אִיבְרָא מַלְכָּא אַתְּ; דְּאִי לָאו מַלְכָּא אַתְּ לָא מִימַּסְרָא יְרוּשָׁלַיִם בִּידָךְ, דִּכְתִיב: ״וְהַלְּבָנוֹן בְּאַדִּיר יִפּוֹל״ – וְאֵין ״אַדִּיר״ אֶלָּא מֶלֶךְ, דִּכְתִיב: ״וְהָיָה אַדִּירוֹ מִמֶּנּוּ וְגוֹ׳״; וְאֵין ״לְבָנוֹן״ אֶלָּא בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָהָר הַטּוֹב הַזֶּה וְהַלְּבָנוֹן״. וּדְקָאָמְרַתְּ: אִי מַלְכָּא אֲנָא, אַמַּאי לָא קָאָתֵית לְגַבַּאי עַד הָאִידָּנָא – בִּרְיוֹנֵי דְּאִית בַּן לָא שָׁבְקִינַן.
en vérité, tu es un roi, sinon maintenant, alors à l’avenir. Comme si tu n’étais pas un roi, Jérusalem ne sera pas livrée entre tes mains, comme il est écrit : « Et le Liban tombera par un puissant » (Isaïe 10:34). Et « puissant » signifie seulement un roi, comme il est écrit : « Et son puissant sera issu de lui-même, et son dirigeant sortira du milieu de lui » (Jérémie 30:21), indiquant que « puissant » correspond à « dirigeant ». Et « Liban » signifie seulement le Temple, comme il est dit : « Cette bonne montagne et le Liban » (Deutéronome 3:25). Et quant à ce que tu as dit dans ton second commentaire : Si je suis un roi, pourquoi n’êtes-vous pas venus à moi jusqu’à présent ? Il y a parmi nous des zélotes qui ne nous ont pas permis de faire cela.
אֲמַר לֵיהּ: אִילּוּ חָבִית שֶׁל דְּבַשׁ וּדְרָקוֹן כָּרוּךְ עָלֶיהָ, לֹא הָיוּ שׁוֹבְרִין אֶת הֶחָבִית בִּשְׁבִיל דְּרָקוֹן? אִישְׁתִּיק. קָרֵי עֲלֵיהּ רַב יוֹסֵף, וְאִיתֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא: ״מֵשִׁיב חֲכָמִים אָחוֹר וְדַעְתָּם יְסַכֵּל״, אִיבְּעִי לֵיהּ לְמֵימַר לֵיהּ: שָׁקְלִינַן צְבָתָא וְשָׁקְלִינַן לֵיהּ לִדְרָקוֹן וְקָטְלִינַן לֵיהּ, וְחָבִיתָא שָׁבְקִינַן לַהּ.
Comprenant que Rabban Yoḥanan ben Zakkai était prêt à lui demander de ne pas détruire le Temple, Vespasien lui dit : Si l’on a un tonneau de miel et qu’un serpent [derakon] est enroulé autour, ne briserait-on pas le tonneau afin de tuer le serpent ? De manière similaire, je suis contraint de détruire la ville de Jérusalem afin de tuer les zélotes retranchés à l’intérieur. Rabban Yoḥanan ben Zakkai garda le silence et ne répondit pas. À la lumière de cela, Rav Yosef plus tard lut le verset suivant à son sujet, et certains disent que ce fut Rabbi Akiva qui appliqua le verset à Rabban Yoḥanan ben Zakkai : « Je suis le Seigneur…Qui fait reculer les sages et rend leur savoir insensé » (Isaïe 44:25). Car Rabban Yoḥanan ben Zakkai aurait dû dire ce qui suit à Vespasien en réponse : Dans un tel cas, nous prenons des pinces, retirons le serpent et le tuons, et de cette manière nous laissons le tonneau intact. De même, tu devrais tuer les rebelles et laisser la ville telle qu’elle est.
