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עַבְדוּת אֲנִי נוֹתֵן לָכֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְדַבְּרוּ אֵלָיו לֵאמֹר אִם הַיּוֹם תִּהְיֶה עֶבֶד לָעָם הַזֶּה״.
Je t’accorde la servitude, comme il est dit : « Et ils lui parlèrent, disant : Si aujourd’hui tu es serviteur de ce peuple » (I Rois 12:7). Cela explique l’expression « dans une maison indépendante ».
תָּנוּ רַבָּנַן: ״אֲשֶׁר נָשִׂיא יֶחֱטָא״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: אַשְׁרֵי הַדּוֹר שֶׁהַנָּשִׂיא שֶׁלּוֹ מֵבִיא קׇרְבָּן עַל שִׁגְגָתוֹ. אִם נָשִׂיא שֶׁלּוֹ מֵבִיא קׇרְבָּן, צָרִיךְ אַתָּה לוֹמַר מַהוּ הֶדְיוֹט! וְאִם עַל שִׁגְגָתוֹ מֵבִיא קׇרְבָּן, צָרִיךְ אַתָּה לוֹמַר מַהוּ זְדוֹנוֹ!
§ Les Sages ont enseigné : Le verset déclare au sujet d’un roi : « Quand [asher] un roi pèche » (Lévitique 4:22). Rabbi Yoḥanan ben Zakkaï a dit : Heureuse [ashrei] est la génération dont le roi ressent le besoin d’apporter une offrande pour sa transgression involontaire. Si le roi de la génération apporte une offrande, il faut dire à plus forte raison ce qu’une personne ordinaire fera pour expier son péché, c’est-à-dire qu’elle apportera certainement une offrande. Et si le roi apporte une offrande pour sa transgression involontaire, il faut dire à plus forte raison ce qu’il fera pour expier sa transgression intentionnelle, c’est-à-dire qu’il se repentira certainement.
מַתְקֵיף לַהּ רָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה: אֶלָּא מֵעַתָּה, דִּכְתִיב: ״וְאֵת אֲשֶׁר חָטָא מִן הַקֹּדֶשׁ יְשַׁלֵּם״, וּבְיָרׇבְעָם בֶּן נְבָט, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״אֲשֶׁר חָטָא וַאֲשֶׁר הֶחֱטִיא״, הָכִי נָמֵי דְּאַשְׁרֵי הַדּוֹר הוּא! שָׁאנֵי הָכָא, דְּשַׁנִּי קְרָא בְּדִבּוּרֵיהּ.
Rava, fils de Rabba, objecte à cela : Si tel est le cas, et que le terme asher est interprété de cette manière, alors au sujet de ce qui est écrit : « Et il paiera pour ce par quoi [asher] il a péché concernant l’objet sacré » (Lévitique 5:16), et au sujet de Jéroboam, fils de Nevat, à propos duquel il est écrit : « Qui [asher] a péché et a fait pécher les autres » (I Rois 14:16), l’interprétation est-elle aussi que cette génération est heureuse ? La Guemara répond : Ici, dans le cas d’un roi qui apporte une offrande, c’est différent, car le verset a modifié sa formulation ; dans des versets parallèles, le terme « si » est utilisé, par exemple dans le verset : « Si le prêtre oint pèche » (Lévitique 4:3). Dans les autres cas, asher est la formulation standard.
דָּרַשׁ רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא, מַאי דִּכְתִיב: ״יֶשׁ הֶבֶל אֲשֶׁר נַעֲשָׂה עַל הָאָרֶץ וְגוֹ׳״ – אַשְׁרֵיהֶם לַצַּדִּיקִים, שֶׁמַּגִּיעַ אֲלֵיהֶם כְּמַעֲשֵׂה הָרְשָׁעִים שֶׁל עוֹלָם הַבָּא בָּעוֹלָם הַזֶּה. אוֹי לָהֶם לָרְשָׁעִים, שֶׁמַּגִּיעַ אֲלֵיהֶם כְּמַעֲשֵׂה הַצַּדִּיקִים שֶׁל עוֹלָם הַבָּא בָּעוֹלָם הַזֶּה.
