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קְצוּצֵי תְפִילִּין נִמְצְאוּ בְּרָאשֵׁי הֲרוּגֵי בֵיתֵּר. רַבִּי יַנַּאי בְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל אָמַר: שָׁלֹשׁ קוּפּוֹת שֶׁל אַרְבָּעִים אַרְבָּעִים סְאָה. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: אַרְבָּעִים קוּפּוֹת שֶׁל שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ סְאִין.
de boîtes de phylactères furent trouvées sur les têtes de ceux qui furent tués à Beitar. Rabbi Yannai, fils de Rabbi Yishmaël, dit : On trouva trois grands paniers, chacun contenant quarante se’a de boîtes de phylactères. Et il a été enseigné dans une baraita : Il y avait quarante grands paniers, chacun contenant trois se’a.
וְלָא פְּלִיגִי: הָא דְּרֵישָׁא, הָא דִּדְרָעָא.
La Guemara note : Et ces Sages ne sont pas en désaccord : Ce Sage fait référence aux phylactères de la tête, tandis que ce Sage fait référence aux phylactères du bras, car, en raison des différentes manières dont ils sont fabriqués, ils diffèrent également par leur taille.
אָמַר רַבִּי אַסִּי: אַרְבָּעָה קַבִּין מוֹחַ נִמְצְאוּ עַל אֶבֶן אַחַת. עוּלָּא אָמַר: תִּשְׁעַת קַבִּין. אָמַר רַב כָּהֲנָא וְאִיתֵּימָא שֵׁילָא בַּר מָרִי: מַאי קְרָאָה? ״בַּת בָּבֶל הַשְּׁדוּדָה, אַשְׁרֵי שֶׁיְשַׁלֶּם לָךְ וְגוֹ׳, אַשְׁרֵי שֶׁיֹּאחֵז וְנִפֵּץ אֶת עוֹלָלַיִךְ אֶל הַסָּלַע״.
Rabbi Asi dit : Quatre kav de cervelles d’enfants dont les crânes avaient été fracassés furent trouvés sur une seule pierre. Ulla dit : Neuf kav. Rav Kahana a dit, et certains disent que c’était Sheila bar Mari qui l’a dit : Quel est le verset d’où cela est dérivé ? « Ô fille de Babylone, vouée à la dévastation ; heureux celui qui te rendra ta rétribution pour ce que tu nous as fait. Heureux celui qui saisira et écrasera tes petits contre le rocher » (Psaumes 137:8–9).
״בְּנֵי צִיּוֹן הַיְקָרִים הַמְסוּלָּאִים בַּפָּז״ – מַאי ״מְסוּלָּאִים בַּפָּז״? אִילֵּימָא דַּהֲווֹ מְחַפִּי בְּפִיזָּא, וְהָאָמְרִי דְּבֵי רַבִּי שֵׁילָא: תַּרְתֵּי מַתְקָלֵי אִיסְתֵּירֵי פִּיזָּא נְחוּת בְּעָלְמָא – חֲדָא בְּרוֹמִי, וַחֲדָא בְּכוּלֵּי עָלְמָא! אֶלָּא שֶׁהָיוּ מְגַנִּין אֶת הַפָּז בְּיוֹפְיָין.
§ Le verset déclare : « Les précieux fils de Sion, comparables à l’or fin » (Lamentations 4:2). Quel est le sens de l’expression « comparables à l’or fin » ? Si nous disons que cela signifie qu’ils étaient recouverts d’or fin [piza], cela pose une difficulté ; mais l’école de Rabbi Sheila n’a-t-elle pas dit : Deux poids istira d’or fin sont descendus dans le monde, l’un à Rome et l’un dans tout le reste du monde. Si tel est le cas, il est certainement impossible de recouvrir les habitants de Jérusalem d’or fin, car il n’y en a pas assez dans le monde entier pour le faire. Au contraire, cela signifie qu’ils étaient si attirants qu’ils feraient honte à l’or fin par leur beauté.
מֵעִיקָּרָא, חֲשִׁיבִי דְרוֹמָאֵי הֲווֹ נָקְטִי בִּלְיוֹנָא דְגוּשְׁפַּנְקָא, וּמְשַׁמְּשִׁי עַרְסַיְיהוּ; מִכָּאן וְאֵילָךְ, מַיְיתוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָסְרִי בְּכַרְעֵי דְּפוּרַיְיהוּ, וּמְשַׁמְּשִׁי.