אַדְּהָכִי, אֲתָא פְּרֵיסְתְּקָא עֲלֵיהּ מֵרוֹמִי, אֲמַר לֵיהּ: קוּם, דְּמִית לֵיהּ קֵיסָר, וְאָמְרִי הָנְהוּ חֲשִׁיבֵי דְּרוֹמִי לְאוֹתֹיבָךָ בְּרֵישָׁא. הֲוָה סָיֵים חַד (מסאני) [מְסָאנֵיהּ]. בְּעָא לְמִסְיְימֵהּ לְאַחֲרִינָא, לָא עָיֵיל. בְּעָא לְמִישְׁלְפֵיהּ לְאִידַּךְ, לָא נְפַק. אֲמַר: מַאי הַאי?
Entre-temps, pendant qu’ils parlaient, un messager [feristaka] arriva de Rome, et lui dit : Lève-toi, car l’empereur est mort, et les nobles de Rome projettent de te nommer comme leur chef et de faire de toi le prochain empereur. À ce moment-là, Vespasien ne portait qu’une seule chaussure, et lorsqu’il essaya de mettre l’autre, elle n’entrait pas à son pied. Il essaya alors d’enlever l’autre chaussure qu’il portait déjà, mais elle ne voulait pas s’enlever. Il dit : Qu’est-ce que c’est ?
אֲמַר לֵיהּ: לָא תִּצְטַעַר, שְׁמוּעָה טוֹבָה אַתְיָא לָךְ, דִּכְתִיב: ״שְׁמוּעָה טוֹבָה תְּדַשֶּׁן עָצֶם״. אֶלָּא מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לֵיתֵי אִינִישׁ דְּלָא מְיַתְּבָא דַּעְתָּךְ מִינֵּיהּ, וְלַחֲלֹיף קַמָּךְ, דִּכְתִיב: ״וְרוּחַ נְכֵאָה תְּיַבֶּשׁ גָּרֶם״. עֲבַד הָכִי, עֲיַיל. אֲמַר לֵיהּ: וּמֵאַחַר דְּחָכְמִיתוּ כּוּלֵּי הַאי, עַד הָאִידָּנָא אַמַּאי לָא אָתֵיתוּ לְגַבַּאי? אֲמַר לֵיהּ: וְלָא אֲמַרִי לָךְ?! אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא נָמֵי אֲמַרִי לָךְ!
Rabban Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Ne sois pas affligé ni troublé, car de bonnes nouvelles te sont parvenues, comme il est écrit : « Une bonne nouvelle engraisse l’os » (Proverbes 15:30), et tes pieds ont enflé de joie et de satisfaction. Vespasien lui dit : Mais quel est le remède ? Que dois-je faire pour mettre ma chaussure ? Rabban Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Fais venir quelqu’un envers qui tu éprouves du déplaisir et qu’il passe devant toi, comme il est écrit : « Un esprit abattu dessèche les os » (Proverbes 17:22). Il fit ainsi, et sa chaussure entra à son pied. Vespasien lui dit : Puisque tu es si sage, pourquoi n’es-tu pas venu me voir jusqu’à maintenant ? Rabban Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Mais ne t’ai-je pas déjà dit ? Vespasien lui dit : Moi aussi, je t’ai dit ce que j’avais à dire.
אֲמַר לֵיהּ: מֵיזָל אָזֵילְנָא, וְאִינָשׁ אַחֲרִינָא מְשַׁדַּרְנָא; אֶלָּא בָּעֵי מִינַּאי מִידֵּי דְּאֶתֵּן לָךְ. אֲמַר לֵיהּ: תֵּן לִי יַבְנֶה וַחֲכָמֶיהָ, וְשׁוּשִׁילְתָּא דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, וְאָסְווֹתָא דְּמַסַּיִין לֵיהּ לְרַבִּי צָדוֹק. קָרֵי עֲלֵיהּ רַב יוֹסֵף, וְאִיתֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא: ״מֵשִׁיב חֲכָמִים אָחוֹר וְדַעְתָּם יְסַכֵּל״, אִיבְּעִי לְמֵימַר לֵיהּ: לִשְׁבְּקִינְהוּ הָדָא זִימְנָא.
