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בְּמַאי דִּפְסַיק אַנַּפְשֵׁיהּ – כֹּל יוֹמָא מְכַנְּשִׁי לֵיהּ לְקִיטְמֵיהּ וְדָיְינִי לֵיהּ, וְקָלוּ לֵיהּ וּמְבַדְּרוּ [לֵיהּ] אַשַּׁב יַמֵּי.
Ce qu’il a décrété contre lui-même, alors qu’il subit ce qui suit : Chaque jour, ses cendres sont recueillies, on le juge, on le brûle, et on le disperse sur les sept mers.
אֲזַל אַסְּקֵיהּ לְבִלְעָם בִּנְגִידָא, אֲמַר לֵיהּ: מַאן חֲשִׁיב בְּהָהוּא עָלְמָא? אֲמַר לֵיהּ: יִשְׂרָאֵל. מַהוּ לְאִידַּבּוֹקֵי בְּהוּ? אֲמַר לֵיהּ: ״לֹא תִדְרוֹשׁ שְׁלוֹמָם וְטוֹבָתָם כׇּל הַיָּמִים״. אֲמַר לֵיהּ: דִּינֵיהּ דְּהָהוּא גַּבְרָא בְּמַאי? אֲמַר לֵיהּ: בְּשִׁכְבַת זֶרַע רוֹתַחַת.
Onkelos alla alors faire remonter Balaam de la tombe par nécromancie. Il lui dit : Qui est le plus important dans ce monde-là où tu te trouves maintenant ? Balaam lui dit : Le peuple juif. Onkelos lui demanda : Dois-je alors m’attacher à eux ici dans ce monde ? Balaam lui dit : Tu ne rechercheras ni leur paix ni leur prospérité tous les jours (voir Deutéronome 23:7). Onkelos lui dit : Quel est le châtiment de cet homme, euphémisme pour Balaam lui-même, dans le monde à venir ? Balaam lui dit : Il est cuit dans du sperme bouillant, car il a poussé Israël à se livrer à une conduite licencieuse avec les filles de Moab.
אֲזַל אַסְּקֵיהּ בִּנְגִידָא לְיֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי, אֲמַר לֵיהּ: מַאן חֲשִׁיב בְּהָהוּא עָלְמָא? אֲמַר לֵיהּ: יִשְׂרָאֵל. מַהוּ לְאִדַּבּוֹקֵי בְּהוּ? אֲמַר לֵיהּ: טוֹבָתָם דְּרוֹשׁ, רָעָתָם לֹא תִּדְרוֹשׁ, כׇּל הַנּוֹגֵעַ בָּהֶן כְּאִילּוּ נוֹגֵעַ בְּבָבַת עֵינוֹ.
Onkelos alors alla et fit revenir Jésus le Nazaréen de la tombe par nécromancie. Onkelos lui dit : Qui est le plus important dans ce monde-là où tu te trouves maintenant ? Jésus lui dit : Le peuple juif. Onkelos lui demanda : Dois-je alors m’attacher à eux dans ce monde ? Jésus lui dit : Tu rechercheras leur bien-être, tu ne rechercheras pas leur malheur, car quiconque les touche est considéré comme s’il touchait la prunelle de son œil (voir Zacharie 2:12).
אֲמַר לֵיהּ: דִּינֵיהּ דְּהָהוּא גַּבְרָא בְּמַאי? אֲמַר לֵיהּ: בְּצוֹאָה רוֹתַחַת. דְּאָמַר מָר: כׇּל הַמַּלְעִיג עַל דִּבְרֵי חֲכָמִים נִידּוֹן בְּצוֹאָה רוֹתַחַת. תָּא חֲזִי מָה בֵּין פּוֹשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל לִנְבִיאֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם.
Onkelos lui dit : Quelle est la punition de cet homme, un euphémisme pour Jésus lui-même, dans le monde à venir ? Jésus lui dit : Il est puni par des excréments bouillants. Comme le Maître l’a dit : Quiconque se moque des paroles des Sages sera condamné à des excréments bouillants. Et ce fut son péché, car il se moquait des paroles des Sages. La Guemara commente : Viens et vois la différence entre les pécheurs d’Israël et les prophètes des nations du monde. Car Balaam, qui était prophète, souhaitait du mal à Israël, tandis que Jésus le Nazaréen, qui était un pécheur juif, recherchait leur bien-être.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: בֹּא וּרְאֵה כַּמָּה גָּדוֹל(ה) כֹּחָהּ שֶׁל בּוּשָׁה, שֶׁהֲרֵי סִיַּיע הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת בַּר קַמְצָא, וְהֶחְרִיב אֶת בֵּיתוֹ, וְשָׂרַף אֶת הֵיכָלוֹ.