À propos de l’interprétation homilétique du terme asher, Rav Naḥman bar Ḥisda a interprété un verset de manière homilétique : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Il est une vanité qui est [asher] accomplie sur la terre ; il y a [asher] des justes auxquels il arrive selon [asher] l’action des méchants, et il y a des méchants auxquels il arrive selon l’action des justes » (Ecclésiaste 8:14) ? Heureux [ashrei] les justes, auxquels il arrive dans ce monde selon l’expérience des méchants dans le Monde à venir, c’est-à-dire qu’ils souffrent dans ce monde. Malheur aux méchants, auxquels il arrive dans ce monde selon l’expérience des justes dans le Monde à venir, c’est-à-dire qu’ils jouissent de ce monde.
אָמַר רָבָא: אַטּוּ צַדִּיקֵי אִי אָכְלִי תְּרֵי עָלְמֵי מִי סְנֵי לְהוּ? אֶלָּא אָמַר רָבָא: אַשְׁרֵיהֶם לַצַּדִּיקִים שֶׁמַּגִּיעַ אֲלֵיהֶם כְּמַעֲשֵׂה הָרְשָׁעִים שֶׁל עוֹלָם הַזֶּה בָּעוֹלָם הַזֶּה, אוֹי לָהֶם לָרְשָׁעִים שֶׁמַּגִּיעַ אֲלֵיהֶם כְּמַעֲשֵׂה הַצַּדִּיקִים שֶׁל עוֹלָם הַזֶּה בָּעוֹלָם הַזֶּה.
Rava dit : Cela veut-il dire que, si les justes jouissaient de deux mondes, ce serait mauvais pour eux ? Pourquoi les justes doivent-ils souffrir dans ce monde ? Au contraire, Rava dit ce qui suit : Heureux les justes pour qui il arrive dans ce monde selon les expériences des méchants dans ce monde, c’est-à-dire heureux les justes qui jouissent aussi de ce monde. Malheur aux méchants, pour qui il arrive dans ce monde selon les expériences des justes dans ce monde, c’est-à-dire comme les nombreux justes qui souffrent dans ce monde.
רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר לְהוּ: אוֹקֵימְתּוּן מַסֶּכְתָּא פְּלָן וּמַסֶּכְתָּא פְּלָן? אֲמַרוּ לֵיהּ: אִין. אִיעַתְּרִיתוּ פּוּרְתָּא? אֲמַרוּ לֵיהּ: אִין, דִּזְבַנַן קַטִּינָא דְּאַרְעָא. קָרֵי עֲלַיְיהוּ: אַשְׁרֵיהֶם לַצַּדִּיקִים שֶׁמַּגִּיעַ אֲלֵיהֶם כְּמַעֲשֵׂה הָרְשָׁעִים שֶׁבָּעוֹלָם הַזֶּה בָּעוֹלָם הַזֶּה.
La Guemara raconte : Rav Pappa et Rav Houna, fils de Rav Yehoshua, vinrent devant Rava. Rava leur dit : Avez-vous maîtrisé ce traité et cet autre traité ? Ils lui dirent : Oui. Rava leur dit : Êtes-vous devenus quelque peu riches ? Ils lui dirent : Oui, car chacun de nous a acheté une parcelle de terre dont nous tirons notre subsistance. Rava proclama à leur sujet : Heureux sont les justes, à qui il arrive dans ce monde conformément à la bonté résultant des actions des méchants dans ce monde.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, מַאי דִּכְתִיב: ״כִּי יְשָׁרִים דַּרְכֵי ה׳ וְצַדִּקִים יֵלְכוּ בָם וּפֹשְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם״? מָשָׁל לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁצָּלוּ פִּסְחֵיהֶם, אֶחָד אֲכָלוֹ לְשׁוּם מִצְוָה, וְאֶחָד אֲכָלוֹ לְשׁוּם אֲכִילָה גַּסָּה. זֶה שֶׁאֲכָלוֹ לְשׁוּם מִצְוָה – ״צַדִּקִים יֵלְכוּ בָם״, זֶה שֶׁאֲכָלוֹ לְשׁוּם אֲכִילָה גַּסָּה – ״וּפֹשְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם״.
§ Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Car les voies du Seigneur sont droites, les justes y marcheront, mais les transgresseurs y trébucheront » (Osée 14:10) ? Cela est comparable à un incident impliquant deux personnes qui ont rôti leurs offrandes pascales. L’une l’a mangée au nom de la mitzva, et l’autre l’a mangée avec avidité, dans le but de manger avec excès. En ce qui concerne cette personne qui l’a mangée au nom de la mitzva, il est écrit : « Les justes y marcheront. » En ce qui concerne cette personne qui l’a mangée dans le but de manger avec excès, il est écrit : « Mais les transgresseurs y trébucheront. »
אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ: רָשָׁע קָרֵית לֵיהּ? נְהִי דְּלָא עָבֵיד מִצְוָה מִן הַמּוּבְחָר, פֶּסַח מִי לָא קָאָכֵיל? אֶלָּא: מָשָׁל לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם, זֶה אִשְׁתּוֹ וַאֲחוֹתוֹ עִמּוֹ בַּבַּיִת, וְזֶה אִשְׁתּוֹ וַאֲחוֹתוֹ עִמּוֹ בַּבַּיִת, אֶחָד נִזְדַּמְּנָה לוֹ אִשְׁתּוֹ, וְאֶחָד נִזְדַּמְּנָה לוֹ אֲחוֹתוֹ, זֶה שֶׁנִּזְדַּמְּנָה לוֹ אִשְׁתּוֹ – ״צַדִּקִים יֵלְכוּ בָּם״, וְזֶה שֶׁנִּזְדַּמְּנָה לוֹ אֲחוֹתוֹ – ״וּפֹשְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם״.
Reish Lakish dit à Rabba bar bar Ḥana : As-tu appelé méchant celui qui a mangé l’offrande pascale dans un but de consommation excessive méchant ? Bien qu’il n’ait pas accompli la mitsva de la manière idéale, n’a-t-il pas mangé l’offrande pascale ? Puisqu’il a accompli la mitsva, comment peut-il être qualifié de transgresseur ? Au contraire, cela est analogue à un incident impliquant deux personnes ; celle-ci a sa femme et sa sœur avec lui dans une maison sombre, et celle-là a sa femme et sa sœur avec lui dans une maison sombre. L’un d’eux, sa femme se trouva venir à lui et il eut des relations avec elle, et l’autre , sa sœur se trouva venir à lui et il eut des relations avec elle. En ce qui concerne celui à qui sa femme se trouva venir, il est écrit : « Les justes y marcheront. » En ce qui concerne celui à qui sa sœur se trouva venir, il est écrit : « Et les transgresseurs y trébucheront. »
מִי דָּמֵי? אֲנַן קָאָמְרִינַן חֲדָא דֶּרֶךְ, וְהָכָא שְׁנֵי דְּרָכִים! אֶלָּא מָשָׁל לְלוֹט וּשְׁתֵּי בְנוֹתָיו, הֵן שֶׁנִּתְכַּוְּונוּ לְשֵׁם מִצְוָה – ״צַדִּקִים יֵלְכוּ בָם״, הוּא שֶׁנִּתְכַּוֵּון לְשֵׁם עֲבֵירָה – ״וּפֹשְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם״.
La Guemara demande : Ces choses sont-elles comparables ? Dans le verset, nous parlons d’un seul chemin sur lequel marchent à la fois les justes et les méchants, tandis qu’ici, dans l’incident mentionné par Reish Lakish, il y a deux chemins, puisque les deux personnes n’accomplissent pas la même action. Au contraire, cela est analogue à l’incident impliquant Lot et ses deux filles (voir Genèse 19:30–38) : En ce qui concerne les filles, qui, lorsqu’elles eurent des relations avec leur père, avaient l’intention que leur acte soit pour l’accomplissement d’une mitzva, car elles croyaient que le monde avait été détruit et qu’elles seules étaient restées en vie, il est écrit : « Les justes y marcheront. » En ce qui concerne Lot, qui avait l’intention que son acte soit pour une transgression, il est écrit : « Et les transgresseurs y trébucheront. »
וְדִלְמָא הוּא נָמֵי לְשֵׁם מִצְוָה (הוּא מְכַוֵּין) [אִיכַּוַּון]! אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, כׇּל הַפָּסוּק הַזֶּה לְשֵׁם עֲבֵירָה נֶאֱמַר.
