מָה לְהַלָּן שֶׁאֵין עַל גַּבָּיו אֶלָּא ה׳ אֱלֹהָיו, אַף נָשִׂיא שֶׁאֵין עַל גַּבָּיו אֶלָּא ה׳ אֱלֹהָיו.
De même que là-bas, dans le passage concernant le roi, il s’agit de celui au-dessus de qui il n’y a que le Seigneur son Dieu, de même aussi, en ce qui concerne un nasi, il s’agit de celui au-dessus de qui il n’y a que le Seigneur son Dieu.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי מֵרַבִּי חִיָּיא: כְּגוֹן אֲנִי, מַהוּ בְּשָׂעִיר? אֲמַר לֵיהּ: הֲרֵי צָרָתְךָ בְּבָבֶל. אֵיתִיבֵיהּ: מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל וּמַלְכֵי בֵּית דָּוִד, אֵלּוּ מְבִיאִים לְעַצְמָם, וְאֵלּוּ מְבִיאִים לְעַצְמָם! אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לָא כַּיְיפִי אַהֲדָדֵי, הָכָא אֲנַן כַּיְיפִינַן לְהוּ לְדִידְהוּ.
Rabbi Yehouda HaNasi souleva un dilemme devant Rabbi Ḥiyya : Dans un cas où je commets une transgression involontaire, quelle est la halakha : serais-je tenu d’obtenir l’expiation avec un bouc comme offrande expiatoire parce que je suis le Nasi, ou bien mon expiation se fait-elle avec une brebis ou une chèvre, comme un homme du commun, parce que je ne suis pas roi ? Rabbi Ḥiyya lui dit : Ton rival, l’Exilarque en Babylonie, est aussi grand que toi ; par conséquent, tu n’es pas semblable à un roi. Rabbi Yehouda HaNasi souleva une objection à Rabbi Ḥiyya à partir d’une baraita : Si les rois du royaume d’Israël et les rois de la maison de David commettent une transgression involontaire, ceux-ci apportent une offrande expiatoire pour eux-mêmes en tant que rois, et ceux-là apportent une offrande expiatoire pour eux-mêmes en tant que rois. Cela indique que même si un roi a un homologue aussi puissant que lui, il apporte un bouc mâle comme offrande expiatoire. Rabbi Ḥiyya dit à Rabbi Yehouda HaNasi : Là-bas, les rois n’étaient pas soumis à l’autorité les uns des autres. Ici, en Eretz Israël, nous sommes soumis à leur autorité, car l’autorité de l’Exilarque est plus grande que celle du Nasi.
רַב סָפְרָא מַתְנֵי הָכִי. בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי מֵרַבִּי חִיָּיא: כְּגוֹן אֲנִי מַהוּ בְּשָׂעִיר? אֲמַר לֵיהּ: הָתָם ״שֵׁבֶט״, הָכָא ״מְחוֹקֵק״, וְתַנְיָא: ״לֹא יָסוּר שֵׁבֶט מִיהוּדָה״ – זֶה רֹאשׁ גּוֹלָה שֶׁבְּבָבֶל, שֶׁרוֹדֶה אֶת יִשְׂרָאֵל בְּמַקֵּל. ״וּמְחוֹקֵק מִבֵּין רַגְלָיו״ – אֵלּוּ בְּנֵי בָנָיו שֶׁל הִלֵּל שֶׁמְלַמְּדִים תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל בָּרַבִּים.