Vespasien alors dit à Rabban Yoḥanan ben Zakkai : J’irai à Rome pour prendre mes nouvelles fonctions, et j’enverrai quelqu’un d’autre à ma place pour continuer à assiéger la ville et à lui faire la guerre. Mais, avant de partir, demande-moi quelque chose que je peux te donner. Rabban Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Donne-moi Yavné et ses Sages et ne la détruis pas, et épargne la dynastie de Rabban Gamliel et ne les tue pas comme s’ils étaient des rebelles, et, enfin, donne-moi des médecins pour soigner Rabbi Tzadok. Rav Yosef lut le verset suivant à son sujet, et certains disent que c’était Rabbi Akiva qui appliqua le verset à Rabban Yoḥanan ben Zakkai : « Je suis le Seigneur…Qui fait reculer les sages et rend leur savoir insensé” (Isaïe 44:25), car il aurait dû lui dire de laisser les Juifs tranquilles cette fois-ci.
וְהוּא סָבַר: דִּלְמָא כּוּלֵּי הַאי לָא עָבֵיד, וְהַצָּלָה פּוּרְתָּא נָמֵי לָא הָוֵי.
Et pourquoi Rabban Yoḥanan ben Zakkai n’a-t-il pas fait cette demande ? Il soutenait que Vespasien ne ferait peut-être pas autant pour lui, et il n’y aurait même pas un petit degré de salut. C’est pourquoi il n’a fait qu’une demande modeste, dans l’espoir de recevoir au moins cela.
אָסְווֹתָא דְּמַסַּיִין לֵיהּ לְרַבִּי צָדוֹק – מַאי הִיא? יוֹמָא קַמָּא אַשְׁקְיוּהּ מַיָּא דְפָארֵי, לִמְחַר מַיָּא דְסִיפּוּקָא, לִמְחַר מַיָּא דְקִימְחָא, עַד דִּרְוַוח מְיעֵיהּ פּוּרְתָּא פּוּרְתָּא.
La Guemara demande : Que demandait-il lorsqu’il demandait des médecins pour guérir Rabbi Tzadok ? Comment l’ont-ils guéri ? Le premier jour, ils lui donnèrent de l’eau à boire qui contenait du son [parei]. Le lendemain, ils lui donnèrent de l’eau contenant de la farine mélangée à du son [sipuka]. Le jour suivant, ils lui donnèrent de l’eau contenant de la farine. De cette manière, ils rétablirent lentement sa capacité à manger, permettant à son estomac de se dilater peu à peu.
אֲזַל שַׁדַּרֵיהּ לְטִיטוּס. ״וְאָמַר אֵי אֱלֹהֵימוֹ צוּר חָסָיוּ בוֹ״ – זֶה טִיטוּס הָרָשָׁע שֶׁחֵירַף וְגִידֵּף כְּלַפֵּי מַעְלָה.
§ Vespasien retourna à Rome et envoya Titus à sa place. La Guemara cite un verset interprété comme faisant référence à Titus : « Et il dira : Où est leur Dieu, leur rocher en qui ils avaient confiance ? » (Deutéronome 32:37). C’est le méchant Titus, qui a insulté et blasphémé contre Dieu en Haut.
מָה עָשָׂה? תָּפַשׂ זוֹנָה בְּיָדוֹ וְנִכְנַס לְבֵית קׇדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים, וְהִצִּיעַ סֵפֶר תּוֹרָה וְעָבַר עָלֶיהָ עֲבֵירָה. וְנָטַל סַיִיף וְגִידֵּר אֶת הַפָּרוֹכֶת, וְנַעֲשָׂה נֵס וְהָיָה דָּם מְבַצְבֵּץ וְיוֹצֵא, וּכְסָבוּר הָרַג אֶת עַצְמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שָׁאֲגוּ צוֹרְרֶיךָ בְּקֶרֶב מוֹעֲדֶיךָ שָׂמוּ אוֹתוֹתָם אוֹתוֹת״.
Que fit Titus lorsqu’il conquit le Temple ? Il prit une prostituée par la main et entra avec elle dans le Saint des Saints. Ensuite, il étendit un rouleau de la Torah sous lui et commit un péché dessus, c’est-à-dire qu’il eut des rapports sexuels, dessus. Après cela, il prit une épée et taillada le rideau qui séparait le Sanctuaire du Saint des Saints. Et un miracle se produisit, et du sang jaillit. En voyant le sang, il pensa à tort qu’il s’était tué lui-même. Ici, l’expression lui-même est un euphémisme pour Dieu. Titus vit du sang sortir du rideau dans le lieu de rencontre de Dieu, le Temple, et il prit cela comme le signe qu’il avait réussi à tuer Dieu Lui-même. Comme il est dit : « Tes ennemis rugissent au milieu de Ton lieu de rencontre ; ils ont dressé leurs propres signes pour signes » (Psaumes 74:4).
