״וְעִנִּתִךְ״ – אָמַר מָר זוּטְרָא: אֲפִילּוּ עָנִי הַמִּתְפַּרְנֵס מִן הַצְּדָקָה, יַעֲשֶׂה צְדָקָה. ״לֹא אַעֲנֵּךְ עוֹד״ – תָּנֵי רַב יוֹסֵף: שׁוּב אֵין מַרְאִין לוֹ סִימָנֵי עֲנִיּוּת.
La Guemara traite la suite du verset : « Et bien que Je t’aie affligé [ve’innitikh] » (Nahum 1:12). Mar Zutra dit : Cela signifie que même une personne pauvre [ani] qui vit de la charité doit elle aussi faire la charité. En ce qui concerne l’expression : « Et Je ne t’affligerai plus [a’anekh] », Rav Yosef enseigne : Cela signifie que s’il donne de la charité aux autres, Dieu ne lui montrera plus de signes de pauvreté [aniyyut].
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, מִרְקָם לַמִּזְרָח כּוּ׳: לְמֵימְרָא דְּעַכּוֹ לִצְפוֹנָהּ דְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל קָיְימָא?! וּרְמִינְהוּ: הָיָה מְהַלֵּךְ מֵעַכּוֹ לִכְזִיב; מִימִינוֹ – לְמִזְרַח הַדֶּרֶךְ – טְמֵאָה מִשּׁוּם אֶרֶץ הָעַמִּים, וּפְטוּרָה מִן הַמַּעֲשֵׂר וּמִן הַשְּׁבִיעִית, עַד שֶׁיִּוָּדַע לָךְ שֶׁהִיא חַיֶּיבֶת.
§ La michna enseigne que Rabbi Yehouda dit : Depuis Rekem vers l’est est considéré comme un pays d’outre-mer, depuis Akko vers le nord est également en dehors d’Eretz Yisrael, et Akko elle-même est comme le nord d’Eretz Yisrael. La Guemara demande : Est-ce à dire qu’Akko est située au nord d’Eretz Yisrael ? Et la Guemara soulève une contradiction à partir d’une baraita (Tosefta, Oholot 18:14) qui indique qu’Akko n’est pas sur la frontière nord d’Eretz Yisrael : Si quelqu’un voyageait d’Akko à Keziv, la zone à sa droite, à l’est de la route, est impure en raison de l’impureté de la terre des nations, et cette zone est exemptée de l’obligation de prélever la dîme sur sa production et des mitsvot de l’année sabbatique, puisqu’elle est présumée être en dehors d’Eretz Yisrael, jusqu’à ce qu’il arrive à un endroit dont tu sais qu’il est soumis à obligation.
מִשְּׂמֹאלוֹ – לְמַעֲרַב הַדֶּרֶךְ – טְהוֹרָה מִשּׁוּם אֶרֶץ הָעַמִּים, וְחַיֶּיבֶת בְּמַעֲשֵׂר וּבִשְׁבִיעִית, עַד שֶׁיִּוָּדַע לָךְ שֶׁהִיא פְּטוּרָה. עַד הֵיכָן? עַד כְּזִיב. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר מִשּׁוּם אָבִיו: עַד לַבְלָבוֹ.
La baraita continue : À l’inverse, le territoire à sa gauche, à l’ouest de la route, est pur en ce qui concerne l’impureté de la terre des nations, car on présume qu’il se trouve dans Eretz Yisrael, et il est soumis à la mitsva de prélever la dîme sur sa production ainsi qu’aux mitsvot de l’année sabbatique, jusqu’à ce qu’il arrive à un endroit dont vous savez qu’il en est exempté. Jusqu’où cette halakha s’applique-t-elle ? Jusqu’à Keziv. Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, a dit au nom de son père : Jusqu’au lieu connu sous le nom de Lavlevu. En tout état de cause, cela indique que Akko n’est pas considérée comme la frontière nord d’Eretz Yisrael, puisque la description dans la baraita indique que Keziv est plus au nord que Akko.
אָמַר אַבָּיֵי: רְצוּעָה נָפְקָא. וְיָהֵיב תַּנָּא סִימָנָא הָכִי?! אִין; קְרָא נָמֵי יָהֵיב סִימָנָא, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמְרוּ הִנֵּה חַג ה׳ בְּשִׁילוֹ מִיָּמִים יָמִימָה אֲשֶׁר מִצְּפוֹנָה לְבֵית אֵל, מִזְרְחָה הַשֶּׁמֶשׁ לִמְסִלָּה הָעוֹלָה מִבֵּית אֵל שְׁכֶמָה, וּמִנֶּגֶב לִלְבוֹנָה״, וְאָמַר רַב פָּפָּא: לְמִזְרָחָהּ שֶׁל מְסִלָּה.
