שֶׁרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מַתִּיר לְכׇל אָדָם חוּץ מֵאוֹתוֹ הָאִישׁ, וַחֲכָמִים אוֹסְרִים.
de même que dans ce cas Rabbi Eliezer permet qu’elle se marie avec n’importe quel homme sauf cet homme-là au sujet duquel la condition a été faite, et les Sages interdisent qu’elle se remarie, car, selon eux, ce divorce n’est pas valide.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? מִידֵּי דְּהָוֵה אַכֹּל תְּנָאֵי דְּעָלְמָא. וְרַבָּנַן – כֹּל תְּנָאֵי דְּעָלְמָא לָא שַׁיַּיר לֵיהּ בְּגֵט, הָכָא שַׁיַּיר לַהּ בְּגֵט.
La Guemara demande : Quel est le raisonnement qui sous-tend l’opinion de Rabbi Eliezer telle qu’elle est citée dans la baraita ? La Guemara répond : La décision ici est la même que pour toute condition typique. Le mari a le droit d’attacher des conditions au divorce. Et comment les Sages répondraient-ils à ce raisonnement ? Ils estimeraient qu’en attachant toute condition typique, le mari n’a pas omis une partie de l’acte de divorce, car cela ne diminue pas l’acte essentiel de rupture. En revanche, ici il a omis une partie de l’acte de divorce, puisqu’il ne lui est pas permis d’épouser n’importe quel homme qu’elle souhaite. Par conséquent, le divorce est invalide.
וּמַתְנִיתִין – דְּאוֹקֵימְנָא בְּ״חוּץ״, מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר?
La Guemara demande : Et selon la michna, que nous avons établie comme se référant à un cas d'exception, quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Eliezer selon laquelle le divorce prend effet, malgré l'absence de rupture complète ?
אָמַר רַבִּי יַנַּאי מִשּׁוּם זָקֵן אֶחָד, אָמַר קְרָא: ״וְיָצְאָה מִבֵּיתוֹ וְהָלְכָה וְהָיְתָה לְאִישׁ אַחֵר״ – אֲפִילּוּ לֹא הִתִּירָהּ אֶלָּא לְאִישׁ אַחֵר, הֲרֵי זוֹ מְגוֹרֶשֶׁת. וְרַבָּנַן אָמְרִי, טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הַאי ״אִישׁ״ – לְכׇל אִישׁ וָאִישׁ.
Rabbi Yannai a dit au nom d’un ancien que le verset déclare au sujet du divorce : « Et elle sort de sa maison, s’en va et devient la femme d’un autre homme » (Deutéronome 24:2), indiquant que même s’il a divorcé d’elle d’une manière qui ne lui permettait que de se marier avec un autre homme, elle est divorcée, c’est-à-dire que cette séparation partielle prend effet. Et les Sages diraient en réponse à l’explication de Rabbi Eliezer que cette expression : un autre homme, qui apparaît dans le verset, ne renvoie pas à un homme précis mais à n’importe quel homme, c’est-à-dire qu’il faut qu’il lui soit permis d’épouser n’importe quel homme pour que le divorce prenne effet.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר, טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מֵהָכָא: ״וְאִשָּׁה גְּרוּשָׁה מֵאִישָׁהּ לֹא יִקָּחוּ״ – אֲפִילּוּ לֹא נִתְגָּרְשָׁה אֶלָּא מֵאִישָׁהּ, נִפְסְלָה מִן הַכְּהוּנָּה – אַלְמָא הָוֵי גִּיטָּא.
Et Rabbi Yoḥanan a dit que la raison de l’opinion de Rabbi Eliezer provient du verset ici, où il est dit au sujet des prêtres : « Ils ne prendront pas non plus une femme divorcée de son mari » (Lévitique 21:7). Ce verset indique que même si elle n’a été divorcée que de son mari, et qu’il ne lui était pas permis d’épouser d’autres hommes, elle est disqualifiée pour épouser la prêtrise en tant que divorcée, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas épouser un prêtre même après la mort de son mari. Apparemment, à plus forte raison, un divorce qui exclut certains hommes du droit de la femme de se remarier est considéré comme un acte de divorce valide. C’est certainement le cas lorsque le divorce lui permet d’épouser tous les hommes à l’exception d’un seul.
וְרַבָּנַן – אִיסּוּר כְּהוּנָּה שָׁאנֵי.
Et les Rabbins répondraient que l’interdiction d’épouser quelqu’un de la prêtrise est différente, car même un divorce qui est par ailleurs invalide disqualifie une femme d’épouser un prêtre.
