וּפָרָשַׁת שְׁתוּיֵי יַיִן, וּפָרָשַׁת נֵרוֹת, וּפָרָשַׁת פָּרָה אֲדוּמָּה.
la section traitant des prêtres qui se sont enivrés de vin (Lévitique 10:8–11) ; la section des lampes (Nombres 8:1–7) ; et la section de la génisse rousse (Nombres, chapitre 19), car toutes ces sections sont nécessaires au service dans le Tabernacle.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: תּוֹרָה – רוֹב בִּכְתָב וּמִיעוּט עַל פֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶכְתּוֹב לוֹ רוּבֵּי תּוֹרָתִי כְּמוֹ זָר נֶחְשָׁבוּ״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: רוֹב עַל פֶּה וּמִיעוּט בִּכְתָב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי עַל פִּי הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״.
§ La Guemara poursuit sa discussion concernant l’écriture de la Torah : Rabbi Elazar dit : La majeure partie de la Torah a été transmise par écrit, tandis que la minorité a été transmise oralement, comme il est dit : « J’ai écrit pour lui la plus grande partie de Ma Torah ; elles ont été considérées comme une chose étrangère » (Osée 8:12), ce qui signifie que la majeure partie de la Torah a été transmise sous forme écrite. Et Rabbi Yoḥanan dit : La majeure partie de la Torah a été transmise oralement [al peh], tandis que la minorité a été transmise par écrit, comme il est dit au sujet du don de la Torah à Moïse sur le mont Sinaï : « Car c’est sur la base de [al pi] ces paroles que J’ai conclu une alliance avec toi et avec Israël » (Exode 34:27), ce qui indique que la plus grande partie de l’alliance sinaïtique a été enseignée oralement.
וְאִידַּךְ נָמֵי, הָכְתִיב: ״אֶכְתּוֹב לוֹ רוּבֵּי תּוֹרָתִי״! הָהוּא, אַתְמוֹהֵי קָא מַתְמַהּ: אֶכְתּוֹב לוֹ רוּבֵּי תּוֹרָתִי?! הֲלֹא ״כְּמוֹ זָר נֶחְשָׁבוּ״!
La Guemara demande : Et, selon l’autre Sage, Rabbi Yoḥanan, n’est-il pas également écrit : « Je lui ai écrit la plus grande partie de Ma Torah » ? Comment comprend-il ce verset ? La Guemara répond : Ce verset n’est pas une affirmation, mais plutôt une question rhétorique exprimant la stupeur : Car est-ce que J’ai écrit pour lui la plus grande partie de Ma Torah ? Dans ce cas, ils, le peuple juif, seraient considérés comme des étrangers, c’est-à-dire qu’il n’y aurait aucune différence entre eux et les nations du monde si tout était mis par écrit. Au contraire, la majeure partie de la Torah doit rester une tradition orale.
וְאִידַּךְ נָמֵי, הָכְתִיב: ״כִּי עַל פִּי הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״! הַהוּא – מִשּׁוּם דְּתַקִּיפִי לְמִיגְמְרִינְהוּ.
La Guemara demande : Et selon l’autre Sage, Rabbi Elazar, également, n’est-il pas écrit : « Car c’est sur la base de ces paroles que J’ai conclu une alliance avec toi et avec Israël » ? Comment comprend-il ce verset ? La Guemara répond : Ce verset, qui indique que l’alliance était fondée sur ce qui a été enseigné par la tradition orale, est énoncé en raison du fait qu’il est plus difficile d’apprendre les sujets transmis oralement, mais non parce que ces sujets sont plus nombreux que ceux qui ont été consignés par écrit.
דָּרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בַּר נַחְמָנִי, מְתוּרְגְּמָנֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, כְּתִיב: ״כְּתוֹב לְךָ אֶת הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״, וּכְתִיב: ״כִּי עַל פִּי הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״ – הָא כֵּיצַד? דְּבָרִים שֶׁבִּכְתָב אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְאוֹמְרָן עַל פֶּה, דְּבָרִים שֶׁבְּעַל פֶּה אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְאוֹמְרָן בִּכְתָב, דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. תָּנָא: ״אֵלֶּה״ – אֵלֶּה אַתָּה כּוֹתֵב, וְאִי אַתָּה כּוֹתֵב הֲלָכוֹת.
Rabbi Yehuda bar Naḥmani, le diffuseur de Rabbi Shimon ben Lakish, a exposé ce qui suit : Il est écrit : « Écris pour toi ces paroles » (Exode 34:27), et il est écrit plus loin dans ce même verset : « Car c’est sur la base de [al pi] ces paroles. » Comment peut-on concilier ces textes ? Ils viennent enseigner : Les choses qui ont été écrites, tu ne peux pas les exprimer oralement [al peh], et les choses qui ont été enseignées oralement, tu ne peux pas les exprimer par écrit. L’école de Rabbi Yishmael a enseigné : Le mot « ces » dans la mitsva consignée dans le verset « Écris pour toi ces paroles » est employé ici dans un sens emphatique : Ces choses, c’est-à-dire celles consignées dans la Torah écrite, tu peux les écrire, mais tu ne peux pas écrire des halakhot, c’est-à-dire les mishnayot et le reste de la Loi orale.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא כָּרַת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּרִית עִם יִשְׂרָאֵל, אֶלָּא בִּשְׁבִיל דְּבָרִים שֶׁבְּעַל פֶּה – שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי עַל פִּי הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה כָּרַתִּי אִתְּךָ בְּרִית וְאֶת יִשְׂרָאֵל״.
Rabbi Yoḥanan dit : Le Saint, béni soit-Il, n’a conclu une alliance avec le peuple juif que pour les questions qui ont été transmises oralement [be’al peh], comme il est dit : « Car c’est sur la base de [al pi] ces paroles que J’ai conclu une alliance avec toi et avec Israël » (Exode 34:27).
מְעָרְבִין בְּבַיִת יָשָׁן, מִפְּנֵי דַּרְכֵי שָׁלוֹם. מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם כָּבוֹד, וְהָא הָהוּא שִׁיפּוּרָא, דַּהֲוָה מֵעִיקָּרָא בֵּי רַב יְהוּדָה, וּלְבַסּוֹף בֵּי רַבָּה, וּלְבַסּוֹף בֵּי רַב יוֹסֵף, וּלְבַסּוֹף בֵּי אַבָּיֵי, וּלְבַסּוֹף בֵּי רָבָא!
§ La michna enseigne que les Sages ont décrété qu’une association de cours [eiruv] soit placée dans une ancienne maison où elle était habituellement placée en raison des voies de la paix. La Guemara demande : Quelle est la raison de cela ? Si nous disons que c’est pour montrer du respect au propriétaire de cette maison, mais n’a-t-on pas rapporté au sujet d’une certaine caisse de charité, qui avait été faite pour le bénéfice de la communauté et apportait de l’honneur à la personne dans la maison de laquelle elle était placée, qu’au début elle fut placée dans la maison de Rav Yehouda, puis transférée dans la maison de Rabba, puis transférée dans la maison de Rav Yossef, puis transférée dans la maison d’Abaye, puis transférée dans la maison de Rava. Cela enseigne qu’il n’y a pas ici de question de respect, et que de tels objets étaient normalement déplacés d’un endroit à un autre.
אֶלָּא מִשּׁוּם חֲשָׁדָא.
Au contraire, dis plutôt que les Sages ont institué cette ordonnance afin d'éviter de susciter des soupçons. Puisque le eiruv était régulièrement placé dans une maison particulière, s'il était déplacé, les gens pourraient penser que les habitants de la ruelle soupçonnaient le propriétaire de la maison de les voler, et c'est pourquoi ils l'ont mis ailleurs.
בּוֹר שֶׁהוּא קָרוֹב לָאַמָּה וְכוּ׳: אִיתְּמַר: בְּנֵי נַהֲרָא; רַב אָמַר: תַּתָּאֵי שָׁתוּ מַיָּא בְּרֵישָׁא, וּשְׁמוּאֵל אֲמַר: עִילָּאֵי שָׁתוּ מַיָּא בְּרֵישָׁא.
§ La michna enseigne que les Sages ont décrété que le puits le plus proche du canal d’irrigation qui fournit de l’eau à plusieurs puits ou champs est rempli en premier, en raison des voies de la paix. Il a été déclaré que les amora’im sont en désaccord sur la question suivante : Lorsque des personnes possèdent des champs le long d’une rivière et irriguent leurs champs avec de l’eau détournée de celle-ci, lequel d’entre eux bénéficie du droit prioritaire d’irriguer son champ ? Rav a dit : Les propriétaires des champs les plus bas boivent l’eau, c’est-à-dire irriguent leurs champs, en premier. Et Shmuel a dit : Les propriétaires des champs les plus élevés boivent l’eau en premier.
