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וְהוֹשִׁיבוּ יְשִׁיבָה לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״. ״שִׁמְעוֹן בְּנִי חָכָם, גַּמְלִיאֵל בְּנִי נָשִׂיא, חֲנִינָא בַּר חָמָא יֵשֵׁב בָּרֹאשׁ״.
et reprenez les séances d’étude à la yeshiva après trente jours de deuil. Mon fils Shimon est un Sage. Mon fils Gamliel sera le Nasi. Ḥanina bar Ḥama siégera à la tête de la yeshiva.
אַל תִּסְפְּדוּנִי בָּעֲיָירוֹת — סְבוּר מִינַּהּ מִשּׁוּם טִרְחָא הוּא דְּקָאָמַר. כֵּיוָן דַּחֲזוֹ דְּקָסָפְדִי בִּכְרַכִּים וְקָאָתוּ כּוּלֵּי עָלְמָא, אָמְרוּ: שְׁמַע מִינַּהּ מִשּׁוּם יְקָרָא הוּא דְּקָאָמַר.
La Guemara explique les demandes de Rabbi Yehouda HaNassi : Ne faites pas mon éloge funèbre dans les petites villes. Ils comprirent de cette déclaration qu’il disait cela en raison de la peine que cela causerait à beaucoup si l’on faisait son éloge funèbre dans chaque ville, puisqu’ils devraient voyager depuis les villages éloignés pour prendre part aux éloges funèbres. Cependant, lorsqu’ils virent qu’on faisait son éloge funèbre dans les villes et que tout le monde venait malgré la peine, ils dirent : Conclus d’ici qu’il disait cela pour des considérations de honneur. S’ils avaient fait son éloge funèbre dans les petites villes, les rassemblements auraient été modestes et indignes d’un homme de sa stature. Il demanda donc qu’on organise les choses de manière à ce que de grandes foules se rassemblent.
הוֹשִׁיבוּ יְשִׁיבָה לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם — דְּלָא עֲדִיפְנָא מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב: ״וַיִּבְכּוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת מֹשֶׁה בְּעַרְבוֹת מוֹאָב שְׁלֹשִׁים יוֹם״, תְּלָתִין יוֹמִין סָפְדִין בִּימָמָא וְלֵילְיָא, מִכָּאן וְאֵילָךְ סָפְדוּ בִּימָמָא וְגָרְסִי בְּלֵילְיָא, אוֹ סָפְדוּ בְּלֵילְיָא וְגָרְסִי בִּימָמָא, עַד דְּסָפְדִי תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא.
Rabbi Yehuda HaNasi donna en outre cette instruction : Reprenez les séances d’étude à la yeshiva après trente jours de deuil. Cela est parce que je ne suis pas meilleur que Moïse, notre maître, comme il est écrit : « Les enfants d’Israël pleurèrent Moïse dans les plaines de Moab pendant trente jours » (Deutéronome 34:8), ce qui signifie que pendant trente jours ils firent son éloge funèbre jour et nuit. À partir de ce moment ils firent son éloge funèbre le jour et ils étudiaient la nuit, ou ils firent son éloge funèbre la nuit et étudiaient le jour, jusqu’à ce qu’ils fassent son éloge funèbre pendant douze mois de l’année.
הָהוּא יוֹמָא דְּאַשְׁכָּבְתֵּיהּ דְּרַבִּי נְפַקָא בַּת קָלָא וַאֲמַרָה: כֹּל דַּהֲוָה בְּאַשְׁכָּבְתֵּיהּ דְּרַבִּי, מְזוּמָּן הוּא לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא. הָהוּא כּוֹבֵס כֹּל יוֹמָא הֲוָה אָתֵי קַמֵּיהּ, הָהוּא יוֹמָא לָא אֲתָא. כֵּיוָן דִּשְׁמַע הָכִי, סְלֵיק לְאִיגָּרָא וּנְפַל לְאַרְעָא וּמִית. יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: אַף הַהוּא כּוֹבֵס מְזוּמָּן הוּא לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא.
La Guemara raconte que le jour des funérailles de Rabbi Yehouda HaNassi, une Voix divine sortit et dit : Quiconque était présent aux funérailles de Rabbi Yehouda HaNassi est destiné à la vie dans le Monde à venir. Il y avait un certain blanchisseur qui venait auprès de Rabbi Yehouda HaNassi chaque jour. Ce jour-là en particulier, il ne vint pas et n’était donc pas présent aux funérailles. Lorsqu’il entendit cela, que Rabbi Yehouda HaNassi était mort, il fut si accablé de chagrin qu’il monta sur le toit, tomba à terre et mourut. Une Voix divine sortit et dit : Ce blanchisseur aussi est destiné à la vie dans le Monde à venir.
