מֵעֵת לְעֵת שֶׁל הַנָּחָה.
Cela signifie à partir du moment où cela a été mis à part jusqu’au même moment le jour suivant celui où cela a été mis à part. En d’autres termes, il doit se préoccuper de toute la production non dîmée qu’il a rendue apte après l’écoulement des premières vingt-quatre heures à partir du moment où il a mis à part la production ou que l’argent a été transféré.
תְּנַן: אִם אָבְדוּ – הֲרֵי זֶה חוֹשֵׁשׁ מֵעֵת לְעֵת. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר מֵעֵת לְעֵת שֶׁל בְּדִיקָה – שַׁפִּיר;
Nous avons appris dans la michna : Si il découvre qu’ils ont été perdus, alors il doit craindre que les produits ou l’argent qu’il a mis de côté aient été perdus depuis ce moment jusqu’au même moment. Certes, selon celui qui a dit que cela signifie depuis le moment où cela a été vérifié et constaté comme perdu jusqu’au même moment de la veille, cela s’explique bien, car on présume que le vin est devenu du vinaigre à partir de ce moment-là.
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מֵעֵת לְעֵת שֶׁל הַנָּחָה – הַאי ״מֵעֵת לְעֵת״?! ״עַד מֵעֵת לְעֵת״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! קַשְׁיָא.
Mais selon celui qui a dit que cela signifie à partir du moment où il a été mis à part jusqu’au même moment le jour suivant celui où il a été mis à part, cette expression : À partir du moment jusqu’au même moment, est imprécise, car la présomption est que le vin est devenu du vinaigre à compter du jour suivant celui où il avait été mis à part. Par conséquent, il aurait fallu dire : On est préoccupé rétroactivement jusqu’à alors à partir du moment où il a été mis à part jusqu’au même moment le jour suivant, c’est-à-dire vingt-quatre heures après qu’il a été mis à part. La Guémara commente : La formulation de la michna est difficile selon cet avis.
דִּבְרֵי רַבִּי אֶלְעָזָר: אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: חֲלוּקִין עָלָיו חֲבֵירָיו עַל רַבִּי אֶלְעָזָר – דִּתְנַן: מִקְוֶה שֶׁנִּמְדַּד וְנִמְצָא חָסֵר; כׇּל טְהָרוֹת שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל גַּבָּיו לְמַפְרֵעַ – בֵּין בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד, בֵּין בִּרְשׁוּת הָרַבִּים – טְמֵאוֹת.
La michna enseigne qu’il s’agit de l’affirmation de le tanna Rabbi Elazar. L’amora Rabbi Elazar dit : Les collègues de Rabbi Elazar sont en désaccord avec lui, comme nous l’avons appris dans une michna (Mikvaot 2:2) : Dans le cas de un bain rituel dont on savait qu’il contenait les quarante se’a requises, qui fut ensuite mesuré et trouvé insuffisant quant à sa quantité d’eau, tous les objets purs qui avaient été rendus purs en lui, rétroactivement jusqu’au moment où le bain rituel a été mesuré pour la dernière fois, que ce bain rituel se trouve dans le domaine privé ou dans le domaine public, sont impurs.
פְּשִׁיטָא דַּחֲלוּקִין! מַהוּ דְּתֵימָא: מַאי ״לְמַפְרֵעַ״ – מֵעֵת לְעֵת, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara commente : Il est évident que ceux qui adhèrent à l’énoncé de cette michna sont en désaccord avec Rabbi Elazar, le tanna. Quelle idée nouvelle Rabbi Elazar, l’amora, enseigne-t-il ? La Guemara répond : Cela est nécessaire, de peur que tu ne dises que ce à quoi le terme rétroactif fait référence est tout objet qui a été immergé et purifié depuis le moment où il a été trouvé déficient jusqu’au même moment de la veille, conformément à l’opinion de Rabbi Elazar. Par conséquent, il nous enseigne qu’en réalité ils sont en désaccord et considèrent impurs tous les objets immergés depuis le moment où le bain rituel avait été vérifié pour la dernière fois.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, בִּשְׁלֹשָׁה פְּרָקִים כּוּ׳: תָּנָא: בְּקִידּוּם שֶׁל מוֹצָאֵי הַחַג שֶׁל תְּקוּפָה.