La Guemara objecte : Peut-être Lot avait-il lui aussi l’intention d’accomplir son acte pour le bien d’une mitsva. Rabbi Yoḥanan dit que tout ce verset : « Lot leva les yeux et vit toute la plaine du Jourdain, qu’elle était partout bien arrosée » (Genèse 13:10), est dit dans le contexte de la transgression.
״וַיִּשָּׂא לוֹט״ – ״וַתִּשָּׂא אֵשֶׁת אֲדֹנָיו אֶת עֵינֶיהָ״, ״אֶת עֵינָיו״ – ״וַיֹּאמֶר שִׁמְשׁוֹן [וְגוֹ׳] אוֹתָהּ קַח לִי כִּי הִיא יָשְׁרָה בְעֵינָי״, ״וַיַּרְא״ – ״וַיַּרְא אֹתָהּ שְׁכֶם בֶּן חֲמוֹר״, ״אֶת כׇּל כִּכַּר הַיַּרְדֵּן״ – ״כִּי בְעַד אִשָּׁה זוֹנָה עַד כִּכַּר לָחֶם״, ״כִּי כֻלָּהּ מַשְׁקֶה״ – ״אֵלְכָה אַחֲרֵי מְאַהֲבַי נֹתְנֵי לַחְמִי וּמֵימַי צַמְרִי וּפִשְׁתִּי שַׁמְנִי וְשִׁקּוּיָי״.
Il explique : « Et Lot leva les yeux » est une allusion au verset : « La femme de son maître leva les yeux vers Joseph et dit : Couche avec moi » (Genèse 39:7). « Ses yeux » est une allusion au verset : « Et Samson dit : Prends-la pour moi, car elle plaît à mes yeux » (Juges 14:3). « Et vit » est une allusion au verset : « Et Sichem, fils de Hamor, prince du pays, la vit ; et il la prit et coucha avec elle » (Genèse 34:2). « Toute la plaine [kikar] du Jourdain » est une allusion au verset : « Car à cause d’une prostituée, un homme est réduit à une miche [kikar] de pain » (Proverbes 6:26). « Qu’elle était bien arrosée [mashke] partout » est une allusion au verset « J’irai après mes amants, qui me donnent mon pain et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et ma boisson [veshikkuyai] » (Osée 2:7).
וְהָא מֵינָס אֲנִיס! תָּנָא מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי חוֹנִי: לָמָּה נָקוּד עַל וָיו שֶׁבְּ״קוּמָהּ״ שֶׁל בְּכִירָה? לוֹמַר לָךְ, שֶׁבְּשִׁכְבָהּ לָא יָדַע אֲבָל בְּקוּמָהּ יָדַע. וּמַאי הֲוָה לֵיהּ לְמֶעְבַּד? מַאי דַּהֲוָה הֲוָה! נָפְקָא מִינַּהּ דִּלְפַנְיָא אַחֲרִינָא לָא אִיבְּעִי לֵיהּ לְמִישְׁתֵּי.
La Guemara demande : pourquoi Lot est-il accusé d’avoir mal agi ? N’était-il pas la victime de circonstances indépendantes de sa volonté, puisqu’il était ivre et endormi ? Il est enseigné au nom de Rabbi Yossei bar Rabbi Ḥoni : pourquoi y a-t-il des points au-dessus de la lettre vav qui se trouve dans le mot bekumah écrit au sujet de la fille aînée de Lot dans le verset : « Et il ne sut pas quand elle se coucha, ni quand elle se leva [bekumah] » (Genèse 19:33) ? C’est pour te dire que lorsqu’elle se coucha, il ne le sut pas ; mais lorsqu’elle se leva, il le sut. Par conséquent, son acte n’était pas complètement indépendant de sa volonté. La Guemara demande : Et que devait-il faire ? Ce qui est fait est fait. La Guemara répond : Il aurait dû en déduire que la nuit suivante il ne devait pas boire. Puisqu’il a bu de nouveau, cela indique qu’il l’a fait avec l’intention d’avoir des rapports sexuels avec son autre fille.
דָּרֵשׁ רַבָּה, מַאי דִּכְתִיב: ״אָח נִפְשָׁע מִקִּרְיַת עֹז וּמִדְיָנִים כִּבְרִיחַ אַרְמוֹן״? ״אָח נִפְשָׁע מִקִּרְיַת עֹז״ – זֶה לוֹט שֶׁפֵּירַשׁ מֵאַבְרָהָם, ״וּמִדְיָנִים כִּבְרִיחַ אַרְמוֹן״ – שֶׁהֵטִיל מִדְיָנִים בֵּין יִשְׂרָאֵל לְעַמּוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יָבֹא עַמּוֹנִי וּמוֹאָבִי בִּקְהַל ה׳״.