Pour conclure l’histoire de Kamtza et bar Kamtza ainsi que la destruction de Jérusalem, la Guemara cite une baraita. Il est enseigné : Rabbi Elazar dit : Viens voir combien grande est la puissance de la honte, car le Saint, béni soit-Il, a aidé bar Kamtza, qui avait été humilié, et à cause de cette humiliation et de cette honte Il a détruit Son Temple et brûlé Son Sanctuaire.
אַתַּרְנְגוֹלָא וְאַתַּרְנְגוֹלְתָּא חֲרִיב טוּר מַלְכָּא: דַּהֲווֹ נְהִיגִי כִּי הֲווֹ מַפְּקִי חַתְנָא וְכַלְּתָא, מַפְּקִי קַמַּיְיהוּ תַּרְנְגוֹלָא וְתַרְנְגוֹלְתָּא, כְּלוֹמַר: פְּרוּ וּרְבוּ כְּתַרְנְגוֹלִים.
§ Il a été mentionné précédemment (55b) que l’endroit connu sous le nom de la Montagne du Roi [Tur Malka] fut détruit à cause d’un coq et d’une poule. Les détails de ce qui s’est passé sont les suivants : Il était d’usage dans cet endroit que, lorsqu’on conduisait un marié et une mariée à leur mariage, on faisait sortir devant eux un coq et une poule, comme pour dire à titre de bon présage : Soyez féconds et multipliez-vous comme les poules.
יוֹמָא חַד הֲוָה קָא חָלֵיף גּוּנְדָּא דְרוֹמָאֵי, שַׁקְלִינְהוּ מִינַּיְיהוּ. נְפַלוּ עֲלַיְיהוּ מְחוֹנְהוּ. אֲתוֹ אֲמַרוּ לֵיהּ לְקֵיסָר: מְרַדוּ בָּךְ יְהוּדָאֵי! אֲתָא עֲלַיְיהוּ. הֲוָה בְּהוּ הָהוּא בַּר דָּרוֹמָא, דַּהֲוָה קָפֵיץ מִילָא וְקָטֵיל בְּהוּ. שַׁקְלֵיהּ קֵיסָר לְתָאגֵיהּ וְאוֹתְבֵיהּ אַאַרְעָא. אֲמַר: רִיבּוֹנֵיהּ דְּעָלְמָא כּוּלֵּיהּ, אִי נִיחָא לָךְ, לָא תִּמְסְרֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא – לְדִידֵיהּ וּלְמַלְכוּתֵיהּ, בִּידֵיהּ דְּחַד גַּבְרָא!
Un jour, une troupe [gunda] de soldats romains passa par là alors qu’un mariage avait lieu et prit le coq et la poule chez eux. Les habitants de la ville se jetèrent sur eux et les battirent. Les soldats vinrent et dirent à l’empereur : Les Juifs se sont rebellés contre toi. L’empereur vint alors contre eux en guerre. Parmi les habitants de la Montagne du Roi il y avait un certain homme nommé bar Deroma, qui pouvait sauter la distance d’un mil, et il tua beaucoup de Romains, qui étaient incapables de lui résister. L’empereur alors prit sa couronne et la posa à terre en signe de deuil. Il dit : Maître de l’Univers, s’il T’est agréable, ne livre pas cet homme-là, euphémisme pour lui-même, ni son royaume entre les mains d’un seul homme.
אַכְשְׁלֵיהּ פּוּמֵּיהּ לְבַר דָּרוֹמָא, וַאֲמַר: ״הֲלֹא אַתָּה אֱלֹהִים זְנַחְתָּנוּ וְלֹא תֵצֵא אֱלֹהִים בְּצִבְאוֹתֵינוּ״. דָּוִד נָמֵי אָמַר הָכִי! דָּוִד אַתְמוֹהֵי קָא מַתְמַהּ.
En fin de compte, ce furent les paroles sorties de sa propre bouche qui firent trébucher bar Deroma, lorsqu’il prononça ce verset comme une plainte contre Dieu : « Ne nous as-Tu pas rejetés, ô Dieu, de sorte que Tu ne sors pas, ô Dieu, avec nos armées ? » (Psaumes 60:12). La Guemara demande : Mais David n’a-t-il pas dit cela lui aussi ? La Guemara répond : David a prononcé ces paroles sous forme de question, se demandant si elles étaient vraies, tandis que bar Deroma les a énoncées comme une affirmation de fait.
עָל לְבֵית הַכִּסֵּא, אֲתָא דְּרָקוֹנָא שַׁמְטֵיהּ לְכַרְכְּשֵׁיהּ וְנָח נַפְשֵׁיהּ. אֲמַר: הוֹאִיל וְאִיתְרְחִישׁ לִי נִיסָּא, הָא זִימְנָא אֶישְׁבְּקִינְהוּ. שַׁבְקִינְהוּ וַאֲזַל. אִיזְדְּקוּר וַאֲכַלוּ וּשְׁתוֹ, וְאַדְלִיקוּ שְׁרָגֵי, עַד דְּאִיתְחֲזִי בִּלְיוֹנָא דְגוּשְׁפַּנְקָא בְּרָחוֹק מִילָא. אֲמַר: מִיחְדָּא קָא חָדוּ בִּי יְהוּדָאֵי! הֲדַר אֲתָא עֲלַיְיהוּ.
La Guemara raconte ce qui arriva à bar Deroma : Il entra dans des latrines, un serpent vint et l’éventra, et il mourut. L’empereur dit : Puisqu’un miracle a été accompli pour moi, puisque je n’ai pris aucune part à la mort de bar Deroma, je laisserai le reste du peuple cette fois-ci et ne prendrai pas d’autres mesures contre eux. Il les laissa et s’en alla son chemin. Ils sautèrent de joie, mangèrent, burent et allumèrent tant de bougies en célébration que l’image [bilyona] imprimée sur un sceau [gushpanka] était visible à une distance d’un mil. L’empereur dit alors : Les Juifs se réjouissent à mon sujet. Alors il revint et marcha contre eux.
אָמַר רַבִּי אַסִּי: תְּלָת מְאָה אַלְפֵי שְׁלִיפֵי סַיְיפָא עֲיַילוּ לְטוּר מַלְכָּא, וּקְטַלוּ בַּהּ תְּלָתָא יוֹמֵי וּתְלָתָא לֵילָווֹתָא; וּבְהָךְ גִּיסָא הִלּוּלֵי וְחִנְגֵי, וְלָא הֲווֹ יָדְעִי הָנֵי בְּהָנֵי.
Rav Asi dit : Trois cent mille hommes aux épées dégainées entrèrent dans la Montagne du Roi et massacrèrent ses habitants pendant trois jours et trois nuits. Et au même moment, de l’autre côté de la montagne, des mariages et d’autres festivités continuaient à être célébrés, et ils ne savaient rien les uns des autres, en raison de l’immensité du lieu.
״בִּלַּע ה׳ וְלֹא חָמַל אֵת כׇּל נְאוֹת יַעֲקֹב״ – כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵלּוּ שִׁשִּׁים רִבּוֹא עֲיָירוֹת שֶׁהָיוּ לוֹ לְיַנַּאי הַמֶּלֶךְ בְּהַר הַמֶּלֶךְ. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אַסִּי: שִׁשִּׁים רִבּוֹא עֲיָירוֹת הָיוּ לוֹ לְיַנַּאי הַמֶּלֶךְ בְּהַר הַמֶּלֶךְ, וְכׇל אַחַת וְאַחַת הָיוּ בָּהּ כְּיוֹצְאֵי מִצְרַיִם, חוּץ מִשָּׁלֹשׁ שֶׁהָיוּ בָּהֶן כִּפְלַיִם כְּיוֹצְאֵי מִצְרַיִם.
§ Concernant le verset : « Le Seigneur a englouti sans pitié toutes les demeures de Jacob » (Lamentations 2:2), il est rapporté que lorsque Ravin vint d’Eretz Israël en Babylonie, il dit que Rabbi Yoḥanan dit : Cela fait référence aux six cent mille villes que le roi Yannai avait dans la Montagne du Roi. Comme Rav Yehuda dit que Rav Asi dit : Le roi Yannai avait six cent mille villes dans la Montagne du Roi, et chacune d’elles avait une population aussi grande que le nombre de ceux qui sont sortis d’Égypte, sauf trois de ces villes, dont la population était le double du nombre de ceux qui sont sortis d’Égypte.
אֵלּוּ הֵן: כְּפַר בִּישׁ, כְּפַר שַׁיחֲלַיִים, כְּפַר דִּכְרַיָּא. כְּפַר בִּישׁ – דְּלָא יָהֲבִי בֵּיתָא לְאוּשְׁפִּיזָא. כְּפַר שַׁיחֲלַיִים – שֶׁהָיְתָה פַּרְנָסָתָן מִן שַׁחֲלַיִים. כְּפַר דִּכְרַיָּא – אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁהָיוּ נְשׁוֹתֵיהֶן יוֹלְדוֹת זְכָרִים תְּחִלָּה, וְיוֹלְדוֹת נְקֵבָה בָּאַחֲרוֹנָה, וּפוֹסְקוֹת.
Ce sont ces trois villes : Kefar Bish, Kefar Shiḥalayim et Kefar Dikhrayya. La Guemara explique la signification de ces noms de lieux. Kefar Bish, la Ville du Mal, était appelée ainsi parce que ses habitants n’ouvraient pas leurs maisons aux invités. Kefar Shiḥalayim était appelée ainsi parce que leur subsistance provenait de la culture du cresson [shaḥalayim]. Quant à Kefar Dikhrayya, la Ville des Mâles, Rabbi Yoḥanan dit : Leurs femmes donnaient d’abord naissance à des garçons, puis donnaient naissance à des filles, et ensuite elles cessaient d’avoir des enfants.
אָמַר עוּלָּא: לְדִידִי חֲזֵי לִי הָהוּא אַתְרָא, וַאֲפִילּוּ שִׁיתִּין רִיבְּווֹתָא קְנֵי לָא מַחְזֵיק. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא לְרַבִּי חֲנִינָא: שַׁקּוֹרֵי מְשַׁקְּרִיתוּ! אֲמַר לֵיהּ: ״אֶרֶץ צְבִי״ כְּתִיב בַּהּ, מָה צְבִי זֶה – אֵין עוֹרוֹ מַחֲזִיק אֶת בְּשָׂרוֹ, אַף אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל – בִּזְמַן שֶׁיּוֹשְׁבִין עָלֶיהָ רָוְוחָא, וּבִזְמַן שֶׁאֵין יוֹשְׁבִין עָלֶיהָ גָּמְדָא.
Oulla a dit : J’ai moi-même vu cet endroit, et il ne pouvait contenir même pas six cent mille roseaux, et encore moins un tel nombre de personnes. Un certain hérétique dit à Rabbi Ḥanina : Tu mens avec tes exagérations exorbitantes. Rabbi Ḥanina lui dit : Au sujet de Eretz Yisrael, il est écrit : Terre du cerf (voir Jérémie 3:19). De même que la peau d’un cerf ne peut contenir sa chair, car après que l’animal est écorché, sa peau rétrécit, de même, en ce qui concerne Eretz Yisrael, lorsqu’elle est habitée, elle s’étend, mais lorsqu’elle n’est pas habitée, elle se contracte. Cela explique comment un endroit qui est si petit aujourd’hui a pu être si densément peuplé avant la destruction du Temple.
רַב מִנְיוֹמֵי בַּר חִלְקִיָּה וְרַב חִלְקִיָּה בַּר טוֹבִיָּה וְרַב הוּנָא בַּר חִיָּיא הָווּ יָתְבִי גַּבֵּי הֲדָדֵי, אָמְרִי: אִי אִיכָּא דִּשְׁמִיעַ לֵיהּ מִילְּתָא מִכְּפַר סְכַנְיָא שֶׁל מִצְרַיִם, לֵימָא.
