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וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָצֵאת לָא בָּעֵי כַּוּוֹנָה, וְהָכָא לַעֲבוֹר מִשּׁוּם ״בַּל תּוֹסִיף״ קָמִיפַּלְגִי, דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: לַעֲבוֹר מִשּׁוּם ״בַּל תּוֹסִיף״ לָא בָּעֵי כַּוּוֹנָה. וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: לַעֲבוֹר מִשּׁוּם ״בַּל תּוֹסִיף״ בָּעֵי כַּוּוֹנָה.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que tout le monde est d’accord pour dire que, pour accomplir une mitsva, il n’est pas nécessaire d’avoir une intention, et ici ils sont en désaccord au sujet de la condition requise pour transgresser l’interdit : Tu n’ajouteras pas aux mitsvot de la Torah. Car le premier tanna soutient qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une intention pour transgresser l’interdit : Tu n’ajouteras pas aux mitsvot. Celui qui met une autre paire de phylactères transgresse l’interdit d’ajouter aux mitsvot même s’il ne les met pas avec l’intention d’accomplir la mitsva. Et Rabban Gamliel soutient que, pour transgresser l’interdit : Tu n’ajouteras pas aux mitsvot, une intention est nécessaire d’accomplir une mitsva. Puisque, dans ce cas, l’intention de la personne est simplement de déplacer les phylactères vers un endroit plus sûr, il lui est permis de mettre une seconde paire.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: אִי דִּסְבִירָא לַן דְּשַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין — דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא לַעֲבוֹר בָּעֵי כַּוּוֹנָה וְלָא לָצֵאת בָּעֵי כַּוּוֹנָה.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que la controverse peut être expliquée comme suit. Si nous soutenions que le Shabbat est un moment approprié pour mettre des phylactères, tout le monde serait d’accord pour dire que l’intention n’est pas nécessaire pour transgresser l’interdiction d’ajouter aux mitzvot, et l’intention n’est pas non plus nécessaire pour accomplir une mitzva. Dans ce cas, l’intention d’une personne n’a aucune incidence sur son acte.
וְהָכָא בְּ״לַעֲבוֹר שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ״ קָמִיפַּלְגִי. תַּנָּא קַמָּא סָבַר: לָא בָּעֵי כַּוּוֹנָה. וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: לַעֲבוֹר שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ בָּעֵי כַּוּוֹנָה.
Cependant, ici, ils sont en désaccord quant à la condition pour transgresser l’interdiction d’ajouter à une mitsva en dehors de son temps approprié, c’est-à-dire lorsqu’une mitsva est accomplie en dehors du moment qui lui a été prescrit. Le premier tanna soutient que si l’acte d’une mitsva est accompli en dehors de son temps approprié, l’intention n’est pas nécessaire ; c’est-à-dire que même si l’on n’a pas l’intention d’accomplir la mitsva, on transgresse néanmoins l’interdiction d’ajouter aux mitsvot par son acte seul. Par conséquent, dans ce cas, une personne ne peut pas mettre plus d’une paire de phylactères. Et Rabban Gamliel soutient que pour transgresser l’interdiction d’ajouter à une mitsva en dehors de son temps approprié, une intention est nécessaire pour accomplir la mitsva. Sans une telle intention, on ne transgresse pas l’interdiction et, par conséquent, dans ce cas il peut mettre une seconde paire de phylactères.
אִי הָכִי, לְרַבִּי מֵאִיר זוּג אֶחָד נָמֵי לָא.
À propos de cette dernière explication, la Guemara demande : Si tel est le cas, selon l’opinion de Rabbi Meir, on ne devrait même pas mettre une paire de phylactères. Selon l’opinion de Rabbi Meir, celui qui agit ainsi transgresse l’interdiction d’ajouter aux mitsvot simplement en mettant une paire, puisqu’il accomplit la mitsva des phylactères à un moment où il n’a pas reçu l’ordre de le faire.
וְעוֹד: הַיָּשֵׁן בַּשְּׁמִינִי בְּסוּכָּה יִלְקֶה! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִדְשַׁנִּינַן מֵעִיקָּרָא.
Et de plus, selon cette opinion, celui qui dort dans une soukka le Huitième Jour d’Assemblée devrait être flagellé pour avoir enfreint l’interdiction d’ajouter aux mitsvot, car il ajoute à la mitsva de : « Vous habiterez dans des cabanes pendant sept jours » (Lévitique 23:42). Pourtant, les Sages ont institué qu’en dehors d’Eretz Yisrael, les Juifs doivent observer Soukkot pendant huit jours, bien que celui qui dort dans une soukka la huitième nuit en dehors d’Eretz Yisrael transgresse une loi de la Torah. Au contraire, il est clair comme nous avons répondu au départ, c’est-à-dire que vous devez accepter l’une des autres explications.
וּמַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין? רַבִּי עֲקִיבָא. דְּתַנְיָא: ״וְשָׁמַרְתָּ אֶת הַחֻקָּה הַזֹּאת לְמוֹעֲדָהּ מִיָּמִים יָמִימָה״. ״יָמִים״ — וְלֹא לֵילוֹת. ״מִיָּמִים״ — וְלֹא כׇּל יָמִים, פְּרָט לְשַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי.
Puisque le sujet des phylactères a été abordé, la Guemara continue d’examiner cette question. Qui as-tu entendu dire que le Chabbat est un moment approprié pour mettre les phylactères ? C’est Rabbi Akiva, comme cela a été enseigné dans une baraita au sujet de la fin de la section dans la Torah commençant par : « Sanctifie-Moi tout premier-né » (Exode 13:2), qui traite des mitsvot de l’agneau pascal et des phylactères : « Et tu observeras cette ordonnance en son temps d’année [miyamim] en année » (Exode 13:10), ce qui indique que ces mitsvot s’appliquent pendant les jours [yamim] et non pendant les nuits. En outre, la lettre mem dans « d’année » [miyamim] enseigne : Mais non tous les jours ; cela exclut le Chabbat et les Fêtes, durant lesquels on ne porte pas de phylactères. Telle est la déclaration de Rabbi Yosei HaGelili.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא נֶאֱמַר חוּקָּה זוֹ אֶלָּא לְעִנְיַן פֶּסַח בִּלְבַד.
Rabbi Akiva dit : Cette ordonnance est énoncée uniquement au sujet de l’agneau pascal, et elle ne se rapporte nullement aux phylactères. Selon Rabbi Akiva, il n’y a aucune raison de s’abstenir de mettre les phylactères pendant le Chabbat et les fêtes.
וְאֶלָּא הָא דִּתְנַן: הַפֶּסַח וְהַמִּילָה מִצְוַת עֲשֵׂה — לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאִי רַבִּי עֲקִיבָא — כֵּיוָן דְּמוֹקֵי לָהּ בְּפֶסַח, לָאו נָמֵי אִיכָּא, כִּדְרַבִּי אָבִין אָמַר רַבִּי אִילְעַאי. דְּאָמַר רַבִּי אָבִין אָמַר רַבִּי אִילְעַאי: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״הִשָּׁמֶר״ ״פֶּן״ וְ״אַל״ — אֵינוֹ אֶלָּא בְּלֹא תַּעֲשֶׂה!
La Guemara demande : Mais, en ce qui concerne cela que nous avons appris dans une michna, à savoir que l’agneau pascal et la circoncision sont des mitsvot positives, disons que cela n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva. La raison de cette affirmation est que si vous dites que cet enseignement est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, puisqu’il interprète ce verset comme se référant à l’agneau pascal, cela signifierait que le fait de ne pas apporter cette offrande constitue aussi la violation d’une mitsva négative, conformément au principe que Rabbi Avin a dit que Rabbi Elai a dit. Car Rabbi Avin a dit que Rabbi Elai a dit : Tout endroitil est dit : observe, lest, ou do not, cela signifie rien d’autre qu’une mitsva négative, car ce sont des termes négatifs. Par conséquent, le verset « Tu observeras cette ordonnance », qui se réfère à l’agneau pascal, constitue une mitsva négative.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא, ״הִשָּׁמֶר״ דְּלָאו — לָאו, ״הִשָּׁמֶר״ דַּעֲשֵׂה — עֲשֵׂה.
La Guemara rejette cela : Même si tu dis que Rabbi Akiva soutient qu’aucune mitsva négative ne s’applique à l’agneau pascal, cela ne pose pas de difficulté, car un principe supplémentaire doit être pris en compte. Bien qu’il soit vrai que le terme observer à l’égard d’une mitsva négative indique la présence d’une autre mitsva négative ; ce même terme, observer, à l’égard d’une mitsva positive, a la force d’une mitsva positive, car la Torah avertit les fidèles de prendre un soin particulier dans l’observance d’une mitsva. Le mot observer en lien avec l’agneau pascal est un exemple de ce type de mitsva positive.
וְסָבַר רַבִּי עֲקִיבָא שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין הוּא?! וְהָתַנְיָא, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: יָכוֹל יַנִּיחַ אָדָם תְּפִילִּין בְּשַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהָיָה לְךָ לְאוֹת עַל יָדְךָ״, מִי שֶׁצְּרִיכִין אוֹת, יָצְאוּ אֵלּוּ — שֶׁהֵן גּוּפָן אוֹת.