שִׁמְעוֹן בְּנִי חָכָם — מַאי קָאָמַר? הָכִי קָאָמַר: אַף עַל פִּי שֶׁשִּׁמְעוֹן בְּנִי חָכָם, גַּמְלִיאֵל בְּנִי נָשִׂיא.
§ Rabbi Yehouda HaNassi a dit : Mon fils Shimon est un Sage ; mon fils Gamliel doit être le Nasi. Que disait-il, c’est-à-dire, que voulait-il dire par ces remarques ? La Guemara explique : Voici ce qu’il disait : Bien que mon fils Shimon soit un Sage plus grand, mon fils Gamliel doit être le Nasi.
אָמַר לֵוִי: צְרִיכָא לְמֵימַר? אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי: צְרִיכָא לָךְ וּלְמַטְלַעְתָּךְ. מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ — הָא קְרָא קָאָמַר: ״וְאֶת הַמַּמְלָכָה נָתַן לִיהוֹרָם כִּי הוּא הַבְּכוֹר״!
Lévi dit : Faut-il vraiment le dire ? Après tout, Gamliel était le premier-né. Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehouda HaNassi, dit : Cela est nécessaire pour toi et pour ta claudication. La Guemara demande : Qu’est-ce que Rabbi Shimon a trouvé difficile dans la question de Lévi, au point de s’en moquer ? Le verset ne dit-il pas : « Mais le royaume, il le donna à Joram parce qu’il était le premier-né » (II Chroniques 21:3) ? Cela indique que le premier-né est celui qui hérite de la fonction de son père, et ainsi Lévi a légitimement demandé pourquoi Rabbi Yehouda HaNassi devait laisser des instructions explicites à ce sujet.
הַהוּא, מְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו הֲוָה, וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל אֵינוֹ מְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו הֲוָה.
La Guemara explique : Lui, Yehoram, a rempli la place de ses pères, c’est-à-dire qu’il leur était égal par ses qualités personnelles et ses capacités de direction. Cependant, Rabban Gamliel n’a pas rempli la place de ses pères, et pour cette raison Rabbi Yehuda HaNasi a dû ordonner explicitement que, malgré cela, il soit néanmoins nommé Nasi.
וְרַבִּי מַאי טַעְמָא עֲבַד הָכִי? נְהִי דְּאֵינוֹ מְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו בְּחׇכְמָה — בְּיִרְאַת חֵטְא מְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו הֲוָה.
La Guemara demande : Et si tel est le cas, quelle est la raison pour laquelle Rabbi Yehouda HaNasi a fait cela ? Pourquoi a-t-il choisi ce fils pour lui succéder s’il n’était pas apte à cette fonction ? La Guemara répond : Bien qu’il n’ait pas rempli la place de ses pères en matière de sagesse, car il n’était pas un érudit de la Torah aussi grand que son père, il a rempli la place de ses pères en matière de crainte du péché et était donc apte à être nommé Nasi.
חֲנִינָא בַּר חָמָא יֵשֵׁב בָּרֹאשׁ — לֹא קִיבֵּל רַבִּי חֲנִינָא, שֶׁהָיָה רַבִּי אַפָּס גָּדוֹל מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי שָׁנִים וּמֶחֱצָה. יְתֵיב רַבִּי אַפָּס בְּרֵישָׁא וִיתֵיב רַבִּי חֲנִינָא אַבָּרַאי, וַאֲתָא לֵוִי וִיתֵיב גַּבֵּיהּ.
§ Rabbi Yehuda HaNasi donna pour instruction : Ḥanina bar Ḥama siègera à la tête de la yeshiva. La Guemara rapporte : Rabbi Ḥanina n’accepta pas cette nomination, parce que Rabbi Afes était plus âgé que lui de deux ans et demi et qu’il ne voulait pas le devancer en acceptant cette fonction. Par conséquent, Rabbi Afes siégea à la tête de la yeshiva, et Rabbi Ḥanina s’assit à l’extérieur, car il ne convenait pas qu’il s’assît comme élève devant Rabbi Afes. Et Lévi vint s’asseoir et étudia avec lui à l’extérieur.
נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַבִּי אַפָּס וִיתֵיב רַבִּי חֲנִינָא בְּרֵישָׁא, וְלָא הֲוָה לֵיהּ לְלֵוִי אִינִישׁ לְמֵיתַב גַּבֵּיהּ, וְקָאָתֵא לְבָבֶל. וְהַיְינוּ דְּאָמְרִי לֵיהּ לְרַב: גַּבְרָא רַבָּה אִקְּלַע לִנְהַרְדְּעָא וּמַטְלַע וְדָרֵישׁ כְּלִילָא שְׁרֵי. אֲמַר: שְׁמַע מִינַּהּ נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַבִּי אַפָּס, וִיתֵיב רַבִּי חֲנִינָא בְּרֵישָׁא, וְלָא הֲוָה לֵיהּ לְלֵוִי אִינִישׁ לְמֵיתַב גַּבֵּיהּ, וְקָאָתֵי.
Rabbi Afes mourut, et Rabbi Ḥanina, prenant sa place, s’assit à la tête de la yeshiva. Et Levi n’avait personne avec qui s’asseoir et étudier, et ainsi il vint en Babylonie. Et tel est le contexte de l’incident dans lequel on dit à Rav : Un grand homme est venu à Neharde’a, et il boite, et il a enseigné : Il est permis à une femme qui porte une kelila, un ornement semblable à un diadème, de sortir avec dans le domaine public pendant le Chabbat. Rav dit alors : Conclus de cela que Rabbi Afes mourut et Rabbi Ḥanina, prenant sa place, s’assit à la tête de la yeshiva, et Levi n’avait personne avec qui s’asseoir et étudier, et ainsi il vint en Babylonie.
וְאֵימָא, רַבִּי חֲנִינָא נָח נַפְשֵׁיהּ וְרַבִּי אַפָּס כְּדִיתֵיב יְתֵיב, וְלָא הֲוָה לֵיהּ לְלֵוִי אִינִישׁ לְמֵיתַב גַּבֵּיהּ וְקָאָתֵי? אִיבָּעֵית אֵימָא: לֵוִי לְרַבִּי אַפָּס מִיכָּף הֲוָה כַּיִיף לֵיהּ.
La Guemara demande : Comment Rav savait-il que c’était Rabbi Afes qui était mort ? Dis que Rabbi Ḥanina était celui qui est mort, et que Rabbi Afes s’est assis comme il s’était assis, c’est-à-dire qu’il a continué à siéger à la tête de la yeshiva, et Lévi n’avait personne avec qui s’asseoir, et c’est pourquoi il est venu en Babylonie. La Guemara répond : Si tu veux, dis que Lévi était subordonné à Rabbi Afes et se serait assis devant lui comme un élève si Rabbi Afes avait encore été en vie, et que la seule raison pour laquelle il s’était assis dehors au départ était par déférence envers Rabbi Ḥanina, qui s’asseyait dehors parce qu’il ne se considérait pas comme subordonné à Rabbi Afes.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: כֵּיוָן דְּאָמַר ״רַבִּי חֲנִינָא בַּר חָמָא יֵשֵׁב בָּרֹאשׁ״ — לָא סַגִּי דְּלָא מָלֵיךְ, דִּכְתִיב בְּהוּ בְּצַדִּיקִים: ״וְתִגְזַר אוֹמֶר וְיָקׇם לָךְ״.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que, puisque Rabbi Yehouda HaNassi a dit : Ḥanina bar Ḥama siègera à la tête de la yeshiva, il n’est pas possible qu’il ne finisse pas par un jour diriger la yeshiva. Par conséquent, ce doit être Rabbi Afes qui est mort et Rabbi Ḥanina qui a pris sa place, comme il est écrit au sujet des justes : « Tu décréteras aussi une chose, et elle s’accomplira pour toi » (Job 22:28).
וְהָא הֲוָה רַבִּי חִיָּיא! נָח נַפְשֵׁיהּ. וְהָאָמַר רַבִּי חִיָּיא: אֲנִי רָאִיתִי קִבְרוֹ שֶׁל רַבִּי, וְהוֹרַדְתִּי עָלָיו דְּמָעוֹת! אֵיפוֹךְ.
La Guemara demande : Mais Rabbi Ḥiyya n’était-il pas là ? Pourquoi Rabbi Yehuda HaNasi ne l’a-t-il pas nommé à la tête de la yeshiva ? La Guemara répond : Il est mort avant Rabbi Yehuda HaNasi. La Guemara demande : Mais Rabbi Ḥiyya n’a-t-il pas dit : J’ai vu l’emplacement de la tombe de Rabbi Yehuda HaNasi et j’ai versé des larmes sur elle ? La Guemara répond : Inversez les noms. C’est Rabbi Yehuda HaNasi qui a dit qu’il avait vu l’emplacement de la tombe de Rabbi Ḥiyya.
וְהָאָמַר רַבִּי חִיָּיא: אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁמֵּת רַבִּי בָּטְלָה קְדוּשָּׁה! אֵיפוֹךְ.
La Guemara demande : Mais Rabbi Ḥiyya n’a-t-il pas dit : En ce jour où Rabbi Yehouda HaNassi mourut, la sainteté cessa ? La Guemara répond : Inversez les noms. C’est Rabbi Yehouda HaNassi qui a fait cette déclaration au sujet de Rabbi Ḥiyya.
וְהָתַנְיָא: כְּשֶׁחָלָה רַבִּי, נִכְנַס רַבִּי חִיָּיא אֶצְלוֹ וּמְצָאוֹ שֶׁהוּא בּוֹכֶה, אָמַר לוֹ: רַבִּי, מִפְּנֵי מָה אַתָּה בּוֹכֶה? וְהָתַנְיָא: מֵת מִתּוֹךְ הַשְּׂחוֹק — סִימָן יָפֶה לוֹ, מִתּוֹךְ הַבֶּכִי — סִימָן רַע לוֹ. פָּנָיו לְמַעְלָה — סִימָן יָפֶה לוֹ, פָּנָיו לְמַטָּה — סִימָן רַע לוֹ. פָּנָיו כְּלַפֵּי הָעָם — סִימָן יָפֶה לוֹ, כְּלַפֵּי הַכּוֹתֶל — סִימָן רַע לוֹ. פָּנָיו יְרוּקִּין — סִימָן רַע לוֹ, פָּנָיו צְהוּבִּין וַאֲדוּמִּים — סִימָן יָפֶה לוֹ. מֵת בְּעֶרֶב שַׁבָּת — סִימָן יָפֶה לוֹ. בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת — סִימָן רַע לוֹ. מֵת בְּעֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים — סִימָן רַע לוֹ, בְּמוֹצָאֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים — סִימָן יָפֶה לוֹ. מֵת מֵחוֹלִי מֵעַיִים — סִימָן יָפֶה לוֹ, מִפְּנֵי שֶׁרוּבָּם שֶׁל צַדִּיקִים מִיתָתָן בְּחוֹלִי מֵעַיִים.
La Guemara demande : Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Lorsque Rabbi Yehouda HaNassi tomba malade, Rabbi Ḥiyya entra pour être avec lui et le trouva en train de pleurer. Il lui dit : Mon maître, pour quelle raison pleures-tu ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita :
Si quelqu’un meurt en riant, c’est un bon signe pour lui ; en pleurant, c’est un mauvais signe pour lui.
Si quelqu’un meurt avec le visage tourné vers le haut, c’est un bon signe pour lui ; avec le visage tourné vers le bas, c’est un mauvais signe pour lui.
Si quelqu’un meurt avec le visage tourné vers les personnes qui l’entourent, c’est un bon signe pour lui ; avec le visage tourné vers le mur, c’est un mauvais signe pour lui.
Si le visage de quelqu’un est pâle, c’est un mauvais signe pour lui ; si son visage est jaune ou vermeil, c’est un bon signe pour lui.
Si quelqu’un meurt la veille de Shabbat, c’est un bon signe pour lui, car il entre directement dans le repos du Shabbat ; si quelqu’un meurt à l’issue de Shabbat, c’est un mauvais signe pour lui.
Si quelqu’un meurt la veille de Yom Kippour, c’est un mauvais signe pour lui, car ses fautes n’ont pas encore été pardonnées ; si quelqu’un meurt à l’issue de Yom Kippour, c’est un bon signe pour lui, parce qu’il est mort après que ses fautes ont été pardonnées.
Si quelqu’un meurt d’une maladie intestinale, c’est un bon signe pour lui, car la plupart des justes meurent d’une maladie intestinale.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא אַתּוֹרָה וּמִצְוֹת קָא בָכֵינָא!
Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Je pleure pour la Torah et les mitsvot que je ne pourrai plus accomplir après ma mort. Cela indique que Rabbi Ḥiyya était présent au moment de la mort de Rabbi Yehuda HaNasi.