Abaye a dit : Une bande s’étend vers le nord depuis Akko, qui est encore considérée comme faisant partie d’Eretz Yisrael, mais la frontière générale se situe à la latitude d’Akko. La Guemara demande : Mais le tanna de la baraita donnerait-il un repère de cette manière pour une zone constituée d’une bande de terre ? La Guemara répond : Oui, et un verset fournit également un repère de cette manière, comme il est écrit : « Et ils dirent : Voici, il y a la fête du Seigneur d’année en année à Shilo, qui est au nord de Béthel, du côté est de la route qui monte de Béthel à Sichem, et au sud de Lebona » (Juges 21:19). Et Rav Pappa a dit : L’expression : « Du côté est » doit être comprise comme signifiant à l’est de la route. Ce verset démontre qu’une zone aussi étroite qu’une route peut être utilisée comme repère.
תָּנָא חֲדָא: הַמֵּבִיא גֵּט בִּסְפִינָה – כְּמֵבִיא בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְתַנְיָא אִידַּךְ – כְּמֵבִיא בְּחוּצָה לָאָרֶץ!
§ La Guemara présente une contradiction entre deux baraitot. Il a été enseigné dans une baraita : Celui qui apporte un acte de divorce qui a été rédigé sur un bateau en Eretz Yisrael est considéré comme quelqu’un qui l’apporte en Eretz Yisrael, et par conséquent il n’est pas tenu de dire : Il a été écrit en ma présence et il a été signé en ma présence. Et il est enseigné dans une autre baraita (Tosefta 1:1) que celui qui apporte un acte de divorce rédigé sur un bateau en Eretz Yisrael est comme quelqu’un qui apporte un acte de divorce en dehors d’Eretz Yisrael.
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לָא קַשְׁיָא, הָא רַבִּי יְהוּדָה הָא רַבָּנַן. דִּתְנַן: עֲפַר חוּצָה לָאָרֶץ הַבָּא בִּסְפִינָה לָאָרֶץ – חַיָּיב בְּמַעֲשֵׂר וּבִשְׁבִיעִית.
Rabbi Yirmeya dit : Cela n’est pas difficile, car on peut dire que cettebaraita est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, et que cette autrebaraita est conforme à l’opinion des Sages. Comme nous l’avons appris dans une michna (Ḥalla 2:2) : En ce qui concerne la terre provenant de l’extérieur d’Eretz Yisrael qui est apportée sur un bateau en Eretz Yisrael, tout ce qui a poussé dans cette terre est soumis à la dîme et aux mitsvot de l’année sabbatique. Selon cette opinion, la terre est considérée comme faisant partie d’Eretz Yisrael dès qu’elle y arrive, ce qui signifie que les plantes qui y poussent sont considérées comme se trouvant en Eretz Yisrael.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי? בִּזְמַן שֶׁהַסְּפִינָה גּוֹשֶׁשֶׁת, אֲבָל אֵין הַסְּפִינָה גּוֹשֶׁשֶׁת – פָּטוּר.
Rabbi Yehuda a dit : Quand les Sages ont-ils énoncé cette règle ? Lorsque le bateau effleure [gosheshet] le fond de la mer, car il est alourdi dans l’eau. Cependant, lorsque le bateau n’effleure pas le fond de la mer, la terre est exempte. Le Sage qui soutient que le bateau est considéré comme Eretz Yisrael en ce qui concerne un acte de divorce est d’accord avec les Rabbins de cette michna, et celui qui soutient que le bateau n’est pas comme Eretz Yisrael aux fins d’un acte de divorce est d’accord avec l’opinion de Rabbi Yehuda.
אַבָּיֵי אָמַר: הָא וְהָא רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּזְמַן שֶׁאֵין הַסְּפִינָה גּוֹשֶׁשֶׁת, כָּאן בִּזְמַן שֶׁהַסְּפִינָה גּוֹשֶׁשֶׁת.
Abaye a dit : Il est possible de dire que cette baraita et cette autre baraita sont toutes deux conformes à l’opinion de Rabbi Yehuda, et il n’y a pas de difficulté : Ici, la baraita où la terre est considérée comme étant en dehors d’Eretz Yisrael traite d’une situation où le bateau ne rase pas le fond de la mer ; et là-bas, dans la baraita qui affirme que la terre est considérée comme Eretz Yisrael, il s’agit d’un cas où le bateau rase le fond de la mer.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: עָצִיץ נָקוּב הַמּוּנָּח עַל גַּבֵּי יְתֵדוֹת, בָּאנוּ לְמַחְלוֹקֶת רַבִּי יְהוּדָה וְרַבָּנַן.
Rabbi Zeira dit : Dans le cas d’un pot perforé posé sur des piquets, si quelque chose y a poussé, nous en arrivons à la divergence de Rabbi Yehouda et des Sages concernant la terre dans le bateau. De même que les Sages soutiennent que la terre est considérée comme attachée à la Terre d’Israël même si le bateau ne touche pas réellement le fond de la mer, il en va de même pour un pot perforé posé sur des piquets, tandis que Rabbi Yehouda estime que, dans les deux cas, la terre doit être réellement en contact avec le sol pour être considérée comme faisant partie de la Terre d’Israël.
אָמַר רָבָא: דִּילְמָא לָא הִיא – עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה הָתָם אֶלָּא בִּסְפִינָה,
Rava a dit, en rejet de cette affirmation : Peut-être qu’il n’en est pas ainsi, car Rabbi Yehouda exprime son opinion seulement là-bas, au sujet d’un bateau,