וְהִלְכְתָא: מוּתֶּרֶת לִשְׁנֵיהֶם.
Et la halakha est que elle est permise aux deux.
מַתְנִי׳ בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֹא יְגָרֵשׁ אָדָם אֶת אִשְׁתּוֹ, אֶלָּא אִם כֵּן מָצָא בָּהּ דְּבַר עֶרְוָה – שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר״.
MISHNA :Beit Shammaï disent : Un homme ne peut divorcer de sa femme que s’il découvre chez elle quelque chose relevant d’une relation sexuelle interdite [devar erva], c’est-à-dire qu’elle a commis l’adultère ou qu’elle est soupçonnée de l’avoir fait, comme il est dit : « Parce qu’il a trouvé en elle quelque chose d’indécent [ervat davar], et il lui écrit un acte de rupture » (Deutéronome 24:1).
וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֲפִילּוּ הִקְדִּיחָה תַּבְשִׁילוֹ – שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר״.
Et Beit Hillel disent : Il peut divorcer d’elle même pour une affaire mineure, par exemple parce qu’elle a brûlé ou trop salé son plat, comme il est dit : « Parce qu’il a trouvé en elle quelque chose d’indécent, » c’est-à-dire qu’il a trouvé en elle n’importe quel type de défaut.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֲפִילּוּ מָצָא אַחֶרֶת נָאָה הֵימֶנָּה – שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה אִם לֹא תִמְצָא חֵן בְּעֵינָיו״.
Rabbi Akiva dit : Il peut divorcer d’elle même s’il a trouvé une autre femme qui est plus belle qu’elle et souhaite l’épouser, comme il est dit dans ce verset : « Et il arrivera que, si elle ne trouve pas grâce à ses yeux » (Deutéronome 24:1).
גְּמָ׳ תַּנְיָא, אָמְרוּ בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״דָּבָר״! אָמְרוּ לָהֶם בֵּית שַׁמַּאי: וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״עֶרְוַת״!
GUEMARA : Il est enseigné dans une baraita que Beit Hillel a dit à Beit Shammai : Mais n’est-il pas vrai que le mot « chose » est déjà énoncé dans le verset, indiquant que toute chose désavantageuse constitue un motif légitime de divorce ? Beit Shammai leur a dit : Mais n’est-il pas vrai que le mot « inconvenant [ervat] » est déjà énoncé ?
אָמְרוּ לָהֶם בֵּית הִלֵּל: אִם נֶאֱמַר ״עֶרְוַת״ וְלֹא נֶאֱמַר ״דָּבָר״ – הָיִיתִי אוֹמֵר: מִשּׁוּם ״עֶרְוָה״ תֵּצֵא, מִשּׁוּם ״דָּבָר״ לֹא תֵּצֵא; לְכָךְ נֶאֱמַר: ״דָּבָר״. וְאִילּוּ נֶאֱמַר ״דָּבָר״ וְלֹא נֶאֱמַר ״עֶרְוַת״ – הָיִיתִי אוֹמֵר: מִשּׁוּם ״דָּבָר״ – תִּנָּשֵׂא לְאַחֵר, וּמִשּׁוּם ״עֶרְוָה״ – לֹא תִּנָּשֵׂא לְאַחֵר; לְכָךְ נֶאֱמַר: ״עֶרְוַת״.
Beit Hillel leur dit : Si le mot « indécence » avait été énoncé et le mot « chose » n’avait pas été énoncé, j’aurais dit qu’une femme devrait quitter son mari en raison de relations sexuelles interdites, mais ne devrait pas avoir à le quitter en raison de toute autre chose. C’est pourquoi le mot « chose » est énoncé. Et si le mot « chose » avait été énoncé et le mot « indécence » n’avait pas été énoncé, j’aurais dit que s’il divorçait d’elle simplement en raison d’une chose désavantageuse, elle peut épouser un autre homme, comme la Torah poursuit : « Et elle sort de sa maison, s’en va et devient la femme d’un autre homme » (Deutéronome 24:2). Mais si elle a été divorcée en raison du fait qu’elle s’est livrée à des relations sexuelles interdites, elle ne peut pas épouser un autre homme, car il lui est interdit de se remarier. C’est pourquoi le mot « indécence » est énoncé, indiquant que même une femme divorcée en raison de l’adultère est autorisée à se remarier.
