מִסְתַּבְּרָא שִׁגְגַת שַׁבָּת וּזְדוֹן מְלָאכוֹת פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּיָמִים שֶׁבֵּינְתַיִים הָוַיִין יְדִיעָה לְחַלֵּק, וּזְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת הוּא דְּבָעֵי מִינֵּיהּ – כְּגוּפִין דָּמְיָין, אוֹ לָאו.
Il est logique, sur la base d’une preuve tirée d’une mishna, de dire que dans un cas où il agit sans le savoir en ce qu’il ne sait pas que c’est Chabbat, et intentionnellement en ce qu’il sait que les travaux qu’il accomplit sont interdits le Chabbat, il est évident pour Rabbi Akiva que les jours intermédiaires entre les Chabbatotsont considérés comme une prise de conscience de sa faute, ce qui servirait à distinguer entre une faute et la suivante. Et c’est à propos d’un cas où il agit intentionnellement à l’égard du Chabbat et sans le savoir à l’égard des travaux interdits que Rabbi Akiva soulève son dilemme, à savoir si les Chabbatot sont comparables à des entités distinctes ou non.
וּפְשַׁיט לֵיהּ דִּזְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת כְּגוּפִין דָּמְיָין, וְלָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ. וּפְשַׁט לֵיהּ, דְּוַלְדֵי מְלָאכוֹת כִּמְלָאכוֹת דָּמְיָין, וְלָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ.
Et Rabbi Eliezer a résolu son dilemme pour lui en déclarant que, dans un cas où il agit intentionnellement à l’égard du Shabbat et involontairement à l’égard des travaux interdits, les Shabbatot sont comparables à des entités distinctes. Mais Rabbi Akiva n’a pas accepté cette résolution de sa part. Et concernant l’autre dilemme de Rabbi Akiva, Rabbi Eliezer l’a résolu pour lui en déclarant que les sous-catégories de travaux sont comparables aux catégories principales de travail, et l’on est tenu d’apporter une offrande expiatoire distincte pour chaque acte. Mais Rabbi Akiva n’a pas accepté cette résolution de sa part non plus.
אָמַר רַבָּה: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דִּתְנַן, כְּלָל גָּדוֹל אָמְרוּ בַּשַּׁבָּת: כׇּל הַשּׁוֹכֵחַ עִיקַּר שַׁבָּת, וְעָשָׂה מְלָאכוֹת הַרְבֵּה בְּשַׁבָּתוֹת הַרְבֵּה – אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת.
Rabba a dit : D’où est-ce que je dis cela ? Comme nous l’avons appris dans une michna (Shabbat 67b) : Les Sages ont énoncé un principe important concernant les halakhot de Shabbat : En ce qui concerne quiconque oublie l’essence du Shabbat, c’est-à-dire quelqu’un qui ignore totalement que le travail est interdit pendant Shabbat, et il a accompli de multiples travaux interdits au cours de multiples Shabbatot, il est tenu d’apporter une seule offrande expiatoire, car il n’y a qu’un seul manquement global et englobant à la conscience.
הַיּוֹדֵעַ עִיקַּר שַׁבָּת, וְעָשָׂה מְלָאכוֹת הַרְבֵּה בְּשַׁבָּתוֹת הַרְבֵּה – חַיָּיב עַל כׇּל שַׁבָּת וְשַׁבָּת. הַיּוֹדֵעַ שֶׁהוּא שַׁבָּת וְעָשָׂה מְלָאכוֹת הַרְבֵּה בְּשַׁבָּתוֹת הַרְבֵּה – חַיָּיב עַל כׇּל אַב מְלָאכָה וּמְלָאכָה.
En ce qui concerne celui qui connaît l’essence de l’interdiction du travail pendant Shabbat, et qu’il a accompli de multiples travaux interdits lors de multiples Shabbats parce qu’il ignorait que ces jours étaient Shabbat, il est tenu d’apporter une offrande expiatoire pour chaque Shabbat, car les jours intermédiaires sont considérés comme une prise de conscience qui distingue les Shabbats. Celui qui sait que le jour est Shabbat et a accompli de multiples travaux interdits, dont il ne savait pas qu’ils étaient interdits, lors de multiples Shabbats, est tenu d’apporter une offrande expiatoire pour chaque catégorie principale de travail qu’il a accomplie.
