וּבַסַּכָּנָה — מְכַסָּן וְהוֹלֵךְ לוֹ.
Et en temps de danger, lorsqu’il est dangereux de s’attarder hors de la ville, il couvre les phylactères et poursuit son chemin.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: נוֹתְנָן לַחֲבֵירוֹ, וַחֲבֵירוֹ לַחֲבֵירוֹ, עַד שֶׁמַּגִּיעַ לֶחָצֵר הַחִיצוֹנָה.
Rabbi Shimon dit qu’il existe une autre méthode pour transférer les phylactères : L’un les donne à un autre qui se trouve à moins de quatre coudées de lui, et l’autre les passe à un autre, jusqu’à ce que les phylactères atteignent la cour la plus extérieure de la ville. Puisque porter à moins de quatre coudées dans le domaine public n’est pas interdit par la loi de la Torah, dans ce cas, les Sages ont permis de les porter de cette manière en raison de la sainteté des phylactères.
וְכֵן בְּנוֹ — נוֹתְנוֹ לַחֲבֵירוֹ, וַחֲבֵירוֹ לַחֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ מֵאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נוֹתֵן אָדָם חָבִית לַחֲבֵירוֹ, וַחֲבֵירוֹ לַחֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ חוּץ לַתְּחוּם. אָמְרוּ לוֹ: לֹא תְּהַלֵּךְ זוֹ יוֹתֵר מֵרַגְלֵי בְעָלֶיהָ.
Et de même, en ce qui concerne son fils qui est né dans un champ et ne peut pas être porté pendant le Chabbat, puisque cela s’apparente au fait de porter un fardeau dans le domaine public : on le donne à un autre, et l’autre le passe à un autre, même si cela nécessite cent personnes. Rabbi Yehouda dit : Une personne peut même donner un tonneau à une autre, et l’autre peut le passer à une autre, et de cette manière même l’emporter au-delà de la limite de Chabbat, à condition qu’aucune personne ne le porte sur plus de quatre coudées. Ils lui dirent : Ce tonneau ne peut pas aller plus loin que les pieds de son propriétaire, c’est-à-dire qu’il ne peut pas être porté plus loin que son propriétaire ne peut marcher.
גְּמָ׳ זוּג אֶחָד אִין, טְפֵי — לָא. לֵימָא תְּנַן סְתָמָא דְּלָא כְּרַבִּי מֵאִיר?
GUEMARA : Nous avons appris dans la michna qu’une personne qui trouve des phylactères dans un champ peut les porter par paires, ce qui indique que une paire, oui, elle peut être portée ; cependant, plus d’une paire, non, elles ne peuvent pas être portées. La Guemara demande : Disons que nous avons appris la michna non attribuée non conformément à l’opinion de Rabbi Meïr, malgré le principe selon lequel une michna non attribuée reflète généralement l’opinion de Rabbi Meïr.
דְּאִי כְּרַבִּי מֵאִיר, הָאָמַר: לוֹבֵשׁ כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לִלְבּוֹשׁ, וְעוֹטֵף כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לַעֲטוֹף. דִּתְנַן: וּלְשָׁם מוֹצִיא כׇּל כְּלֵי תַשְׁמִישׁוֹ, וְלוֹבֵשׁ כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לִלְבּוֹשׁ, וְעוֹטֵף כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לַעֲטוֹף.
Or, si vous dites que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Meir, Rabbi Meir n’a-t-il pas dit : Afin de sauver des objets d’un incendie, il est permis de sortir des objets de sa maison en les portant sur soi, et il revêt tous les vêtements qu’il peut porter, et s’enveloppe de tout ce dont il peut s’envelopper. Comme nous l’avons appris dans une michna : Et l’on retire tous les ustensiles dans la cour adjacente à l’incendie, et il revêt tous les vêtements qu’il peut porter, et s’enveloppe de tout ce dont il peut s’envelopper afin de sauver ses biens.
וְהַהִיא סְתָמָא, מִמַּאי דְּרַבִּי מֵאִיר הִיא? דְּקָתָנֵי עֲלַהּ: לוֹבֵשׁ וּמוֹצִיא וּפוֹשֵׁט, וְלוֹבֵשׁ וּמוֹצִיא וּפוֹשֵׁט, אֲפִילּוּ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
La Guemara demande : Et d’où savons-nous que cette michna non attribuée concernant le Chabbat est le reflet de l’opinion de Rabbi Meir ? Comme cela est enseigné au sujet de cette michna : S’il y a là de nombreux vêtements, on revêt des vêtements, et on les sort dehors vers un endroit sûr, et on les enlève là-bas, et on retourne vers le feu, et on revêt d’autres vêtements, et on les sort et on les enlève. Et il peut faire ainsi même toute la journée ; telle est la déclaration de Rabbi Meir. Apparemment, selon Rabbi Meir, on peut revêtir de nombreux vêtements à la fois.
אָמַר רָבָא: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי מֵאִיר, הָתָם דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁוֹ — כְּחוֹל שַׁוְויֻהּ רַבָּנַן, וְהָכָא דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁוֹ — כְּחוֹל שַׁוְויֻהּ רַבָּנַן.
En réponse à la question, Rava a dit : Même si vous dites que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Meïr, il existe une distinction entre les cas. Là-bas, s’il met les vêtements de la manière dont il les porte habituellement, les Sages ont considéré le statut juridique du port de vêtements pendant Chabbat comme le statut du port de vêtements pendant la semaine et lui ont permis de retirer des vêtements de sa maison en les portant de cette manière. Et ici, également, s’il met les phylactères de la manière dont il les met habituellement, les Sages ont considéré le statut juridique du port des phylactères pendant Chabbat comme le statut du port des phylactères pendant la semaine.
הָתָם דִּבְחוֹל כַּמָּה דְּבָעֵי לָבֵישׁ, לְעִנְיַן הַצָּלָה נָמֵי שָׁרוּ לֵיה רַבָּנַן. הָכָא דִּבְחוֹל נָמֵי זוּג אֶחָד — אִין, טְפֵי — לָא, לְעִנְיַן הַצָּלָה נָמֵי זוּג אֶחָד — אִין, טְפֵי — לָא.
Par conséquent, là-bas, où pendant la semaine il peut porter autant de vêtements qu’il le souhaite, en ce qui concerne le sauvetage d’un incendie, les Sages lui ont également permis de porter autant de vêtements qu’il le souhaite. Cependant, ici, dans le cas des phylactères, même pendant la semaine, mettre une paire, oui, cela est permis, mais mettre plus d’une paire, non, cela n’est pas permis. Par conséquent, en ce qui concerne également le sauvetage, les Sages ont dit : Mettre une paire, oui, cela est permis ; cependant, mettre plus d’une paire, non, cela n’est pas permis.
רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁנַיִם שְׁנַיִם. מַאי קָסָבַר? אִי קָסָבַר שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין הוּא, זוּג אