leur dit : Malgré cela, celui qui a été accueilli par la terre de la Terre d'Israël alors qu'il était encore vivant n'est pas semblable à celui qui a été accueilli seulement après la mort.
הָהוּא גַּבְרָא דִּנְפַלָה לֵיהּ יְבָמָה בֵּי חוֹזָאָה, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא, אֲמַר לֵיהּ: מַהוּ לְמֵיחַת וּלְיַבֹּמַהּ?
La Guemara rapporte au sujet d’un certain homme de la Terre d’Israël qu’une yevama, c’est-à-dire une femme dont le mari est mort sans enfant et a laissé un frère survivant, se présenta devant lui, le frère survivant, pour le mariage léviratique. Cette yevama vivait dans le district de Bei Ḥoza’a, très loin, dans le sud-est de la Babylonie. L’homme se présenta devant Rabbi Ḥanina et lui dit : Quelle est la halakha quant à savoir si je peux descendre en Babylonie pour contracter un mariage léviratique avec cette femme ?
אֲמַר לֵיהּ: אָחִיו נָשָׂא כּוּתִית וָמֵת — בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁהֲרָגוֹ. וְהוּא יֵרֵד אַחֲרָיו?!
Rabbi Ḥanina lui dit : Son frère a épousé une femme samaritaine [kutit] et il est mort. Rabbi Ḥanina décrivit le défunt frère de cet homme en ces termes parce qu’il avait quitté Eretz Yisrael pour se marier et, pour la même raison, il qualifia sa femme de Samaritaine. Béni soit l’Omniprésent qui l’a tué. Et pourtant, le frère souhaite suivre ses traces et descendre après lui ? Mieux vaut qu’il reste en Eretz Yisrael.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כְּשֵׁם שֶׁאָסוּר לָצֵאת מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְבָבֶל כָּךְ אָסוּר לָצֵאת מִבָּבֶל לִשְׁאָר אֲרָצוֹת. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: אֲפִילּוּ מִפּוּמְבְּדִיתָא לְבֵי כוּבֵּי. הָהוּא דִּנְפַק מִפּוּמְבְּדִיתָא לְבֵי כוּבֵּי, שַׁמְתֵּיהּ רַב יוֹסֵף. הָהוּא דִּנְפַק מִפּוּמְבְּדִיתָא לְאַסְתּוֹנְיָא, שְׁכֵיב. אֲמַר אַבָּיֵי: אִי בָּעֵי הַאי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן, הֲוָה חָיֵי.
§ Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : De même qu’il est interdit de quitter Eretz Yisrael pour aller en Babylonie, de même il est interdit de quitter la Babylonie pour n’importe laquelle des autres terres. Rabba et Rav Yosef disent tous deux : Même aller de Pumbedita à Bei Kuvei, qui se trouve au-delà de la frontière de la Babylonie proprement dite, n’est pas permis. La Guemara raconte : Un certain homme a quitté Pumbedita pour vivre à Bei Kuvei, et Rav Yosef l’a excommunié. Un certain homme a quitté Pumbedita pour vivre à Astonia, qui se trouvait également au-delà des frontières de la Babylonie proprement dite, et il est mort. Abaye a dit : Si cet érudit de la Torah l’avait voulu, il serait encore en vie, car il aurait pu rester en Babylonie.
רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כְּשֵׁרִין שֶׁבְּבָבֶל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל קוֹלַטְתָּן, כְּשֵׁרִין שֶׁבִּשְׁאָר אֲרָצוֹת בָּבֶל קוֹלַטְתָּן. לְמַאי? אִילֵימָא לְיוּחֲסִין, וְהָאָמַר מָר: כׇּל הָאֲרָצוֹת עִיסָּה לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל עִיסָּה לְבָבֶל! אֶלָּא לְעִנְיַן קְבוּרָה.