וּבֵית שַׁמַּאי – הַאי ״דָּבָר״ מַאי עָבְדִי לֵיהּ? נֶאֱמַר כָּאן ״דָּבָר״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״דָּבָר״ – ״עַל פִּי שְׁנֵי עֵדִים אוֹ עַל פִּי שְׁלֹשָׁה עֵדִים יָקוּם דָּבָר״; מָה לְהַלָּן בִּשְׁנֵי עֵדִים, אַף כָּאן בִּשְׁנֵי עֵדִים.
La Guemara demande : Et que font Beit Shammai de ce mot « chose » ? Comment l’interprètent-ils ? Il semble superflu, puisque, selon eux, le verset se réfère spécifiquement à une épouse qui a eu des rapports sexuels interdits. La Guemara répond : Le mot « chose » est énoncé ici, au sujet du divorce, et le mot « chose » est énoncé là-bas, au sujet du témoignage : « Sur la déposition de deux témoins, ou sur la déposition de trois témoins, une affaire sera établie » (Deutéronome 19:15). De même que là-bas, il est dit qu’une affaire n’est établie que par deux témoins, de même ici, une affaire de rapports sexuels interdits ne justifie le divorce que si elle est établie par deux témoins.
וּבֵית הִלֵּל – מִי כְּתִיב ״עֶרְוָה בְּדָבָר״?! וּבֵית שַׁמַּאי – מִי כְּתִיב ״אוֹ עֶרְוָה אוֹ דָּבָר״?!
Et Beit Hillel répondrait à cette analogie de la manière suivante : Est-il écrit : Parce qu’il a trouvé en elle quelque chose de déshonorant dans une affaire [erva bedavar], indiquant qu’il a été établi par le témoignage de deux témoins qu’elle a commis l’adultère ? Et Beit Shammai répondrait à l’interprétation de Beit Hillel comme suit : Est-il écrit : Parce qu’il a trouvé soit quelque chose de déshonorant soit une autre affaire [o erva o davar]], conformément à la compréhension de Beit Hillel ?
וּבֵית הִלֵּל – לְהָכִי כְּתִיב: ״עֶרְוַת דָּבָר״; דְּמַשְׁמַע הָכִי, וּמַשְׁמַע הָכִי.
Et Beit Hillel répondrait que pour cette raison l’expression « quelque chose d’indécent [ervat davar] » est écrite, car elle indique cette interprétation, c’est-à-dire que le mari n’est pas tenu de divorcer de sa femme à moins qu’il n’y ait deux témoins qu’elle ait eu des rapports sexuels interdits, et cela indique aussi cette interprétation, c’est-à-dire qu’il peut divorcer d’elle pour toute déficience, qu’il s’agisse d’adultère ou de toute autre faute.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֲפִילּוּ מָצָא אַחֶרֶת: בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? בִּדְרֵישׁ לָקִישׁ – דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: ״כִּי״ מְשַׁמֵּשׁ בְּאַרְבָּעָה לְשׁוֹנוֹת – אִי, דִּלְמָא, אֶלָּא, דְּהָא.
§ Il est énoncé dans la michna que Rabbi Akiva dit : Il peut divorcer d’elle même s’il a trouvé une autre femme plus belle qu’elle. Au sujet de quoi sont-ils en désaccord ? Ils sont en désaccord au sujet de l’application de la déclaration de Reish Lakish, car Reish Lakish a dit que le terme ki a en réalité au moins quatre sens distincts : si, peut-être, plutôt, et parce que.
בֵּית שַׁמַּאי סָבְרִי: ״וְהָיָה אִם לֹא תִמְצָא חֵן בְּעֵינָיו, כִּי מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר״ – דְּהָא מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר; וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: ״כִּי מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר״ – אִי נָמֵי, מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר.
Beit Shammaaï soutiennent que le verset « Et il arrivera que, si elle ne trouve pas grâce à ses yeux, parce que [ki] il a trouvé en elle quelque chose d’indécent » signifie qu’elle n’a pas trouvé grâce à ses yeux en raison du fait qu’il a trouvé en elle quelque chose d’indécent. Et Rabbi Akiva soutient que l’expression « parce que [ki] il a trouvé en elle quelque chose d’indécent » signifie : Ou s’il a trouvé en elle quelque chose d’indécent.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְרָבָא: לֹא מָצָא בָּהּ לֹא עֶרְוָה וְלֹא דָּבָר, מַהוּ?
§ Rav Pappa dit à Rava : Selon Beit Hillel, si le mari n’a trouvé chez elle ni relation sexuelle interdite ni aucune autre chose, mais a quand même divorcé d’elle, quelle est la halakha ? Le divorce est-il valide ?
