וְרַב עָנָן – בָּרַיְיתָא לָא שְׁמִיעַ לֵיהּ;
La Guemara dit : Et quant à Rav Anan, qui ne pouvait pas déterminer dans quel cas l’argent de la vente est restitué, la baraita ne lui était pas connue, il ne pouvait donc pas s’en servir pour résoudre son dilemme.
וְאִי מִדִּשְׁמוּאֵל – מִמַּאי דְּאֵינָהּ מְכוּרָה וּמָעוֹת חוֹזְרִין, דִּילְמָא אֵינָהּ מְכוּרָה וּמָעוֹת מַתָּנָה נִינְהוּ – מִידֵּי דְּהָוֵה אַמְּקַדֵּשׁ אֶת אֲחוֹתוֹ, דְּאִיתְּמַר: הַמְקַדֵּשׁ אֶת אֲחוֹתוֹ, רַב אָמַר: מָעוֹת – חוֹזְרִין, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מָעוֹת מַתָּנָה.
Et si Rav Anan tentait de résoudre son doute à partir de la déclaration de Shmuel, qui a dit que la vente ne prend aucunement effet, cela devrait signifier que l’argent utilisé dans la vente est rendu, et l’on peut dire : D’où peux-tu déduire que ce n’est pas vendu, et donc que l’argent est rendu ? Peut-être que ce n’est pas vendu et que l’argent est considéré comme un cadeau, tout comme il l’est selon l’opinion de Shmuel dans le cas de celui qui épouse sa sœur. Car il a été dit au sujet de celui qui épouse sa sœur, Rav a dit : L’argent qu’il a donné pour les fiançailles est rendu, puisque les fiançailles ne prennent pas effet ; et Shmuel a dit : Cet argent est un cadeau, c’est-à-dire qu’il souhaitait faire un cadeau à sa sœur et qu’il l’a fait de cette manière. Par conséquent, Rav Anan demeura incertain quant au moment où Shmuel exigeait que l’argent soit rendu.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מַאי חָזֵית דְּקָנְסִינַן לְלוֹקֵחַ? נִקְנְסֵיהּ לְמוֹכֵר! אֲמַר לֵיהּ: לָאו עַכְבְּרָא גַּנָּב אֶלָּא חוֹרָא גַּנָּב. אֲמַר לֵיהּ: אִי לָאו עַכְבְּרָא, חוֹרָא מְנָא לֵיהּ?
En ce qui concerne la halakha selon laquelle, si quelqu’un vend son esclave à un Juif en dehors d’Eretz Yisrael, c’est l’acheteur qui perd son argent, Abaye dit à Rav Yosef : Qu’as-tu vu pour t’amener à dire que nous appliquons la pénalité à l’acheteur, en ce sens qu’il est tenu d’affranchir l’esclave et perd son argent ; nous devrions appliquer la pénalité au vendeur, et il devrait être tenu de rendre l’argent. Rav Yosef répondit à Abaye par une parabole et lui dit : Ce n’est pas la souris qui vole, mais le trou qui vole. En d’autres termes, une souris ne peut rien voler à moins d’avoir un trou pour y cacher les objets volés. Ici aussi, l’esclave n’aurait pas été vendu sans l’aide de l’acheteur. La Guemara remet en question cette logique : Mais sans la souris, d’où le trou aurait-il l’objet volé ? Puisque tous deux contribuent à l’acte interdit, chacun d’eux mérite d’être pénalisé.
מִסְתַּבְּרָא, הֵיכָא דְּאִיכָּא אִיסּוּרָא הָתָם קָנְסִינַן.
Rav Yosef lui répondit : Il est logique que, partout où se trouve l’objet interdit, c’est-à-dire l’esclave, là, en l’occurrence chez l’acheteur, là nous devions imposer une pénalité.
הָהוּא עַבְדָּא דַּעֲרַק מֵחוּצָה לָאָרֶץ לָאָרֶץ. אֲזַל מָרֵיהּ אַבָּתְרֵיהּ, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי, אֲמַר לֵיהּ: נִכְתּוֹב לָךְ שְׁטָרָא אַדְּמֵיהּ, וּכְתוֹב לֵיהּ גִּיטָּא דְחֵירוּתָא. וְאִי לָא, מַפְקַעְנָא לֵיהּ מִינָּךְ מִדְּרַבִּי אַחַי בְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה.
§ La Guemara raconte : Il y avait un certain esclave qui s’enfuit de chez son maître de l’extérieur d’Eretz Yisrael vers Eretz Yisrael. Son maître le poursuivit jusqu’en Eretz Yisrael et se présenta devant Rabbi Ami. Rabbi Ami dit au maître : Nous rédigerons pour toi un billet à ordre pour sa valeur, et toi tu devras lui écrire un acte d’affranchissement. Et si tu ne le fais pas, je te l’enlèverai complètement, puisqu’il n’a pas à retourner hors d’Eretz Yisrael, sur la base de la déclaration de Rabbi Aḥai, fils de Rabbi Yoshiya.
דְּתַנְיָא: ״לֹא יֵשְׁבוּ בְּאַרְצְךָ פֶּן יַחֲטִיאוּ אוֹתְךָ לִי״ – יָכוֹל בְּגוֹי שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו שֶׁלֹּא לַעֲבוֹד עֲבוֹדָה זָרָה הַכָּתוּב מְדַבֵּר, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תַסְגִּיר עֶבֶד אֶל אֲדוֹנָיו אֲשֶׁר יִנָּצֵל אֵלֶיךָ מֵעִם אֲדוֹנָיו״, מַאי תַּקָּנָתוֹ? ״עִמְּךָ יֵשֵׁב בְּקִרְבְּךָ וְגוֹ׳״.
Comme il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare au sujet des habitants du pays de Canaan : « Ils n’habiteront pas dans ton pays, de peur qu’ils ne te fassent fauter contre Moi, car tu serviras leurs dieux ; car ils seront pour toi un piège » (Exode 23:33). On aurait pu penser que le verset parle aussi d’un non-Juif qui a accepté de ne pas pratiquer l’idolâtrie, et enseigne qu’un tel non-Juif ne peut pas non plus habiter en Eretz Yisrael ; c’est pourquoi le verset déclare : « Tu ne livreras pas à son maître un esclave qui se sera échappé de chez son maître vers toi » (Deutéronome 23:16). La baraita comprend que le verset parle en termes métaphoriques d’un non-Juif qui est venu en Eretz Yisrael, échappant à son passé idolâtre. La baraita poursuit : Quel est le remède pour ce non-Juif ? « Il habitera avec toi, au milieu de toi » (Deutéronome 23:17). Cela enseigne que, tant qu’il accepte de ne pas pratiquer l’idolâtrie, il peut rester en Eretz Yisrael.
וְקַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי יֹאשִׁיָּה: הַאי ״מֵעִם אֲדוֹנָיו״?! ״מֵעִם אָבִיו״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רַבִּי יֹאשִׁיָּה: בְּמוֹכֵר עַבְדּוֹ לְחוּצָה לָאָרֶץ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Et l’explication du verset dans la baraita est difficile pour Rabbi Yoshiya : Cette expression employée dans le verset : « De son maître, » est imprécise s’il s’agit d’un non-Juif qui abandonne l’idolâtrie, car il aurait fallu dire : De son père, puisqu’un père est une métaphore plus appropriée pour la religion dans laquelle on a été élevé. Au contraire, Rabbi Yoshiya explique autrement et dit : Le verset parle de quelqu’un qui vend son esclave à un Juif qui vit en dehors d’Eretz Yisrael, et la suite du verset : « Il habitera avec toi », signifie qu’il ne part pas avec son nouveau maître en dehors d’Eretz Yisrael, mais qu’il est affranchi et reste en Eretz Yisrael.
וְקַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי אַחַי בְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה: הַאי ״אֲשֶׁר יִנָּצֵל אֵלֶיךָ״?! ״אֲשֶׁר יִנָּצֵל מֵעִמְּךָ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רַבִּי אַחַי בְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה: בְּעֶבֶד שֶׁבָּרַח מֵחוּצָה לָאָרֶץ לָאָרֶץ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Et l’explication de Rabbi Yoshiya est difficile pour Rabbi Aḥai, fils de Rabbi Yoshiya : S’il s’agit d’un esclave vendu à quelqu’un en dehors d’Eretz Yisrael, alors cette expression : « Qui s’est échappé vers toi, » n’est pas exacte, puisqu’il quitte Eretz Yisrael, et ne s’échappe pas vers Eretz Yisrael. Selon l’explication de Rabbi Yoshiya, il aurait fallu dire : Qui s’est échappé de toi. Au contraire, Rabbi Aḥai, fils de Rabbi Yoshiya, a dit : Le verset parle d’un esclave qui s’est échappé de l’extérieur d’Eretz Yisrael vers Eretz Yisrael, ce qui indique que, dans un tel cas, il peut y demeurer et n’est pas renvoyé à son maître. Sur la base de cette déclaration de Rabbi Aḥai, fils de Rabbi Yoshiya, Rabbi Ami a dit au maître que l’esclave sera de toute façon affranchi.
תַּנְיָא אִידַּךְ: ״לֹא תַסְגִּיר עֶבֶד אֶל אֲדוֹנָיו״ – רַבִּי אוֹמֵר: בְּלוֹקֵחַ עֶבֶד עַל מְנָת לְשַׁחְרְרוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר. הֵיכִי דָּמֵי? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: דִּכְתַב לֵיהּ הָכִי: ״לִכְשֶׁאֶקָּחֲךָ, הֲרֵי עַצְמְךָ קָנוּי לְךָ מֵעַכְשָׁיו״.
Il est enseigné dans une autrebaraita : Le verset déclare : « Tu ne livreras pas à son maître un esclave » (Deutéronome 23:16) ; Rabbi Yehouda HaNassi dit : Le verset parle de quelqu’un qui acquiert un esclave afin de l’émanciper. Le tribunal ne peut pas le livrer à ce maître, car il n’est pas son esclave et celui-ci ne peut pas le traiter comme tel. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de ce cas ? Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Par exemple, lorsqu’il a écrit à l’esclave ainsi : Quand je t’achèterai, tu seras dès maintenant acquis à toi-même. Le nouveau maître ne prend pas possession de l’esclave, puisqu’il est émancipé immédiatement au moment de son achat.
רַב חִסְדָּא עֲרַק לֵיהּ עַבְדָּא לְבֵי כוּתָאֵי, שְׁלַח לְהוּ: [אַ]הְדְּרוּהּ נִיהֲלִי. שְׁלַחוּ לֵיהּ: ״לֹא תַסְגִּיר עֶבֶד אֶל אֲדוֹנָיו״. שְׁלַח לְהוּ: וְכֵן תַּעֲשֶׂה לַחֲמוֹרוֹ וְכֵן תַּעֲשֶׂה לְשִׂמְלָתוֹ וְכֵן תַּעֲשֶׂה לְכׇל אֲבֵידַת אָחִיךָ״. שְׁלַחוּ לֵיהּ: וְהָכְתִיב: ״לֹא תַסְגִּיר עֶבֶד אֶל אֲדוֹנָיו״, שְׁלַח לְהוּ: הַהוּא, בְּעֶבֶד שֶׁבָּרַח מֵחוּצָה לָאָרֶץ לָאָרֶץ, וְכִדְרַבִּי אַחַי בְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה.
La Guemara rapporte que l’esclave de Rav Ḥisda s’est enfui à Bei Kutai, un endroit où vivaient des Samaritains. Il envoya une demande aux habitants de cet endroit : Renvoyez-le-moi. Ils envoyèrent une réponse à lui : Le verset déclare : « Tu ne livreras pas à son maître un esclave, » donc nous ne te renverrons pas cet esclave. Il envoya une réponse à eux : Le verset déclare aussi au sujet des objets perdus : « Et tu le lui rendras…et ainsi tu feras pour son âne et ainsi tu feras pour son vêtement et ainsi tu feras pour toute chose que ton frère a perdue » (Deutéronome 22:2–3). Ils envoyèrent une réponse à lui de nouveau : Mais n’est-il pas écrit : « Tu ne livreras pas à son maître un esclave » ? Rav Ḥisda envoya une réponse à eux : Ce verset fait référence à un esclave qui s’est enfui de l’extérieur d’Eretz Yisrael vers Eretz Yisrael, conformément à l’explication de Rabbi Aḥai, fils de Rabbi Yoshiya, et mon esclave s’est enfui d’un endroit situé hors d’Eretz Yisrael vers un autre endroit situé hors d’Eretz Yisrael.
וּמַאי שְׁנָא דִּשְׁלַח לְהוּ כִּדְרַבִּי אַחַי בְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה? מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע לְהוּ קְרָאֵי.
La Guemara demande : Et qu’est-ce qui est différent dans ce cas qui l’a conduit à envoyer une réponse à eux précisément conformément à l’explication de Rabbi Aḥai, fils de Rabbi Yoshiya, et non conformément à toute autre interprétation du verset ? La Guemara répond : Parce que c’est ainsi que les Samaritains comprendraient le verset. Les Samaritains n’acceptaient généralement pas les explications des Sages, et cette explication correspond à la lecture simple du verset, tandis que les autres explications n’y correspondent pas.
אַבָּיֵי אִירְכַס לֵיהּ חֲמָרָא בֵּי כוּתָאֵי, שְׁלַח לְהוּ: שַׁדְּרוּהּ לִי. שְׁלַחוּ לֵיהּ: שְׁלַח סִימָנָא. שְׁלַח לְהוּ: דְּחִיוּוֹרָא כְּרֵיסֵיהּ. שְׁלַחוּ לֵיהּ: אִי לָאו דְּנַחְמָנִי אַתְּ, לָא הֲוָה מְשַׁדַּרְנָא לֵיהּ נִיהֲלָךְ; אַטּוּ כּוּלֵּי חֲמָרֵי לָאו כְּרֵיסַיְיהוּ חִיוָּורֵי נִינְהוּ?!
La Guemara raconte que Abaye perdit un âne parmi les Samaritains à Bei Kutai. Il envoya une demande à eux : Envoyez-le-moi. Ils envoyèrent une réponse à lui : Envoie un signe distinctif et nous te le rendrons. Il envoya le signe distinctif suivant à eux : Son ventre est blanc. Ils envoyèrent une réponse à lui : N’eût été le fait que tu es Naḥmani, c’est-à-dire que nous savons que tu es un homme digne de confiance, nous ne te l’enverrions pas. Cela veut-il dire que le ventre de tous les ânes n’est pas blanc ? Par conséquent, ce n’est pas un véritable signe distinctif.
מַתְנִי׳ אֵין פּוֹדִין אֶת הַשְּׁבוּיִין יָתֵר עַל כְּדֵי דְּמֵיהֶן, מִפְּנֵי תִּיקּוּן הָעוֹלָם. וְאֵין מַבְרִיחִין אֶת הַשְּׁבוּיִין, מִפְּנֵי תִּיקּוּן הָעוֹלָם. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מִפְּנֵי תַּקָּנַת הַשְּׁבוּיִין.
MICHNA :Les captifs ne sont pas rachetés pour plus que leur valeur monétaire réelle, pour l’amélioration du monde ; et l’on ne doit pas aider les captifs dans leur tentative de s’échapper de leurs ravisseurs pour l’amélioration du monde, afin que les ravisseurs ne deviennent pas plus sévères envers leurs captifs pour les empêcher de s’échapper. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Pour l’amélioration des captifs, afin que les ravisseurs ne vengent pas l’évasion des captifs en traitant d’autres captifs avec cruauté.
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: הַאי ״מִפְּנֵי תִּיקּוּן הָעוֹלָם״ – מִשּׁוּם דּוּחְקָא דְצִבּוּרָא הוּא, אוֹ דִילְמָא מִשּׁוּם דְּלָא לִגְרְבוּ וְלַיְיתוֹ טְפֵי?
GUEMARA :Un dilemme fut soulevé devant les Sages : En ce qui concerne cette expression : Pour l'amélioration du monde, est-ce en raison de la pression financière de la communauté ? La crainte est-elle que l'augmentation du prix conduise la communauté à assumer des pressions financières qu'elle ne pourra pas gérer ? Ou peut-être est-ce parce que le résultat sera qu'ils ne saisiront ni n'amèneront davantage de captifs, car ils verront qu'il ne vaut pas la peine pour eux de capturer des Juifs ?
תָּא שְׁמַע: דְּלֵוִי בַּר דַּרְגָּא פַּרְקַהּ לִבְרַתֵּיהּ בִּתְלֵיסַר אַלְפֵי דִּינְרֵי זָהָב.
La Guemara suggère : Viens et écoute une réponse fondée sur le fait que Lévi bar Darga a racheté sa fille, qui avait été faite captive, pour treize mille dinars d’or. Cela indique que des particuliers peuvent payer des sommes excessives pour racheter un captif s’ils le souhaitent. Par conséquent, il faut que la raison de l’ordonnance ait été d’éviter qu’un fardeau excessif ne soit imposé à la communauté. Si l’ordonnance avait été instituée pour supprimer l’incitation des ravisseurs à capturer des Juifs, un particulier non plus n’aurait pas été autorisé à payer une somme excessive.
אָמַר אַבָּיֵי: וּמַאן לֵימָא לַן דְּבִרְצוֹן חֲכָמִים עֲבַד? דִּילְמָא שֶׁלֹּא בִּרְצוֹן חֲכָמִים עֲבַד.
Abaye a dit : Et qui nous a dit qu’il a agi conformément à la volonté des Sages ? Peut-être a-t-il agi contre la volonté des Sages, et cette anecdote ne peut pas servir de preuve.
וְאֵין מַבְרִיחִין אֶת הַשְּׁבוּיִין מִפְּנֵי תִּיקּוּן הָעוֹלָם. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מִפְּנֵי תַּקָּנַת שְׁבוּיִין: מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ, דְּלֵיכָּא אֶלָּא חַד.
La michna a enseigné : Et l’on ne peut pas aider les captifs dans leur tentative de s’échapper de leurs ravisseurs, pour l’amélioration du monde. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Pour l’amélioration des captifs. La Guemara demande : Quelle est la différence entre les deux raisons données ? La Guemara répond : Il y a une différence entre elles lorsqu’il n’y a qu’un seul captif. Si cette ordonnance a été instituée pour le bénéfice des autres captifs, afin que les ravisseurs ne vengent pas l’évasion d’un captif en traitant les autres avec cruauté, alors, s’il n’y a dès le départ qu’un seul captif, on peut l’aider à s’échapper. Si elle a été instituée afin que les ravisseurs en général n’agissent pas de manière plus restrictive envers leurs captifs, cela serait interdit également dans ce cas.
בְּנָתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן בָּחֲשָׁן קִדְרָא בִּידַיְיהוּ. קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַב עִילִישׁ, כְּתִיב: ״אָדָם אֶחָד מֵאֶלֶף מָצָאתִי וְאִשָּׁה בְכׇל אֵלֶּה לֹא מָצָאתִי״, הָא אִיכָּא בְּנָתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן! גְּרַמָא לְהוּ מִילְּתָא וְאִשְׁתַּבְיָין, וְאִישְׁתְּבִאי אִיהוּ נָמֵי בַּהֲדַיְיהוּ.
§ La Guemara rapporte que les filles de Rav Naḥman remuaient un pot bouillant avec leurs mains nues, et les gens pensaient que la chaleur ne leur faisait pas de mal en raison de leur droiture. Rav Ilish eut une difficulté avec un verset, car il est écrit : « Un homme entre mille, je l’ai trouvé, mais une femme parmi toutes celles-là, je ne l’ai pas trouvée » (Ecclésiaste 7:28). N’y a-t-il pas les filles de Rav Naḥman, qui étaient exceptionnellement justes ? Ces paroles causèrent leur captivité, à cause du mauvais œil, et Rav Ilish fut lui aussi emmené en captivité avec elles.
יוֹמָא חַד הֲוָה יָתֵיב גַּבֵּיהּ הָהוּא גַּבְרָא, דַּהֲוָה יָדַע בְּלִישָּׁנָא דְצִיפּוֹרֵי. אֲתָא עוֹרְבָא וְקָא קָרֵי לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי קָאָמַר? אֲמַר לֵיהּ: ״עִילִישׁ בְּרַח, עִילִישׁ בְּרַח״. אָמַר: עוֹרְבָא שַׁקָּרָא הוּא וְלָא סָמֵיכְנָא עֲלֵיהּ.