Rabba et Rav Yosef disent tous deux : En ce qui concerne les dignes de Babylonie, Eretz Yisrael les accueille ; en ce qui concerne les dignes des autres terres, la Babylonie les accueille. La Guemara demande : En ce qui concerne quelle question ont-ils fait cette déclaration ? Si nous disons qu’ils faisaient référence à des questions de lignée, le Maître n’a-t-il pas dit : La lignée des habitants de toutes les terres est mêlée par comparaison à celle de Eretz Yisrael, et la lignée des habitants de Eretz Yisrael est mêlée par comparaison à celle de Babylonie. Cela signifie que la lignée des Babyloniens était plus pure que celle des habitants de Eretz Yisrael. Au contraire, ils ont enseigné cela au sujet des questions d’inhumation, c’est-à-dire que les dignes de Babylonie sont enterrés en Eretz Yisrael.
אָמַר רַב יְהוּדָה: כׇּל הַדָּר בְּבָבֶל כְּאִילּוּ דָּר בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי צִיּוֹן הִמָּלְטִי יוֹשֶׁבֶת בַּת בָּבֶל״. אָמַר אַבָּיֵי, נָקְטִינַן: בָּבֶל לָא חָזְיָא חַבְלֵי דְמָשִׁיחַ. תַּרְגְּמַהּ אַהוּצָל דְּבִנְיָמִין, וְקָרוּ לֵיהּ קַרְנָא דְשֵׁיזָבְתָּא.
Rav Yehuda a dit : En ce qui concerne quiconque réside en Babylonie, c’est comme s’il résidait en Eretz Yisrael, comme il est dit : « Ô Sion, échappe-toi, toi qui habites avec la fille de Babylone » (Zacharie 2:11). Ce verset met les deux pays sur un pied d’égalité. Abaye a dit : Nous avons une tradition selon laquelle la Babylonie ne verra pas les douleurs du Messie, c’est-à-dire qu’elle sera épargnée de la souffrance qui prévaudra au moment de sa venue. Abaye a interprété cette déclaration par référence à la ville de Hutzal deVinyamin en Babylonie, et, en conséquence, les gens l’appellent Karna deShizavta, Corne du Salut, car ses habitants n’endureront pas les épreuves du temps du Messie.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מֵתִים שֶׁבְּחוּץ לָאָרֶץ אֵינָם חַיִּים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָתַתִּי צְבִי בְּאֶרֶץ חַיִּים״ — אֶרֶץ שֶׁצִּבְיוֹנִי בָּהּ מֵתֶיהָ חַיִּים, שֶׁאֵין צִבְיוֹנִי בָּהּ — אֵין מֵתֶיהָ חַיִּים.
§ Rabbi Elazar a dit : Les morts des terres situées hors d’Eretz Israël ne reviendront pas à la vie et ne ressusciteront pas dans l’avenir, comme il est dit : « Et Je mettrai la gloire [tzvi] dans la terre des vivants » (Ézéchiel 26:20). Cela enseigne que, s’agissant d’une terre qui contient Mon désir [tzivyoni], ses morts reviendront à la vie ; cependant, s’agissant d’une terre qui ne contient pas Mon désir, c’est-à-dire hors d’Eretz Israël, ses morts ne reviendront pas à la vie.
מֵתִיב רַבִּי אַבָּא בַּר מֶמֶל: ״יִחְיוּ מֵתֶיךָ נְבֵלָתִי יְקוּמוּן״, מַאי לָאו: ״יִחְיוּ מֵתֶיךָ״ — מֵתִים שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. ״נְבֵלָתִי יְקוּמוּן״ — מֵתִים שֶׁבְּחוּץ לָאָרֶץ. וּמַאי ״וְנָתַתִּי צְבִי בְּאֶרֶץ חַיִּים״ — אַנְּבוּכַד נֶצַּר הוּא דִּכְתִיב, דְּאָמַר רַחֲמָנָא: מַיְיתֵינָא עֲלַיְיהוּ מַלְכָּא דְּקַלִּיל כִּי טַבְיָא.
