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אֲפִילּוּ צַדִּיק גָּמוּר וְלוֹקֵחַ שׁוֹחַד — אֵינוֹ נִפְטָר מִן הָעוֹלָם בְּלֹא טֵירוּף דַּעַת.
même s’il est complètement juste mais qu’il a accepté un pot-de-vin, il ne quittera pas ce monde sans devenir dément.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אֲמַר: דָּרֵשׁ רַב נַחְמָן בַּר כֹּהֵן, מַאי דִּכְתִיב ״מֶלֶךְ בְּמִשְׁפָּט יַעֲמִיד אָרֶץ וְאִישׁ תְּרוּמוֹת יֶהֶרְסֶנָּה״ — אִם דּוֹמֶה דַּיָּין לְמֶלֶךְ, שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לִכְלוּם — ״יַעֲמִיד אָרֶץ״. וְאִם דּוֹמֶה לְכֹהֵן שֶׁמְּחַזֵּר עַל הַגֳּרָנוֹת — ״יֶהֶרְסֶנָּה״.
Lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit que Rav Naḥman bar Kohen interpréta un verset de manière homilétique comme suit. Quel est le sens de ce qui est écrit : « Le roi, par la justice, affermit le pays, mais celui qui exige des dons [terumot] le renverse » (Proverbes 29:4) ? Si un juge est comme un roi, en ce qu’il n’a besoin de rien et ne dépend de personne, il affermit le pays, c’est-à-dire qu’il peut exercer comme juge. Mais s’il est comme un prêtre, qui recherche ses terumot dans divers greniers, puisqu’il dépend des autres, il renverse le pays.
אָמַר רַבָּה בַּר רַב שֵׁילָא: הַאי דַּיָּינָא דְּשָׁאֵיל שְׁאֵילְתָא — פָּסוּל לְמֵידַן דִּינָא. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלֵית לֵיהּ לְאוֹשׁוֹלֵי, אֲבָל אִית לֵיהּ לְאוֹשׁוֹלֵי — לֵית לַן בַּהּ.
§ Rabba bar Rav Sheila a dit : Ce juge qui emprunte des objets à d’autres est disqualifié pour rendre un jugement, car c’est comme s’il acceptait un salaire. Et nous n’avons dit cela que dans un cas où il n’a pas d’objets à prêter aux autres, mais emprunte constamment sans prêter d’objets en retour. Cependant, s’il a des objets à prêter aux autres, nous n’avons aucun problème avec cela.
אִינִי? וְהָא רָבָא שָׁאֵיל שְׁאֵילְתָא מִדְּבֵי בַּר מָרִיּוֹן אַף עַל גַּב דְּלָא שָׁיְילִי מִינֵּיהּ? הָתָם לְאַחְשׁוֹבִינְהוּ הוּא דְּבָעֵי.
La Guemara demande : Est-ce bien le cas ? Mais Rava empruntait des objets à la maison de bar Maryon, bien qu’eux ne lui empruntaient pas. La Guemara répond : Là-bas, il voulait faire en sorte qu’ils soient considérés comme plus importants dans la communauté. Rava était très riche et n’avait pas besoin d’emprunter pour son propre bénéfice. Au contraire, en empruntant à la maison de bar Maryon, il élevait leur statut dans la communauté.
אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּשׁוּחְדָּא? כֵּיוָן דְּקַבֵּיל לֵיהּ שׁוּחְדָּא מִינֵּיהּ, אִיקָּרְבָא לֵיהּ דַּעְתֵּיהּ לְגַבֵּיהּ וְהָוֵי כְּגוּפֵיהּ, וְאֵין אָדָם רוֹאֶה חוֹבָה לְעַצְמוֹ. מַאי ״שׁוֹחַד״ — שֶׁהוּא חַד. אָמַר רַב פָּפָּא: לָא לֵידוּן אִינִישׁ דִּינָא לְמַאן דְּרָחֵים לֵיהּ, וְלָא לְמַאן דְּסָנֵי לֵיהּ. דְּרָחֵים לֵיהּ — לָא חָזֵי לֵיהּ חוֹבָה, דְּסָנֵי לֵיהּ — לָא חָזֵי לֵיהּ זְכוּתָא.