בָּעֵי רַבִּי אַבָּא: בְּקִידּוּשִׁין הֵיאַךְ? תִּיבְּעֵי לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, תִּיבְּעֵי לְרַבָּנַן.
§ Rabbi Abba soulève un dilemme : Si ce type d’exception est fait dans un cas de fiançailles, c’est-à-dire que l’homme dit à la femme qu’elle est par les présentes interdite à tous les hommes sauf à untel, comment ces fiançailles sont-elles considérées ? La Guemara développe : Que le dilemme soit soulevé selon l’opinion de Rabbi Eliezer et que le dilemme soit soulevé selon l’opinion des Sages.
תִּיבְּעֵי לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר – עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָכָא, אֶלָּא מִשּׁוּם דִּכְתִיבִי קְרָאֵי; אֲבָל הָתָם – קִנְיָן מְעַלְּיָא בָּעֵינַן. אוֹ דִלְמָא, ״וְיָצְאָה״–״וְהָיְתָה״.
Que le dilemme soit soulevé selon Rabbi Eliezer : Rabbi Eliezer dit-il seulement ici que le divorce est valide parce que des versets sont écrits pour appuyer cette proposition, comme l’ont exposé Rabbi Yannai et Rabbi Yoḥanan ; mais là-bas, dans le cas des fiançailles, une acquisition valable est nécessaire, ce qui n’est pas le cas lorsqu’un certain homme est exclu de l’interdiction d’avoir des relations sexuelles avec elle ? Ou faut-il peut-être le déduire de la juxtaposition entre la clause : « Et elle part » de sa maison, et la clause : « Et devient la femme d’un autre homme » (Deutéronome 24:2), qui sert de base à la comparaison des halakhot du divorce et des fiançailles, enseignant que, de même que le divorce prend effet de cette manière, les fiançailles aussi ?
תִּיבְּעֵי לְרַבָּנַן – עַד כָּאן לָא קָאָמְרִי רַבָּנַן הָכָא, אֶלָּא דְּבָעֵינַן כְּרִיתוּת – וְלֵיכָּא; אֲבָל הָתָם – קִנְיָן כֹּל דְּהוּ. אוֹ דִּלְמָא, ״וְיָצְאָה״–״וְהָיְתָה״.
Que le dilemme soit soulevé selon les Rabbins : Les Rabbins disent-ils ici que le divorce est invalide uniquement parce que la rupture du lien entre le mari et la femme est nécessaire pour que le divorce prenne effet, et il n’y a pas une telle rupture tant que la femme ne peut pas épouser l’homme de son choix ; mais là-bas, dans le cas des fiançailles, toute forme d’acquisition suffit pour qu’elles prennent effet ? Ou faut-il peut-être le déduire de la juxtaposition entre la proposition qui commence par : « Et elle part, » et la proposition qui commence par : « Et devient, » que ce qui invalide un divorce invalide également des fiançailles ?
לְבָתַר דְּאִיבַּעְיָא לֵיהּ, הֲדַר פַּשְׁטַהּ – בֵּין לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֵּין לְרַבָּנַן, בָּעֵינַן ״וְיָצְאָה״–״וְהָיְתָה״.
Après que Rabbi Abba a soulevé le dilemme, il l’a ensuite résolu de la manière suivante : Tant selon l’opinion de Rabbi Eliezer que selon l’opinion des Sages, il est nécessaire de comparer la halakha dans le cas des fiançailles à la décision concernant le divorce, sur la base du rapprochement entre « Et elle part » et : « Et devient. » Par conséquent, le différend demeure également dans ce cas.
אָמַר אַבָּיֵי: אִם תִּמְצָא לוֹמַר אִיתָא לִדְרַבִּי אַבָּא;
Abaye a dit : Si tu dis que la solution de Rabbi Abba est ainsi, c’est-à-dire si tu dis que Rabbi Eliezer soutient que faire une exception dans des fiançailles est valide, la question du mariage léviratique dans de tels cas doit être examinée.
בָּא רְאוּבֵן וְקִידְּשָׁהּ חוּץ מִשִּׁמְעוֹן, וּבָא שִׁמְעוֹן וְקִידְּשָׁהּ חוּץ מֵרְאוּבֵן, וּמֵתוּ שְׁנֵיהֶם – מִתְיַבֶּמֶת לְלֵוִי, וְאֵין אֲנִי קוֹרֵא בָּהּ ״אֵשֶׁת שְׁנֵי מֵתִים״.
