מַאי לִמְקוֹם שֶׁאִמָּהּ? שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ בַּת אֵצֶל הָאֵם, לָא שְׁנָא גְּדוֹלָה וְלָא שְׁנָא קְטַנָּה.
Quel est le but de souligner : Vers l’endroit où vit sa mère ? Concluez d’ici qu’une fille vit avec sa mère ; il n’y a pas de différence si elle est une femme adulte, et il n’y a pas de différence si elle est une fille mineure.
לֹא יֹאמְרוּ שְׁנֵיהֶם וְכוּ׳.
§ Il a été enseigné dans la michna que, si deux hommes sont tenus de subvenir aux besoins de cette jeune fille, tous deux ne peuvent pas conjointement dire qu’ils seront partenaires dans son entretien. Au contraire, chacun s’acquitte de son obligation de manière indépendante.
הָהוּא גַּבְרָא דְּאוֹגַר לֵיהּ רִיחְיָא לְחַבְרֵיהּ לִטְחִינָה. לְסוֹף אִיעַתַּר, זְבֵין רִיחְיָא וְחַמְרָא,
La Guemara raconte qu’il y avait un certain homme qui loua une meule à un autre en échange du paiement par mouture, c’est-à-dire que celui qui louait la meule devait payer le coût de la location en moulant tout ce que le propriétaire avait besoin de faire moudre. Finalement, le propriétaire de la meule devint riche et acheta une autre meule et un âne, et il n’eut plus besoin des services du locataire pour moudre des choses pour lui.
אֲמַר לֵיהּ: עַד הָאִידָּנָא הֲוָה טָחֵינְנָא גַּבָּךְ, הַשְׁתָּא הַב לִי אַגְרָא. אֲמַר לֵיהּ: מִיטְחָן טָחֵינְנָא לָךְ.
Le propriétaire de la meule a dit au locataire : Jusqu’à présent, je faisais moudre par toi ce dont j’avais besoin, et le service que tu fournissais tenait lieu de paiement pour la location de la meule. Maintenant, puisque je n’ai plus besoin de ce service, paie-moi pour la meule. Le locataire a dit en réponse lui : Je moudrai pour toi parce que c’est ce à quoi j’ai consenti, mais je n’ai pas consenti à devoir payer de l’argent.
סְבַר רָבִינָא לְמֵימַר: הַיְינוּ מַתְנִיתִין לֹא יֹאמְרוּ שְׁנֵיהֶם ״הֲרֵי אָנוּ זָנִין אוֹתָהּ כְּאֶחָד״, אֶלָּא אֶחָד זָנָהּ וְאֶחָד נוֹתֵן לָהּ דְּמֵי מְזוֹנוֹת.
Ravina pensa dire que c’est la même chose que la michna qui énonce que tous deux ne peuvent pas conjointement dire : Nous entretiendrons la jeune fille comme un seul dans un partenariat. Au contraire, l’un l’entretient, en lui fournissant de la nourriture, tandis que l’autre lui donne la valeur monétaire de l’entretien. Dans ce cas, bien que la condition initiale fût de fournir à la jeune fille un soutien sous forme de nourriture, lorsque les circonstances changèrent, l’ancien mari devint tenu de lui verser son entretien sous forme d’argent. De même ici, en raison du changement de circonstances, le locataire doit payer au propriétaire de la meule en argent.
אֲמַר לֵיהּ רַב עַוִּירָא: מִי דָּמֵי? הָתָם, חַד כְּרֵיסָא אִית לַהּ, תַּרְתֵּי כְּרֵיסָתָא לֵית לַהּ. הָכָא מָצֵי אֲמַר לֵיהּ: טְחוֹן וְזַבֵּין, טְחוֹן וְאוֹתֵיב.
Rav Avira dit à Ravina : Les deux cas sont-ils comparables ? Là-bas, dans le cas de la jeune fille, elle n’a qu’un seul estomac ; elle n’a pas deux estomacs. Par conséquent, il est impossible qu’ils la nourrissent tous les deux. Ici, dans le cas de la meule, le locataire peut lui dire : Mouds et vends, mouds et entrepose pour plus tard, c’est-à-dire que le propriétaire de la meule peut utiliser sa nouvelle meule pour moudre pour d’autres avec profit et, en même temps, le locataire continuera à moudre le grain du propriétaire conformément à leur accord. Par conséquent, le locataire n’est pas tenu de modifier les termes de l’accord initial.
וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלֵית לֵיהּ טְחִינָא לְרִיחְיָא, אֲבָל אִית לֵיהּ טְחִינָא לְרִיחְיָא — כְּגוֹן זוֹ כּוֹפִין אוֹתוֹ עַל מִדַּת סְדוֹם.
La Guemara note : Nous avons dit cela seulement dans un cas où le locataire n’a pas d’autre mouture à faire avec la meule, et sans la mouture que le locataire effectue pour le propriétaire, le moulin restera inactif. Cependant, s’il a une autre mouture à faire avec la meule, c’est-à-dire qu’au lieu de moudre le grain du propriétaire, il peut moudre le grain d’autres personnes moyennant paiement et ainsi payer son loyer en argent, dans un cas comme celui-ci on le contraint à cesser sa conduite caractéristique de Sodome et à payer son loyer sous forme d’argent.
מַתְנִי׳ אַלְמָנָה שֶׁאָמְרָה: אִי אֶפְשִׁי לָזוּז מִבֵּית בַּעְלִי — אֵין הַיּוֹרְשִׁין יְכוֹלִין לוֹמַר לָהּ: ״לְכִי לְבֵית אָבִיךְ וְאָנוּ זָנִין אוֹתָךְ״, אֶלָּא זָנִין אוֹתָהּ, וְנוֹתְנִין לָהּ מָדוֹר לְפִי כְּבוֹדָהּ.
MICHNA : Dans le cas d’une veuve qui a dit : Je ne veux pas quitter la maison de mon mari, mais je souhaite plutôt y rester, les héritiers ne peuvent pas lui dire : Va dans la maison de ton père et nous pourvoirons à ton entretien. Au contraire, ils l’entretiennent dans la maison de son mari et lui donnent un logement conforme à sa dignité.
אָמְרָה: ״אִי אֶפְשִׁי לָזוּז מִבֵּית אַבָּא״ — יְכוֹלִין הַיּוֹרְשִׁין לוֹמַר לָהּ: אִם אַתְּ אֶצְלֵנוּ — יֵשׁ לִיךְ מְזוֹנוֹת, וְאִם אֵין אַתְּ אֶצְלֵנוּ אֵין לִיךְ מְזוֹנוֹת.
Cependant, si elle a dit : Je ne veux pas quitter la maison de mon père, et que vous devez m’y apporter mon entretien, les héritiers peuvent lui dire : Si tu vis avec nous, tu auras de quoi subsister de notre part, mais si tu ne vis pas avec nous, tu n’auras pas de quoi subsister de notre part.
אִם הָיְתָה טוֹעֶנֶת מִפְּנֵי שֶׁהִיא יַלְדָּה וְהֵן יְלָדִים — זָנִין אוֹתָהּ וְהִיא בְּבֵית אָבִיהָ.
Si elle a soutenu qu’elle ne souhaite pas vivre dans la maison de son mari décédé parce qu’elle est jeune, et qu’eux, les héritiers, sont aussi jeunes, et qu’il est inconvenant qu’ils vivent ensemble dans la même maison, alors ils subviennent à ses besoins et elle reste dans la maison de son père.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מִשְׁתַּמֶּשֶׁת בַּמָּדוֹר כְּדֶרֶךְ שֶׁמִּשְׁתַּמֶּשֶׁת בְּחַיֵּי בַעְלָהּ. בַּעֲבָדִים וּשְׁפָחוֹת כְּדֶרֶךְ שֶׁמִּשְׁתַּמֶּשֶׁת בְּחַיֵּי בַעְלָהּ. בְּכָרִים וּכְסָתוֹת כְּדֶרֶךְ שֶׁמִּשְׁתַּמֶּשֶׁת בְּחַיֵּי בַעְלָהּ. בִּכְלֵי כֶסֶף וּבִכְלֵי זָהָב כְּדֶרֶךְ שֶׁמִּשְׁתַּמֶּשֶׁת בְּחַיֵּי בַעְלָהּ. שֶׁכָּךְ כָּתַב לָהּ: ״וְאַתְּ תְּהֵא יָתְבַתְּ בְּבֵיתִי וּמִיתַּזְנָא מִנִּכְסַי כֹּל יְמֵי מֵגַר אַרְמְלוּתִיךְ בְּבֵיתִי״.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Une veuve qui demeure dans la maison de son mari utilise les quartiers d’habitation de la même manière qu’elle les utiliserait du vivant de son mari. Elle utilise les esclaves et les servantes de la même manière qu’elle les utiliserait du vivant de son mari, les oreillers et les draps de la même manière qu’elle les utiliserait du vivant de son mari, ainsi que les ustensiles d’argent et les ustensiles d’or de la même manière qu’elle les utiliserait du vivant de son mari. Elle conserve tous les droits qu’elle avait du vivant de son mari parce que c’est ce qu’il lui a écrit dans le texte du contrat de mariage : Et tu résideras dans ma maison et tu seras entretenue sur mes biens tous les jours où tu vivras dans ma maison comme veuve.