Rava a dit : Quelle est la raison de l’interdiction d’accepter un pot-de-vin ? Une fois qu’un juge accepte un pot-de-vin de l’une des parties, ses pensées se rapprochent de lui et il devient comme son propre soi, et une personne ne trouve pas de défaut en elle-même. La Guemara note que le terme lui-même fait allusion à cette idée : Quel est le sens de shoḥad, pot-de-vin ? On peut le lire ainsi : shehu ḥad, car il est un, c’est-à-dire d’un même esprit que le plaideur. Rav Pappa a dit : Une personne ne doit pas juger une affaire impliquant quelqu’un qu’elle aime, ni impliquant quelqu’un qu’elle déteste. Elle ne doit pas juger quelqu’un qu’elle aime, car elle ne trouvera en lui aucun défaut, tandis qu’à l’égard de quelqu’un qu’elle déteste, elle ne trouvera en lui aucun mérite.
אָמַר אַבָּיֵי: הַאי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן דִּמְרַחֲמִין לֵיהּ בְּנֵי מָתָא — לָאו מִשּׁוּם דִּמְעַלֵּי טְפֵי, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא מוֹכַח לְהוּ בְּמִילֵּי דִּשְׁמַיָּא.
Abaye dit : En ce qui concerne cet érudit de la Torah qui est aimé des habitants de sa ville, ce n’est pas parce qu’il est supérieur aux autres en sagesse ; plutôt, c’est parce qu’il ne les réprimande pas dans les affaires Célestes. Il est aimé parce qu’il n’est pas strict avec eux en ce qui concerne l’observance des mitzvot.
אָמַר רָבָא, מֵרֵישׁ הֲוָה אָמֵינָא: הָנֵי בְּנֵי מָחוֹזָא כּוּלְּהוּ רָחֲמוּ לִי. כֵּיוָן דַּהֲוַאי דַּיָּינָא, אָמֵינָא: מִינַּיְיהוּ סָנוּ לִי וּמִינַּיְיהוּ רָחֲמוּ לִי. כֵּיוָן דַּחֲזַאי דְּמַאן דְּמִיחַיַּיב (לֵיהּ) הָאִידָּנָא קָא זָכֵי לִמְחַר, אָמֵינָא: אִם מִרְחָם — כּוּלְּהוּ רָחֲמוּ לִי, אִי מִסְנוֹ — כּוּלְּהוּ סָנוּ לִי.
Rava dit : Au début, je disais que tous ces habitants de Meḥoza m’aiment ; cependant, une fois devenu juge, j’ai dit que certains d’entre eux me détestent et certains m’aiment, car je supposais que leurs sentiments à mon égard dépendaient de l’issue de leur affaire. Quand j’ai vu que celui que j’avais déclaré coupable aujourd’hui serait déclaré innocent le lendemain, j’ai compris que mes décisions ne déterminent pas leur attitude, et c’est pourquoi j’ai dit : Si ils aiment, alors ils m’aiment tous, et si ils détestent, alors ils me détestent tous, indépendamment de ce qui se passe au tribunal.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְשׁוֹחַד לֹא תִקָּח״, אֵינוֹ צָרִיךְ לוֹמַר שׁוֹחַד מָמוֹן, אֶלָּא אֲפִילּוּ שׁוֹחַד דְּבָרִים נָמֵי אָסוּר, מִדְּלָא כְּתִיב ״בֶּצַע לֹא תִקָּח״. הֵיכִי דָּמֵי שׁוֹחַד דְּבָרִים?
§ Les Sages ont enseigné : « Tu n’accepteras pas de pot-de-vin » (Exode 23:8). Il n’est pas nécessaire de dire que cela inclut la corruption au moyen de l’argent ; cependant, même la corruption verbale, l’assistance par la parole, est également interdite. La halakha selon laquelle un pot-de-vin n’est pas nécessairement monétaire est déduite du fait qu’il n’est pas écrit : Tu n’accepteras pas de profit. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de la corruption par des paroles ?