À propos de Lot, Rabba a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Un frère trahi est plus inaccessible qu’une ville forte, et leurs querelles sont comme les verrous d’un château » (Proverbes 18:19) ? « Un frère trahi est plus inaccessible qu’une ville forte » ; c’est Lot, qui s’est séparé d’Abraham. « Et leurs querelles sont comme les verrous d’un château » est dit parce qu’il, c’est-à-dire Lot, a introduit la discorde entre Israël et Ammon, comme il est dit : « Un Ammonite ou un Moabite n’entrera pas dans l’assemblée du Seigneur » (Deutéronome 23:4).
דָּרֵשׁ רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יִצְחָק, מַאי דִּכְתִיב: ״לְתַאֲוָה יְבַקֵּשׁ נִפְרָד (וּבְכָל) [בְּכָל] תּוּשִׁיָּה יִתְגַּלָּע״? ״לְתַאֲוָה יְבַקֵּשׁ נִפְרָד״ – זֶה לוֹט שֶׁנִּפְרָד מֵאַבְרָהָם. ״(וּבְכָל) [בְּכָל] תּוּשִׁיָּה יִתְגַּלָּע״ – שֶׁנִּתְגַּלָּה קְלוֹנוֹ בְּבָתֵּי כְּנֵסִיּוֹת וּבְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת. דִּתְנַן: עַמּוֹנִי וּמוֹאָבִי אֲסוּרִין אִסּוּר עוֹלָם.
Rava a enseigné, et certains disent que c’était Rabbi Yitzḥak qui a enseigné : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Celui qui se sépare cherche son propre désir et s’emporte contre toute sagesse solide » (Proverbes 18:1) ? « Celui qui se sépare cherche son propre désir » ; c’est Lot, qui s’est séparé d’Abraham pour poursuivre sa convoitise. « Et s’emporte [yitgalla] contre toute sagesse solide » ; sa honte a été révélée [shenitgalla] dans les synagogues et les maisons d’étude, où la halakha concernant sa descendance est enseignée ; comme nous l’avons appris dans une michna (Yevamot 76a) : Un Ammonite et un Moabite, descendants de Lot, sont interdits par une interdiction permanente.
וְאָמַר עוּלָּא: תָּמָר זִנְּתָה וְזִימְרִי זִינָּה. תָּמָר זִנְּתָה – יָצְאוּ מִמֶּנָּה מְלָכִים וּנְבִיאִים, זִימְרִי זִינָּה – נָפְלוּ כַּמָּה רְבָבוֹת מִיִּשְׂרָאֵל. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: גְּדוֹלָה עֲבֵירָה לִשְׁמָהּ מִמִּצְוָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תְּבֹרַךְ מִנָּשִׁים יָעֵל אֵשֶׁת חֶבֶר הַקֵּינִי מִנָּשִׁים בָּאֹהֶל תְּבֹרָךְ״, מַאן נִינְהוּ ״נָשִׁים בָּאֹהֶל״? שָׂרָה, רִבְקָה, רָחֵל וְלֵאָה.
§ Et Ulla dit : Tamar s’est livrée à la débauche avec Juda (voir Torah, chapitre 38), et Zimri s’est livré à la débauche avec Cozbi (voir Nombres 25:6–9). Tamar s’est livrée à la débauche, et des rois et des prophètes sont issus d’elle. Zimri s’est livré à la débauche, et des dizaines de milliers du peuple juif tombèrent. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Une transgression accomplie pour l’amour du Ciel est plus grande qu’une mitzva accomplie sans être faite pour elle-même, comme il est dit : « Bénie entre les femmes soit Yaël, femme de Héber le Qénien ; entre les femmes dans la tente, qu’elle soit bénie » (Juges 5:24). Qui sont ces « femmes dans la tente » ? Ce sont Sarah, Rébecca, Rachel et Léa, et Yaël est plus bénie qu’elles. Apparemment, une mitzva accomplie sans être faite pour elle-même est un phénomène négatif.