§ La michna enseigne que Rabbi Yehouda dit : on vérifie le vin à trois moments au cours de l’année. L’un de ces moments est lorsque le vent d’est souffle à la conclusion de la fête de Souccot. Un Sage a enseigné : on le vérifie lorsque le vent d’est souffle à la conclusion de la fête de Souccotà la saison de Tichri, c’est-à-dire en automne. Cependant, si l’été se prolonge jusqu’à la fête de Souccot, alors, dans le cas de cette occurrence inhabituelle, on ne vérifie pas le vin.
תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בִּשְׁלֹשָׁה פְּרָקִים מוֹכְרִין אֶת הַתְּבוּאָה – לִפְנֵי הַזֶּרַע, וּבִשְׁעַת הַזֶּרַע, וּבִפְרוֹס הַפֶּסַח. וּבִשְׁלֹשָׁה פְּרָקִים מוֹכְרִין אֶת הַיַּיִן – בִּפְרוֹס הַפֶּסַח, וּבִפְרוֹס עֲצֶרֶת, וּבִפְרוֹס הַחַג. וְשֶׁמֶן – מֵעֲצֶרֶת וְאֵילָךְ. לְמַאי הִלְכְתָא? אָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב פָּפָּא: לְשׁוּתָּפִין. מִכָּאן וְאֵילָךְ, מַאי? אָמַר רָבָא: כׇּל יוֹמָא פִּירְקֵיהּ הוּא.
Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yehouda dit que à trois moments de l’année on vend le grain : Avant le temps des semailles, et pendant le temps des semailles, et avant la fête de Pessa'h. Et à trois moments de l’année on vend le vin : Avant la fête de Pessa'h, et avant la fête de Chavouot, et avant la fête de Souccot. Et l’huile se vend à partir de la fête de Chavouot et au-delà. La Guemara demande : À l’égard de quelle halakha cela a-t-il été dit ? On peut vendre ces produits quand on le souhaite. Rava a dit, et certains disent que c’était Rav Pappa qui l’a dit : Cette halakha a été énoncée à l’égard d’associés, car un associé peut vendre ces produits sans la permission de l’autre seulement à ces moments de l’année. À d’autres moments, il doit d’abord recevoir la permission de son associé. À partir de ce moment-là, c’est-à-dire après que le plus tardif des trois moments est passé, quelle est la halakha ? Rava a dit : Chaque jour est son moment pour être vendu.
״וַיְהִי כִּזְרוֹחַ הַשֶּׁמֶשׁ וַיְמַן אֱלֹהִים רוּחַ קָדִים חֲרִישִׁית״ – מַאי ״חֲרִישִׁית״? אָמַר רַב יְהוּדָה: בְּשָׁעָה שֶׁמְּנַשֶּׁבֶת, עוֹשֶׂה תְּלָמִים תְּלָמִים בַּיָּם.
§ Ayant mentionné le vent d’est, la Guemara cite un verset connexe : « Et il arriva, lorsque le soleil se leva, que Dieu prépara un violent vent d’est [ḥarishit] » (Jonas 4:8). La Guemara demande : Quel est le sens du mot « ḥarishit » ? Rav Yehouda dit : Cela signifie un vent qui laboure [ḥoreshet], car au moment où le vent souffle, il forme de nombreux sillons dans la mer, comme s’il labourait la mer.
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה: אִי הָכִי, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וַתַּךְ הַשֶּׁמֶשׁ עַל רֹאשׁ יוֹנָה וַיִּתְעַלָּף״?! אֶלָּא אָמַר רַבָּה: בְּשָׁעָה שֶׁמְּנַשֶּׁבֶת, מְשַׁתֶּקֶת כׇּל הָרוּחוֹת מִפָּנֶיהָ. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר בְּגָדֶיךָ חַמִּים בְּהַשְׁקִט אֶרֶץ מִדָּרוֹם״. אָמַר רַבִּי תַּחְלִיפָא בַּר רַב חִסְדָּא, אָמַר רַב חִסְדָּא: אֵימָתַי בְּגָדֶיךָ חַמִּים? בְּשָׁעָה שֶׁהִשְׁקִיט אֶרֶץ מִדָּרוֹם. שֶׁבְּשָׁעָה שֶׁמְּנַשֶּׁבֶת מְשַׁתֶּקֶת כׇּל הָרוּחוֹת מִפָּנֶיהָ.