La Guemara revient à la question en discussion : Et est-ce que Rabbi Akiva soutient réellement que le Chabbat est un moment pour mettre les phylactères ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Akiva dit : J’aurais pu penser qu’une personne doit mettre les phylactères pendant les Shabbatot et les Fêtes. C’est pourquoi le verset déclare : « Et ce sera pour toi un signe sur ton bras, et un mémorial entre tes yeux, afin que la loi de Dieu soit dans ta bouche ; car c’est par une main forte que Dieu t’a fait sortir d’Égypte » (Exode 13:9). L’obligation de mettre les phylactères s’applique lorsque les Juifs ont besoin d’un signe pour affirmer leur judaïsme et leur statut de Peuple Élu, c’est-à-dire pendant la semaine, à l’exclusion du Chabbat et des Fêtes, car ils sont eux-mêmes des signes du statut d’Israël comme Peuple Élu et un souvenir de la sortie d’Égypte. Par conséquent, aucun signe supplémentaire n’est requis ces jours-là. Cet enseignement prouve que Rabbi Akiva soutient que le Chabbat n’est pas un moment approprié pour mettre les phylactères.
אֶלָּא הַאי תַּנָּא הוּא דְּתַנְיָא: הַנֵּיעוֹר בַּלַּיְלָה, רָצָה — חוֹלֵץ, רָצָה — מַנִּיחַ, דִּבְרֵי רַבִּי נָתָן. יוֹנָתָן הַקִּיטוֹנִי אוֹמֵר: אֵין מַנִּיחִין תְּפִילִּין בַּלַּיְלָה. מִדְּלַיְלָה לְתַנָּא קַמָּא זְמַן תְּפִילִּין — שַׁבָּת נָמֵי זְמַן תְּפִילִּין.
Au contraire, c’est ce tanna, Rabbi Natan, qui soutient que le Chabbat est un moment approprié pour mettre les phylactères, comme cela a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne quelqu’un qui est éveillé la nuit, s’il le souhaite il peut retirer ses phylactères, et s’il le souhaite il peut continuer à les porter, et il n’a pas à craindre de transgresser l’interdiction d’ajouter aux mitsvot. Telle est la déclaration de Rabbi Natan. Yonatan HaKitoni dit : On ne peut pas mettre les phylactères la nuit. Du fait que selon le premier tanna, Rabbi Natan, la nuit est un moment approprié pour les phylactères, on peut en déduire que le Chabbat aussi est un moment pour mettre les phylactères, car Rabbi Natan n’accepte manifestement pas la limitation de Rabbi Yossei HaGelili fondée sur l’expression : D’année en année.
דִּילְמָא סְבִירָא לֵיהּ לַיְלָה זְמַן תְּפִילִּין הוּא, שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא. דְּהָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר: לַיְלָה זְמַן תְּפִילִּין הוּא, שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא!
La Guemara rejette cette affirmation : Ce n’est pas une preuve concluante, car peut-être soutient-il que, bien que la nuit soit un moment approprié pour les phylactères, le Chabbat n’est pas un moment approprié pour les phylactères. Car nous avons entendu que Rabbi Akiva a dit que la nuit est un moment pour les phylactères, parce qu’il n’accepte pas la limitation de « de jours en jours », et pourtant il soutient que le Chabbat n’est pas un moment pour les phylactères, puisqu’aucun signe n’est requis le Chabbat. Il est donc possible que Rabbi Natan partage la même opinion.
אֶלָּא הַאי תַּנָּא הוּא דְּתַנְיָא: מִיכַל בַּת כּוּשִׁי הָיְתָה מַנַּחַת תְּפִילִּין וְלֹא מִיחוּ בָּהּ חֲכָמִים, וְאִשְׁתּוֹ שֶׁל יוֹנָה הָיְתָה עוֹלָה לָרֶגֶל וְלֹא מִיחוּ בָּהּ חֲכָמִים. מִדְּלֹא מִיחוּ בָּהּ חֲכָמִים — אַלְמָא קָסָבְרִי מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁלֹּא הַזְּמַן גְּרָמָא הִיא.
Au contraire, il faut dire que c’est ce tanna qui soutient que le Chabbat est un moment pour les phylactères, comme cela a été enseigné dans une baraita : Mikhal, fille de Kushi, le roi Saül, mettait des phylactères, et les Sages ne s’y opposèrent pas, car il lui était permis de le faire. Et, de même, la femme de Jonas accomplissait le pèlerinage de la fête, et les Sages ne s’y opposèrent pas. Du fait que les Sages ne s’opposèrent pas à ce que Mikhal mette des phylactères, il est évident que ces Sages soutiennent que les phylactères sont une mitsva positive non liée au temps, c’est-à-dire une mitsva dont l’accomplissement est requis en tout temps, y compris les nuits et le Chabbat. Il est admis que les femmes sont tenues d’accomplir toutes les mitsvot positives non liées au temps.
וְדִילְמָא סָבַר לַהּ
La Guemara rejette cette affirmation : Mais peut-être que ce tannasoutient

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