La Guemara rapporte que dans un premier temps, les nobles de Rome gardaient une image imprimée sur un sceau près de leurs lits et avaient des rapports sexuels face à cette image, afin d’engendrer des enfants d’une beauté semblable. À partir de ce moment et par la suite, depuis l’époque de la Grande Révolte, ils amenaient des enfants juifs, les attachaient au pied de leurs lits et avaient des rapports sexuels en face d’eux, parce qu’ils étaient si beaux.
אֲמַר לֵיהּ חַד לְחַבְרֵיהּ: הָא, הֵיכָא כְּתִיבָא? אֲמַר לֵיהּ: ״גַּם כׇּל חֳלִי וְכׇל מַכָּה אֲשֶׁר לֹא כָתוּב בְּסֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֹּאת״. אֲמַר: כַּמָּה מְרַחַיקְנָא מִדּוּכְתָּא פְּלָן? אֲמַר לֵיהּ: אִינְּגֵד פּוּסְתָּא וּפַלְגָא. אֲמַר לֵיהּ: אִי מְטַאי לְגַבֵּיהּ לָא אִיצְטְרִיכִי לָךְ.
Il est rapporté qu’une fois, cela arriva à deux enfants, et l’un d’eux dit à l’autre : Où cette affliction est-elle écrite dans la Torah ? L’autre lui dit : Comme il est écrit : « Aussi toute maladie et toute plaie qui ne sont pas écrites dans le livre de cette Torah » (Deutéronome 28:61). Le premier dit : Combien suis-je loin dans mes études de cela, c’est-à-dire combien j’aurais encore dû apprendre pour parvenir à ce verset ? L’autre dit : Si tu avais avancé encore d’une colonne et demie [pusta], tu y serais parvenu. Le premier enfant dit à l’autre : Si j’étais parvenu à ce verset, je n’aurais pas eu besoin de toi, car j’aurais su de moi-même que le verset parlait de cela.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, מַאי דִּכְתִיב: ״עֵינִי עוֹלְלָה לְנַפְשִׁי מִכֹּל בְּנוֹת עִירִי״? אַרְבַּע מֵאוֹת בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת הָיוּ בִּכְרַךְ בֵּיתֵּר, וּבְכׇל אַחַת וְאַחַת הָיוּ בָּהּ אַרְבַּע מֵאוֹת מְלַמְּדֵי תִּינוֹקוֹת, וְכׇל אֶחָד וְאֶחָד הָיוּ לְפָנָיו אַרְבַּע מֵאוֹת תִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן,
Rav Yehuda dit que Shmuel dit au nom de Rabban Shimon ben Gamliel : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Mon œil affecte mon âme à cause de toutes les filles de ma ville » (Lamentations 3:51) ? Il y avait quatre cents synagogues dans la ville de Beitar, et dans chacune d’elles il y avait quatre cents maîtres d’école, et chacun et chacun de ces maîtres avait quatre cents écoliers.
וּכְשֶׁהָיָה אוֹיֵב נִכְנָס לְשָׁם הָיוּ דּוֹקְרִין אוֹתָן בְּחוֹטְרֵיהֶן. וּכְשֶׁגָּבַר אוֹיֵב וּלְכָדוּם, כְּרָכוּם בְּסִפְרֵיהֶם וְהִצִּיתוּם בָּאֵשׁ.
Et lorsque l’ennemi entra là, ces écoliers les poignardèrent avec leurs plumes [beḥotreihen]. Et lorsque l’ennemi l’emporta et les captura, ils enveloppèrent les enfants dans leurs rouleaux et y mirent le feu.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה שֶׁהָלַךְ לִכְרַךְ גָּדוֹל שֶׁבְּרוֹמִי, אָמְרוּ לוֹ: תִּינוֹק אֶחָד יֵשׁ בְּבֵית הָאֲסוּרִים, יְפֵה עֵינַיִם וְטוֹב רוֹאִי וּקְווּצּוֹתָיו סְדוּרוֹת לוֹ תַּלְתַּלִּים. הָלַךְ וְעָמַד עַל פֶּתַח בֵּית הָאֲסוּרִים, אָמַר: ״מִי נָתַן לִמְשִׁיסָּה יַעֲקֹב וְיִשְׂרָאֵל לְבוֹזְזִים״? עָנָה אוֹתוֹ תִּינוֹק וְאָמַר: ״הֲלֹא ה׳ זוּ חָטָאנוּ לוֹ וְלֹא אָבוּ בִדְרָכָיו הָלוֹךְ וְלֹא שָׁמְעוּ בְּתוֹרָתוֹ״.
Les Sages ont enseigné une autre baraita (Tosefta, Horayot 2:5) concernant le destin des enfants juifs : Il y eut un incident impliquant Rabbi Yehoshua ben Ḥananya qui, un jour, se rendit dans la grande ville de Rome,on lui dit : Il y a un enfant en prison aux beaux yeux et à l’apparence séduisante, et ses cheveux bouclés sont arrangés en mèches. Rabbi Yehoshua alla se tenir à l’entrée de la prison. Il dit, comme s’il se parlait à lui-même : « Qui a livré Jacob au pillage, et Israël aux voleurs ? » (Isaïe 42:24). Cet enfant répondit en récitant la suite du verset : « N’est-ce pas le Seigneur, Lui contre Qui nous avons péché, et dans les voies de Qui ils n’ont pas voulu marcher, et ils n’ont pas obéi à Sa Torah ? »
אָמַר: מוּבְטְחַנִי בּוֹ שֶׁמּוֹרֶה הוֹרָאָה בְּיִשְׂרָאֵל, הָעֲבוֹדָה! שֶׁאֵינִי זָז מִכָּאן עַד שֶׁאֶפְדֶּנּוּ בְּכׇל מָמוֹן שֶׁפּוֹסְקִין עָלָיו. אָמְרוּ: לֹא זָז מִשָּׁם עַד שֶׁפְּדָאוֹ בְּמָמוֹן הַרְבֵּה, וְלֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִין עַד שֶׁהוֹרָה הוֹרָאָה בְּיִשְׂרָאֵל. וּמַנּוּ? רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע.
Rabbi Yehoshua a dit : Je suis certain que, si l’occasion lui en est donnée, cet enfant rendra des décisions halakhiques en Israël, car il est déjà extrêmement sage. Il a dit : Je jure par le service du Temple que je ne bougerai pas d’ici avant de le racheter pour n’importe quelle somme d’argent qu’ils fixeront pour lui. Ils ont dit qu’il ne bougea pas de là avant de l’avoir racheté pour une grande somme d’argent, et il ne s’était même pas écoulé quelques jours lorsque cet enfant rendit des décisions halakhiques en Israël. Et qui était cet enfant ? C’était Rabbi Yishmael ben Elisha.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מַעֲשֶׂה בִּבְנוֹ וּבְבִתּוֹ שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן אֱלִישָׁע שֶׁנִּשְׁבּוּ לִשְׁנֵי אֲדוֹנִים. לְיָמִים נִזְדַּוְּוגוּ שְׁנֵיהֶם בִּמְקוֹם אֶחָד, זֶה אוֹמֵר: יֵשׁ לִי עֶבֶד שֶׁאֵין כְּיוֹפְיוֹ בְּכׇל הָעוֹלָם, וְזֶה אוֹמֵר: יֵשׁ לִי שִׁפְחָה שֶׁאֵין בְּכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ כְּיוֹפְיָהּ.
Rav Yehuda dit que Rav dit : Il y eut un incident concernant le fils et la fille de Rabbi Yishmael ben Elisha, le Grand Prêtre, qui furent faits prisonniers et vendus comme esclaves à deux maîtres différents. Après quelque temps, les deux maîtres se rencontrèrent en un certain lieu. Ce maître dit : J’ai un esclave mâle dont la beauté est sans égale dans le monde entier, et cet autre maître dit : J’ai une esclave dont la beauté est sans égale dans le monde entier.
אָמְרוּ: בּוֹא וְנַשִּׂיאֵם זֶה לָזֶה, וּנְחַלֵּק בַּוְּולָדוֹת. הִכְנִיסוּם לְחֶדֶר. זֶה יָשַׁב בְּקֶרֶן זָוִית זֶה, וְזוֹ יָשְׁבָה בְּקֶרֶן זָוִית זֶה, זֶה אוֹמֵר: אֲנִי, כֹּהֵן בֶּן כֹּהֲנִים גְּדוֹלִים, אֶשָּׂא שִׁפְחָה?! וְזֹאת אוֹמֶרֶת: אֲנִי, כֹּהֶנֶת בַּת כֹּהֲנִים גְּדוֹלִים, אֶנָּשֵׂא לְעֶבֶד?! וּבָכוּ כׇּל הַלַּיְלָה.
Les deux maîtres dirent : Venez, marions ces deux esclaves l’un à l’autre et partageons les enfants nés d’eux entre nous, car ils seront certainement très beaux. Ils les isolèrent dans une chambre. Celui-ci, le fils, s’assit dans un coin, et celle-là, la fille, s’assit dans l’autre coin. Il dit : Je suis un prêtre et descendant de Grands Prêtres. Vais-je épouser une esclave ? Et elle dit : Je suis la fille d’un prêtre et descendante de Grands Prêtres. Vais-je être mariée à un esclave ? Et ils pleurèrent toute la nuit.
כֵּיוָן שֶׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר, הִכִּירוּ זֶה אֶת זֶה, וְנָפְלוּ זֶה עַל זֶה וְגָעוּ בִּבְכִיָּה עַד שֶׁיָּצְאָה נִשְׁמָתָן. וַעֲלֵיהֶן קוֹנֵן יִרְמְיָה: ״עַל אֵלֶּה אֲנִי בוֹכִיָּה, עֵינִי עֵינִי יוֹרְדָה מַּיִם״.
Quand l’aube arriva, ils se reconnurent et virent qu’ils étaient frère et sœur. Ils se jetèrent l’un sur l’autre et éclatèrent en sanglots jusqu’à ce que leurs âmes les quittent à cause de leur grande détresse. Et à leur sujet et au sujet d’autres comme eux, Jérémie se lamenta : « C’est pour cela que je pleure ; mon œil, mon œil ruisselle d’eau » (Lamentations 1:16).
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַעֲשֶׂה בְּאִשָּׁה אַחַת, וְצָפְנַת בַּת פְּנִיאֵל שְׁמָהּ; ״צָפְנַת״ – שֶׁהַכֹּל צוֹפִין בְּיוֹפְיָהּ, ״בַּת פְּנִיאֵל״ – בִּתּוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁשִּׁימֵּשׁ לִפְנַי וְלִפְנִים;
Reish Lakish dit : Il y eut un incident concernant une certaine femme nommée Tzafenat bat Peniel. Et pourquoi l'appelait-on ainsi ? On l'appelait Tzafenat parce que tous contemplaient [tzofin] sa beauté, et on l'appelait bat Peniel parce qu'elle était la fille [bat] du Grand Prêtre qui officiait dans le sanctuaire le plus intérieur [lifnai velefnim] du Temple.
שֶׁנִּתְעַלֵּל בָּהּ שַׁבַּאי כׇּל הַלַּיְלָה. לְמָחָר הִלְבִּישָׁהּ שִׁבְעָה חֲלוּקִים, וְהוֹצִיאָהּ לְמוֹכְרָהּ. בָּא אָדָם אֶחָד שֶׁהָיָה מְכוֹעָר בְּיוֹתֵר, אָמַר לוֹ: הַרְאֵנִי אֶת יוֹפְיָהּ. אָמַר לוֹ: רֵיקָא! אִם אַתָּה רוֹצֶה לִיקַּח – קַח, שֶׁאֵין כְּיוֹפְיָהּ בְּכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ.
Et il arriva qu’elle fut emmenée captive, et son ravisseur abusa d’elle et la viola toute la nuit. Le lendemain, il l’habilla de sept vêtements et la fit sortir pour la vendre. Un certain homme, particulièrement laid, vint et dit à l’homme qui la vendait : Montre-moi sa beauté. Il lui dit : Bon à rien, si tu souhaites l’acheter, alors achète-la, car il n’y a pas de beauté comme la sienne dans le monde entier.