בִּדְמֵיזַל – כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְלִיגִי. כִּי פְלִיגִי – בְּמִיסְכַּר וְאַשְׁקוֹיֵי; שְׁמוּאֵל אָמַר: עִילָּאֵי שָׁתוּ מַיָּא בְּרֵישָׁא, דְּאָמְרִי: אֲנַן מְקָרְבִינַן טְפֵי. וְרַב אָמַר: תַּתָּאֵי שָׁתוּ מַיָּא בְּרֵישָׁא, דְּאָמְרִי: נַהֲרָא כִּפְשָׁטֵיהּ לֵיזִיל.
La Guemara explique : En ce qui concerne un cas où l’eau s’écoule d’elle-même, tout le monde est d’accord pour dire que quiconque souhaite irriguer peut le faire comme il l’entend. Là où ils sont en désaccord, c’est au sujet d’un cas où ils doivent endiguer la rivière et irriguer par des canaux. Shmuel a dit : Les propriétaires des champs les plus élevés boivent l’eau en premier parce que ils peuvent dire : Nous sommes plus proches des sources de la rivière. Et Rav a dit : Les propriétaires des champs les plus bas boivent l’eau en premier parce que ils peuvent dire : Laissez la rivière suivre son cours naturel et, après que nous aurons pris ce dont nous avons besoin, endiguez-la comme bon vous semble.
תְּנַן: בּוֹר הַקָּרוֹב לָאַמָּה, מִתְמַלֵּא רִאשׁוֹן – מִפְּנֵי דַּרְכֵי שָׁלוֹם! תַּרְגְּמַהּ שְׁמוּאֵל אַלִּיבָּא דְּרַב: בְּאַמָּה הַמִּתְהַלֶּכֶת עַל פִּי בוֹרוֹ.
Nous avons appris dans la michna que les Sages ont décrété que le puits le plus proche du canal d’irrigation qui fournit de l’eau à plusieurs puits ou champs est rempli en premier à cause des voies de paix. Cela enseigne que la partie la plus proche de la source d’eau bénéficie d’un droit prioritaire, et cela soutient l’opinion de Shmuel et pose une difficulté pour Rav. Shmuel a interprété la michna conformément à l’opinion de Rav : La michna parle ici de un canal d’irrigation qui passe par l’ouverture du puits, de sorte que le puits se remplit d’eau de lui-même, même sans barrage.
אִי הָכִי, מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא, מָצֵי אָמְרִי לֵיהּ: סְכַר מִיסְכָּר, וְאַשְׁקִי בְּהִינְדָּזָא; קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Si tel est le cas, quel est le but d’énoncer cela ? C’est évident. La Guemara répond : De peur que tu ne dises que les propriétaires des autres champs peuvent dire au propriétaire du puits : Colmate aussi ton puits afin que l’eau n’y entre pas, et irrigue tes champs proportionnellement [hindeza], tout comme le reste d’entre nous. La michna nous enseigne donc que le propriétaire du puits n’est pas tenu de faire cela, et par conséquent son puits est rempli en premier.
אָמַר רַב הוּנָא בַּר תַּחְלִיפָא: הַשְׁתָּא דְּלָא אִיתְּמַר הִלְכְתָא לָא כְּמָר וְלָא כְּמָר, כֹּל דְּאַלִּים גָּבַר.
Rav Huna bar Taḥalifa a dit : Maintenant que la halakha n’a été établie ni conformément à l’opinion de ce Sage, Rav, ni conformément à l’opinion de cet autre Sage, Shmuel, celui qui est le plus fort l’emporte. Puisque la halakha n’a pas été tranchée, le tribunal refuse de juger l’affaire et laisse les parties régler la question elles-mêmes, dans l’espoir que la partie légitime fera l’effort nécessaire et l’emportera.
רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי, אֲמַר לֵיהּ: לוֹתְבַן מָר בְּעִידָּנָא! אֲמַר לֵיהּ: אִית לִי עִידָּנָא לְדִידִי. וְלוֹתְבַן מָר בְּלֵילְיָא! אֲמַר לֵיהּ: אִית לִי מַיָּא לְאַשְׁקוֹיֵי. אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא מַשְׁקֵינָא לֵיהּ לְמָר מַיָּא בִּימָמָא, וְלוֹתְבַן מָר בְּלֵילְיָא! אֲמַר לֵיהּ: לְחַיֵּי.