§ La Guemara raconte que Rav Minyumi bar Ḥilkiya, Rav Ḥilkiya bar Toviya et Rav Huna bar Ḥiyya étaient un jour assis ensemble. Ils dirent : S’il y a quelqu’un qui a entendu quoi que ce soit au sujet de Kefar Sekhanya d’Égypte, qui se trouvait dans cette région, qu’il le raconte.
פְּתַח חַד מִינַּיְיהוּ וַאֲמַר: מַעֲשֶׂה בְּאָרוּס וַאֲרוּסָתוֹ שֶׁנִּשְׁבּוּ לְבֵין הַגּוֹיִם, וְהִשִּׂיאוּם זֶה לָזֶה. אָמְרָה לוֹ: ״בְּבַקָּשָׁה מִמְּךָ, אַל תִּגַּע בִּי, שֶׁאֵין לִי כְּתוּבָּה מִמְּךָ״, וְלֹא נָגַע בָּהּ עַד יוֹם מוֹתוֹ.
L’un d’eux commença la discussion et dit : Il y eut un incident impliquant un homme et une femme fiancés de là-bas qui furent capturés par des gentils et ces derniers les marièrent l’un à l’autre. La femme dit à l’homme : S’il te plaît, ne me touche pas, car je n’ai pas de toi de contrat de mariage, et il nous est interdit de vivre ensemble sans cela. Et jusqu’au jour de sa mort l’homme ne toucha pas la femme.
וּכְשֶׁמֵּת, אָמְרָה לָהֶן: סִיפְדוּ לָזֶה, שֶׁפִּטְפֵּט בְּיִצְרוֹ יוֹתֵר מִיּוֹסֵף; דְּאִילּוּ בְּיוֹסֵף לָא הֲוָה אֶלָּא חֲדָא שַׁעְתָּא, וְהַאי כֹּל יוֹמָא וְיוֹמָא. וְאִילּוּ יוֹסֵף לָאו בַּחֲדָא מִטָּה, וְהַאי בַּחֲדָא מִטָּה. וְאִילּוּ יוֹסֵף לָאו אִשְׁתּוֹ, וְהָא אִשְׁתּוֹ.
Et lorsqu’il mourut sans l’avoir touchée, la femme dit aux Sages : Faites l’éloge funèbre de cet homme qui a maîtrisé [shepitpet] sa passion [beyitzro] plus que Joseph. Car dans le cas de Joseph, ce ne fut que pour peu de temps qu’il dut surmonter son inclination et résister à la femme de Potiphar (voir Torah, Genèse, chapitre 39), tandis que cet homme lutta contre sa passion chaque jour. De plus, Joseph n’était pas dans le même lit que la femme de Potiphar, tandis que cet homme était dans le même lit que sa femme. En outre, pour Joseph la femme n’était pas son épouse, tandis que pour cet homme elle était son épouse, puisqu’elle lui était déjà fiancée.
פְּתַח אִידַּךְ וַאֲמַר: מַעֲשֶׂה וְעָמְדוּ אַרְבָּעִים מוֹדִיּוֹת בְּדִינָר; נֶחְסַר הַשַּׁעַר מוֹדְיָא אַחַת, וּבָדְקוּ, וּמָצְאוּ אָב וּבְנוֹ שֶׁבָּאוּ עַל נַעֲרָה מְאוֹרָסָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים; וֶהֱבִיאוּם לְבֵית דִּין וּסְקָלוּם, וְחָזַר הַשַּׁעַר לִמְקוֹמוֹ.
Un autre Sage commença ses remarques et dit : Il arriva une fois que le prix du marché de quarante se’a de grain était d’un dinar. Puis le prix baissa d’un se’a [modeya], de sorte que seulement trente-neuf se’a étaient vendus pour un dinar. Et ils vérifièrent quel péché avait causé cela, et ils trouvèrent un père et son fils qui avaient eu des rapports sexuels avec une jeune femme fiancée à Yom Kippour. Ils amenèrent les contrevenants au tribunal et les lapidèrent, et le prix revint à son niveau antérieur.
פְּתַח אִידַּךְ וַאֲמַר: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁנָּתַן עֵינָיו בְּאִשְׁתּוֹ לְגָרְשָׁהּ, וְהָיְתָה כְּתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה. מָה עָשָׂה? הָלַךְ וְזִימֵּן אֶת שׁוֹשְׁבִינָיו וְהֶאֱכִילָן וְהִשְׁקָן, שִׁיכְּרָן וְהִשְׁכִּיבָן עַל מִיטָּה אַחַת, וְהֵבִיא לוֹבֶן בֵּיצָה וְהִטִּיל בֵּינֵיהֶן, וְהֶעֱמִיד לָהֶן עֵדִים, וּבָא לְבֵית דִּין.
Cependant, un autre Sage commença ses remarques et dit : Il y eut un incident là-bas concernant un homme qui avait jeté son dévolu sur sa femme pour divorcer d’elle, mais son contrat de mariage était élevé et il souhaitait éviter d’avoir à le payer. Que fit-il ? Il alla inviter ses amis, leur donna à manger et à boire, les enivra, et coucha ses amis et sa femme dans un même lit. Il ensuite apporta du blanc d’œuf, qui a l’apparence du sperme, et le plaça sur le drap entre eux. Il ensuite posta des témoins au-dessus d’eux afin qu’ils puissent témoigner, et alla au tribunal en prétendant que sa femme avait commis l’adultère.
הָיָה שָׁם זָקֵן אֶחָד מִתַּלְמִידֵי שַׁמַּאי הַזָּקֵן, וּבָבָא בֶּן בּוּטָא שְׁמוֹ. אָמַר לָהֶן, כָּךְ מְקוּבְּלַנִי מִשַּׁמַּאי הַזָּקֵן: לוֹבֶן בֵּיצָה סוֹלֵד מִן הָאוּר, וְשִׁכְבַת זֶרַע דּוֹחָה מִן הָאוּר. בָּדְקוּ וּמָצְאוּ כִּדְבָרָיו, וֶהֱבִיאוּהוּ לְבֵית דִּין וְהִלְקוּהוּ, וְהִגְבּוּהוּ כְּתוּבָּתָהּ מִמֶּנּוּ.
Un certain Ancien parmi les disciples de Shammaï l’Ancien était là, et Bava ben Bouta était son nom. Il leur dit : Voici la tradition que j’ai reçue de Shammaï l’Ancien : le blanc d’œuf sur un drap se contracte et durcit lorsqu’il est chauffé par le feu, tandis que la semence est absorbée dans le drap par le feu. Ils examinèrent l’affaire et constatèrent conformément à sa déclaration que la substance sur le drap n’était pas de la semence, mais du blanc d’œuf. Ils amenèrent alors le mari au tribunal, lui administrèrent des coups de fouet et le firent payer intégralement le contrat de mariage de sa femme.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: וּמֵאַחַר דַּהֲווֹ צַדִּיקִים כּוּלֵּי הַאי, מַאי טַעְמָא אִיעֲנוּשׁ? אֲמַר לֵיהּ: מִשּׁוּם דְּלָא אִיאַבּוּל עַל יְרוּשָׁלַיִם, דִּכְתִיב: ״שִׂמְחוּ אֶת יְרוּשָׁלִַם וְגִילוּ בָהּ כׇּל אוֹהֲבֶיהָ, שִׂישׂוּ אִתָּהּ מָשׂוֹשׂ כׇּל הַמִּתְאַבְּלִים עָלֶיהָ״.
Abaye dit à Rav Yosef : Mais puisque les habitants de la ville étaient si justes, quelle est la raison pour laquelle ils furent punis et détruits ? Rav Yosef lui dit : C’est parce qu’ils ne se sont pas endeuillés pour Jérusalem, comme il est écrit : « Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l’allégresse avec elle, vous tous qui l’aimez ; exultez avec elle de joie, vous tous qui vous êtes endeuillés pour elle » (Isaïe 66:10). Le verset enseigne que celui qui s’endeuille pour Jérusalem se réjouira de sa reconstruction, et celui qui ne s’endeuille pas pour Jérusalem est détruit.
אַשָּׁקָא דְרִיסְפַּק חֲרִיב בֵּיתֵּר: דַּהֲווֹ נְהִיגִי כִּי הֲוָה מִתְיְלִיד יָנוֹקָא – שָׁתְלִי אַרְזָא, יָנוֹקְתָּא – שָׁתְלִי תּוּרְנִיתָא; וְכִי הֲווֹ מִינַּסְבִי, קָיְיצִי לְהוּ וְעָבְדִי גְּנָנָא. יוֹמָא חַד הֲוָה קָא חָלְפָא בְּרַתֵּיה דְּקֵיסָר, אִתְּבַר שָׁקָא דְרִיסְפַּק. קַצּוּ אַרְזָא וְעַיִּילוּ לַהּ. אֲתוֹ נְפוּל עֲלַיְיהוּ מְחוֹנְהוּ. אֲתוֹ אֲמַרוּ לֵיהּ לְקֵיסָר: מְרַדוּ בָּךְ יְהוּדָאֵי! אֲתָא עֲלַיְיהוּ.
§ Il a été dit précédemment que la ville de Beitar fut détruite à cause du timon d’un char. La Guemara explique que c’était la coutume à Beitar que, lorsqu’un garçon naissait, on plantait un cèdre, et lorsqu’une fille naissait, on plantait un cyprès [tornita]. Et lorsqu’ils se mariaient plus tard entre eux, ils coupaient ces arbres et construisaient pour eux un dais nuptial avec leurs branches. Un jour, la fille de l’empereur passa par là, et le timon du char dans lequel elle voyageait se brisa. Ses serviteurs abattirent un cèdre parmi ces arbres et le lui apportèrent. En raison de l’importance qu’ils attachaient à leur coutume, les habitants de Beitar vinrent et se jetèrent sur eux et les frappèrent. Les serviteurs vinrent et dirent à l’empereur : Les Juifs se sont rebellés contre toi. L’empereur alors vint contre eux en guerre.
״גָּדַע בׇּחֳרִי אַף כֹּל קֶרֶן יִשְׂרָאֵל״ – אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵלּוּ שְׁמוֹנִים [אֶלֶף] קַרְנֵי מִלְחָמָה שֶׁנִּכְנְסוּ לִכְרַךְ בֵּיתֵּר בְּשָׁעָה שֶׁלְּכָדוּהָ, וְהָרְגוּ בָּהּ אֲנָשִׁים וְנָשִׁים וָטַף, עַד שֶׁהָלַךְ דָּמָן וְנָפַל לַיָּם הַגָּדוֹל. שֶׁמָּא תֹּאמַר קְרוֹבָה הָיְתָה? רְחוֹקָה הָיְתָה מִיל.
C’est à propos de la guerre qui s’ensuivit que les Sages ont interprété le verset suivant : « Il a retranché, dans l’ardeur de Sa colère, toute la corne d’Israël » (Lamentations 2:3). Rabbi Zeira dit que Rabbi Abbahu dit que Rabbi Yoḥanan dit : Ce sont les quatre-vingt mille officiers portant des trompettes de guerre dans leurs mains, qui entrèrent dans la ville de Beitar lorsque l’ennemi la prit et tua hommes, femmes et enfants jusqu’à ce que leur sang coule dans la Grande Mer. De peur que tu ne dises que la ville était proche de la mer, sache qu’elle en était éloignée d’un mil.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַגָּדוֹל אוֹמֵר: שְׁנֵי נְחָלִים יֵשׁ בְּבִקְעַת יָדַיִם, אֶחָד מוֹשֵׁךְ אֵילָךְ, וְאֶחָד מוֹשֵׁךְ אֵילָךְ, וְשִׁיעֲרוּ חֲכָמִים שְׁנֵי חֲלָקִים מַיִם וְאֶחָד דָּם. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: שֶׁבַע שָׁנִים בָּצְרוּ גּוֹיִם אֶת כַּרְמֵיהֶן מִדָּמָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל, בְּלֹא זֶבֶל.
De même, il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer le Grand dit : Il y a deux rivières dans la vallée de Yadayim dans cette région, l’une coulant dans une direction et l’autre coulant dans l’autre. Et les Sages ont estimé qu’à la suite de cette guerre, ces rivières étaient remplies de deux parts d’eau pour une part de sang. De même, il a été enseigné dans une baraita : Pendant sept ans, les gentils ont récolté leurs vignobles qui avaient été imprégnés du sang d’Israël sans nécessiter aucun engrais supplémentaire.

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Textes fournis par Sefaria