Rav Safra a enseigné l’échange de cette manière : Rabbi Yehouda HaNasi a soulevé un dilemme devant Rabbi Ḥiyya : Dans un cas où je commets une transgression involontaire, quelle est la halakha : serais-je tenu d’expier avec un bouc mâle comme offrande expiatoire parce que je suis le Nasi, ou bien mon expiation se fait-elle avec une brebis ou une chèvre femelle, comme un simple particulier, parce que je ne suis pas le roi ? Rabbi Ḥiyya lui dit : Là-bas, l’Exilarque a une autorité représentée par un sceptre ; ici, en Eretz Yisrael, nous avons une autorité moindre, représentée par un bâton. Et il est enseigné dans une baraita : « Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda » (Genèse 49:10) ; cela fait référence à l’Exilarque en Babylonie, qui règne sur le peuple juif avec une verge, car il est autorisé par la monarchie gentile à imposer sa volonté. « Ni le bâton du dirigeant d’entre ses pieds » (Genèse 49:10) ; ce sont les descendants de Hillel, qui remplissent le rôle de Nasi et enseignent Torah au peuple juif en public, mais ne sont pas autorisés par le gouvernement à imposer leur volonté.
מַתְנִי׳ וְאֵיזֶהוּ הַמָּשִׁיחַ? הַמָּשׁוּחַ בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה, לֹא הַמְרוּבֶּה בִּבְגָדִים. אֵין בֵּין כֹּהֵן הַמָּשׁוּחַ בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה לִמְרוּבֵּה בְּגָדִים, אֶלָּא פַּר הַבָּא עַל כׇּל הַמִּצְוֹת.
MICHNA :Et qui est le prêtre oint ? C’est le Grand Prêtre qui est oint avec l’huile d’onction, et non le Grand Prêtre consacré en revêtant de multiples vêtements, c’est-à-dire celui qui a servi après que l’huile d’onction eut été mise en réserve, vers la fin de la période du Premier Temple. La différence entre un Grand Prêtre oint avec l’huile d’onction et un autre consacré en revêtant de multiples vêtements propres au Grand Prêtre est seulement que ce dernier n’apporte pas le taureau qui vient pour la transgression de l’une quelconque des mitzvot.
וְאֵין בֵּין כֹּהֵן מְשַׁמֵּשׁ לְכֹהֵן שֶׁעָבַר אֶלָּא פַּר יוֹם הַכִּיפּוּרִים וַעֲשִׂירִית הָאֵיפָה.
Et la différence entre un Grand Prêtre exerçant actuellement ses fonctions et un ancien Grand Prêtre qui avait temporairement occupé cette position pendant que le Grand Prêtre était inapte au service n’est que concernant le taureau apporté par le Grand Prêtre à Yom Kippour et le dixième d’un épha de l’offrande de farine apportée quotidiennement par le Grand Prêtre. Chacune de ces offrandes n’est apportée que par le Grand Prêtre en fonction, et non par un ancien Grand Prêtre.
זֶה וָזֶה שָׁוִים בַּעֲבוֹדַת יוֹם הַכִּיפּוּרִים, וּמְצֻוִּוים עַל הַבְּתוּלָה, וַאֲסוּרִים עַל הָאַלְמָנָה, וְאֵינָם מִטַּמְּאִים בִּקְרוֹבֵיהֶם, וְלֹא פּוֹרְעִים, וְלֹא פּוֹרְמִים, וּמַחְזִירִין הָרוֹצֵחַ.
Tant ce Grand Prêtre actuellement en fonction que cet ancien Grand Prêtre sont égaux en ce qui concerne l’accomplissement du reste du service de Yom Kippur, et ils sont tous deux tenus en ce qui concerne d’épouser une vierge (voir Lévitique 21:13), et il leur est interdit à tous deux d’épouser une veuve (voir Lévitique 21:14), et ils ne peuvent pas se rendre impurs par l’impureté transmise par un cadavre, même dans le cas où l’un de leurs proches meurt (voir Lévitique 21:11), et ils ne peuvent pas laisser pousser leurs cheveux longs ni déchirer leurs vêtements en signe de deuil (voir Lévitique 21:10), et lorsqu’ils meurent, ils font retourner le meurtrier involontaire chez lui depuis la ville de refuge (voir Nombres 35:25).