Si Reuven est venu vers une femme et l’a fiancée en disant qu’elle est interdite à tous les hommes sauf à son frère Shimon, et Shimon ensuite est venu et l’a fiancée en disant qu’elle est interdite à tous les hommes sauf à Reuven, et ils sont tous deux morts sans enfants, dans ce cas elle contracte le mariage léviratique avec leur frère Levi, et je ne l’appelle pas la femme de deux hommes morts. Il est dit dans le traité Yevamot (31b) que si une femme a un lien léviratique avec un homme en raison de ses deux maris décédés qui étaient ses frères, elle ne peut pas contracter le mariage léviratique avec lui, comme cela est déduit du verset : « La femme du mort ne sera pas mariée à l’extérieur de la famille » (Deutéronome 25:5), à savoir que la femme d’un seul mort contracte le mariage léviratique, non la femme de deux. Abaye a déclaré que, dans le cas en discussion, la femme peut contracter le mariage léviratique avec Levi.
מַאי טַעְמָא? קִידּוּשֵׁי דִרְאוּבֵן אַהֲנוֹ, קִידּוּשֵׁי דְשִׁמְעוֹן לָא אַהֲנוֹ.
Quelle est la raison pour laquelle elle n’est pas considérée comme l’épouse de deux hommes morts ? C’est que, bien que ses fiançailles avec Reuven aient été effectives, c’est-à-dire qu’elles aient pris effet, ses fiançailles avec Shimon n’ont pas été effectives, car elles ne l’ont rendue interdite à aucun homme à qui elle n’était pas déjà interdite en raison de ses fiançailles avec Reuven. Par conséquent, elle est considérée uniquement comme l’épouse de Reuven.
וְאֶלָּא אֵשֶׁת שְׁנֵי מֵתִים – הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? כְּגוֹן שֶׁבָּא רְאוּבֵן וְקִידְּשָׁהּ חוּץ מִשִּׁמְעוֹן, וּבָא שִׁמְעוֹן וְקִידְּשָׁהּ סְתָם – דְּקִידּוּשֵׁי רְאוּבֵן אַהֲנוֹ לְמֵיסְרַהּ אַעָלְמָא, וְקִידּוּשֵׁי דְּשִׁמְעוֹן אַהֲנוֹ לְמֵיסְרַהּ אַרְאוּבֵן.
Au contraire, dans quelles circonstances trouve-t-on le cas d’une femme de deux hommes morts dans ce contexte ? On le trouve dans un cas où Reuven est venu et l’a fiancée, en disant que, par cela, elle est interdite à tous les hommes sauf à Shimon, et Shimon est ensuite venu et l’a fiancée sans préciser aucune condition. Puisque les fiançailles de Reuven ont été efficaces pour la rendre interdite à tous sauf à Shimon, et que les fiançailles de Shimon ont été efficaces pour la rendre interdite à Reuven, les fiançailles des deux frères ont pris effet. Et si tous deux meurent, elle ne peut pas contracter le mariage léviratique avec Levi, car elle est la femme de deux hommes morts.
בָּעֵי אַבָּיֵי, אָמַר לָהּ: ״הֲרֵי אַתְּ מוּתֶּרֶת לְכׇל אָדָם, חוּץ מֵרְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן״, וְחָזַר וְאָמַר לָהּ: ״לִרְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן״, מַהוּ?
Abaye soulève un dilemme : Si un homme a dit à sa femme en lui remettant un acte de divorce : Par la présente, tu es autorisée à épouser n’importe quel homme sauf Reuven et Shimon, puis il lui a dit : Tu es autorisée à épouser Reuven et Shimon, quelle est la halakha ?
מִי אָמְרִינַן: מַאי דַּאֲסַר שְׁרָא; אוֹ דִלְמָא – מַאי דַּאֲסַר שְׁרָא, וּמַאי דִּשְׁרָא אֲסַר? אִם תִּמְצָא לוֹמַר
Disons-nous que ce qu’il a interdit au départ, il l’a ensuite permis, lui permettant d’épouser n’importe qui, y compris Reuven et Shimon, auquel cas la séparation est complète ? Ou peut-être que ce qu’il a interdit au départ, il l’a ensuite permis, lui permettant d’épouser Reuven et Shimon, et ce qu’il a permis au départ, il l’a ensuite interdit, c’est-à-dire qu’il ne lui a permis d’épouser que Reuven et Shimon, en excluant tous les autres hommes ? Si vous dites