אִיבָּעֵית אֵימָא אֵיפוֹךְ, וְאִיבָּעֵית אֵימָא לְעוֹלָם לָא תֵּיפוֹךְ, רַבִּי חִיָּיא עָסוּק בְּמִצְוֹת הֲוָה וְרַבִּי סָבַר לָא אֲפַגְּרֵיהּ.
La Guemara répond : Si tu veux, dis qu’il faut inverser les noms et que c’était Rabbi Yehuda HaNasi qui est venu rendre visite à Rabbi Ḥiyya avant sa mort. Et si tu veux, dis plutôt que en réalité nous n’avons pas besoin d’inverser les noms dans toutes les déclarations ci-dessus, mais qu’il faut plutôt expliquer que Rabbi Ḥiyya était occupé à l’accomplissement des mitzvot, et Rabbi Yehuda HaNasi s’est dit : je ne vais pas le retenir de l’accomplissement des mitzvot en le nommant à la tête de la yeshiva.
וְהַיְינוּ דְּכִי הֲווֹ מִינְּצוּ רַבִּי חֲנִינָא וְרַבִּי חִיָּיא, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חֲנִינָא לְרַבִּי חִיָּיא: בַּהֲדֵי דִידִי מִינְּצֵת? דְּאִם חַס וְשָׁלוֹם נִשְׁתַּכְּחָה תּוֹרָה מִיִּשְׂרָאֵל, מַהְדַּרְנָא לֵיהּ מִפִּלְפּוּלַי.
Et voici le contexte d’un échange qui eut lieu lorsque Rabbi Ḥanina et Rabbi Ḥiyya se disputèrent. Rabbi Ḥanina dit à Rabbi Ḥiyya : Tu te disputes avec moi ? Si, à Dieu ne plaise, la Torah venait à être oubliée du peuple juif, je la rétablirais grâce à mes analyses, c’est-à-dire qu’en utilisant mes capacités d’analyse, je serais capable de redécouvrir tout ce qui avait été perdu.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא: אֲנָא עֲבַדִי דְּלָא מִשְׁתַּכְחָה תּוֹרָה מִיִּשְׂרָאֵל. דְּאַיְיתִינָא כִּיתָּנָא וְשָׁדֵיינָא, וּמְגַדֵּלְנָא נִישְׁבֵּי, וְצָיֵידְנָא טְבֵי(א), וּמַאֲכֵילְנָא בִּישְׂרָא לְיַתְמֵי, וְאָרֵיכְנָא מְגִילְּתָא מִמַּשְׁכֵי דִטְבֵי, וְסָלֵיקְנָא לְמָתָא דְּלֵית בַּהּ מַקְרֵי דַרְדְּקֵי, וְכָתֵיבְנָא חַמְשָׁא חוּמְשֵׁי לְחַמְשָׁא יָנוֹקֵי, וּמַתְנֵינָא שִׁיתָּא סִידְרֵי לְשִׁיתָּא יָנוֹקֵי, לְכֹל חַד וְחַד אֲמַרִי לֵיהּ אַתְנִי סִידְרָךְ לְחַבְרָךְ.
Rabbi Ḥiyya dit à Rabbi Ḥanina : Je travaille pour faire en sorte que la Torah ne soit pas oubliée par le peuple juif. Car j’apporte du lin et je le plante, puis je tisse des filets avec les fibres de lin. Je sors ensuite et capture des cerfs, et je donne la viande aux orphelins, et je fabrique des rouleaux à partir des peaux des cerfs. Et je vais dans une ville qui n’a pas d’enseignants pour les enfants et j’écris les cinq livres de la Torah pour cinq enfants. Et j’enseigne les six ordres de la Mishna à six enfants. À chacun et à chacune de ces enfants je dis : Enseignez votre ordre à vos amis. De cette manière, tous les enfants apprendront toute la Torah et la Mishna.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי: כַּמָּה גְּדוֹלִים מַעֲשֵׂה חִיָּיא. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי: אֲפִילּוּ מִמְּךָ? אֲמַר לֵיהּ: אִין. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: אֲפִילּוּ מֵאַבָּא? אֲמַר לֵיהּ: חַס וְשָׁלוֹם, לֹא תְּהֵא כָּזֹאת בְּיִשְׂרָאֵל.
Et c’est à cela que Rabbi Yehouda HaNassi faisait référence lorsqu’il dit : Que les actions de Ḥiyya sont grandes. Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehouda HaNassi, dit à son père : Sont-elles encore plus grandes que les tiennes ? Il lui dit : Oui. Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, dit à Rabbi Yehouda HaNassi : Sont-elles encore plus grandes que l’œuvre de Rabbi Yossei, mon père ? Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : À Dieu ne plaise. De tels propos ne doivent pas être tenus parmi le peuple juif.