אַבָּא חָנָן אוֹמֵר: ״מִי כָמוֹךָ חֲסִין יָהּ״ – מִי כָמוֹךָ חָסִין וְקָשֶׁה, שֶׁאַתָּה שׁוֹמֵעַ נִיאוּצוֹ וְגִידּוּפוֹ שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע, וְשׁוֹתֵק. דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תָּנָא: ״מִי כָּמֹכָה בָּאֵלִים ה׳״ – מִי כָּמוֹכָה בָּאִלְּמִים.
Abba Ḥanan dit : Le verset déclare : « Qui est fort comme Toi, ô Seigneur ? » (Psaumes 89:9). Qui est fort et endurci comme Toi, alors que Tu entends l’injure et le blasphème de cet homme méchant et demeures silencieux. De même, l’école de Rabbi Yishmaël a enseigné que le verset : « Qui est comme Toi, ô Seigneur, parmi les dieux [elim] » (Exode 15:11), doit être lu ainsi : Qui est comme Toi parmi les muets [ilmim], car Tu Te conduis comme un muet et demeures silencieux face à Tes blasphémateurs.
מָה עָשָׂה? נָטַל אֶת הַפָּרוֹכֶת וַעֲשָׂאוֹ כְּמִין גַּרְגּוּתְנִי, וְהֵבִיא כׇּל כֵּלִים שֶׁבַּמִּקְדָּשׁ וְהִנִּיחָן בָּהֶן, וְהוֹשִׁיבָן בִּסְפִינָה לֵילֵךְ לְהִשְׁתַּבֵּחַ בְּעִירוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְכֵן רָאִיתִי רְשָׁעִים קְבוּרִים וָבָאוּ, וּמִמְּקוֹם קָדוֹשׁ יְהַלֵּכוּ, וְיִשְׁתַּכְּחוּ בָעִיר אֲשֶׁר כֵּן עָשׂוּ״ – אַל תִּיקְרֵי ״קְבוּרִים״ אֶלָּא ״קְבוּצִים״; אַל תִּיקְרֵי ״וְיִשְׁתַּכְּחוּ״ אֶלָּא ״וְיִשְׁתַּבְּחוּ״.
Que fit encore Titus ? Il prit le rideau, lui donna la forme d’un grand panier, et y mit tous les vases sacrés du Temple et les y plaça. Puis il les chargea sur un navire afin d’aller être loué dans sa ville pour avoir conquis Jérusalem, comme il est dit : « Ainsi j’ai vu les méchants ensevelis, puis venus à leur repos ; mais ceux qui avaient agi avec droiture avaient quitté le lieu saint et furent oubliés dans la ville ; cela aussi est vanité » (Ecclésiaste 8:10). Ne lis pas le mot comme « ensevelis [kevurim] ». Au contraire, lis-le comme « rassemblés [kevutzim] ». Et ne lis pas le mot comme « et furent oubliés [veyishtakeḥu] ». Au contraire, lis-le ainsi : « Et ils furent loués [veyishtabeḥu] ». Selon cette interprétation, le verset parle de ceux qui rassembleront et recueilleront des objets « du lieu saint », le Temple, et seront loués dans leur ville pour ce qu’ils ont fait.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, קְבוּרִים מַמָּשׁ – דַּאֲפִילּוּ מִילֵּי דְּמִטַּמְּרָן, אִיגַּלְיָין לְהוֹן.
Il y a ceux qui disent que le verset doit être lu tel qu’il est écrit, car il fait référence à des objets qui ont été réellement enterrés. Cela s’explique par le fait que même les objets qui avaient été enterrés leur furent révélés, c’est-à-dire à Titus et à ses soldats, car ils trouvèrent tous les vases sacrés.