Rav Shimi bar Ashi se présenta devant Abaye et lui dit : Maître, fixe-moi un moment pour étudier avec toi. Abaye lui dit : J’ai un moment fixe pour moi-même, et je ne peux pas te le consacrer. Rav Shimi bar Ashi lui dit : Maître, fixe un moment la nuit, et nous pourrons alors étudier. Abaye lui dit : Je dois apporter de l’eau la nuit pour irriguer mes champs. Rav Shimi bar Ashi lui dit : J’irriguerai pour le Maître pendant la journée, et alors le Maître pourra fixer un moment pour moi la nuit afin d’étudier avec lui. Abaye lui dit : Très bien ; c’est un arrangement acceptable.
אֲזַל לְעִילָּאֵי, אֲמַר לְהוּ: תַּתָּאֵי שָׁתוּ מַיָּא בְּרֵישָׁא. אֲזַל לְתַתָּאֵי, אֲמַר לְהוּ: עִילָּאֵי שָׁתוּ מַיָּא בְּרֵישָׁא. אַדְּהָכִי סְכַר מִיסְכָּר וְאַשְׁקִי. כִּי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי, אֲמַר לֵיהּ: כְּבֵי תְרֵי עֲבַדְתְּ לִי! וְלָא טַעְמִינְהוּ אַבָּיֵי לְפֵירֵי דְּהַהִיא שַׁתָּא.
Qu’a fait Rav Shimi bar Ashi ? Il est d’abord allé voir les propriétaires des champs les plus élevés, et leur a dit : Les propriétaires des champs les plus bas boivent l’eau en premier, conformément à l’opinion de Rav. Ensuite, il est allé voir les propriétaires des champs les plus bas, et leur a dit : Les propriétaires des champs les plus élevés boivent l’eau en premier, conformément à l’opinion de Shmuel. Pendant ce temps, tandis que les propriétaires des champs du haut et du bas se disputaient pour savoir qui avait le premier droit à l’eau, Rav Shimi bar Ashi a barré la rivière et a irrigué les champs d’Abaye. Lorsqu’il se présenta devant Abaye, celui-ci lui dit : Tu as agi pour moi conformément à deux opinions opposées. Et Abaye ne voulut pas même goûter la récolte de cette année-là parce qu’il pensait que l’eau était parvenue à son champ de manière illicite.
הָנְהוּ בְּנֵי בֵּי חַרְמָךְ, דַּאֲזוּל כְּרוֹ בְּרֵישָׁא דְשַׁנְווֹתָא, וְאַהְדְּרוּהּ וְשַׁדְיוּהּ בְּשִׁילְהֵי נַהֲרָא. אֲתוֹ עִילָּאֵי לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי, אֲמַרוּ לֵיהּ: קָא מַתְקֵיל לְנַהֲרִין! אֲמַר לְהוּ: כְּרוֹ בַּהֲדַיְיהוּ טְפֵי פּוּרְתָּא. אֲמַרוּ לֵיהּ: קָא יָבְשִׁי פֵּירִין. אֲמַר לְהוּ: זִילוּ סַלִּיקוּ נַפְשַׁיְיכוּ מֵהָתָם.
Il est rapporté qu’il y avait certains habitants d’un endroit appelé Bei Ḥarmakh qui allèrent et creusèrent un canal à la tête de la rivière Shanvata afin de détourner l’eau et de lui permettre de contourner leurs champs, puis ils rendirent l’eau à la rivière plus loin en aval. Ceux qui possédaient des champs plus en amont se présentèrent devant Abaye, et lui dirent : Cela nuit à notre rivière, car l’eau ne coule plus comme auparavant. Abaye leur dit : Creusez un peu plus profondément avec eux, et cela devrait résoudre le problème. Ils lui dirent : Si nous faisons cela, nos puits s’assécheront. Quand Abaye entendit cela, il dit aux habitants de Bei Ḥarmakh : Allez-vous-en de là, et bloquez la dérivation que vous avez faite pour la rivière.
מְצוּדוֹת חַיָּה וְעוֹפוֹת וְדָגִים, יֵשׁ בָּהֶן וְכוּ׳: בְּאוּזְלֵי וְאוֹהָרֵי
§ La michna enseigne : Prendre des animaux, des oiseaux ou des poissons qui ont été capturés dans des pièges appartenant à une autre personne est considéré comme un vol en raison des voies de la paix. Et Rabbi Yossei dit qu’il s’agit d’un vol à part entière. La Guemara commente : En ce qui concerne les filets [uzlei] et les pièges tissés [oharei],