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אֲמַר לֵיהּ: לָא. אֲמַר לֵיהּ: יָהֵיבְנָא לָךְ דְּמֵי פַּלְגָא דִּסְעוֹדְתָּיךְ! אֲמַר לֵיהּ: לָא. אֲמַר לֵיהּ: יָהֵיבְנָא לָךְ דְּמֵי כּוּלַּהּ סְעוֹדְתָּיךְ! אֲמַר לֵיהּ: לָא. נַקְטֵיהּ בִּידֵיהּ וְאוֹקְמֵיהּ וְאַפְּקֵיהּ.
L’hôte lui dit : Non, tu dois partir. Bar Kamtza lui dit : Je te donnerai de l’argent pour la moitié du festin ; ne me renvoie simplement pas. L’hôte lui dit : Non, tu dois partir. Alors Bar Kamtza lui dit : Je te donnerai de l’argent pour tout le festin ; laisse-moi simplement rester. L’hôte lui dit : Non, tu dois partir. Finalement, l’hôte prit Bar Kamtza par la main, le fit lever et le mit dehors.
אָמַר: הוֹאִיל וַהֲווֹ יָתְבִי רַבָּנַן וְלָא מַחוֹ בֵּיהּ, שְׁמַע מִינַּהּ קָא נִיחָא לְהוּ, אֵיזִיל אֵיכוֹל בְּהוּ קוּרְצָא בֵּי מַלְכָּא. אֲזַל אֲמַר לֵיהּ לְקֵיסָר: מְרַדוּ בָּךְ יְהוּדָאֵי! אֲמַר לֵיהּ: מִי יֵימַר? אֲמַר לֵיהּ: שַׁדַּר לְהוּ קוּרְבָּנָא, חָזֵית אִי מַקְרְבִין לֵיהּ.
Après avoir été chassé du festin, bar Kamtza se dit à lui-même : Puisque les Sages étaient assiset n’ont pas protesté contre les actes de l’hôte, bien qu’ils aient vu comment il m’humiliait, on en déduit qu’ils étaient satisfaits de ce qu’il a fait. J’irai donc les dénoncer [eikhul kurtza] au roi. Il alla et dit à l’empereur : Les Juifs se sont rebellés contre toi. L’empereur lui dit : Qui dit que c’est le cas ? Bar Kamtza lui dit : Va les mettre à l’épreuve ; envoie-leur une offrande pour qu’elle soit apportée en l’honneur du gouvernement, et vois s’ils vont la sacrifier.
אֲזַל שַׁדַּר בִּידֵיהּ עִגְלָא תִּלְתָּא. בַּהֲדֵי דְּקָאָתֵי שְׁדָא בֵּיהּ מוּמָא בְּנִיב שְׂפָתַיִם, וְאָמְרִי לַהּ בְּדוּקִּין שֶׁבָּעַיִן – דּוּכְתָּא דִּלְדִידַן הָוֵה מוּמָא, וּלְדִידְהוּ לָאו מוּמָא הוּא.
L’empereur alla et envoya avec lui un veau de trois ans de choix. Pendant que bar Kamtza venait avec le veau au Temple, il fit une tare sur la lèvre supérieure du veau. Et certains disent qu’il fit la tare sur ses paupières, un endroit où selon nous, c’est-à-dire selon la halakha, c’est une tare, mais selon eux, les règles des gentils pour leurs offrandes, ce n’est pas une tare. Par conséquent, lorsque bar Kamtza apporta l’animal au Temple, les prêtres ne le sacrifièrent pas sur l’autel puisqu’il était porteur d’une tare, mais ils ne pouvaient pas non plus l’expliquer de manière satisfaisante aux autorités gentiles, qui ne le considéraient pas comme porteur d’une tare.
סְבוּר רַבָּנַן לְקָרוֹבֵיהּ מִשּׁוּם שְׁלוֹם מַלְכוּת. אֲמַר לְהוּ רַבִּי זְכַרְיָה בֶּן אַבְקוּלָס: יֹאמְרוּ בַּעֲלֵי מוּמִין קְרֵיבִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ! סְבוּר לְמִיקְטְלֵיהּ דְּלָא לֵיזִיל וְלֵימָא. אֲמַר לְהוּ רַבִּי זְכַרְיָה: יֹאמְרוּ מֵטִיל מוּם בַּקֳּדָשִׁים יֵהָרֵג!
Malgré le défaut, les Sages envisagèrent de sacrifier l’animal comme offrande en raison de la nécessité de maintenir la paix avec le gouvernement. Rabbi Zekharya ben Avkolas leur dit : Si les prêtres font cela, les gens diront que les animaux porteurs d’un défaut peuvent être sacrifiés comme offrandes sur l’autel. Les Sages dirent : Si nous ne le sacrifions pas, alors nous devons empêcher bar Kamtza de rapporter cela à l’empereur. Les Sages envisagèrent de le tuer afin qu’il n’aille pas parler contre eux. Rabbi Zekharya leur dit : Si vous le tuez, les gens diront que celui qui inflige un défaut à des animaux sacrificiels doit être mis à mort. En conséquence, ils ne firent rien, la calomnie de bar Kamtza fut acceptée par les autorités, et par conséquent la guerre entre les Juifs et les Romains commença.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עִנְוְותָנוּתוֹ שֶׁל רַבִּי זְכַרְיָה בֶּן אַבְקוּלָס, הֶחְרִיבָה אֶת בֵּיתֵנוּ, וְשָׂרְפָה אֶת הֵיכָלֵנוּ, וְהִגְלְתָנוּ מֵאַרְצֵנוּ.
Rabbi Yoḥanan dit : L'humilité excessive de Rabbi Zekharya ben Avkolas a détruit notre Temple, brûlé notre Sanctuaire et nous a exilés de notre terre.
שַׁדַּר עִלָּוַיְיהוּ לְנֵירוֹן קֵיסָר. כִּי קָאָתֵי; שְׁדָא גִּירָא לְמִזְרָח – אֲתָא נְפַל בִּירוּשָׁלַיִם. לְמַעֲרָב – אֲתָא נְפַל בִּירוּשָׁלַיִם. לְאַרְבַּע רוּחוֹת הַשָּׁמַיִם – אֲתָא נְפַל בִּירוּשָׁלַיִם.
Les autorités romaines ont alors envoyé Néron César contre les Juifs. Quand il arriva à Jérusalem, il voulut mettre son destin à l’épreuve. Il tira une flèche vers l’est et la flèche vint et tomba à Jérusalem. Il tira ensuite une autre flèche vers l’ouest et elle aussi tomba à Jérusalem. Il tira une flèche dans les quatre directions des cieux, et chaque fois la flèche tomba à Jérusalem.
אֲמַר לֵיהּ לְיָנוֹקָא: פְּסוֹק לִי פְּסוּקָיךְ. אֲמַר לֵיהּ: ״וְנָתַתִּי אֶת נִקְמָתִי בֶּאֱדוֹם בְּיַד עַמִּי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״. אָמַר: קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּעֵי לַחֲרוֹבֵי בֵּיתֵיהּ, וּבָעֵי לְכַפּוֹרֵי יְדֵיהּ בְּהָהוּא גַּבְרָא. עֲרַק וַאֲזַל וְאִיגַּיַּיר, וּנְפַק מִינֵּיהּ רַבִּי מֵאִיר.
Néron fit alors une autre épreuve : Il dit à un enfant : Dis-moi un verset que tu as appris aujourd’hui. Il lui dit ce qui suit : « Et Je mettrai Ma vengeance sur Édom par la main de Mon peuple Israël » (Ézéchiel 25:14). Néron dit : Le Saint, béni soit-Il, souhaite détruire Son Temple, et Il souhaite s’essuyer les mains avec cet homme-là, c’est-à-dire avec moi. Les Romains sont associés à Édom, les descendants d’Ésaü. Si je poursuis cette mission, je finirai par être puni pour avoir servi d’agent de Dieu dans la destruction. Alors il s’enfuit et se convertit, et finalement Rabbi Meïr descendit de lui.
שַׁדְּרֵיהּ עִילָּוַיְיהוּ לְאַסְפַּסְיָינוּס קֵיסָר. אֲתָא, צָר עֲלַהּ תְּלָת שְׁנֵי. הֲווֹ בַּהּ הָנְהוּ תְּלָתָא עַתִּירֵי: נַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן, וּבֶן כַּלְבָּא שָׂבוּעַ, וּבֶן צִיצִית הַכֶּסֶת. נַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן – שֶׁנָּקְדָה לוֹ חַמָּה בַּעֲבוּרוֹ. בֶּן כַּלְבָּא שָׂבוּעַ, שֶׁכׇּל הַנִּכְנָס לְבֵיתוֹ כְּשֶׁהוּא רָעֵב כְּכֶלֶב, יוֹצֵא כְּשֶׁהוּא שָׂבֵעַ. בֶּן צִיצִית הַכֶּסֶת – שֶׁהָיְתָה צִיצָתוֹ נִגְרֶרֶת עַל גַּבֵּי כְּסָתוֹת. אִיכָּא דְּאָמְרִי: שֶׁהָיְתָה כִּסְתּוֹ מוּטֶּלֶת בֵּין גְּדוֹלֵי רוֹמִי.
Les autorités romaines envoyèrent alors César Vespasien contre les Juifs. Il vint et assiégea Jérusalem pendant trois ans. Il y avait à cette époque à Jérusalem ces trois hommes riches : Nakdimon ben Guryon, ben Kalba Savua et ben Tzitzit HaKesat. La Guemara explique leurs noms : Nakdimon ben Guryon fut appelé ainsi parce que le soleil brilla [nakad] en sa faveur, comme cela est rapporté ailleurs (voir Ta’anit 19b), qu’une fois le soleil continua de briller afin de lui éviter une perte importante. Ben Kalba Savua fut appelé ainsi parce que quiconque entrait dans sa maison affamé comme un chien [kelev] en ressortait rassasié [save’a]. Ben Tzitzit HaKesat était désigné par ce nom parce que ses franges rituelles [tzitzit] traînaient sur des couvertures [keset], c’est-à-dire qu’il ne marchait pas dans la rue les pieds sur le sol, mais on plaçait plutôt des couvertures sous lui. Il y en a qui disent que son siège [kiseh] se trouvait parmi les nobles de Rome, ce qui signifie qu’il siégeait parmi eux.
חַד אֲמַר לְהוּ: אֲנָא זָיֵינָּא לְהוּ בְּחִיטֵּי וּשְׂעָרֵי, וְחַד אֲמַר לְהוּ: בִּדְחַמְרָא וּבִדְמִלְחָא וּמִשְׁחָא, וְחַד אֲמַר לְהוּ: בִּדְצִיבֵי. וְשַׁבַּחוּ רַבָּנַן לִדְצִיבֵי, דְּרַב חִסְדָּא כֹּל אַקְלִידֵי הֲוָה מָסַר לְשַׁמָּעֵיהּ, בַּר מִדְּצִיבֵי. דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: אֲכַלְבָּא דְחִיטֵּי בָּעֵי שִׁיתִּין אֲכַלְבֵּי דְצִיבֵי. הֲוָה לְהוּ לְמֵיזַן עֶשְׂרִים וְחַד שַׁתָּא.
Ces trois riches personnes ont offert leur aide. L’une d’elles a dit aux dirigeants de la ville : Je nourrirai les habitants avec du blé et de l’orge. Et l’une d’elles a dit aux dirigeants de la ville : Je fournirai aux habitants du vin, du sel et de l’huile. Et l’une d’elles a dit aux dirigeants de la ville : Je fournirai aux habitants du bois. La Guemara commente : Et les Sages ont accordé une louange particulière à celui qui a donné le bois, car c’était un don particulièrement coûteux. De même que Rav Ḥisda remettait toutes les clés [aklidei] à son serviteur, sauf la clé de son hangar pour entreposer le bois, qu’il considérait comme la plus importante de toutes. Comme Rav Ḥisda l’a dit : Un entrepôt [akhleva] de blé nécessite soixante entrepôts de bois comme combustible pour la cuisson et la boulangerie. Ces trois hommes riches avaient entre eux suffisamment de denrées pour soutenir les assiégés pendant vingt et un ans.
הֲווֹ בְּהוּ הָנְהוּ בִּרְיוֹנֵי, אֲמַרוּ לְהוּ רַבָּנַן: נִיפּוֹק וְנַעֲבֵיד שְׁלָמָא בַּהֲדַיְיהוּ. לָא שַׁבְקִינְהוּ. אֲמַרוּ לְהוּ: נִיפּוֹק וְנַעֲבֵיד קְרָבָא בַּהֲדַיְיהוּ, אֲמַרוּ לְהוּ רַבָּנַן: לָא מִסְתַּיְּיעָא מִילְּתָא. קָמוּ קְלֹנְהוּ לְהָנְהוּ אַמְבָּרֵי דְּחִיטֵּי וּשְׂעָרֵי, וַהֲוָה כַּפְנָא.
Il y avait certains zélotes parmi le peuple de Jérusalem. Les Sages leur dirent : Sortons et faisons la paix avec les Romains. Mais les zélotes ne le leur permirent pas. Les zélotes dirent aux Sages : Sortons et engageons la bataille contre les Romains. Mais les Sages leur dirent : Vous ne réussirez pas. Il vaudrait mieux attendre que le siège soit levé. Afin de forcer les habitants de la ville à engager le combat, les zélotes se levèrent et brûlèrent ces entrepôts [ambarei] de blé et d’orge, et il y eut une famine générale.
מָרְתָּא בַּת בַּיְיתּוֹס עַתִּירְתָּא דִּירוּשָׁלַיִם הַוְיָא. שַׁדַּרְתֵּהּ לִשְׁלוּחַה,ּ וַאֲמַרָה לֵיהּ: זִיל אַיְיתִי לִי סְמִידָא. אַדַּאֲזַל אִיזְדַּבַּן. אֲתָא אֲמַר לַהּ: סְמִידָא לֵיכָּא, חִיוָּרְתָּא אִיכָּא. אֲמַרָה לֵיהּ: זִיל אַיְיתִי לִי. אַדַּאֲזַל אִיזְדַּבַּן. אֲתָא וַאֲמַר לַהּ: חִיוָּרְתָּא לֵיכָּא, גּוּשְׁקְרָא אִיכָּא. אֲמַרָה לֵיהּ: זִיל אַיְיתִי לִי. אַדַּאֲזַל אִזְדַּבַּן. אֲתָא וַאֲמַר לַהּ: גּוּשְׁקְרָא לֵיכָּא, קִימְחָא דִשְׂעָרֵי אִיכָּא. אֲמַרָה לֵיהּ: זִיל אַיְיתִי לִי. אַדַּאֲזַל אִיזְדַּבַּן.
À propos de cette famine, il est rapporté que Marta bat Baitos était l’une des femmes riches de Jérusalem. Elle envoya son agent et lui dit : Va me chercher de la farine fine [semida]. Au moment où il y alla, la farine fine était déjà épuisée. Il revint et lui dit : Il n’y a pas de farine fine, mais il y a de la farine ordinaire. Elle lui dit : Va donc m’en chercher. Au moment où il y alla, la farine ordinaire était elle aussi épuisée. Il revint et lui dit : Il n’y a pas de farine ordinaire, mais il y a de la farine grossière [gushkera]. Elle lui dit : Va donc m’en chercher. Au moment où il y alla, la farine grossière était déjà épuisée. Il revint et lui dit : Il n’y a pas de farine grossière, mais il y a de la farine d’orge. Elle lui dit : Va donc m’en chercher. Mais une fois encore, au moment où il y alla, la farine d’orge était elle aussi épuisée.
הֲוָה שְׁלִיפָא מְסָאנָא, אֲמַרָה: אִיפּוֹק וְאֶחְזֵי אִי מַשְׁכַּחְנָא מִידֵּי לְמֵיכַל. אִיתִיב לַהּ פַּרְתָּא בְּכַרְעַאּ, וּמִתָה.
Elle venait de retirer ses chaussures, mais elle dit : Je sortirai moi-même et verrai si je peux trouver quelque chose à manger. Elle marcha sur de la bouse, qui se colla à son pied, et, accablée de dégoût, elle mourut.
קָרֵי עֲלַהּ רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: ״הָרַכָּה בְךָ וְהָעֲנוּגָּה אֲשֶׁר לֹא נִסְּתָה כַף רַגְלָהּ״. אִיכָּא דְּאָמְרִי: גְּרוֹגֶרֶת דְּרַבִּי צָדוֹק אֲכַלָה, וְאִיתְּנִיסָא וּמִתָה. דְּרַבִּי צָדוֹק יְתֵיב אַרְבְּעִין שְׁנִין בְּתַעֲנִיתָא דְּלָא לֵיחָרֵב יְרוּשָׁלַיִם, כִּי הֲוָה אָכֵיל מִידֵּי הֲוָה מִיתְחֲזֵי מֵאַבָּרַאי. וְכִי הֲוָה בָּרֵיא, מַיְיתִי לֵיהּ גְּרוֹגְרוֹת, מָיֵיץ מַיַּיְהוּ וְשָׁדֵי לְהוּ.
Rabban Yoḥanan ben Zakkai lut à son sujet un verset figurant dans la section de la Torah qui énumère les malédictions qui s’abattront sur Israël : « La femme la plus tendre et la plus délicate parmi vous, qui n’aurait pas osé poser la plante de son pied sur le sol » (Deutéronome 28:56). Il y en a qui disent qu’elle n’a pas marché sur des excréments, mais qu’elle a mangé une figue de Rabbi Tzadok, en fut dégoûtée et mourut. Que sont ces figues ? Rabbi Tzadok jeûnait pendant quarante ans, priant pour que Jérusalem ne soit pas détruite. Il était devenu si émacié à force de jeûner que, lorsqu’il mangeait quelque chose, cela se voyait de l’extérieur de son corps. Et lorsqu’il mangeait après un jeûne, on lui apportait des figues et il en suçait le liquide puis jetait le reste au loin. C’est une telle figue que Marta bat Baitos trouva, et qui causa sa mort.
כִּי הֲוָה קָא נִיחָא נַפְשַׁהּ, אַפִּיקְתֵּהּ לְכֹל דַּהֲבַהּ וְכַסְפַּהּ שְׁדֵיתֵיהּ בְּשׁוּקָא, אֲמַרָה: הַאי לְמַאי מִיבְּעֵי לִי! וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״כַּסְפָּם בְּחוּצוֹת יַשְׁלִיכוּ״.
Il est en outre rapporté que alors qu’elle mourait, elle sortit tout son or et argent et les jeta sur la place du marché. Elle dit : Pourquoi ai-je besoin de cela ? Et c’est comme il est écrit : « Ils jetteront leur argent dans les rues et leur or sera comme une chose impure ; leur argent et leur or ne pourront pas les délivrer au jour de la colère du Seigneur ; ils ne rassasieront pas leurs âmes et ne rempliront pas leurs entrailles » (Ézéchiel 7:19).
אַבָּא סִקְרָא – רֵישׁ בִּרְיוֹנֵי דִּירוּשָׁלַיִם, בַּר אֲחָתֵיהּ דְּרַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי הֲוָה. שְׁלַח לֵיהּ: תָּא בְּצִינְעָא לְגַבַּאי. אֲתָא. אֲמַר לֵיהּ: עַד אֵימַת עָבְדִיתוּ הָכִי, וְקָטְלִיתוּ לֵיהּ לְעָלְמָא בְּכַפְנָא? אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֶיעֱבֵיד, דְּאִי אָמֵינָא לְהוּ מִידֵּי קָטְלוּ לִי! אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי לִי תַּקַּנְתָּא לְדִידִי דְּאֶיפּוֹק, אֶפְשָׁר דְּהָוֵי הַצָּלָה פּוּרְתָּא.
§ La Guemara raconte : Abba Sikkara était le chef des zélotes [biryonei] de Jérusalem et le fils de la sœur de Rabban Yoḥanan ben Zakkai. Rabban Yoḥanan ben Zakkai envoya un message à lui : Viens me voir en secret. Il vint, et Rabban Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Jusqu’à quand ferez-vous cela et tuerez-vous tout le monde par la famine ? Abba Sikkara lui dit : Que puis-je faire ? Car si je leur dis quelque chose, ils me tueront. Rabban Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Montre-moi une méthode afin que je puisse sortir de la ville, et il est possible que par cela il y ait quelque petit salut.
אֲמַר לֵיהּ: נְקוֹט נַפְשָׁךְ בִּקְצִירֵי, וְלֵיתוֹ כּוּלֵּי עָלְמָא וְלִישַׁיְּילוּ בָּךְ, וְאַיְיתִי מִידֵּי סַרְיָא וְאַגְנִי גַּבָּךְ, וְלֵימְרוּ דְּנָח נַפְשָׁךְ. וְלִיעַיְּילוּ בָּךְ תַּלְמִידָךְ וְלָא לֵיעוּל בָּךְ אִינִישׁ אַחֲרִינָא, דְּלָא לַרְגְּשׁוּן בָּךְ דְּקַלִּיל אַתְּ, דְּאִינְהוּ יָדְעִי דְּחַיָּיא קַלִּיל מִמִּיתָא.
Abba Sikkara lui dit : Voici ce que tu dois faire : Fais semblant d’être malade, et fais venir tout le monde pour demander de tes nouvelles, afin que la rumeur se répande au sujet de ton état maladif. Ensuite, apporte quelque chose de putride et place-le près de toi, afin que les gens disent que tu es mort et que tu te décomposes. Puis, fais entrer tes élèves pour t’amener à l’enterrement, et ne laisse entrer personne d’autre afin que les zélotes ne remarquent pas que tu es encore léger. Car les zélotes savent qu’une personne vivante est plus légère qu’une personne morte.
עָבֵיד הָכִי. נִכְנַס בּוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מִצַּד אֶחָד, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ מִצַּד אַחֵר. כִּי מְטוֹ לְפִיתְחָא, בְּעוֹ לְמִדְקְרֵיהּ. אֲמַר לְהוּ: יֹאמְרוּ: רַבָּן דָּקְרוּ! בְּעוֹ לְמִדְחֲפֵיהּ. אֲמַר לְהוּ: יֹאמְרוּ: רַבָּן דָּחֲפוּ! פְּתַחוּ לֵיהּ בָּבָא, נְפַק.
Rabban Yoḥanan ben Zakkaï fit cela. Rabbi Eliezer entra d’un côté et Rabbi Yehoshua de l’autre côté pour le faire sortir. Lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée de la ville depuis l’intérieur, les gardes, qui étaient de la faction des zélotes, voulurent le transpercer de leurs épées afin de s’assurer qu’il était bien mort, comme c’était l’usage. Abba Sikkara leur dit : Les Romains diront qu’ils transpercent même leur maître. Les gardes voulurent alors au moins le pousser pour voir s’il était encore vivant, auquel cas il crierait sous l’effet de la poussée. Abba Sikkara leur dit : Ils diront qu’ils poussent même leur maître. Les gardes ouvrirent alors la porte et il fut emmené dehors.
כִּי מְטָא לְהָתָם, אֲמַר: שְׁלָמָא עֲלָךְ מַלְכָּא, שְׁלָמָא עֲלָךְ מַלְכָּא. אֲמַר לֵיהּ: מִיחַיְּיבַתְּ תְּרֵי (קְטָלָא) [קָטְלִי], חֲדָא דְּלָאו מַלְכָּא אֲנָא וְקָא קָרֵית לִי מַלְכָּא, וְתוּ אִי מַלְכָּא אֲנָא עַד הָאִידָּנָא אַמַּאי לָא אָתֵית לְגַבַּאי. אֲמַר לֵיהּ: דְּקָאָמְרַתְּ לָאו מַלְכָּא אֲנָא,
Lorsque Rabban Yoḥanan ben Zakkaï arriva là-bas, c’est-à-dire au camp romain, il dit : Salutations à toi, ô roi ; salutations à toi, ô roi. Vespasien lui dit : Tu es passible de deux peines de mort, l’une parce que je ne suis pas roi et pourtant tu m’appelles roi, et de plus, si je suis roi, pourquoi n’es-tu pas venu à moi jusqu’à présent ? Rabban Yoḥanan ben Zakkaï lui dit : Quant à ce que tu as dit à ton sujet : je ne suis pas roi,

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