Un jour, un certain homme était assis avec lui en captivité qui connaissait le langage des oiseaux. Un corbeau vint et appela Rav Ilish. Rav Ilish dit à l’homme : Que dit le corbeau ? Il lui dit qu’il disait : Ilish, échappe-toi ; Ilish, échappe-toi. Rav Ilish dit : C’est un corbeau menteur, et je ne me fie pas à lui.
אַדְּהָכִי אֲתָא יוֹנָה וְקָא קָרְיָא. אֲמַר לֵיהּ: מַאי קָאָמְרָה? אֲמַר לֵיהּ: ״עִילִישׁ בְּרַח, עִילִישׁ בְּרַח״. אָמַר: כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל כְּיוֹנָה מְתִילָא, שְׁמַע מִינַּהּ מִתְרְחִישׁ לִי נִיסָּא. אָמַר: אֵיזִיל אֶחְזֵי בְּנָתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן, אִי קָיְימָן בְּהֵימָנוּתַיְיהוּ – אַהְדְּרִינְהוּ.
Entre-temps, une colombe vint et appelait à haute voix. Rav Ilish dit à l’homme : Que dit-elle ? Il lui dit que la colombe disait : Ilish, échappe-toi ; Ilish, échappe-toi. Ilish dit : La Congrégation d’Israël est comparée à une colombe ; j’en conclus d’après les paroles de la colombe qu’un miracle m’arrivera, et je peux tenter de m’échapper. Rav Ilish dit : Avant de partir, j’irai et je verrai les filles de Rav Naḥman. Si elles sont restées fermes dans leur foi et agissent convenablement, alors je les prendrai avec moi et je les ramènerai chez elles.
אֲמַר: נְשֵׁי, כׇּל מִילֵּי דְּאִית לְהוּ סָדְרָן לַהֲדָדֵי בְּבֵית הַכִּסֵּא. שַׁמְעִינְהוּ דְּקָאָמְרָן: עָדֵי גּוּבְרִין וּנְהַרְדָּעֵי גּוּבְרִין, לֵימָא לְהוּ לְשָׁבוֹיַיְהוּ דְּלִירַחֲקִינְהוּ מֵהָכָא, דְּלָא לֵיתוֹ אִינָשִׁין וְלִישְׁמְעִי וְלִיפְרְקִינַן.
Il dit : Les femmes se racontent entre elles tous leurs secrets dans la salle de bain, alors il s’y rendit pour les espionner. Il les entendit dire : Ces ravisseurs sont désormais nos maris, et les hommes de Neharde’a auxquels nous sommes mariées sont nos maris. Nous devrions dire à nos ravisseurs de nous éloigner d’ici afin que nos maris ne viennent pas dans cette région et n’entendent pas que nous sommes ici, et ne nous rachètent pas, et ne nous ramènent pas chez nous. Elles préférèrent rester avec leurs ravisseurs.
קָם, עֲרַק, אֲתָא אִיהוּ וְהָהוּא גַּבְרָא. לְדִידֵיהּ אִיתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא עֲבַר בְּמַבָּרָא, וְהָהוּא גַּבְרָא אַשְׁכְּחוּהּ וְקַטְלוּהּ. כִּי הָדְרָן וְאָתָן, אֲמַר: הֲווֹ קָא בָחֲשָׁן קִידְרָא בִּכְשָׁפִים.
En entendant cela, Rav Ilish se leva et s’enfuit. Lui et cet homme qui connaissait la langue des oiseaux arrivèrent à un passage de rivière. Un miracle se produisit pour lui et il traversa la rivière sur un bac, et les ravisseurs trouvèrent cet homme et le tuèrent. Lorsque les filles de Rav Naḥman furent rendues et revinrent de leur captivité, Rav Ilish dit : Elles remuaient la marmite par sorcellerie, et c’est pourquoi elles ne furent pas brûlées par la marmite bouillante, mais cela n’était pas dû à leur droiture.
מַתְנִי׳ וְאֵין לוֹקְחִין סְפָרִים, תְּפִילִּין וּמְזוּזוֹת מִן הַגּוֹיִם יוֹתֵר עַל כְּדֵי דְמֵיהֶן,
MICHNA :Et les rouleaux de la Torah, les phylactères ou les mezouzot ne sont pas achetés aux gentils lorsqu’ils acquièrent ces objets, s’ils demandent plus que leur valeur monétaire réelle,