Rabba lui dit : Si c’est le cas, alors ce qui est écrit dans la suite du verset : « Et le soleil frappa la tête de Jonas, et il défaillit » (Jonas 4:8), est difficile ; il ressort de la suite du verset que le vent était extrêmement chaud, et non fort. Au contraire, Rabba dit : Au moment où il souffle, il réduit au silence tous les vents devant lui. C’est pourquoi on l’appelle ḥarishit, parce que tous les autres vents sont silencieux [maḥarishot] devant lui. Puisque seul ce vent soufflait, il fit très chaud. Et c’est comme il est écrit : « Toi dont les vêtements sont chauds, quand la terre est immobile à cause du vent du sud » (Job 37:17). Rabbi Taḥalifa bar Rav Ḥisda dit que Rav Ḥisda dit pour expliquer ce verset : Quand tes vêtements sont-ils chauds, c’est-à-dire quand la chaleur est-elle la plus grande ? C’est quand la terre est immobile à cause du vent du sud, car au moment où le vent du sud souffle, il réduit au silence tous les vents devant lui.
רַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא הֲווֹ יָתְבִי. חָלֵיף וְאָזֵיל גְּנִיבָא עֲלַיְיהוּ, אֲמַר חַד לְחַבְרֵיהּ: נֵיקוּם מִקַּמֵּיהּ, דְּבַר אוֹרְיָין הוּא. אֲמַר לֵיהּ אִידַּךְ: מִקַּמֵּי פָּלְגָאָה נֵיקוּם?! אַדְּהָכִי אֲתָא אִיהוּ לְגַבַּיְיהוּ, אֲמַר לְהוּ: בְּמַאי עָסְקִיתוּ? אֲמַרוּ לֵיהּ: בְּרוּחוֹת.
La Guemara raconte que Rav Houna et Rav Ḥisda étaient assis, et Geneiva passa devant eux. L’un dit à l’autre : Levons-nous devant lui, car il est un fils de la Torah. L’autre lui dit : Devons-nous nous lever devant une personne querelleuse ? Pendant ce temps, Geneiva s’approcha d’eux et leur dit : De quoi vous occupiez-vous lorsque vous étiez assis ensemble ? Ils lui dirent : Nous nous occupions des vents.
אֲמַר לְהוּ: הָכִי אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא, אָמַר רַב: אַרְבַּע רוּחוֹת מְנַשְּׁבוֹת בְּכׇל יוֹם, וְרוּחַ צְפוֹנִית מְנַשֶּׁבֶת עִם כּוּלָּן; שֶׁאִלְמָלֵא כֵּן, אֵין הָעוֹלָם מִתְקַיֵּים אֲפִילּוּ שָׁעָה אַחַת. וְרוּחַ דְּרוֹמִית קָשָׁה מִכּוּלָּן, וְאִלְמָלֵא בֶּן נֵץ מַעֲמִידָהּ, מַחְרֶבֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ מִפָּנֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲמִבִּינָתְךָ יַאֲבֶר נֵץ יִפְרֹשׂ כְּנָפָיו לְתֵימָן״.
Il leur dit : Voici ce que dit Rav Ḥanan bar Rava, à savoir que Rav dit : Quatre vents soufflent chaque jour, et le vent du nord souffle avec chacun des trois autres ; car, s’il n’en était pas ainsi et que le vent du nord ne soufflait pas, alors le monde ne survivrait pas même une heure. Et le vent du sud est plus rude que tous les autres, et n’était-ce pour l’ange appelé Ben Netz, qui le retient de souffler encore plus fort, il détruirait le monde entier devant lui, comme il est dit : « Est-ce par ta sagesse que l’épervier [netz] prend son essor et déploie ses ailes vers le sud ? » (Job 39:26).
רָבָא וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק הֲווֹ יָתְבִי; הֲוָה חָלֵיף וְאָזֵיל רַב נַחְמָן בַּר יַעֲקֹב, דְּיָתֵיב בְּגוּהַרְקָא דְּדַהֲבָא וּפְרִיס עֲלֵיהּ סַרְבָּלָא דְכַרָּתֵי. רָבָא אֲזַל לְגַבֵּיהּ, רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לָא אֲזַל לְגַבֵּיהּ. אָמַר: דִּלְמָא מֵאִינָשֵׁי דְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא נִינְהוּ; רָבָא צָרִיךְ לְהוּ, אֲנָא לָא צְרִיכְנָא לְהוּ.
La Guemara rapporte également que Rava et Rav Naḥman bar Yitzḥak étaient assis, et Rav Naḥman bar Ya’akov passait près d’eux alors qu’il était assis dans un char doré [goharka] et avec un manteau vert [sarbela] étendu sur lui. Rava alla vers lui, mais Rav Naḥman bar Yitzḥak n’alla pas vers lui. Il dit : Peut-être sont-ils des membres de la maison de l’Exilarque. Rava a besoin d’eux, mais moi, je n’ai pas besoin d’eux.
כְּדַחֲזָא דְּרַב נַחְמָן בַּר יַעֲקֹב הֲוָה, אָזֵיל לְגַבֵּיהּ. גַּלִּי לִדְרָעֵיהּ, אֲמַר: שַׁדְיָא נָשֵׁיב! אָמַר רָבָא, הָכִי אָמַר רַב: אִשָּׁה מַפֶּלֶת בּוֹ; וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ מַרְגָּלִית שֶׁבַּיָּם מַרְקֶבֶת בּוֹ; רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ שִׁכְבַת זֶרַע שֶׁבִּמְעֵי אִשָּׁה מַסְרַחַת בּוֹ.
Lorsqu’il vit que c’était Rav Naḥman bar Ya’akov, il aussi alla vers lui. Rav Naḥman bar Ya’akov découvrit son bras à cause de la chaleur et dit : Le vent appelé Shadya souffle. Rava dit que c’est ce que Rav dit au sujet de ce vent : Une femme fait une fausse couche dans son sillage. Et Shmuel dit : Même une perle [margalit] qui est dans la mer se décompose dans son sillage. Rabbi Yoḥanan dit : Même la semence qui est dans le ventre d’une femme se putréfie dans son sillage.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, וּשְׁלׇשְׁתָּן מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ: ״כִּי הוּא בֵּין אַחִים יַפְרִיא יָבוֹא קָדִים רוּחַ ה׳ מִמִּדְבָּר עוֹלֶה וְיֵבוֹשׁ מְקוֹרוֹ וְגוֹ׳״. ״יֵבוֹשׁ מְקוֹרוֹ״ – זוֹ מְקוֹרָהּ שֶׁל אִשָּׁה. ״וְיֶחֱרַב מַעְיָינוֹ״ – זֶה שִׁכְבַת זֶרַע שֶׁבִּמְעֵי אִשָּׁה. ״הוּא יִשְׁסֶה אוֹצַר כׇּל כְּלִי חֶמְדָּה״ – זוֹ מַרְגָּלִית שֶׁבַּיָּם.
Rav Naḥman bar Yitzḥak, qui était présent, dit au sujet de leurs déclarations : Et tous les trois ont tiré leurs déclarations d’un seul verset, comme il est dit : « Car bien qu’il soit fécond parmi les roseaux, un vent d’est viendra, le vent du Seigneur montant du désert, et sa source deviendra sèche, et sa fontaine sera tarie ; il pillera le trésor de tous les objets précieux » (Osée 13:15). L’affirmation selon laquelle une femme fait une fausse couche dans son sillage est fondée sur l’expression « Sa source deviendra sèche, » car cela fait référence à l’utérus d’une femme. Quant à l’expression « Et sa fontaine sera tarie », cela fait référence à la semence qui se trouve dans l’utérus d’une femme. Et quant à l’expression « Il pillera le trésor de tous les objets précieux », cela fait référence à une perle dans la mer.
אָמַר רָבָא: עָדֵי סוּרָאָה הוּא, דְּדָיְיקִי קְרָאֵי! מַאי ״כִּי הוּא בֵּין אַחִים יַפְרִיא״? אָמַר רָבָא: אֲפִילּוּ
Rava dit : Ce Sage vient de Soura, car ils sont précis avec les versets. La Guemara demande : Quel est le sens de : « Bien qu'il soit fécond [yafri] parmi les plantes de roseau » ? Rava a dit : Même