כִּי הָא דִּשְׁמוּאֵל הֲוָה עָבַר בְּמַבָּרָא, אֲתָא הָהוּא גַּבְרָא יָהֵיב לֵיהּ יְדֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: מַאי עֲבִידְתָּיךְ? אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא אִית לִי. אֲמַר לֵיהּ: פְּסִילְנָא לָךְ לְדִינָא.
La Guemara explique : Cela peut être démontré par cet épisode concernant Shmuel, qui était un jour en train de traverser une rivière sur un bac étroit. Un certain homme s'approcha et lui tendit la main pour l'aider à descendre du bac. Shmuel lui dit : Que fais-tu dans cet endroit ? L'homme lui dit : J'ai une affaire à présenter devant toi pour jugement. Shmuel lui dit : Je suis disqualifié pour présider ton affaire, puisque tu m'as rendu service. Bien qu'aucun argent n'ait changé de mains, un lien s'est formé entre les deux.
אַמֵּימָר הֲוָה יָתֵיב וְקָא דָאֵין דִּינָא. פְּרַח גַּדְפָּא אַרֵישֵׁיהּ, אֲתָא הָהוּא גַּבְרָא שַׁקְלֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי עֲבִידְתָּיךְ? אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא אִית לִי. אֲמַר לֵיהּ: פְּסִילְנָא לָךְ לְדִינָא. מָר עוּקְבָא הֲוָה שְׁדֵי רוּקָּא קַמֵּיהּ, אֲתָא הָהוּא גַּבְרָא כַּסְּיֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: מַאי עֲבִידְתָּיךְ? אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא אִית לִי. אֲמַר לֵיהּ: פְּסִילְנָא לָךְ לְדִינָא.
La Guemara raconte une histoire similaire. Ameimar était assis et jugeait une affaire lorsqu’une plume flotta et se posa sur sa tête. Un certain homme vint et l’enleva de sa tête. Ameimar lui dit : Que fais-tu ici ? Il lui dit : J’ai une affaire à présenter devant toi. Ameimar lui dit : Je suis disqualifié pour présider ton affaire, en raison de la faveur que tu m’as rendue. La Guemara raconte également : Il y avait de la salive devant Mar Ukva. Un certain homme vint et la couvrit. Il lui dit : Que fais-tu ici ? Il lui dit : J’ai une affaire à présenter devant toi. Mar Ukva lui dit : Je suis disqualifié pour présider ton affaire.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי הֲוָה רְגִיל אֲרִיסֵיהּ דַּהֲוָה מַיְיתֵי לֵיהּ כׇּל מַעֲלֵי שַׁבְּתָא כַּנְתָּא דְפֵירֵי. יוֹמָא חַד אַיְיתִי לֵיהּ בְּחַמְשָׁה בְּשַׁבְּתָא. אֲמַר לֵיהּ: מַאי שְׁנָא הָאִידָּנָא? אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא אִית לִי, וְאָמֵינָא, אַגַּב אוֹרְחִי אַיְיתֵי לֵיהּ לְמָר. לָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: פְּסִילְנָא לָךְ לְדִינָא.
La Guemara cite un autre incident. Le métayer de Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, avait l’habitude de lui apporter un panier [kanta] plein de fruits chaque veille de Shabbat. Un jour, il lui apporta le panier un jeudi. Rabbi Yishmael lui dit : Qu’y a-t-il de différent pour que tu sois venu tôt maintenant, cette semaine ? Le métayer lui dit : J’ai une affaire à te présenter, et je me suis dit que sur mon chemin j’apporterai au Maître le panier de fruits, puisque de toute façon je viens le jeudi, le jour où les tribunaux siègent. Rabbi Yishmael n’accepta pas de lui le panier de fruits , et lui dit : Je suis disqualifié pour présider ton affaire.
אוֹתֵיב זוּזָא דְרַבָּנַן וְקָדָיְינִין לֵיהּ. בַּהֲדֵי דְּקָאָזֵיל וְאָתֵי אֲמַר: אִי בָּעֵי — טָעֵין הָכִי, וְאִי בָּעֵי — טָעֵין הָכִי. אָמַר: תִּיפַּח נַפְשָׁם שֶׁל מְקַבְּלֵי שׁוֹחַד! וּמָה אֲנִי שֶׁלֹּא נָטַלְתִּי, וְאִם נָטַלְתִּי — שֶׁלִּי נָטַלְתִּי, כָּךְ, מְקַבְּלֵי שׁוֹחַד — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Yishmaël fit asseoir une paire d’érudits rabbiniques et ils jugèrent l’affaire du métayer. Alors que Rabbi Yishmaël allait et venait, il se disait à lui-même : S’il le veut, il pourrait avancer ceci, et s’il le veut, il pourrait avancer cela, c’est-à-dire qu’il continuait à penser à toutes les façons dont le plaideur qui lui avait apporté les fruits pouvait gagner son procès. Il se dit à lui-même : Que les âmes de ceux qui acceptent des pots-de-vin soient maudites. Si moi, qui n’ai rien accepté, et si j’avais accepté, j’aurais accepté ce qui m’appartient, puisqu’il est mon métayer et que les fruits m’appiennent légalement, je suis néanmoins dans cet état d’esprit à cause du cadeau proposé, à plus forte raison ceux qui acceptent réellement des pots-de-vin sont inévitablement biaisés en faveur de celui qui les a soudoyés.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר אֱלִישָׁע אַיְיתִי לֵיהּ הַהוּא גַּבְרָא רֵאשִׁית הַגֵּז. אֲמַר לֵיהּ: מֵהֵיכָא אַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: מִדּוּךְ פְּלָן. וּמֵהָתָם לְהָכָא לָא הֲוָה כֹּהֵן לְמִיתְּבָא לֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא אִית לִי, וְאָמֵינָא, אַגַּב אוֹרְחַאי אַיְיתֵי לֵיהּ לְמָר. אֲמַר לֵיהּ: פְּסִילְנָא לָךְ לְדִינָא, לָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ.
La Guemara rapporte également au sujet de Rabbi Yishmael bar Elisha, qui était prêtre, qu’un certain homme lui apporta un jour la première tonte. Rabbi Yishmael lui dit : D’où es-tu ? L’homme lui dit : Je suis de tel et tel endroit. Rabbi Yishmael lui dit : Et de là jusqu’ici, n’y avait-il pas de prêtre à qui tu pouvais donner la première tonte ? Il lui dit : J’ai une affaire à te présenter, et je me suis dit qu’en chemin j’apporterais au Maître la première tonte. Rabbi Yishmael lui dit : Je suis disqualifié pour présider ton affaire, et il n’accepta pas de lui la première tonte .
אוֹתֵיב לֵיהּ זוּגָא דְרַבָּנַן וְקָדָיְינִי לֵיהּ. בַּהֲדֵי דְּקָאָזֵיל וְאָתֵי, אֲמַר: אִי בָּעֵי טָעֵין הָכִי, וְאִי בָּעֵי טָעֵין הָכִי. אָמַר: תִּיפַּח נַפְשָׁם שֶׁל מְקַבְּלֵי שׁוֹחַד! וּמָה אֲנִי שֶׁלֹּא נָטַלְתִּי, וְאִם נָטַלְתִּי — שֶׁלִּי נָטַלְתִּי, כָּךְ, מְקַבְּלֵי שׁוֹחַד — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Yishmaël bar Elisha fit asseoir une paire d’érudits rabbiniques et ils jugèrent son affaire. Alors que Rabbi Yishmaël allait et venait, il se disait à lui-même : S’il le veut, il pourrait prétendre ceci, et s’il le veut, il pourrait prétendre cela. Il se dit à lui-même : Que les âmes de ceux qui acceptent des pots-de-vin soient maudites. Si moi, qui n’ai rien accepté, et si j’avais accepté, j’aurais accepté ce qui m’appartenait, car je suis prêtre et j’ai droit de recevoir la première tonte, je suis néanmoins dans cet état d’esprit, à plus forte raison ceux qui acceptent des pots-de-vin.