עָמַד עָלָיו נַחְשׁוֹל שֶׁבַּיָּם לְטוֹבְעוֹ, אָמַר: כִּמְדוּמֶּה אֲנִי שֶׁאֱלֹהֵיהֶם שֶׁל אֵלּוּ, אֵין גְּבוּרָתוֹ אֶלָּא בַּמַּיִם; בָּא פַּרְעֹה – טְבָעוֹ בַּמַּיִם, בָּא סִיסְרָא – טְבָעוֹ בַּמַּיִם; אַף הוּא עוֹמֵד עָלַי לְטוֹבְעֵנִי בַּמַּיִם. אִם גִּבּוֹר הוּא, יַעֲלֶה לַיַּבָּשָׁה וְיַעֲשֶׂה עִמִּי מִלְחָמָה! יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: רָשָׁע בֶּן רָשָׁע בֶּן בְּנוֹ שֶׁל עֵשָׂו הָרָשָׁע, בְּרִיָּה קַלָּה יֵשׁ לִי בְּעוֹלָמִי, וְיַתּוּשׁ שְׁמָהּ.
Il est en outre rapporté au sujet de Titus qu’un jour il voyageait en mer et une vague s’éleva contre lui et menaça de le noyer. Titus dit : Il me semble que leur Dieu, le Dieu d’Israël, n’a de pouvoir que dans l’eau. Pharaon s’est levé contre eux et Il l’a noyé dans l’eau. Sisera s’est levé contre eux et Il l’a noyé dans l’eau. Ici aussi, Il s’est levé contre moi pour me noyer dans l’eau. S’Il est vraiment puissant, qu’Il monte sur la terre ferme et là me fasse la guerre. Une Voix divine sortit et lui dit : Méchant, fils de méchant, petit-fils d’Ésaü le méchant, car tu es parmi ses descendants et tu agis exactement comme lui, J’ai dans Mon monde une humble créature, et elle est appelée un moustique.
אַמַּאי קָרֵי לַהּ ״בְּרִיָּה קַלָּה״? דְּמַעֲלָנָא אִית לַהּ, וּמַפְּקָנָא לֵית לַהּ.
La Guemara intervient : Pourquoi est-ce appelé une créature inférieure ? Cela est appelé ainsi parce qu’il a une ouverture pour absorber la nourriture, mais il n’a pas de sortie pour l’excrétion.
עֲלֵה לַיַּבָּשָׁה וְתַעֲשֶׂה עִמָּהּ מִלְחָמָה. עָלָה לַיַּבָּשָׁה, בָּא יַתּוּשׁ וְנִכְנַס בְּחוֹטְמוֹ, וְנִקֵּר בְּמוֹחוֹ שֶׁבַע שָׁנִים. יוֹמָא חַד הֲוָה קָא חָלֵיף אַבָּבָא דְּבֵי נַפָּחָא, שְׁמַע קָל אַרְזַפְתָּא, אִישְׁתִּיק; אֲמַר: אִיכָּא תַּקַּנְתָּא. כֹּל יוֹמָא מַיְיתוּ נַפָּחָא וּמָחוּ קַמֵּיה. לְגוֹי – יָהֵיב לֵיהּ אַרְבַּע זוּזֵי, יִשְׂרָאֵל – אֲמַר לֵיהּ: מִיסָּתְיָיךְ דְּקָא חָזֵית בְּסָנְאָךְ. עַד תְּלָתִין יוֹמִין עֲבַד הָכִי; מִכָּאן וְאֵילָךְ, כֵּיוָן דְּדָשׁ, דָּשׁ.
La Guemara reprend son récit au sujet de Titus. La Voix divine continua : Monte sur la terre sèche et fais-lui la guerre. Il monta sur la terre sèche, et un moucheron vint, entra dans sa narine et lui picora le cerveau pendant sept ans. Titus souffrit énormément de cela jusqu’à ce qu’un jour il passe devant la porte d’une forge. Le moucheron entendit le bruit d’un marteau et se tut et resta immobile. Titus dit : Je vois qu’il existe un remède à ma douleur. Chaque jour, on faisait venir un forgeron qui martelait devant lui. Il donnait quatre dinars en paiement à un forgeron non-juif, et à un Juif il disait simplement : Il te suffit de voir ton ennemi souffrir autant. Il fit cela pendant trente jours et cela fut efficace jusque-là. À partir de ce moment et par la suite, puisque le moucheron s’était habitué au martèlement, il s’y était habitué, et recommença à picorer le cerveau de Titus.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי פִּנְחָס בֶּן עֲרוּבָא: אֲנִי הָיִיתִי בֵּין גְּדוֹלֵי רוֹמִי, וּכְשֶׁמֵּת פָּצְעוּ אֶת מוֹחוֹ, וּמָצְאוּ בּוֹ כְּצִפּוֹר דְּרוֹר מִשְׁקַל שְׁנֵי סְלָעִים. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: כְּגוֹזָל בֶּן שָׁנָה – מִשְׁקַל שְׁנֵי לִיטְרִין.
Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Pineḥas ben Arova a dit : J’étais à cette époque parmi les nobles de Rome, et lorsque Titus mourut, ils lui fendirent la tête et trouvèrent que le moucheron avait grandi jusqu’à la taille d’un moineau, pesant deux sela. Il a été enseigné dans une autre baraita : C’était comme une colombe d’un an, pesant deux litra.
אָמַר אַבָּיֵי: נָקְטִינַן, פִּיו שֶׁל נְחוֹשֶׁת וְצִפּוֹרְנָיו שֶׁל בַּרְזֶל. כִּי הֲוָה קָא מָיֵית, אֲמַר לְהוּ: לִיקְלְיוּהּ לְהָהוּא גַּבְרָא וּבַדַּרוּ לְקִיטְמֵיהּ אַשַּׁב יַמִּי, דְּלָא לַשְׁכְּחֵיהּ אֱלָהָא דִיהוּדָאֵי וְלוֹקְמֵיהּ בְּדִינָא.
Abaye a dit : Nous avons une tradition selon laquelle sa bouche était faite de cuivre et ses griffes étaient façonnées en fer. Lorsque Titus était en train de mourir, il dit à ses serviteurs : Brûlez cet homme, c’est-à-dire moi, et dispersez ses cendres à travers les sept mers, afin que le Dieu des Juifs ne me trouve pas et ne me fasse pas comparaître en jugement.
אוּנְקְלוֹס בַּר קְלוֹנִיקוּס בַּר אֲחָתֵיהּ דְּטִיטוּס הֲוָה. בָּעֵי לְאִיגַּיּוֹרֵי, אֲזַל אַסְּקֵיהּ לְטִיטוּס בִּנְגִידָא, אֲמַר לֵיהּ: מַאן חֲשִׁיב בְּהָהוּא עָלְמָא? אֲמַר לֵיהּ: יִשְׂרָאֵל. מַהוּ לְאִידַּבּוֹקֵי בְּהוּ? אֲמַר לֵיהּ: מִילַּיְיהוּ נְפִישִׁין, וְלָא מָצֵית לְקַיּוֹמִינְהוּ. זִיל אִיגָּרִי בְּהוּ בְּהָהוּא עָלְמָא וְהָוֵית רֵישָׁא, דִּכְתִיב: ״הָיוּ צָרֶיהָ לְרֹאשׁ וְגוֹ׳״ – כׇּל הַמֵּיצַר לְיִשְׂרָאֵל נַעֲשָׂה רֹאשׁ. אֲמַר לֵיהּ: דִּינֵיהּ דְּהָהוּא גַּבְרָא בְּמַאי? אֲמַר לֵיהּ:
§ La Guemara raconte : Onkelos bar Kalonikos, le fils de la sœur de Titus, voulut se convertir au judaïsme. Il alla et fit remonter Titus de la tombe par nécromancie, et lui dit : Qui est le plus important dans ce monde-là où tu te trouves maintenant ? Titus lui dit : Le peuple juif. Onkelos lui demanda : Dois-je alors m’attacher à eux dans ce monde-ci ? Titus lui dit : Leurs commandements sont nombreux, et tu ne pourras pas les accomplir. Il vaut mieux que tu fasses ainsi : Va et combats-les dans ce monde-ci, et tu deviendras le chef, comme il est écrit : « Ses adversaires sont devenus le chef » (Lamentations 1:5), ce qui signifie : Quiconque afflige Israël deviendra le chef. Onkelos lui dit : Quel est le châtiment de cet homme, un euphémisme pour Titus lui-même, dans le monde à venir ? Titus lui dit :