אִינִי? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסוֹק אָדָם בְּתוֹרָה וּבְמִצְוֹת אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ. אֵימָא: כְּמִצְוָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ.
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rav Yehouda ne dit-il pas que Rav dit : Une personne doit toujours s’adonner à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitzvot, même si elle le fait pas pour leur propre finalité, car grâce à l’accomplissement des mitzvot pas pour leur propre finalité, on acquiert de la compréhension et vient à les accomplir pour leur propre finalité. Apparemment, même lorsqu’une mitzva est accomplie pas pour sa propre finalité, elle demeure un phénomène positif. La Guemara corrige l’énoncé : Dis que le statut d’une transgression accomplie pour l’amour du Ciel est comme celui d’une mitzva accomplie pas pour sa propre finalité.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁבַע בְּעִילוֹת בָּעַל אוֹתוֹ רָשָׁע בְּאוֹתָהּ שָׁעָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בֵּין רַגְלֶיהָ כָּרַע נָפַל שָׁכָב וְגוֹ׳״. וְהָא קָא מִיתְהַנְיָא מֵעֲבֵירָה? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: אֲפִילּוּ טוֹבָתָם שֶׁל רְשָׁעִים רָעָה הִיא אֵצֶל צַדִּיקִים.
À propos de Yaël, Rabbi Yoḥanan dit : Cet homme méchant, Sisera, a eu sept actes de rapport sexuel avec Yaël à ce moment-là, comme il est dit : « Entre ses jambes il s’est affaissé, il est tombé, il s’est couché ; entre ses jambes il s’est affaissé, il est tombé ; là où il s’est affaissé, là il est tombé mort » (Juges 5:27). Chacun des sept verbes est un euphémisme pour un rapport sexuel. La Guemara demande : Mais n’a-t-elle pas éprouvé du plaisir de la transgression consistant à avoir un rapport avec Sisera ? Pourquoi donc le verset fait-il son éloge ? Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥaï : Même le bien procuré par les méchants est mauvais pour les justes, ainsi Yaël n’a éprouvé aucun plaisir dans ses rapports avec Sisera.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסוֹק אָדָם בַּתּוֹרָה וּבַמִּצְוֹת אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ, שֶׁבִּשְׂכַר אַרְבָּעִים וּשְׁנַיִם קׇרְבָּנוֹת שֶׁהִקְרִיב בָּלָק הָרָשָׁע, זָכָה וְיָצְתָה מִמֶּנּוּ רוּת, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: רוּת בַּת בְּנוֹ שֶׁל עֶגְלוֹן, בֶּן בְּנוֹ שֶׁל בָּלָק מֶלֶךְ מוֹאָב.
Rav Yehuda dit que Rav dit : Une personne doit toujours s’adonner à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitzvot, même si elle le fait sans intention désintéressée, car par l’accomplissement des mitzvot sans intention désintéressée, on acquiert de la compréhension et on vient à les accomplir avec une intention désintéressée. On peut tirer une preuve de cela de l’épisode impliquant Balak, car en récompense des quarante-deux offrandes que Balak le méchant a sacrifiées à Dieu, bien qu’il l’ait fait afin de maudire le peuple juif (voir Nombres, chapitre 23), il a mérité que Ruth descende de lui, comme le dit Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina : Ruth était la fille du fils d’Eglon, fils du fils de Balak, roi de Moab.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִן שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְקַפֵּחַ אֲפִילּוּ שְׂכַר שִׂיחָה נָאָה? מֵהָכָא, דְּאִילּוּ בְּכִירָה דִּקְרָיתֵיהּ מוֹאָב, אֲמַר לֵיהּ רַחֲמָנָא לְמֹשֶׁה: ״אַל תָּצַר אֶת מוֹאָב וְאַל תִּתְגָּר בָם מִלְחָמָה״. מִלְחָמָה
§ À propos de Loth et de ses filles, Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : D’où est-il déduit que le Saint, béni soit-Il, ne retient même pas la récompense pour un langage euphémistique ? Cela est déduit d’ici, car l’aînée appela son fils Moab, une allusion au fait que l’enfant vient de son propre père [me’av], et le Miséricordieux dit à Moïse : « N’attaque pas Moab et n’entre pas en guerre contre eux » (Deutéronome 2:9). De cela, on peut déduire : C’est en bataille

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