רַב עָנָן אַיְיתִי לֵיהּ הַהוּא גַּבְרָא כַּנְתָּא דְגִילְדָּנֵי דְּבֵי גִילֵי. אֲמַר לֵיהּ: מַאי עֲבִידְתָּיךְ? אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא אִית לִי. לָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: פְּסִילְנָא לָךְ לְדִינָא.
La Guemara raconte : Il y avait un certain homme qui, un jour, apporta à Rav Anan un panier de petits poissons [gildanei devei gilei]. Il lui dit : Que fais-tu ici ? L’homme lui dit : J’ai une affaire à présenter devant toi. Rav Anan n’accepta pas le panier de sa part, et lui dit : Je suis disqualifié pour présider ton affaire, en raison de tes actes.
אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא דְּמָר לָא בָּעֵינָא, קַבּוֹלֵי לְקַבֵּיל מָר דְּלָא לִמְנְעַן מָר מֵאַקְרוֹבֵי בִּכּוּרִים. דְּתַנְיָא: ״וְאִישׁ בָּא מִבַּעַל שָׁלִישָׁה וַיָּבֵא לְאִישׁ הָאֱלֹהִים לֶחֶם בִּכּוּרִים עֶשְׂרִים לֶחֶם שְׂעוֹרִים וְכַרְמֶל בְּצִקְלוֹנוֹ״. וְכִי אֱלִישָׁע אוֹכֵל בִּכּוּרִים הֲוָה? אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: כׇּל הַמֵּבִיא דּוֹרוֹן לְתַלְמִיד חָכָם — כְּאִילּוּ מַקְרִיב בִּכּוּרִים.
L’homme lui dit : Je n’ai pas besoin du jugement du Maître. Cependant, que le Maître accepte mon cadeau malgré tout, afin que le Maître ne m’empêche pas de présenter les prémices. Quel rapport la mitsva des prémices a-t-elle avec cette situation ? Comme il est enseigné dans une baraita : « Et un homme vint de Ba’al Shalisha, et il apporta à l’homme de Dieu du pain des prémices, vingt pains d’orge et des épis frais dans son sac » (II Rois 4:42). Mais Élisée, le destinataire de ces dons, mangeait-il des prémices ? Après tout, il n’était pas prêtre. Au contraire, ce verset vient t’enseigner : Quiconque apporte un cadeau à un érudit de la Torah, c’est comme s’il avait présenté des prémices. Ce visiteur de Rav Anan souhaitait accomplir cette mitsva.
אֲמַר לֵיהּ: קַבּוֹלֵי לָא בָּעֵינַן דְּאֵיקַבֵּיל, הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ לִי טַעְמָא, מְקַבֵּילְנָא. שַׁדְּרֵיהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן, שְׁלַח לֵיהּ: נִידַיְּינֵיהּ מָר לְהַאי גַּבְרָא, דַּאֲנָא עָנָן פְּסִילְנָא לֵיהּ לְדִינָא. אָמַר: מִדִּשְׁלַח לִי הָכִי, שְׁמַע מִינַּהּ קָרִיבֵיהּ הוּא. הֲוָה קָאֵים דִּינָא דְיַתְמֵי קַמֵּיהּ, אֲמַר:
Rav Anan lui dit : Je ne veux pas prendre cela de toi, mais maintenant que tu m’as expliqué la raison pour laquelle tu souhaites me le donner, je l’accepterai de toi. Rav Anan envoya l’homme à Rav Naḥman, et lui envoya aussi une lettre : Que le Maître juge l’affaire de cet homme, car moi, Anan, je suis disqualifié pour juger ses affaires. Rav Naḥman se dit à lui-même : Du fait qu’il m’a envoyé cette lettre, je peux en conclure ici que la raison pour laquelle il est disqualifié pour juger l’affaire est qu’il est son parent. À ce moment-là, une affaire concernant des orphelins était entendue devant Rav Naḥman. Il dit :

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