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רַב פָּפָּא אָמַר: אֲפִילּוּ שׁוּפְתָּא [דְּ]מָרָא גָּיְיצִי.
Rav Pappa a dit : Ils rongent même le manche d'une houe.
תָּנוּ רַבָּנַן. חֲמִשָּׁה דְּבָרִים מְשַׁכְּחִים אֶת הַתַּלְמוּד: הָאוֹכֵל מִמַּה שֶּׁאוֹכֵל עַכְבָּר וּמִמַּה שֶּׁאוֹכֵל חָתוּל, וְהָאוֹכֵל לֵב שֶׁל בְּהֵמָה, וְהָרָגִיל בְּזֵיתִים, וְהַשּׁוֹתֶה מַיִם שֶׁל שִׁיּוּרֵי רְחִיצָה, וְהָרוֹחֵץ רַגְלָיו זוֹ עַל גַּבֵּי זוֹ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף הַמַּנִּיחַ כֵּלָיו תַּחַת מְרַאֲשׁוֹתָיו. חֲמִשָּׁה דְּבָרִים מְשִׁיבִים אֶת הַתַּלְמוּד: פַּת פֶּחָמִין וְכׇל שֶׁכֵּן פֶּחָמִין עַצְמָן, וְהָאוֹכֵל בֵּיצָה מְגוּלְגֶּלֶת בְּלֹא מֶלַח, וְהָרָגִיל בְּשֶׁמֶן זַיִת, וְהָרָגִיל בְּיַיִן וּבְשָׂמִים, וְהַשּׁוֹתֶה מַיִם שֶׁל שִׁיּוּרֵי עִיסָּה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף הַטּוֹבֵל אֶצְבָּעוֹ בְּמֶלַח וְאוֹכֵל.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Il y a cinq facteurs qui font qu’une personne oublie son étude de la Torah : Celui qui mange de ce que mange une souris et de ce que mange un chat, et celui qui mange le cœur d’un animal, et celui qui a l’habitude de manger des olives, et celui qui boit de l’eau restant du lavage, et celui qui se lave les pieds avec ce pied sur cet autre pied. Et certains disent : Aussi celui qui place ses vêtements sous sa tête. Correspondamment, il y a cinq facteurs qui rétablissent l’étude de la Torah oubliée : Manger du pain cuit sur des braises, et à plus forte raison celui qui se réchauffe à la chaleur des braises elles-mêmes, et celui qui mange un œuf dur [beitza megulgelet] sans sel, et celui qui a l’habitude de manger de l’huile d’olive, et celui qui a l’habitude de boire du vin et de sentir des épices, et celui qui boit de l’eau restant du pétrissage de la pâte. Et certains disent : Aussi celui qui trempe son doigt dans le sel et le mange.
״הָרָגִיל בְּשֶׁמֶן זַיִת״. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּשֵׁם שֶׁהַזַּיִת מְשַׁכֵּחַ תַּלְמוּד שֶׁל שִׁבְעִים שָׁנָה, כָּךְ שֶׁמֶן זַיִת מֵשִׁיב תַּלְמוּד שֶׁל שִׁבְעִים שָׁנָה.
La Guemara développe la baraita : Celui qui a l’habitude de consommer de l’huile d’olive restaure l’étude oubliée de la Torah. La Guemara note : Cela appuie l’opinion de Rabbi Yoḥanan, car Rabbi Yoḥanan a dit : De même que manger une olive fait oublier soixante-dix années d’étude de la Torah, l’huile d’olive restaure soixante-dix années d’étude de la Torah.
״וְהָרָגִיל בְּיַיִן וּבְשָׂמִים״. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: חַמְרָא וְרֵיחָנֵי פַּקַּחִין.
La baraita continue : Et celui qui a l’habitude de boire du vin et de sentir des épices retrouve l’étude de la Torah oubliée. La Guemara note : Cela soutient l’opinion de Rava, car Rava a dit : Le vin et les épices m’ont rendu sage.
״וְהַטּוֹבֵל אֶצְבָּעוֹ בְּמֶלַח״, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: וּבְאַחַת. כְּתַנָּאֵי, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַחַת וְלֹא שְׁתַּיִם, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שְׁתַּיִם וְלֹא שָׁלֹשׁ. וְסִימָנָיךְ: קְמִיצָה.
La baraita continue : Celui qui trempe son doigt dans le sel et le mange restaure l’étude oubliée de la Torah. Reish Lakish dit : Et c’est le cas en ce qui concerne un doigt. La Guemara note : Cela est parallèle à une dispute entre tanna’im. Rabbi Yehuda dit : Un doigt mais pas deux. Rabbi Yosei dit : Deux doigts mais pas trois. Et votre moyen mnémotechnique pour le fait que la dispute porte sur un et deux doigts est kemitza, c’est-à-dire l’annulaire. Lorsqu’on presse son annulaire contre sa paume, il reste deux doigts droits d’un côté et un de l’autre.
עֲשָׂרָה דְּבָרִים קָשִׁים לַתַּלְמוּד: הָעוֹבֵר תַּחַת הָאַפְסָר [הַגָּמָל] וְכׇל שֶׁכֵּן תַּחַת גָּמָל [עַצְמוֹ], וְהָעוֹבֵר בֵּין שְׁנֵי גְּמַלִּים, וְהָעוֹבֵר בֵּין שְׁתֵּי נָשִׁים, וְהָאִשָּׁה הָעוֹבֶרֶת בֵּין שְׁנֵי אֲנָשִׁים, וְהָעוֹבֵר מִתַּחַת רֵיחַ רַע שֶׁל נְבֵילָה, וְהָעוֹבֵר תַּחַת הַגֶּשֶׁר שֶׁלֹּא עָבְרוּ תַּחְתָּיו מַיִם אַרְבָּעִים יוֹם, וְהָאוֹכֵל פַּת שֶׁלֹּא בָּשַׁל כׇּל צָרְכּוֹ, וְהָאוֹכֵל בָּשָׂר מִזּוּהֲמָא לִיסְטְרוֹן, וְהַשּׁוֹתֶה מֵאַמַּת הַמַּיִם הָעוֹבֶרֶת בְּבֵית הַקְּבָרוֹת, וְהַמִּסְתַּכֵּל בִּפְנֵי הַמֵּת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף הַקּוֹרֵא כְּתָב שֶׁעַל גַּבֵּי הַקֶּבֶר.
Dix facteurs sont nuisibles à l’étude de la Torah : Celui qui passe sous la bride du chameau, et à plus forte raison celui qui passe sous le chameau lui-même ; et celui qui passe entre deux chameaux ; et celui qui passe entre deux femmes ; et une femme qui passe entre deux hommes ; et celui qui passe sous un endroit où il y a la mauvaise odeur d’une carcasse d’animal ; et celui qui passe sous un pont sous lequel l’eau n’est pas passée pendant quarante jours ; et celui qui mange du pain qui n’a pas été suffisamment cuit ; et celui qui mange de la viande provenant de zuhama listeron, un ustensile composé d’une cuillère et d’une fourchette, utilisé pour retirer la pellicule à la surface de la soupe ; et celui qui boit d’un aqueduc qui passe par un cimetière ; et celui qui regarde le visage du mort. Et certains disent : Aussi celui qui lit l’inscription qui est sur la pierre d’une tombe.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁהַנָּשִׂיא נִכְנָס, כׇּל הָעָם עוֹמְדִים, וְאֵין יוֹשְׁבִים עַד שֶׁאוֹמֵר לָהֶם: שֵׁבוּ. כְּשֶׁאַב בֵּית דִּין נִכְנָס, עוֹשִׂים לוֹ שׁוּרָה אַחַת מִכָּאן וְשׁוּרָה אַחַת מִכָּאן, עַד שֶׁיֵּשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ. כְּשֶׁחָכָם נִכְנָס, אֶחָד עוֹמֵד וְאֶחָד יוֹשֵׁב, עַד שֶׁיֵּשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ. בְּנֵי חֲכָמִים וְתַלְמִידֵי חֲכָמִים, בִּזְמַן שֶׁרַבִּים צְרִיכִים לָהֶם – מַפְסִיעִין עַל רָאשֵׁי הָעָם. יָצָא לְצוֹרֶךְ – יִכָּנֵס וְיֵשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : Lorsque le Nasi du Sanhédrin entre, tout le peuple se lève et ne s’assoit pas jusqu’à ce qu’il leur dise : Asseyez-vous. Lorsque le vice-Nasi du Sanhédrin entre, le peuple forme pour lui une rangée d’un côté, de ce côté du chemin qu’il emprunte, et une rangée de l’autre côté, de l’autre côté de celui-ci, en signe de déférence, jusqu’à ce qu’il s’assoie à sa place, puis ils peuvent s’asseoir. Lorsque le Ḥakham, qui est classé troisième parmi les membres du Sanhédrin, entre, une personne se lève lorsqu’il se trouve à moins de quatre coudées du Ḥakham, et une autre s’assoit, c’est-à-dire que lorsqu’on n’est plus à moins de quatre coudées du Ḥakham, on peut s’asseoir. Et tous ceux devant qui passe le Ḥakham font ainsi, jusqu’à ce qu’il s’assoie à sa place. Lorsque les multitudes requièrent leurs services, c’est-à-dire lorsqu’ils remplissent un rôle public, les fils des Sages et les érudits de Torah peuvent enjamber les têtes du peuple assis à même le sol afin d’atteindre leurs places au Sanhédrin. Si l’un des Sages est sorti dans le but de se soulager, lorsqu’il a terminé il peut entrer et s’asseoir à sa place au Sanhédrin, et il n’a pas à craindre d’importuner les personnes assemblées.
בְּנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁמְּמוּנִּים אֲבִיהֶם פַּרְנָס עַל הַצִּבּוּר, בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ לָהֶם דַּעַת לִשְׁמוֹעַ – נִכְנָסִים וְיוֹשְׁבִים לִפְנֵי אֲבִיהֶם וַאֲחוֹרֵיהֶם כְּלַפֵּי הָעָם. בִּזְמַן שֶׁאֵין לָהֶם דַּעַת לִשְׁמוֹעַ – נִכְנָסִים וְיוֹשְׁבִים לִפְנֵי אֲבִיהֶם וּפְנֵיהֶם כְּלַפֵּי הַעָם. רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר רַבִּי [צָדוֹק] אוֹמֵר: אַף בְּבֵית הַמִּשְׁתֶּה עוֹשִׂים אוֹתָם סְנִיפִין.
Lorsqu’ils ont la sagesse d’écouter et d’étudier, les fils des érudits de la Torah, dont les pères sont nommés dirigeants de la congrégation, entrent et s’assoient devant leurs pères, et leur dos est tourné vers le peuple. Lorsqu’ils n’ont pas la sagesse d’écouter et d’étudier, ils entrent et s’assoient devant leurs pères, et leurs visages sont tournés vers le peuple, afin que tous voient qu’ils sont assis là par déférence envers leurs pères, mais non comme des étudiants. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tzadok, dit : Même lors d’un festin de mariage, on en fait des adjoints [senifin] et on les fait asseoir à côté de leurs pères.
[אָמַר מָר] יָצָא לְצוֹרֶךְ – נִכְנָס וְיוֹשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ. אָמַר רַב פָּפָּא: לֹא אָמְרוּ אֶלָּא לִקְטַנִּים, אֲבָל לִגְדוֹלִים – לָא, הֲוָה לֵיהּ לְמִבְדַּק נַפְשֵׁיהּ מֵעִיקָּרָא. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יְלַמֵּד אָדָם עַצְמוֹ לְהַשְׁכִּים וּלְהַעֲרִיב, כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְרַחֵק. אָמַר רָבָא: הָאִידָּנָא דַּחֲלַשׁא עָלְמָא – אֲפִילּוּ לִגְדוֹלִים נָמֵי.
Le Maître a dit : Si l’un des Sages est sorti dans le but de se soulager, lorsqu’il a terminé il peut entrer et s’asseoir à sa place. Rav Pappa a dit : Les Sages ont dit cela seulement au sujet de celui qui sort pour un besoin mineur du corps, c’est-à-dire pour uriner. Mais au sujet de celui qui sort pour un besoin majeur du corps, c’est-à-dire pour déféquer, non, il ne peut pas retourner à sa place, parce qu’il aurait dû s’examiner au préalable afin de ne pas avoir à sortir. Son manquement à le faire constitue une négligence, et il ne peut pas imposer aux autres lorsqu’il revient, comme Rav Yehouda dit que Rav dit : Une personne doit toujours s’habituer à se soulager le matin et le soir afin de ne pas avoir à s’éloigner pendant la journée pour trouver un endroit approprié. Rava a dit : Aujourd’hui, lorsque le monde est faible et que les gens ne sont plus aussi en bonne santé qu’autrefois, on peut même revenir après être sorti pour un besoin majeur.
רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר רַבִּי [צָדוֹק] אוֹמֵר: אַף בְּבֵית הַמִּשְׁתֶּה עוֹשִׂים אוֹתָם סְנִיפִים. אָמַר רָבָא: בְּחַיֵּי אֲבִיהֶם בִּפְנֵי אֲבִיהֶם.
Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tzadok, dit : Même lors d'un festin de mariage, on les considère comme accessoires. Rava a dit : Cela s'applique du vivant de leurs pères et en présence de leurs pères.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בִּימֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל נִישְׁנֵית מִשְׁנָה זוֹ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל נָשִׂיא, רַבִּי מֵאִיר חָכָם, רַבִּי נָתָן אַב בֵּית דִּין. כִּי הֲוָה רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הָתָם, הֲווֹ קָיְימִי כּוּלֵּי עָלְמָא מִקַּמֵּיהּ. כִּי הֲווֹ עָיְילִי רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי נָתָן, הֲווֹ קָיְימִי כּוּלֵּי עָלְמָא מִקַּמַּיְיהוּ. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: לָא בָּעוּ לְמִיהְוֵי הֶיכֵּרָא בֵּין דִּילִי לְדִידְהוּ? תַּקֵּין הָא מַתְנִיתָא.
§ Rabbi Yoḥanan dit : Cette michna, c’est-à-dire la baraita précédente, a été enseignée à l’époque de Rabban Shimon ben Gamliel. Rabban Shimon ben Gamliel était le Nasi, Rabbi Meir était le Ḥakham, et Rabbi Natan était le vice-Nasi. Lorsque Rabban Shimon ben Gamliel était présent, tout le monde se levait devant lui. Lorsque Rabbi Meir et Rabbi Natan entraient, tout le monde se levait devant eux. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Ne devrait-il pas y avoir une distinction manifeste entre eux et moi quant à la manière dont la déférence est montrée ? Rabban Shimon ben Gamliel institua les dispositions énoncées dans cette baraita qui distinguent le Nasi de ses subordonnés en ce qui concerne la déférence qui leur est montrée.
הָהוּא יוֹמָא לָא הֲווֹ רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי נָתָן הָתָם, לִמְחַר כִּי אֲתוֹ חֲזוֹ דְּלָא קָמוּ מִקַּמַּיְיהוּ כְּדִרְגִילָא מִילְּתָא, אָמְרִי: מַאי הַאי? אֲמַרוּ לְהוּ: הָכִי תַּקֵּין רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל.
Ce jour-là, lorsque Rabban Shimon ben Gamliel institua ces dispositions, Rabbi Meir et Rabbi Natan n’étaient pas là. Le lendemain, lorsqu’ils vinrent à la maison d’étude, ils virent que les gens ne se levaient pas devant eux comme cela se faisait habituellement. Ils dirent : Qu’est-ce que c’est ? Les gens leur dirent : C’est ce que Rabban Shimon ben Gamliel a institué.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי מֵאִיר לְרַבִּי נָתָן: אֲנָא חָכָם וְאַתְּ אַב בֵּית דִּין, נְתַקֵּין מִילְּתָא כִּי לְדִידַן. מַאי נַעֲבֵיד לֵיהּ? נֵימָא לֵיהּ: גַּלִּי עוּקְצִים, דְּלֵית לֵיהּ. וְכֵיוָן דְּלָא גְּמִר, נֵימָא לֵיהּ: ״מִי יְמַלֵּל גְּבוּרוֹת ה׳ יַשְׁמִיעַ כׇּל תְּהִלָּתוֹ״, לְמִי נָאֶה לְמַלֵּל גְּבוּרוֹת ה׳ – מִי שֶׁיָּכוֹל לְהַשְׁמִיעַ כׇּל תְּהִלּוֹתָיו. נְעַבְּרֵיהּ, וְהָוֵי אֲנָא אַב בֵּית דִּין וְאַתְּ נָשִׂיא.
Rabbi Meir dit à Rabbi Natan : Je suis le Ḥakham et toi, tu es le vice-Nasi. Imaginons une affaire et faisons-lui comme il nous a fait. Que lui ferons-nous ? Disons-lui : Révèle-nous le traité Okatzim, qu’il ne connaît pas. Et une fois qu’il sera clair pour tous qu’il n’a pas étudié, il n’aura rien à dire. Alors nous lui dirons : « Qui peut exprimer les hauts faits du Seigneur, fera entendre toutes Ses louanges ? » (Psaumes 106:2), indiquant : À qui convient-il d’exprimer les hauts faits du Seigneur ? Cela convient à celui qui est capable de faire entendre toutes Ses louanges, et non à celui qui ne connaît pas l’un des traités. Nous le destituerons de sa position de Nasi, et moi je serai vice-Nasi et toi tu seras Nasi.
שַׁמְעִינְהוּ רַבִּי יַעֲקֹב בֶּן קֻדְשַׁי, אֲמַר: דִּלְמָא חַס וְשָׁלוֹם אָתְיָא מִלְּתָא לִידֵי כִּיסּוּפָא, אֲזַל יְתֵיב אֲחוֹרֵי עִילִּיתֵיהּ דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, פְּשַׁט, גְּרַס וּתְנָא, גְּרַס וּתְנָא.
Rabbi Ya’akov ben Korshei les entendit parler, et dit : Peut-être, à Dieu ne plaise, cette affaire en viendra à une situation d’humiliation pour Rabban Shimon ben Gamliel. Il ne voulait pas formuler de critiques ni médire au sujet de Rabbi Meir et Rabbi Natan, alors il alla et s’assit derrière l’étage supérieurRabban Shimon ben Gamliel habitait. Il expliqua le traité Okatzin ; il l’étudia à voix haute et le répéta, puis l’étudia à voix haute et le répéta.
אָמַר: מַאי דְּקַמָּא? דִּלְמָא חַס וְשָׁלוֹם אִיכָּא בֵּי מִדְרְשָׁא מִידֵּי, יְהַב דַּעְתֵּיהּ וְגַרְסַהּ. לִמְחַר אֲמַרוּ לֵיהּ: נֵיתֵי מָר וְנִיתְנֵי בְּעוּקְצִין, פְּתַח וַאֲמַר. בָּתַר דְּאוֹקֵים, אֲמַר לְהוּ: אִי לָא גְּמִירְנָא, כַּסֵּיפְיתֻּנַן.
Rabban Shimon ben Gamliel se dit à lui-même : Qu’est-ce donc qui se passe devant nous ? Peut-être, à Dieu ne plaise, se passe-t-il quelque chose dans la maison d’étude. Il soupçonna que Rabbi Meir et Rabbi Natan tramaient quelque chose. Il se concentra et étudia le traité Okatzin. Le lendemain, Rabbi Meir et Rabbi Natan lui dirent : Que le Maître vienne enseigner une leçon sur le traité Okatzin. Il commença et exposa la leçon qu’il avait préparée. Après avoir terminé d’enseigner le traité, il leur dit : Si je n’avais pas étudié le traité, vous m’auriez humilié.
פַּקֵּיד וְאַפְּקִינְהוּ מִבֵּי מִדְרְשָׁא. הֲווֹ כָּתְבִי קוּשְׁיָיתָא [בְּפִתְקָא] וְשָׁדוּ הָתָם. דַּהֲוָה מִיפְּרִיק – מִיפְּרִיק, דְּלָא הֲווֹ מִיפְּרִיק – כָּתְבִי פֵּירוּקֵי וְשָׁדוּ. אֲמַר לְהוּ רַבִּי יוֹסֵי: תּוֹרָה מִבַּחוּץ וְאָנוּ מִבִּפְנִים?
Rabban Shimon ben Gamliel ordonna à ceux qui étaient présents et ils expulsèrent Rabbi Meir et Rabbi Natan de la maison d’étude comme punition. Rabbi Meir et Rabbi Natan écrivaient des difficultés sur un bout de papier [pitka] et les jetaient , dans la maison d’étude. Les difficultés qui étaient résolues étaient résolues ; quant à celles qui n’étaient pas résolues, Rabbi Meir et Rabbi Natan écrivaient des solutions sur un bout de papier et les jetaient dans la maison d’étude. Rabbi Yosei dit aux Sages : Comment se fait-il que la Torah, incarnée dans les plus éminents érudits de la Torah, soit dehors et que nous soyons dedans ?
אָמַר לָהֶן רַבָּן [שִׁמְעוֹן בֶּן] גַּמְלִיאֵל: נִיעַיְּילִינְהוּ, מִיהוּ נִיקְנְסִינְהוּ דְּלָא נֵימְרוּ שְׁמַעְתָּא מִשְּׁמַיְיהוּ. אַסִּיקוּ לְרַבִּי מֵאִיר אֲחֵרִים, וּלְרַבִּי נָתָן יֵשׁ אוֹמְרִים. אַחְווֹ לְהוּ בְּחֶלְמַיְיהוּ: זִילוּ פַּיְּיסוּהוּ [לְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל], רַבִּי נָתָן אֲזַל, רַבִּי מֵאִיר לָא אֲזַל, אֲמַר: דִּבְרֵי חֲלוֹמוֹת לֹא מַעֲלִין וְלֹא מוֹרִידִין. כִּי אֲזַל רַבִּי נָתָן, אֲמַר לֵיהּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: נְהִי דְּאַהֲנִי לָךְ קַמְרָא דַּאֲבוּךְ לְמֶהֱוֵי אַב בֵּית דִּין, שַׁוִּינָיךְ נָמֵי נָשִׂיא?!
Rabban Shimon ben Gamliel leur dit : Admettons-les dans la salle d’étude. Mais nous les pénaliserons en ce que nous ne citerons pas la halakha en leur nom. Ils citaient des enseignements de Rabbi Meir au nom de Aḥerim, c’est-à-dire : D’autres, et ils citaient des enseignements de Rabbi Natan au nom de yesh omerim, c’est-à-dire : Certains disent. Il fut montré à Rabbi Meir et Rabbi Natan un message dans leurs rêves : Allez apaiser Rabban Shimon ben Gamliel. Rabbi Natan y alla. Rabbi Meir n’y alla pas. Il dit en son cœur : Les choses des rêves sont insignifiantes. Lorsque Rabbi Natan y alla, Rabban Shimon ben Gamliel lui dit : Bien que la ceinture ornée, c’est-à-dire l’importance, de ton père ait été efficace pour te permettre de devenir vice-Nasi, puisque le père de Rabbi Natan était l’Exilarque babylonien, cela fera-t-il aussi de toi un Nasi ?
מַתְנֵי לֵיהּ רַבִּי לְרַבָּן שִׁמְעוֹן בְּרֵיהּ, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: אִילּוּ הָיָה תְּמוּרָה
Des années plus tard, Rabbi Yehuda HaNasi enseigna à Rabban Shimon, son fils, que Aḥerim disent : si cela était considéré comme un substitut,

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