וְאִילּוּ ״חַיָּיב עַל כׇּל אַב מְלָאכָה שֶׁל כׇּל שַׁבָּת וְשַׁבָּת״ לָא קָתָנֵי.
Rabba commente : Mais dans ce dernier cas, la michna n’enseigne pas qu’il est tenu d’apporter un sacrifice expiatoire pour chaque acte d’une catégorie principale de travail qu’il a accompli à chacun des Chabbats. Il est tenu d’apporter un sacrifice expiatoire pour chaque catégorie principale de travail, malgré le fait qu’il ait accompli l’acte pendant plusieurs Shabbats. Cela indique que les différents Shabbats ne sont pas considérés comme des entités distinctes.
מַנִּי הָא? אִילֵימָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אֵימָא סֵיפָא: הָעוֹשֶׂה מְלָאכוֹת הַרְבֵּה מֵעֵין מְלָאכָה אַחַת – אֵין חַיָּיב אֶלָּא אֶחָת, וְאִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר – חַיָּיב עַל כׇּל וַלְדֵי מְלָאכוֹת כִּמְלָאכוֹת!
De qui est cet avis ? Si nous disons que c’est l’avis de Rabbi Eliezer, dis la dernière clause de cette michna : Celui qui accomplit plusieurs travaux interdits subsumés, comme sous-catégories, sous une catégorie principale de travail interdit est tenu d’apporter une seule offrande expiatoire. Et si c’était l’avis de Rabbi Eliezer, il faudrait dire : il est tenu d’apporter une offrande expiatoire distincte pour chacune des différentes sous-catégories de travaux, comme si elles étaient des catégories principales distinctes de travail.
אֶלָּא פְּשִׁיטָא רַבִּי עֲקִיבָא הִיא, וּשְׁמַע מִינַּהּ שִׁגְגַת שַׁבָּת וּזְדוֹן מְלָאכוֹת פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּיָמִים שֶׁבֵּינְתַיִים הָוַיִין יְדִיעָה לְחַלֵּק,
Au contraire, il est évident que cette michna est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva. Et tu peux apprendre de la michna que lorsqu’une personne agit sans le savoir en ce qu’elle ne savait pas que c’était Shabbat et agit intentionnellement en ce qu’elle sait que ces travaux sont interdits pendant Shabbat, il est évident pour Rabbi Akiva que les jours intermédiaires constituent une prise de conscience de sa faute, ce qui sert à distinguer les Shabbatot et rend la personne tenue d’apporter des sacrifices expiatoires distincts pour chaque Shabbat. C’est pour cette raison que la michna déclare que si quelqu’un accomplit de multiples travaux pendant de multiples Shabbatot parce qu’il ne savait pas que c’était Shabbat, il est tenu d’apporter un sacrifice expiatoire pour chaque Shabbat.
זְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת הוּא דְּבָעֵי אִי כְּגוּפִין דָּמְיָין, וּפְשַׁט לֵיהּ דִּכְגוּפִין דָּמְיָין, וַלְדֵי מְלָאכוֹת כִּמְלָאכוֹת דָּמְיָין, וְתַרְוַיְיהוּ לָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ.
Par conséquent, il est clair que c’est dans un cas où quelqu’un a agi intentionnellement en sachant que c’était Chabbat et involontairement en ce qu’il ne savait pas que les actes qu’il accomplissait constituaient un travail interdit, que Rabbi Akiva soulève sa question, car il n’est pas certain de savoir si les Chabbatot sont comparables à des entités distinctes. Et Rabbi Eliezer a résolu la question pour lui en déclarant que les différents Chabbatot sont comparables à des entités distinctes, et que différentes sous-catégories de travaux sont comparables aux catégories principales de travail, et par conséquent on est responsable de chaque acte. Et Rabbi Akiva n’a accepté aucune de ces résolutions de Rabbi Eliezer.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ זְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת פְּשִׁיטָא לֵיהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא דְּשַׁבָּתוֹת לָאו כְּגוּפִין דָּמְיָין, וְשִׁגְגַת שַׁבָּת וּזְדוֹן מְלָאכוֹת הוּא דְּבָעֵי מִינֵּיהּ, דְּיָמִים שֶׁבֵּינְתַיִים מִי הָוַיִין יְדִיעָה לְחַלֵּק אוֹ לָא.