Rabbi Abba bar Memel souleva une objection à partir d’un autre verset : « Tes morts vivront ; mes cadavres se relèveront » (Isaïe 26:19). N’est-ce pas que l’expression « Tes morts vivront » fait référence aux morts d’Eretz Yisrael, tandis que l’expression suivante « mes cadavres se relèveront » fait référence aux morts des terres situées hors d’Eretz Yisrael ? Et, si tel est le cas, quel est le sens du verset « Et j’établirai la gloire [tzvi] dans la terre des vivants » ? Ce verset est écrit au sujet de Nabuchodonosor, comme le Miséricordieux le déclare : Je ferai venir contre toi un roi rapide comme un cerf [tzvi].
אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, מִקְרָא אַחֵר אֲנִי דּוֹרֵשׁ: ״נוֹתֵן נְשָׁמָה לָעָם עָלֶיהָ וְרוּחַ לַהוֹלְכִים בָּהּ״. וְאֶלָּא הָכְתִיב ״נְבֵלָתִי יְקוּמוּן״! הָהוּא בִּנְפָלִים הוּא דִּכְתִיב.
Rabbi Elazar dit à Rabbi Abba bar Memel : Mon maître, j’enseigne cela à partir d’un autre verset, comme il est dit : « Il donne le souffle au peuple qui est sur elle, et l’esprit à ceux qui y marchent » (Isaïe 42:5). Cela indique que la résurrection future est spécifiquement destinée à ceux qui habitent en Eretz Yisrael. Rabbi Abba rétorqua : Mais n’est-il pas écrit : « Mes corps morts se lèveront » ? Comment interprètes-tu ce verset ? Rabbi Elazar répondit : Ce verset ne fait pas référence à ceux qui vivent hors d’Eretz Yisrael ; au contraire, il est écrit au sujet des mort-nés, car eux aussi mériteront la résurrection.
וְרַבִּי אַבָּא בַּר מֶמֶל, הַאי ״נוֹתֵן נְשָׁמָה לָעָם עָלֶיהָ״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַבִּי אֲבָהוּ. דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אֲפִילּוּ שִׁפְחָה כְּנַעֲנִית שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל מוּבְטָח לָהּ שֶׁהִיא בַּת הָעוֹלָם הַבָּא. כְּתִיב הָכָא: ״לָעָם עָלֶיהָ״, וּכְתִיב הָתָם: ״שְׁבוּ לָכֶם פֹּה עִם הַחֲמוֹר״ — עַם הַדּוֹמֶה לַחֲמוֹר.
La Guemara demande : Et que fait Rabbi Abba bar Memel de ce verset « Il donne le souffle au peuple qui est sur elle » ? La Guemara répond : Il a besoin de ce verset pour cela qui a été enseigné par Rabbi Abbahu. Car Rabbi Abbahu a dit : Même une servante cananéenne en Eretz Yisrael a l’assurance d’une place dans le Monde à venir. Il est écrit ici : « au peuple [la’am] sur elle », et il est écrit là-bas : « Restez ici avec [im] l’âne » (Genèse 22:5). Ce verset de la Genèse est traditionnellement interprété comme signifiant : Un peuple [am] semblable à un âne, d’où l’on peut déduire que même les membres de ce peuple méritent une part dans le monde à venir.
״וְרוּחַ לַהוֹלְכִים בָּהּ״, אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמְהַלֵּךְ אַרְבַּע אַמּוֹת בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל מוּבְטָח לוֹ שֶׁהוּא בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא.
En ce qui concerne le verset susmentionné « Et un esprit pour ceux qui y marchent » (Isaïe 42:5), Rabbi Yirmeya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Quiconque marche quatre coudées en Terre d’Israël est assuré d’avoir une place dans le Monde à venir.