תָּנֵי רַב יוֹסֵף: ״בְּבֵיתִי״ — וְלֹא בְּבִקְתִּי.
Rav Yosef a enseigné : Le mari a stipulé dans le contrat de mariage : Tu résideras dans ma maison, avec l'implication suivante : Et non dans ma hutte. Par conséquent, si la maison est trop petite, elle ne peut pas obliger les héritiers à lui permettre d'y vivre avec eux.
אָמַר רַב נַחְמָן: יְתוֹמִים שֶׁמָּכְרוּ מְדוֹר אַלְמָנָה — לֹא עָשׂוּ וְלֹא כְּלוּם.
Rav Naḥman a dit : Des orphelins qui ont vendu les quartiers d’habitation d’une veuve n’ont rien fait, c’est-à-dire que la vente est invalide.
וּמַאי שְׁנָא מִדְּרַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן? דְּאָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יְתוֹמִים שֶׁקָּדְמוּ וּמָכְרוּ בִּנְכָסִים מוּעָטִין — מַה שֶּׁמָּכְרוּ מָכְרוּ.
La Guemara demande : Et en quoi ce cas est-il différent de ce que Rabbi Assi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit ? Car Rabbi Assi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : En ce qui concerne des orphelins qui ont vendu par anticipation une petite quantité de biens laissée par leur père avant que le tribunal ne l’affecte à l’entretien des filles, qui n’héritent pas, ce qu’ils ont vendu est vendu, même s’ils ont agi de manière inappropriée. Pourquoi, alors, la vente du logement d’une veuve est-elle invalide ?
הָתָם לָא מִשְׁתַּעְבְּדִי לַהּ מֵחַיִּים, הָכָא מִשְׁתַּעְבְּדִי לַהּ מֵחַיִּים.
La Guemara répond : Là-bas, dans le cas d’orphelins qui ont vendu un bien qui, selon la halakha, doit être conservé afin d’assurer l’entretien des filles orphelines, le bien n’est pas hypothéqué aux filles orphelines du temps de la vie de leur père, car le privilège sur le bien découlant de l’obligation de subvenir aux besoins des filles ne prend effet qu’après la mort du père. Ici, dans le cas du logement de la veuve, le bien lui est hypothéqué du temps de la vie de son mari, qui était tenu, même de son vivant, de lui fournir un lieu où habiter.
אָמַר אַבָּיֵי, נְקִיטִינַן: מְדוֹר אַלְמָנָה שֶׁנָּפַל — אֵין הַיּוֹרְשִׁין חַיָּיבִין לִבְנוֹתוֹ,
Abaye a dit : Nous tenons de la tradition que dans le cas où le logement d’une veuve s’est effondré, les héritiers ne sont pas tenus de le reconstruire, car ils sont tenus de l’entretenir dans la résidence qui lui était hypothéquée et ne sont pas tenus de lui fournir un lieu où vivre.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מְדוֹר אַלְמָנָה שֶׁנָּפַל — אֵין הַיּוֹרְשִׁין חַיָּיבִין לִבְנוֹתוֹ. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא אֲפִילּוּ הִיא אוֹמֶרֶת ״הַנִּיחוּנִי וְאֶבְנֶנּוּ מִשֶּׁלִּי״ — אֵין שׁוֹמְעִין לָהּ.
Cela aussi est enseigné dans une baraita : Dans le cas où le logement d’une veuve s’est effondré, les héritiers ne sont pas tenus de le reconstruire. Et non seulement cela, mais même si elle dit : Laissez-moi et je le reconstruirai avec mes propres fonds, on ne l’écoute pas, et les héritiers n’ont pas à lui permettre de le reconstruire.