אָמַר לוֹ: אַף עַל פִּי כֵן. הִפְשִׁיטָהּ שִׁשָּׁה חֲלוּקִים, וּשְׁבִיעִי קְרָעַתּוּ וְנִתְפַּלְּשָׁה בָּאֵפֶר, אָמְרָה לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אִם עָלֵינוּ לֹא חַסְתָּ, עַל קְדוּשַּׁת שִׁמְךָ (הַגִּבּוֹר) [הַגָּדוֹל] לָמָּה לֹא תָּחוּס.
L’acheteur potentiel a dit au vendeur : Malgré cela, je souhaite voir par moi-même. Il ôta les six vêtements, et elle-même déchira le septième et se roula dans la cendre. Elle dit devant Dieu : Maître de l’Univers, même si Tu n’as pas eu pitié de nous, et nous as laissés être déshonorés de cette manière, pourquoi n’as-Tu pas eu pitié de la sainteté de Ton nom puissant par lequel nous sommes appelés ?
וְעָלֶיהָ קוֹנֵן יִרְמְיָה: ״בַּת עַמִּי חִגְרִי שָׂק וְהִתְפַּלְּשִׁי בָאֵפֶר, אֵבֶל יָחִיד עֲשִׂי לָךְ מִסְפַּד תַּמְרוּרִים, כִּי פִתְאוֹם יָבֹא הַשּׁוֹדֵד עָלֵינוּ״ – ״עָלַיִךְ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״עָלֵינוּ״; כִּבְיָכוֹל, עָלַי וְעָלַיִךְ בָּא שׁוֹדֵד.
Et à son sujet ainsi qu’au sujet d’autres comme elle, Jérémie se lamenta : « Ô fille de Mon peuple, ceins-toi d’un sac et roule-toi dans la cendre ; prends le deuil comme pour un fils unique, une lamentation très amère, car soudain le dévastateur viendra sur nous » (Jérémie 6:26). Il n’est pas dit : Sur toi, mais plutôt « sur nous », car le dévastateur viendra, pour ainsi dire, à la fois sur Moi et sur toi. Dieu Lui-même partage cette douleur, et Son nom est lui aussi déshonoré.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, מַאי דִּכְתִיב: ״וְעָשְׁקוּ גֶּבֶר וּבֵיתוֹ וְאִישׁ וְנַחֲלָתוֹ״? מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁנָּתַן עֵינָיו בְּאֵשֶׁת רַבּוֹ, וּשְׁוַלְיָא דְנַגָּרֵי הֲוָה.
§ Rav Yehouda dit que Rav dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Ils convoitent des champs et s’en emparent par la force ; et des maisons, et ils les prennent ; ainsi ils oppriment un homme et sa maison, un homme et son héritage » (Michée 2:2) ? Il y eut un incident impliquant un certain homme qui porta les yeux sur la femme de son maître, et il était apprenti charpentier [shulya].
פַּעַם אַחַת הוּצְרַךְ (רַבּוֹ) לִלְוֹת, אָמַר לוֹ: שַׁגֵּר אִשְׁתְּךָ אֶצְלִי וְאַלְוֶנָּה. שִׁיגֵּר אִשְׁתּוֹ אֶצְלוֹ, שָׁהָה עִמָּהּ שְׁלֹשָׁה יָמִים. קָדַם וּבָא אֶצְלוֹ, אָמַר לוֹ: אִשְׁתִּי שֶׁשִּׁיגַּרְתִּי לְךָ הֵיכָן הִיא? אָמַר לוֹ: אֲנִי פְּטַרְתִּיהָ לְאַלְתַּר, וְשָׁמַעְתִּי שֶׁהַתִּינוֹקוֹת נִתְעַלְּלוּ בָּהּ בַּדֶּרֶךְ.
Une fois, son maître eut besoin d’emprunter un peu d’argent, et son apprenti lui dit : Envoie-moi ta femme et je lui prêterai l’argent. Il lui envoya sa femme, et l’apprenti resta avec elle pendant trois jours. Puis il retourna auprès de son maître avant elle, et le maître lui dit : Où est ma femme que je t’ai envoyée ? L’apprenti lui dit : Je l’ai renvoyée immédiatement , mais j’ai entendu dire que des jeunes l’avaient maltraitée et violée en chemin.