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה בַּמִּדְבָּר הָיוּ שׁוֹלְקִים בּוֹ אֶת הָעִיקָּרִים, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: וַהֲלֹא לָסוּךְ אֶת הָעִקָּרִים אֵינוֹ סוֹפֵק?! אֶלָּא: שׁוֹרִין אֶת הָעִקָּרִים בְּמַיִם, וּמֵצִיף עָלָיו שֶׁמֶן, וְקוֹלֵט אֶת הָרֵיחַ וְקוֹפְחוֹ.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Pour préparer l’huile d’onction que Moïse prépara dans le désert, on faisait bouillir dans l’huile les racines des aromates dans les quantités énumérées dans le verset ; telle est l’opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossei dit : Mais cette quantité d’huile n’est-elle pas insuffisante même pour enduire les racines de ces aromates, puisque l’huile serait absorbée par les racines ? Comment alors les racines pouvaient-elles être bouillies dans l’huile ? Au contraire, on fait tremper les racines dans l’eau. Une fois les racines gorgées d’eau, elles n’absorbent pas l’huile. Le parfum des aromates monte progressivement, et on fait flotter de l’huile à la surface de l’eau et l’huile absorbe le parfum. Et à ce moment-là, on retirait l’huile [vekippeḥo] de l’eau, et c’était l’huile d’onction.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: וְכִי נֵס אֶחָד נַעֲשָׂה בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה? וַהֲלֹא תְּחִלָּתוֹ שְׁנֵים עָשָׂר לוּגִּין, וּמִמֶּנּוּ הָיָה נִמְשָׁח מִשְׁכָּן וְכֵלָיו אַהֲרֹן וּבָנָיו כׇּל שִׁבְעַת יְמֵי הַמִּלּוּאִים, וְכוּלּוֹ קַיָּים לֶעָתִיד לָבוֹא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שֶׁמֶן מִשְׁחַת קֹדֶשׁ יִהְיֶה זֶה לִי לְדוֹרוֹתֵיכֶם״.
Rabbi Yehouda lui dit : Et n’était-ce qu’un seul miracle qui fut accompli au sujet de l’huile d’onction ? N’y avait-il pas au départ seulement douze log, et avec elle furent oints le Tabernacle, et ses ustensiles, Aaron et ses fils pendant tous les sept jours de l’inauguration, et tout cela demeure en existence pour l’avenir, comme il est dit : « Ceci sera pour Moi une huile d’onction sacrée à travers vos générations » (Exode 30:31) ? Puisque toute l’existence de l’huile d’onction repose sur des miracles, il n’est pas étonnant que sa préparation aussi ait impliqué un miracle.
תַּנְיָא אִידַּךְ: ״וַיִּקַּח מֹשֶׁה אֶת שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וַיִּמְשַׁח [אֶת] הַמִּשְׁכָּן [וְאֶת] כׇּל אֲשֶׁר בּוֹ״, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה בַּמִּדְבָּר, כַּמָּה נִסִּים נַעֲשׂוּ בּוֹ מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף, תְּחִלָּתוֹ לֹא הָיָה אֶלָּא שְׁנֵים עָשָׂר לוּגִּין, רְאֵה כַּמָּה יוֹרָה בּוֹלַעַת, וְכַמָּה עִקָּרִים בּוֹלְעִים, וְכַמָּה הָאוּר שׂוֹרֵף, וּבוֹ נִמְשַׁח מִשְׁכָּן וְכֵלָיו וְאַהֲרֹן וּבָנָיו כׇּל שִׁבְעַת יְמֵי הַמִּלּוּאִים, וּבוֹ נִמְשְׁחוּ כֹּהֲנִים גְּדוֹלִים וּמְלָכִים.
Il est enseigné dans une autrebaraita : « Et Moïse prit l’huile d’onction, et oignit le Tabernacle et tout ce qui s’y trouvait et les sanctifia » (Lévitique 8:10). Rabbi Yehuda dit : En ce qui concerne l’huile d’onction que Moïse prépara dans le désert, combien de miracles furent accomplis continuellement à son sujet, du début à la fin ? Au départ, il n’y en avait que douze log. Considère combien d’huile un récipient absorbe, et combien d’huile est absorbée par les racines, et combien d’huile le feu consume, et pourtant le Tabernacle, ses ustensiles, Aaron et ses fils furent oints avec elle pendant tous les sept jours de l’inauguration, et les Grands Prêtres et les rois furent oints avec elle au fil des générations.
וַאֲפִילּוּ כֹּהֵן גָּדוֹל בֶּן כֹּהֵן גָּדוֹל טָעוּן מְשִׁיחָה, וְאֵין מוֹשְׁחִים מֶלֶךְ בֶּן מֶלֶךְ. וְאִם תֹּאמַר: מִפְּנֵי מָה מָשְׁחוּ אֶת שְׁלֹמֹה? מִפְּנֵי מַחְלוּקְתּוֹ שֶׁל אֲדוֹנִיָּה, וְאֶת יוֹאָשׁ מִפְּנֵי עֲתַלְיָה, וְאֶת יְהוֹאָחָז מִפְּנֵי יְהוֹיָקִים, שֶׁהָיָה גָּדוֹל מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי שָׁנִים. וְאוֹתוֹ שֶׁמֶן קַיָּים לֶעָתִיד לָבוֹא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שֶׁמֶן מִשְׁחַת קֹדֶשׁ יִהְיֶה זֶה לִי לְדוֹרוֹתֵיכֶם״, ״זֶה״ – בְּגִימַטְרִיָּא שְׁנֵים עָשָׂר לוּגִּין הֲווֹ.
À propos de l’huile d’onction, la baraita poursuit : Et même un Grand Prêtre, fils d’un Grand Prêtre, requiert l’onction, mais on n’oint pas un roi, fils d’un roi. Et si vous dites : Pour quelle raison a-t-on oint le roi Salomon (voir I Rois, chapitre 1), qui était le fils d’un roi ? C’était en raison de la contestation d’Adonias, qui cherchait à succéder à leur père David comme roi. Et on a oint Joas à cause d’Athalie (voir II Rois, chapitre 11). Et on a oint Joachaz à cause de Joakim, qui avait deux ans de plus que lui (voir II Rois 23:30). Dans tous ces cas, il était nécessaire de souligner que ces hommes avaient été couronnés rois. Et cette huile demeure en existence pour l’avenir, comme il est dit : “Ceci [zeh] sera pour Moi une huile d’onction sacrée à travers vos générations” (Exode 30:31). La valeur numérique de zeh est de douze log, indiquant que cette quantité d’huile demeure intacte malgré son usage.
אָמַר מָר: וַאֲפִילּוּ כֹּהֵן גָּדוֹל בֶּן כֹּהֵן גָּדוֹל טָעוּן מְשִׁיחָה. מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וְהַכֹּהֵן הַמָּשִׁיחַ תַּחְתָּיו מִבָּנָיו״, נֵימָא קְרָא ״וְהַכֹּהֵן מִתַּחְתָּיו מִבָּנָיו״, מַאי ״הַמָּשִׁיחַ״? קָא מַשְׁמַע לַן דְּמִבָּנָיו דְּכֹהֵן גָּדוֹל, אִי הָוֵי מָשִׁיחַ – הָוֵי כֹּהֵן גָּדוֹל, וְאִי לָא – לָא הָוֵי כֹּהֵן גָּדוֹל.
§ La Guemara analyse la baraita. Le Maître a dit : Et même un Grand Prêtre, fils d’un Grand Prêtre, requiert l’onction. La Guemara demande : D’où tirons-nous cette halakha ? Cela est dérivé d’un verset, comme il est écrit : « Et le prêtre oint qui sera à sa place parmi ses fils » (Lévitique 6:15). Que le verset dise seulement : Le prêtre qui sera à sa place parmi ses fils. Quelle est la raison pour laquelle il dit : « oint » prêtre ? La Torah nous enseigne que même parmi les fils d’un Grand Prêtre, s’il est oint avec de l’huile, il est Grand Prêtre, et sinon, il n’est pas Grand Prêtre.
אָמַר מָר: וְאֵין מוֹשְׁחִין מֶלֶךְ בֶּן מֶלֶךְ. מְנָלַן? אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב, דִּכְתִיב: ״לְמַעַן יַאֲרִיךְ יָמִים עַל מַמְלַכְתּוֹ וְגוֹ׳״, יְרוּשָּׁה הִיא לָכֶם. וּמְנָלַן דְּכִי אִיכָּא מַחְלוֹקֶת בָּעֵי מְשִׁיחָה, וְלָאו כָּל דְּבָעֵי מַלְכָּא מוֹרֵית מַלְכוּתָא לִבְנֵיהּ, אָמַר רַב פָּפָּא אָמַר קְרָא: ״הוּא וּבָנָיו בְּקֶרֶב יִשְׂרָאֵל״. בִּזְמַן שֶׁשָּׁלוֹם בְּיִשְׂרָאֵל קָרֵינָא בֵּיהּ ״הוּא וּבָנָיו״, וַאֲפִילּוּ בְּלֹא מְשִׁיחָה.
Le Maître a dit : Mais on n’oint pas un roi, fils de roi. La Guemara demande : D’où tirons-nous cette halakha ? Rav Aḥa bar Ya’akov a dit que cela est dérivé d’un verset, comme il est écrit : « Afin qu’il prolonge ses jours dans son royaume, lui et ses fils, au milieu d’Israël » (Deutéronome 17:20). Ses enfants sont mentionnés dans le verset afin de leur enseigner : La royauté est un héritage pour vous. La Guemara demande : Et d’où tirons-nous que lorsqu’il y a un différend au sujet de la succession, le roi requiert une onction, et que ce n’est pas le cas que chaque fois que le roi le souhaite il puisse léguer le royaume à son fils sans l’oindre ? Rav Pappa a dit que le verset déclare : « Lui et ses fils, au milieu d’Israël. » Lorsqu’il y a la paix en Israël, nous lisons à son sujet : « Lui et ses fils », même sans onction ; mais lorsqu’il y a un différend, l’onction est requise.
תָּנָא: אַף יֵהוּא בֶּן נִמְשִׁי לֹא נִמְשַׁח אֶלָּא מִפְּנֵי מַחְלוּקְתּוֹ שֶׁל יוֹרָם. וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם דְּרִאשׁוֹן הוּא! חַסּוֹרֵי מְחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: מַלְכֵי בֵּית דָּוִד מְשׁוּחִין, מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל אֵין מְשׁוּחִין. מְנָלַן? אָמַר רָבָא, אָמַר קְרָא: ״קוּם מְשָׁחֵהוּ כִּי זֶה וְגוֹ׳״ – זֶה טָעוּן מְשִׁיחָה, וְאֵין אַחֵר טָעוּן מְשִׁיחָה.
Il est enseigné : Même Jéhu, fils de Nimshi, roi d’Israël, ne fut oint qu’en raison de la contestation de Joram (voir II Rois 9:1–14). Les Sages objectent : Qu’il déduise donc que Jéhu fut oint du fait qu’il était le premier de sa dynastie et n’était pas le fils d’un roi. La Guemara répond : La baraitaest incomplète, et voici ce qu’elle enseigne : Les rois de la maison de David sont oints ; les rois d’Israël ne sont pas oints. La Guemara demande : D’où dérivons-nous cela ? Rava a dit que le verset déclare : « Lève-toi, oins-le, car celui-ci est lui » (I Samuel 16:12), d’où l’on déduit : Ce roi, David, requiert l’onction, mais un autre roi ne requiert pas l’onction.
אָמַר מָר: אַף יֵהוּא בֶּן נִמְשִׁי לֹא נִמְשַׁח אֶלָּא מִפְּנֵי מַחְלוּקְתּוֹ שֶׁל יוֹרָם. וּמִשּׁוּם מַחְלוּקְתּוֹ שֶׁל יוֹרָם בֶּן אַחְאָב נִמְעוֹל בְּשֶׁמֶן? כִּדְאָמַר רַב פָּפָּא: בַּאֲפַרְסְמָא דַּכְיָא, הָכִי נָמֵי בַּאֲפַרְסְמָא דַּכְיָא.
La Guemara analyse la baraita. Le Maître a dit : Même Jéhu, fils de Nimshi, roi d’Israël, ne fut oint qu’en raison de la contestation de Joram. La Guemara demande : Et à cause de la contestation de Joram, fils d’Achab, allons-nous faire un usage abusif de l’huile d’onction consacrée et oindre un roi d’Israël, qui n’a pas besoin d’onction ? La Guemara répond que c’est comme ce qu’a dit Rav Pappa dans un autre contexte : On l’a oint avec de l’huile pure de baume, et non avec l’huile d’onction. De même, en ce qui concerne Jéhu, on l’a oint avec de l’huile pure de baume, et non avec l’huile d’onction.
וְאֶת יְהוֹאָחָז מִפְּנֵי יְהוֹיָקִים, שֶׁהָיָה גָּדוֹל מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי שָׁנִים. וּמִי קַשִּׁישׁ מִינֵּיהּ? וְהָכְתִיב: ״וּבְנֵי יֹאשִׁיָּהוּ הַבְּכוֹר יוֹחָנָן הַשֵּׁנִי יְהוֹיָקִים הַשְּׁלִישִׁי צִדְקִיָּהוּ הָרְבִיעִי שַׁלּוּם״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הוּא שַׁלּוּם הוּא צִדְקִיָּהוּ, הוּא יוֹחָנָן הוּא יְהוֹאָחָז. לְעוֹלָם יְהוֹיָקִים קַשִּׁישׁ, וּמַאי ״בְּכוֹר״? בְּכוֹר לַמַּלְכוּת.
La baraita enseigne : Et ils ont oint Joachaz à cause de Joïaqim, qui avait deux ans de plus que lui. La Guemara demande : Et Joïaqim était-il plus âgé que Joachaz ? Mais n’est-il pas écrit : « Et les fils de Josias : le premier-né Yoḥanan, le deuxième Joïaqim, le troisième Sédécias, le quatrième Shalloum » (I Chroniques 3:15), et Rabbi Yoḥanan dit : C’est Shalloum, c’est Sédécias ; ce sont deux noms d’une seule personne. De même, c’est Yoḥanan, c’est Joachaz, qui est mentionné dans le livre des Rois. Puisque Joachaz était l’aîné, pourquoi était-il nécessaire de l’oindre ? La Guemara répond : En réalité, Joïaqim était plus âgé que Joachaz. Et que signifie le terme « premier-né » écrit au sujet de Joachaz ? Cela signifie que son statut était comme celui d’un premier-né en termes d’accession à la royauté.
וּמִי מָלְכִי זוּטְרֵי מִקַּמֵּי קַשִּׁישֵׁי? וְהָא כְּתִיב: ״וְאֶת הַמַּמְלָכָה נָתַן לִיהוֹרָם כִּי הוּא הַבְּכוֹר״! יְהוֹרָם מְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו הֲוָה, יְהוֹיָקִים לָאו מְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו הֲוָה.
La Guemara demande : Et des fils plus jeunes règnent-ils avant des fils plus âgés ? Mais n’est-il pas écrit : « Et le royaume, il le donna à Joram, parce qu’il était le premier-né » (II Chroniques 21:3). La Guemara répond : Joram était un substitut de ses ancêtres, car il était apte à servir comme roi ; ainsi, puisqu’il était le premier-né, il monta sur le trône. Joïaqim n’était pas un substitut de ses ancêtres ; il n’était pas apte à servir comme roi. Par conséquent, son frère monta sur le trône avant lui.