בָּעֵי אַבָּיֵי: שִׁיפְּצָה, מַאי? תֵּיקוּ.
Abaye a soulevé un dilemme : Si elle a réparé la maison, quelle est la halakha ? Est-ce comme si la maison s’était effondrée puis avait été reconstruite, auquel cas elle n’a plus de droits sur elle, ou peut-elle rester dans la maison tant qu’elle demeure debout ? La Guemara conclut : Le dilemme reste sans résolution.
אָמְרָה אִי אֶפְשִׁי.
§ Nous avons appris dans la michna : Si elle a dit : Je ne veux pas quitter la maison de mon père, et vous devez m’y apporter ma subsistance, les héritiers ne sont pas tenus de l’entretenir.
וְלִיתְּבוּ לַהּ כִּי יָתְבָה הָתָם? מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַב הוּנָא. דְּאָמַר רַב הוּנָא: בִּרְכַּת הַבַּיִת בְּרוּבָּה.
La Guemara demande : Et pourquoi en est-il ainsi ? Ils devraient lui donner une subsistance exactement comme ils le feraient si elle vivait là-bas, c’est-à-dire dans la maison de son mari. La Guemara répond : Cela soutient l’opinion de Rav Houna, car Rav Houna a dit : La bénédiction de la maison réside dans son abondance d’habitants. Cela signifie que la mesure de la bénédiction dans une maison est proportionnelle au nombre de personnes qui y vivent. Lorsque de nombreuses personnes vivent ensemble dans une même maison, les dépenses par personne diminuent. Les héritiers peuvent lui dire que si elle reste avec eux dans la maison, les frais de son entretien seront moindres que si elle vit seule.
וְלִיתְּבוּ לַהּ לְפִי בִּרְכַּת הַבַּיִת? הָכִי נָמֵי.
La Guemara demande : Et ils doivent lui donner la subsistance dans la maison de son père selon la bénédiction de la maison, c’est-à-dire selon le montant qu’ils seraient tenus de payer si elle vivait avec eux. La Guemara répond : En effet, l’intention de la michna est qu’ils peuvent lui verser ce montant, et non qu’ils peuvent éviter entièrement de la soutenir.
אָמַר רַב הוּנָא: לְשׁוֹן חֲכָמִים בְּרָכָה, לְשׁוֹן חֲכָמִים עוֹשֶׁר, לְשׁוֹן חֲכָמִים מַרְפֵּא. בְּרָכָה הָא דַּאֲמַרַן.
Rav Houna a dit : Le langage des Sages enseigne la bénédiction, le langage des Sages enseigne la richesse, et le langage des Sages enseigne la guérison. On peut tirer d’importantes leçons sur ces sujets de la manière dont les Sages ont formulé leurs décisions halakhiques. Comment cela ? En ce qui concerne la bénédiction, c’est ce que nous avons dit plus haut au sujet des bénédictions de la maison.
עוֹשֶׁר, דִּתְנַן: הַמּוֹכֵר פֵּירוֹת לַחֲבֵירוֹ, מָשַׁךְ וְלֹא מָדַד — קָנָה, מָדַד וְלֹא מָשַׁךְ — לֹא קָנָה. וְאִם הָיָה פִּקֵּחַ — שׂוֹכֵר אֶת מְקוֹמוֹ.
La langue des Sages enseigne au sujet de la richesse, comme nous l’avons appris dans une michna (Bava Batra 84b) : Celui qui vend des produits à un autre, si l’acheteur a tiré les produits comme acte d’acquisition mais ne les a pas mesurés, il les a acquis. S’il les a mesurés mais ne les a pas tirés, il ne les a pas acquis. Et si l’acheteur était perspicace et voulait s’assurer que le vendeur ne se rétracterait pas, il louerait l’endroit où se trouvaient les produits, et il acquerrait ainsi les produits immédiatement à partir du moment où il les mesurerait. Cette michna enseigne un bon conseil en matière d’argent.
מַרְפֵּא, דִּתְנַן: לֹא יִלְעוֹס אָדָם חִטִּין וְיַנִּיחַ עַל גַּבֵּי מַכָּתוֹ בַּפֶּסַח, מִפְּנֵי שֶׁמַּחְמִיצוֹת.