אֲמַר לֵיהּ, מִדְּגַלִּי רַחֲמָנָא גַּבֵּי אוֹנֶס: ״לֹא יוּכַל לְשַׁלְּחָהּ כׇּל יָמָיו״ – כׇּל יָמָיו בַּ״עֲמוֹד וְהַחְזֵיר״ קָאֵי; הָתָם הוּא דְּגַלִּי רַחֲמָנָא, אֲבָל הָכָא – מַאי דַּעֲבַד עֲבַד.
Rava lui dit que la réponse peut être déduite de ce que le Miséricordieux révèle dans la Torah au sujet d’un violeur : « Il ne peut pas la renvoyer tous ses jours » (Deutéronome 22:29), indiquant que même s’il divorce de la femme qu’il a violée et qu’il a ensuite reçu l’ordre d’épouser, tous ses jours il demeure tenu de se lever et de la reprendre en mariage comme épouse. De toute évidence, c’est précisément là que le mari est obligé de reprendre sa divorcée, comme le Miséricordieux le révèle. Mais ici, ce qu’il a fait, il l’a fait.
אֲמַר לֵיהּ רַב מְשַׁרְשְׁיָא לְרָבָא: אִם לִבּוֹ לְגָרְשָׁהּ, וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחְתָּיו וּמְשַׁמַּשְׁתּוֹ, מַהוּ? קָרֵי עֲלֵיהּ: ״אַל תַּחֲרֹשׁ עַל רֵעֲךָ רָעָה וְהוּא יוֹשֵׁב לָבֶטַח אִתָּךְ״.
Rav Mesharshiyya dit à Rava : S’il a l’intention de divorcer d’elle alors qu’elle vit avec lui et le sert, quelle est la halakha ? Rava lut le verset suivant au sujet d’une telle personne : « Ne médite pas le mal contre ton prochain, alors qu’il demeure en sécurité auprès de toi » (Proverbes 3:29).
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁהַדֵּעוֹת בְּמַאֲכָל, כָּךְ דֵּעוֹת בְּנָשִׁים. יֵשׁ לְךָ אָדָם שֶׁזְּבוּב נוֹפֵל לְתוֹךְ כּוֹסוֹ – וְזוֹרְקוֹ, וְאֵינוֹ שׁוֹתֵהוּ; וְזוֹ הִיא מִדַּת פַּפּוּס בֶּן יְהוּדָה, שֶׁהָיָה נוֹעֵל בִּפְנֵי אִשְׁתּוֹ וְיוֹצֵא.
§ Il est enseigné dans une baraita (Tosefta, Sota 5:9) que Rabbi Meir avait l'habitude de dire : De même qu'il existe différentes attitudes à l'égard de la nourriture, de même, il existe différentes attitudes à l'égard des femmes. En ce qui concerne la nourriture, vous avez une personne qui, lorsqu'une mouche tombe dans sa coupe, il jette le vin avec la mouche et ne le boit pas. Et cela est comparable au comportement de Pappos ben Yehuda à l'égard de sa femme, car il verrouillait la porte devant sa femme et partait afin qu'elle ne voie aucun autre homme.
וְיֵשׁ לְךָ אָדָם שֶׁזְּבוּב נוֹפֵל לְתוֹךְ כּוֹסוֹ – וְזוֹרְקוֹ, וְשׁוֹתֵהוּ; וְזוֹ הִיא מִדַּת כׇּל אָדָם, שֶׁמְּדַבֶּרֶת עִם אַחֶיהָ וּקְרוֹבֶיהָ – וּמַנִּיחָהּ.
Et il y a une personne qui, lorsqu’une mouche tombe dans sa coupe, il retire la mouche et boit le vin. Et cela est comparable au comportement de tout homme ordinaire, dont la femme parle avec ses frères et ses proches, et il lui permet de le faire.
וְיֵשׁ לְךָ אָדָם שֶׁזְּבוּב נוֹפֵל לְתוֹךְ תַּמְחוּי – מוֹצְצוֹ, וְאוֹכְלוֹ; זוֹ הִיא מִדַּת אָדָם רַע, שֶׁרוֹאֶה אֶת אִשְׁתּוֹ יוֹצְאָה וְרֹאשָׁהּ פָּרוּעַ, וְטוֹוָה בַּשּׁוּק,
Et il y a un homme qui, lorsqu’une mouche tombe dans son bol de service, il aspire la mouche et mange la nourriture. Telle est l’attitude d’un homme mauvais, qui voit sa femme sortir dans la rue la tête découverte, et filer au marché avec impudeur,