אָמַר לוֹ: מָה אֶעֱשֶׂה? אָמַר לוֹ: אִם אַתָּה שׁוֹמֵעַ לַעֲצָתִי, גָּרְשָׁהּ. אָמַר לוֹ: כְּתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה. אָמַר לוֹ: אֲנִי אַלְוְוךָ וְתֵן לָהּ כְּתוּבָּתָהּ. עָמַד זֶה וְגֵרְשָׁהּ, הָלַךְ הוּא וּנְשָׂאָהּ.
Le maître dit à son apprenti : Que ferai-je ? L’apprenti lui dit : Si tu écoutes mon conseil, divorce d’avec elle. Il lui dit : Mais son contrat de mariage est élevé et je n’ai pas l’argent pour le payer. L’apprenti lui dit : Je te prêterai l’argent, et tu lui donneras le paiement de son contrat de mariage. Le maître se leva et divorça d’avec elle, et l’apprenti alla l’épouser.
כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ זְמַנּוֹ וְלֹא הָיָה לוֹ לְפוֹרְעוֹ, אָמַר לוֹ: בֹּא וַעֲשֵׂה עִמִּי בְּחוֹבְךָ. וְהָיוּ הֵם יוֹשְׁבִים וְאוֹכְלִים וְשׁוֹתִין, וְהוּא הָיָה עוֹמֵד וּמַשְׁקֶה עֲלֵיהֶן, וְהָיוּ דְּמָעוֹת נוֹשְׁרוֹת מֵעֵינָיו וְנוֹפְלוֹת בְּכוֹסֵיהֶן. וְעַל אוֹתָהּ שָׁעָה נִתְחַתֵּם גְּזַר דִּין. וְאָמְרִי לַהּ: עַל שְׁתֵּי פְתִילוֹת בְּנֵר אֶחָד.
Lorsque le moment arriva où la dette devait être payée, et qu’il n’avait pas les moyens avec lesquels de la rembourser, l’apprenti dit à son maître : Viens travailler avec moi pour acquitter ta dette. Et eux, l’apprenti et sa femme, s’asseyaient pour manger et boire, tandis que lui, le premier mari de la femme, se tenait debout au-dessus d’eux et leur servait à boire. Et des larmes tombaient de ses yeux et tombaient dans leurs coupes, et à ce moment-là la sentence du peuple juif fut scellée, pour être resté silencieux face à cette injustice. Et certains disent que le peuple juif fut puni pour deux mèches dans une seule lampe, un euphémisme pour le péché d’adultère commis par ce couple alors que le maître était encore marié à la femme.
לָקַח מִן הַסִּיקָרִיקוֹן וְכוּ׳: אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא דְּאָמַר לוֹ: ״לֵךְ, חֲזֵק וּקְנִי״, אֲבָל בִּשְׁטָר – קָנָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אַף בִּשְׁטָר נָמֵי לֹא קָנָה, עַד שֶׁיִּכְתּוֹב לוֹ אַחְרָיוּת.
§ La Guemara revient à la michna, qui déclare : Si quelqu’un a d’abord acheté un terrain d’un sicaire, puis est revenu et a acheté le même champ à l’ancien propriétaire, afin d’être considéré comme le propriétaire légal du champ, son achat est nul. Rav dit : Ils ont enseigné que l’achat est nul seulement dans un cas où l’ancien propriétaire dit auacheteur, lorsqu’il est venu acquérir le champ auprès de lui : Va, prends possession du champ et ainsi acquiers-le, car dans un tel cas l’ancien propriétaire peut dire qu’il n’avait pas réellement l’intention de lui vendre le champ. Mais s’il le lui a vendu avec un acte de vente, l’acheteur acquiert le champ. Et Shmuel dit : Même s’il le lui a vendu avec un acte de vente, l’acheteur n’acquiert pas le champ à moins que l’ancien propriétaire ne lui écrive une garantie selon laquelle, si le champ est repris par un créancier de l’ancien propriétaire, l’ancien propriétaire, qui lui a vendu le champ, le dédommagera de sa perte, car en écrivant cette garantie il démontre qu’il s’agit d’une vente véritable.

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