Abaye dit à Rabba : Tu ne peux pas prouver ton affirmation à partir de la michna. En réalité, je pourrais te dire que dans un cas où quelqu’un agit intentionnellement en ce sens qu’il sait que c’est Shabbat et involontairement en ce sens qu’il ne sait pas que ses actions sont des travaux interdits, il est évident pour Rabbi Akiva que les Shabbatot ne sont pas comparables à des entités distinctes, comme on peut l’inférer de la clause finale de cette michna selon laquelle on n’est pas tenu d’apporter une offrande expiatoire distincte pour chaque catégorie principale de travail accomplie à chaque Shabbat individuel. Et c’est à propos d’un cas où quelqu’un a agi involontairement en ce sens qu’il ne savait pas que c’était Shabbat et intentionnellement en ce sens qu’il savait que ses actions sont des travaux interdits, que Rabbi Akiva soulève son dilemme à Rabbi Eliezer. Le dilemme est de savoir si les jours intermédiaires sont considérés comme une prise de conscience permettant de différencier entre les Shabbatotou non.
וּפְשַׁיט לֵיהּ דְּיָמִים שֶׁבֵּינְתַיִים [הָוַיִין יְדִיעָה] לְחַלֵּק וְקַבֵּיל מִינֵּיהּ, וּפְשַׁט לֵיהּ וַלְדֵי מְלָאכוֹת כִּמְלָאכוֹת דָּמַיִין וְלָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ.
Et Rabbi Eliezer a résolu le dilemme pour lui en déclarant que les jours intermédiaires sont considérés comme une prise de conscience pour différencier entre les Shabbatot. Et Rabbi Akiva a accepté cette résolution de sa part, en raison de la décision de la michna selon laquelle celui qui connaît l’essence de l’interdiction du travail le Shabbat et accomplit de multiples travaux interdits lors de multiples Shabbatot est tenu d’apporter une offrande expiatoire pour chaque Shabbat. Et Rabbi Eliezer a aussi résolu son autre dilemme pour lui en déclarant que les sous-catégories de travaux sont comparables aux catégories principales de travail et que l’on est responsable de chaque acte, mais Rabbi Akiva n’a pas accepté cette résolution de sa part.
רַב חִסְדָּא אָמַר: זְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת – אֲפִילּוּ רַבִּי עֲקִיבָא סְבִירָא לֵיהּ דִּכְגוּפִין דָּמְיָין, וְכִי בָּעֵי מִינֵּיהּ, שִׁגְגַת שַׁבָּת וּזְדוֹן מְלָאכוֹת הוּא דְּבָעֵי מִינֵּיהּ, דְּיָמִים שֶׁבֵּינְתַיִים אִי הָוְיָין יְדִיעָה לְחַלֵּק.
Rav Ḥisda dit : Dans un cas où l’on agit intentionnellement en ce sens qu’on sait que c’est Shabbat et involontairement en ce sens qu’on ne sait pas que ses actions sont des travaux interdits, même Rabbi Akiva soutient que les Shabbatotsont comparables à des entités distinctes ; et lorsqu’il soulève le dilemme à Rabbi Eliezer, c’est par référence à un cas où l’on a agi involontairement à l’égard de Shabbat et intentionnellement à l’égard du travail interdit. Et il soulève le dilemme afin de clarifier si les jours intermédiaires sont considérés comme une prise de conscience permettant de distinguer.
וּפְשַׁיט לֵיהּ יָמִים שֶׁבֵּינְתַיִים הָוַיִין יְדִיעָה לְחַלֵּק, וְקַבֵּיל מִינֵּיהּ.
Et Rabbi Eliezer a résolu le dilemme pour lui en déclarant que les jours intermédiaires sont considérés comme une prise de conscience permettant de distinguer les transgressions, et Rabbi Akiva a accepté cette résolution de sa part. Cela est conforme à la michna du traité Shabbat (67b) citée plus haut, selon laquelle celui qui connaît l’essence de l’interdiction du travail le Shabbat et a accompli plusieurs travaux interdits lors de plusieurs Shabbatot est tenu d’apporter une offrande expiatoire pour chaque Shabbat.
וּפְשַׁט לֵיהּ דְּוַלְדֵי מְלָאכוֹת כִּמְלָאכוֹת דָּמַיִין, וְלָא קַבֵּיל מִינֵּיהּ.