אָמַר לָהֶן: לִבְנִי קָטָן אֲנִי צָרִיךְ. נִכְנַס רַבִּי שִׁמְעוֹן אֶצְלוֹ, מָסַר לוֹ סִדְרֵי חׇכְמָה,
§ La Guemara revient au récit de la mort imminente de Rabbi Yehouda HaNassi : Il leur dit : J’ai besoin de mon plus jeune fils. Rabbi Shimon entra en sa présence. Il lui transmit les instructions de sagesse, y compris la manière dont il devait se conduire et les principes essentiels de la Torah.
אָמַר לָהֶן: לִבְנִי גָּדוֹל אֲנִי צָרִיךְ. נִכְנַס רַבָּן גַּמְלִיאֵל אֶצְלוֹ, וּמָסַר לוֹ סִדְרֵי נְשִׂיאוּת. אָמַר לוֹ: ״בְּנִי, נְהוֹג נְשִׂיאוּתָךְ בְּרָמִים, זְרוֹק מָרָה בַּתַּלְמִידִים״.
Il leur dit : J’ai besoin de mon fils aîné. Rabban Gamliel entra en sa présence, et Rabbi Yehuda HaNasi lui transmitit les procédures de la fonction de Nasi. Rabbi Yehuda HaNasi dit à Rabban Gamliel : Mon fils, exerce ta charge de Nasi avec fermeté et inspire de la crainte à tes élèves, c’est-à-dire traite-les avec fermeté afin qu’ils te craignent.
אִינִי? וְהָא כְּתִיב: ״וְאֶת יִרְאֵי ה׳ יְכַבֵּד״, וְאָמַר מָר: זֶה יְהוֹשָׁפָט מֶלֶךְ יְהוּדָה, כְּשֶׁהָיָה רוֹאֶה תַּלְמִיד חָכָם הָיָה עוֹמֵד מִכִּסְּאוֹ, וּמְחַבְּקוֹ וּמְנַשְּׁקוֹ, וְקוֹרֵא לוֹ: רַבִּי רַבִּי, מָרִי מָרִי!
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi qu’il convient d’agir ? Mais n’est-il pas écrit : « Mais il honore ceux qui craignent le Seigneur » (Psaumes 15:4), et le Maître a dit : Cela fait référence à Josaphat, roi de Juda. Lorsqu’il voyait un érudit de la Torah, il se levait de son trône, l’embrassait, le couvrait de baisers et l’appelait : Mon maître, mon maître, mon seigneur, mon seigneur. Cela démontre qu’il convient même à un roi de se comporter avec affection envers les érudits de la Torah.
לָא קַשְׁיָא: הָא בְּצִינְעָא, הָא בְּפַרְהֶסְיָא.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Cette marque d’affection doit être appliquée en privé, lorsque seuls l’enseignant et l’élève sont présents, tandis que cette attitude sévère doit être appliquée en public, afin d’assurer l’autorité de l’enseignant.
תַּנְיָא: רַבִּי מוּטָל בְּצִיפּוֹרִי, וּמָקוֹם מוּכָן לוֹ בְּבֵית שְׁעָרִים. וְהָתַנְיָא: ״צֶדֶק צֶדֶק תִּרְדֹּף״ — הַלֵּךְ אַחַר רַבִּי לְבֵית שְׁעָרִים!
Il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda HaNasi était alité malade à Tzippori, et un lieu de sépulture était prêt pour lui à Beit She’arim. La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : « Justice, justice tu poursuivras » (Deutéronome 16:20) ; suis Rabbi Yehuda HaNasi à Beit She’arim, c’est-à-dire qu’on doit chercher à faire juger son affaire par le tribunal de Rabbi Yehuda HaNasi à Beit She’arim. Cela indique que Beit She’arim, et non Tzippori, était le lieu de résidence de Rabbi Yehuda HaNasi, et qu’il devait donc être alité malade à Beit She’arim.
רַבִּי בְּבֵית שְׁעָרִים הֲוָה, אֶלָּא כֵּיוָן דַּחֲלַשׁ אַמְטְיוּהִי לְצִיפּוֹרִי,
La Guemara répond : Rabbi Yehouda HaNassi était à Beit She’arim, mais lorsqu’il tomba malade, on le transféra à Tzippori,

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