וּלְרַבִּי אֶלְעָזָר, צַדִּיקִים שֶׁבְּחוּץ לָאָרֶץ אֵינָם חַיִּים?! אָמַר רַבִּי אִילְעָא: עַל יְדֵי גִּלְגּוּל. מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי אַבָּא סַלָּא רַבָּא: גִּלְגּוּל לְצַדִּיקִים צַעַר הוּא! אָמַר אַבָּיֵי: מְחִילּוֹת נַעֲשׂוֹת לָהֶם בַּקַּרְקַע.
La Guemara demande : Et selon l’opinion de Rabbi Elazar, les justes en dehors d’Eretz Israël ne reviendront-ils pas à la vie au moment de la résurrection des morts ? Rabbi Ile’a a dit : Ils seront ressuscités au moyen d’un roulement, c’est-à-dire qu’ils rouleront jusqu’à atteindre Eretz Israël, où ils seront ramenés à la vie. Rabbi Abba Salla Rava objecte vivement à cela : Rouler est une épreuve qui entraîne de la souffrance pour les justes. Abaye a dit : Des tunnels leur sont préparés dans la terre, par lesquels ils passent jusqu’à Eretz Israël.
״וּנְשָׂאתַנִי מִמִּצְרַיִם וּקְבַרְתַּנִי בִּקְבוּרָתָם״, אָמַר קַרְנָא, דְּבָרִים בְּגוֹ: יוֹדֵעַ הָיָה יַעֲקֹב אָבִינוּ שֶׁצַּדִּיק גָּמוּר הָיָה, וְאִם מֵתִים שֶׁבְּחוּצָה לָאָרֶץ חַיִּים, לָמָה הִטְרִיחַ אֶת בָּנָיו? שֶׁמָּא לֹא יִזְכֶּה לִמְחִילּוֹת.
§ Le verset déclare que Jacob ordonna à Joseph : « Tu me transporteras hors d’Égypte et tu m’enterreras dans leur lieu de sépulture » (Genèse 47:30). Karna dit : Il y a ici des questions intérieures, c’est-à-dire un sens secret : Notre patriarche Jacob savait qu’il était parfaitement juste, et si les morts des terres hors d’Eretz Israël reviennent à la vie, pourquoi a-t-il dérangé ses fils pour qu’ils l’amènent en Eretz Israël ? La raison est qu’il craignait de ne pas mériter les tunnels.
כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וַיַּשְׁבַּע יוֹסֵף אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא, דְּבָרִים בְּגוֹ: יוֹדֵעַ הָיָה יוֹסֵף בְּעַצְמוֹ שֶׁצַּדִּיק גָּמוּר הָיָה, וְאִם מֵתִים שֶׁבַּחוּצָה לָאָרֶץ חַיִּים, לָמָה הִטְרִיחַ אֶת אֶחָיו אַרְבַּע מֵאוֹת פַּרְסָה? שֶׁמָּא לֹא יִזְכֶּה לִמְחִילּוֹת.
De même, tu dis : « Et Joseph fit jurer les enfants d’Israël, en disant : Dieu se souviendra certainement de vous, et vous ferez monter d’ici mes os » (Genèse 50:25). Rabbi Ḥanina dit : Il y a ici des questions intérieures. Joseph savait à son propre sujet qu’il était parfaitement juste, et si les morts des terres en dehors d’Eretz Israël reviennent à la vie, pourquoi a-t-il dérangé ses frères pour porter son cercueil sur quatre cents parasanges jusqu’en Eretz Israël ? La raison est qu’il craignait de ne pas mériter les tunnels.
שְׁלַחוּ לֵיהּ אֲחוֹהִי לְרַבָּה: יוֹדֵעַ הָיָה יַעֲקֹב שֶׁצַּדִּיק גָּמוּר הָיָה וְכוּ׳. אִילְפָא מוֹסִיף בָּהּ דְּבָרִים: מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁהָיָה מִצְטַעֵר עַל אִשָּׁה אַחַת, וּבִיקֵּשׁ לֵירֵד, כֵּיוָן שֶׁשָּׁמַע כָּזֹאת, גִּלְגֵּל בְּעַצְמוֹ עַד יוֹם מוֹתוֹ.