Et Rabbi Eliezer a également résolu pour Rabbi Akiva son autre dilemme pour lui en déclarant que différentes sous-catégories de travaux interdits sont comparables aux catégories primaires de travail, et l’on est passible pour chacune séparément. Mais Rabbi Akiva n’a pas accepté cette résolution de sa part, en raison de la clause finale de cette michna, qui énonce que celui qui accomplit plusieurs travaux interdits subsumés comme sous-catégories sous une catégorie primaire de travail interdit n’est tenu d’apporter qu’une seule offrande expiatoire.
אָמַר רַב חִסְדָּא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: הַכּוֹתֵב שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת בְּהֶעְלֵם אֶחָד – חַיָּיב. בִּשְׁתֵּי הֶעְלֵמוֹת – רַבָּן גַּמְלִיאֵל מְחַיֵּיב, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין. וּמוֹדֶה רַבָּן גַּמְלִיאֵל, שֶׁאִם כָּתַב אוֹת אַחַת בְּשַׁבָּת זוֹ וְאוֹת אַחַת בְּשַׁבָּת אַחֶרֶת – פָּטוּר.
Rav Ḥisda a dit : D’où puis-je déduire que, selon Rabbi Akiva, chaque Chabbat est considéré comme une entité distincte ? C’est comme il est enseigné dans une baraita : Celui qui écrit deux lettres pendant Chabbat au cours d’une seule période d’inconscience est passible, car écrire deux lettres rend une personne passible pour avoir accompli le travail interdit d’écriture. S’il fait cela en deux périodes d’inconscience distinctes, par exemple, il a écrit une lettre sans se rendre compte que c’était Chabbat, puis il a pris conscience que c’était Chabbat, puis de nouveau il n’a pas eu conscience que c’était Chabbat et a écrit une seconde lettre, Rabban Gamliel le considère passible d’apporter un sacrifice expiatoire, et les Sages le considèrent exempt. Et Rabban Gamliel concède que, s’il a écrit une lettre pendant ce Chabbat et une lettre pendant un autre Chabbat, il est exempt.
וְתַנְיָא אַחֲרִיתִי: הַכּוֹתֵב שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת בִּשְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת, אֶחָד בְּשַׁבָּת זוֹ וְאֶחָד בְּשַׁבָּת זוֹ – רַבָּן גַּמְלִיאֵל מְחַיֵּיב, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין. קָא סָלְקָא דַעְתָּךְ, דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל כְּרַבִּי עֲקִיבָא סְבִירָא לֵיהּ.
Et il est enseigné dans une baraita différente : Dans le cas de quelqu’un qui écrit deux lettres lors de deux Shabbats, une pendant ce Shabbat et une pendant cet autre Shabbat, Rabban Gamliel le considère comme responsable et les Sages le considèrent comme exempt. Rav Ḥisda explique : Il te vient à l’esprit que Rabban Gamliel soutient conformément à l’opinion de Rabbi Akiva.
בִּשְׁלָמָא לְדִידִי, דְּאָמֵינָא זְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת אֲפִילּוּ רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר דְּשַׁבָּתוֹת כְּגוּפִין דָּמְיָין, הָא דְּתַנְיָא פָּטוּר – בִּזְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת, דְּשַׁבָּתוֹת כְּגוּפִין דָּמְיָין.
Soit, selon mon opinion, comme je le dis, que dans un cas où l’on agit intentionnellement en ce sens qu’on sait que c’est Chabbat et involontairement en ce sens qu’on ne sait pas que ses actions constituent des travaux interdits, même Rabbi Akiva dit que les Chabbats sont comparables à des entités distinctes. Par conséquent, ce qui est enseigné dans la première baraita, à savoir que Rabban Gamliel concède que si l’on a écrit une lettre pendant Chabbat et une autre lettre le Chabbat suivant, on est exempt, peut être interprété comme se référant à un cas où l’on agit intentionnellement en ce sens qu’on sait que c’est Chabbat mais involontairement en ce sens qu’on ne sait pas que ses actions constituent des travaux interdits. Puisque les Chabbats sont comparables à des entités distinctes, les deux actes ne se combinent pas pour former l’acte minimal d’écriture qui le rendrait passible d’apporter une offrande expiatoire.