Le langage des Sages enseigne au sujet de la guérison, comme nous l’avons appris dans une michna (Pesaḥim 39b) : Une personne ne doit pas mâcher du blé et ensuite le placer sur sa blessure pendant Pessaḥ, parce que le blé deviendra levé en conséquence. Ce commentaire des Sages indique que le blé mâché est bénéfique pour traiter une blessure.
תָּנוּ רַבָּנַן, בִּשְׁעַת פְּטִירָתוֹ שֶׁל רַבִּי, אָמַר: לְבָנַי אֲנִי צָרִיךְ. נִכְנְסוּ בָּנָיו אֶצְלוֹ. אָמַר לָהֶם: הִזָּהֲרוּ בִּכְבוֹד אִמְּכֶם. נֵר יְהֵא דָּלוּק בִּמְקוֹמוֹ, שׁוּלְחָן יְהֵא עָרוּךְ בִּמְקוֹמוֹ, מִטָּה תְּהֵא מוּצַּעַת בִּמְקוֹמָהּ. יוֹסֵף חׇפְנִי שִׁמְעוֹן אֶפְרָתִי הֵם שִׁמְּשׁוּנִי בְּחַיַּי, וְהֵם יְשַׁמְּשׁוּנִי בְּמוֹתִי.
§ Les Sages ont enseigné : Au moment de la mort de Rabbi Yehouda HaNassi, il dit : J’ai besoin de mes fils. Ses fils entrèrent dans sa chambre. Il leur dit comme dernières volontés et testament : Veillez à l’honneur de votre mère. Il dit encore : Ma lampe doit être allumée à sa place habituelle, ma table doit être dressée à sa place habituelle, et le lit doit être arrangé à sa place habituelle. Yossef Ḥeifani et Shimon Efrati ; ils m’ont servi durant ma vie et ils me serviront dans ma mort.
הִזָּהֲרוּ בִּכְבוֹד אִמְּכֶם. דְּאוֹרָיְיתָא הִיא, דִּכְתִיב: ״כַּבֵּד אֶת אָבִיךָ וְאֶת אִמֶּךָ״! אֵשֶׁת אָב הֲוַאי.
La Guemara clarifie les diverses demandes qu’il fit à ses fils : Faites attention à l’honneur de votre mère. La Guemara demande : Pourquoi aurait-il eu besoin de dire cela ? Après tout, cela est requis par la loi de la Torah, comme il est écrit : « Honore ton père et ta mère » (Exode 20:11) ? La Guemara répond : Elle était la femme de leur père. Elle n’était pas leur mère, mais leur belle-mère, et il devait donc les mettre en garde concernant l’honneur qui lui était dû.
אֵשֶׁת אָב נָמֵי דְּאוֹרָיְיתָא הִיא, דְּתַנְיָא: ״כַּבֵּד אֶת אָבִיךָ וְאֶת אִמֶּךָ״, ״אֶת אָבִיךָ״ — זוֹ אֵשֶׁת אָבִיךָ, ״וְאֶת אִמֶּךָ״ — זוֹ בַּעַל אִמֶּךָ, וָיו יְתֵירָה — לְרַבּוֹת אֶת אָחִיךָ הַגָּדוֹל!
La Guemara demande : Honorer la femme du père est également requis par la loi de la Torah, comme cela est enseigné dans une baraita : Honore ton père [et avikha] et ta mère [ve’et immekha]. La préposition et dans l’expression : Ton père ; cela enseigne que tu dois honorer la femme de ton père. De même, la préposition et dans l’expression : Et ta mère ; cela enseigne que tu dois honorer le mari de ta mère. Et la lettre supplémentaire vav, qui est ajoutée comme préfixe dans l’expression “ve’et immekha”, est incluse afin d’ajouter ton frère aîné à ceux qui doivent être honorés.
הָנֵי מִילֵּי מֵחַיִּים, אֲבָל לְאַחַר מִיתָה לָא.
La Guemara répond : Cettehalakha, selon laquelle on est tenu par la loi de la Torah de respecter la femme de son père, s’applique seulement du vivant de son père. Tant que le père est en vie, par respect pour lui, sa femme doit elle aussi être traitée avec respect. Cependant, après sa mort, non, il n’y a plus aucune obligation d’honorer une belle-mère. C’est pour cette raison que Rabbi Yehouda HaNassi dut mettre ses fils en garde à ce sujet.
״נֵר יְהֵא דָּלוּק בִּמְקוֹמוֹ, שׁוּלְחָן יְהֵא עָרוּךְ בִּמְקוֹמוֹ, מִטָּה תְּהֵא מוּצַּעַת בִּמְקוֹמָהּ״, מַאי טַעְמָא? כֹּל בֵּי שִׁמְשֵׁי הֲוָה אָתֵי לְבֵיתֵיהּ.
Rabbi Yehouda HaNassi ordonna à ses fils : Ma lampe doit être allumée à sa place habituelle, ma table doit être dressée à sa place habituelle, et le lit doit être préparé à sa place habituelle. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle il fit ces demandes ? La Guemara explique : Chaque veille de Chabbat, même après son décès, Rabbi Yehouda HaNassi venait chez lui comme il l’avait fait de son vivant, et il souhaitait donc que tout soit préparé comme d’habitude.
הַהוּא בֵּי שִׁמְשָׁא אֲתַאי שִׁבָבְתָּא, קָא קָרְיָה אַבָּבָא, אֲמַרָה אַמְּתֵיהּ: שְׁתִיקוּ, דְּרַבִּי יָתֵיב. כֵּיוָן דִּשְׁמַע, שׁוּב לָא אֲתָא, שֶׁלֹּא לְהוֹצִיא לַעַז עַל צַדִּיקִים הָרִאשׁוֹנִים.
La Guemara rapporte l’incident suivant : Il arriva un certain veille de Chabbat qu’un voisin vint, appela et frappa à la porte. Sa servante dit à celle-ci : Tais-toi, car Rabbi Yehouda HaNassi est assis. Lorsqu’il entendit sa servante révéler sa présence au voisin, il ne revint plus, afin de ne pas jeter le discrédit sur les premiers justes qui n’apparaissaient pas à leurs familles après leur mort.
״יוֹסֵף חׇפְנִי שִׁמְעוֹן אֶפְרָתִי, הֵם שִׁמְּשׁוּנִי בְּחַיַּי וְהֵם יְשַׁמְּשׁוּנִי בְּמוֹתִי״. סְבוּר מִינָּה בְּהָדֵין עָלְמָא הוּא דְּקָאָמַר, כֵּיוָן דַּחֲזוֹ דְּקָדֵים עַרְסַיְיהוּ לְעַרְסֵיהּ, אָמְרִי: שְׁמַע מִינַּהּ לְהָהוּא עָלְמָא הוּא דְּקָאָמַר.
La Guemara développe la déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi : Yosef Ḥeifani et Shimon Efrati, ils m’ont servi de mon vivant et ils me serviront dans ma mort. On a compris de cette déclaration que Rabbi Yehuda HaNasi parlait de ce monde, que ces deux-là devaient le servir dans sa mort et s’occuper de son enterrement. Cependant, lorsqu’ils virent que leurs bières funéraires précédaient sa bière, c’est-à-dire qu’ils moururent avant lui, ils dirent : Conclus de là qu’il parlait de ce monde-là. Ils s’occuperont de lui dans le Monde à Venir.
וְהַאי דַּאֲמַר הָכִי — דְּלָא לֵימְרוּ: מִילְּתָא הֲוַאי לְהוּ וְעַד הָאִידָּנָא נָמֵי זְכוּתוֹ דְּרַבִּי הוּא דְּאַהַנְיָא לְהוּ.
Et la raison pour laquelle il a dit cela était afin que les gens ne disent pas : Il y avait quelque chose qui n’allait pas chez eux, et jusqu’à présent aussi, c’était le mérite de Rabbi Yehuda HaNasi qui leur profitait et les empêchait de mourir à cause de leurs péchés. Maintenant que Rabbi Yehuda HaNasi est en train de mourir, son mérite ne les protège plus. Rabbi Yehuda HaNasi a donc précisé que la raison de leur mort était de leur permettre de l’accompagner dans la mort comme dans la vie.
אָמַר לָהֶן: לְחַכְמֵי יִשְׂרָאֵל אֲנִי צָרִיךְ. נִכְנְסוּ אֶצְלוֹ חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל, אָמַר לָהֶן: ״אַל תִּסְפְּדוּנִי בָּעֲיָירוֹת,
§ Rabbi Yehuda HaNasi dit encore à ses assistants : J’ai besoin des Sages d’Israël. Les Sages d’Israël entrèrent dans sa chambre. Il leur dit : Ne faites pas mon éloge funèbre dans les petites villes