אָמַר מָר: הוּא שַׁלּוּם הוּא צִדְקִיָּהוּ, הוּא יוֹחָנָן הוּא יְהוֹאָחָז. וְהָא חַד חַד קָא חָשֵׁיב, דִּכְתִיב: ״הַשְּׁלִישִׁי הָרְבִיעִי״! מַאי ״שְׁלִישִׁי״ – שְׁלִישִׁי לַבָּנִים, וּמַאי ״רְבִיעִי״ – רְבִיעִי לַמַּלְכוּת. דְּמֵעִיקָּרָא מְלַךְ יְהוֹאָחָז, וּלְבַסּוֹף יְהוֹיָקִים, וּלְבַסּוֹף יְכׇנְיָה, וּלְבַסּוֹף צִדְקִיָּהוּ.
Le Maître a dit : C’est Shallum, c’est Sédécias ; c’est Yo’hanan, c’est Joachaz. La Guemara demande : Mais le verset ne les énumère-t-il pas individuellement, comme il est écrit : « Le troisième Sédécias, le quatrième Shallum », ce qui indique qu’il s’agit de deux personnes ? La Guemara répond : Que signifie troisième ? Cela signifie le troisième parmi les fils. Et que signifie quatrième ? Cela signifie le quatrième à monter sur le trône. Comment cela ? Au début, Joachaz régna, et ensuite, après lui, Joaqim, et ensuite, après lui, Jéchonias, fils de Joaqim, et ensuite, après lui, Sédécias, qui fut le quatrième à monter sur le trône.
תָּנוּ רַבָּנַן: הוּא שַׁלּוּם הוּא צִדְקִיָּהוּ. וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ שַׁלּוּם? שֶׁהָיָה מְשׁוּלָּם בְּמַעֲשָׂיו. אִיכָּא דְּאָמְרִי: ״שַׁלּוּם״ – שֶׁשָּׁלְמָה מַלְכוּת בֵּית דָּוִד בְּיָמָיו, וּמָה שְׁמוֹ? מַתַּנְיָה שְׁמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּמְלֵךְ מֶלֶךְ בָּבֶל אֶת מַתַּנְיָה דוֹדוֹ תַּחְתָּיו וַיַּסֵּב אֶת שְׁמוֹ צִדְקִיָּהוּ״. אֲמַר לֵיהּ: יָהּ יַצְדִּיק עָלֶיךָ אֶת הַדִּין אִם תִּמְרוֹד בִּי, (שֶׁנֶּאֱמַר וַיְבִאֵהוּ בָּבֶלָה) וּכְתִיב: ״וְגַם בַּמֶּלֶךְ נְבוּכַדְנֶצַּר מָרָד אֲשֶׁר הִשְׁבִּיעוֹ בֵּאלֹהִים״.
Les Sages ont enseigné : C’est Shallum, c’est Sédécias. Et pourquoi l’appelait-on Shallum ? C’était en raison du fait qu’il était parfait [meshullam] dans ses actions. Certains disent : Il fut appelé Shallum parce que le royaume de la maison de David fut achevé [sheshalema] durant ses jours. Et quel était son véritable nom ? Mattania était son nom, comme il est dit : « Et le roi de Babylone fit régner Mattania, son oncle, à sa place, et changea son nom en Sédécias » (II Rois 24:17). Pourquoi Nabuchodonosor l’appela-t-il Sédécias ? Il lui dit : Dieu justifiera le jugement contre toi si tu te rebelles contre moi ; et il est écrit : « Et il se rebella aussi contre le roi Nabuchodonosor, qui lui avait imposé un serment par Dieu » (II Chroniques 36:13).