§ Les frères de Rabba lui envoyèrent une lettre en Babylonie depuis Eretz Yisrael, dans laquelle ils mentionnaient cette idée selon laquelle Jacob savait qu’il était parfaitement juste, comme expliqué ci-dessus. Ils poursuivirent en écrivant que Ilfa ajoute des éléments à cette déclaration : Un incident se produisit concernant quelqu’un qui souffrait de son amour pour une certaine femme qu’il désirait épouser, et il chercha à descendre d’Eretz Yisrael. Lorsqu’il entendit cela au sujet de l’immense importance de vivre en Eretz Yisrael, il souffrit sans quitter le pays jusqu’au jour de sa mort.
אַף עַל פִּי שֶׁחָכָם גָּדוֹל אַתָּה, אֵינוֹ דּוֹמֶה לוֹמֵד מֵעַצְמוֹ לַלּוֹמֵד מֵרַבּוֹ. וְאִם תֹּאמַר אֵין לְךָ רַב — יֵשׁ לְךָ רַב, וּמַנּוּ — רַבִּי יוֹחָנָן.
Les frères de Rabba écrivirent aussi dans leur lettre : Et bien que tu sois un grand Sage, celui qui étudie seul n’est pas semblable à celui qui étudie auprès de son maître, et par conséquent tu devrais venir en Eretz Yisrael. Et si tu dis que tu n’as pas de maître en Eretz Yisrael, en réalité tu as un maître. Et qui est-ce ? C’est Rabbi Yoḥanan.
וְאִם אֵין אַתָּה עוֹלֶה — הִזָּהֵר בִּשְׁלֹשָׁה דְּבָרִים: אַל תַּרְבֶּה בִּישִׁיבָה — שֶׁיְּשִׁיבָה קָשָׁה לְתַחְתּוֹנִיּוֹת, וְאַל תַּרְבֶּה בַּעֲמִידָה — שֶׁעֲמִידָה קָשָׁה לַלֵּב, וְאַל תַּרְבֶּה בַּהֲלִיכָה — שֶׁהֲלִיכָה קָשָׁה לָעֵינַיִם. אֶלָּא שְׁלִישׁ בִּישִׁיבָה, שְׁלִישׁ בַּעֲמִידָה, שְׁלִישׁ בְּהִילּוּךְ.
Et si tu ne montes pas en Eretz Yisrael, prends garde à trois choses : ne reste pas assis excessivement, car le fait de rester assis est nuisible en ce qui concerne les hémorroïdes ; ne reste pas debout excessivement, car le fait de rester debout est nuisible en ce qui concerne les problèmes cardiaques ; et ne marche pas excessivement, car marcher est nuisible en ce qui concerne les problèmes oculaires. Au contraire, partage ton temps : un tiers pour être assis, un tiers pour être debout et un tiers pour marcher.
כׇּל יְשִׁיבָה שֶׁאֵין עִמָּהּ סְמִיכָה — עֲמִידָה נוֹחָה הֵימֶנָּה. עֲמִידָה סָלְקָא דַּעְתָּךְ? וְהָאָמְרַתְּ עֲמִידָה קָשָׁה לַלֵּב! אֶלָּא: יְשִׁיבָה
Les frères de Rabba lui offrirent davantage de conseils dans leur lettre : En ce qui concerne toute position assise sans appui, c’est-à-dire un objet sur lequel s’appuyer, être debout est plus confortable que cette position. La Guemara demande : Peut-il te venir à l’esprit que se tenir debout est préférable à être assis ? N’as-tu pas dit que se tenir debout est nuisible en ce qui concerne les problèmes cardiaques ? Plutôt, en ce qui concerne la position assise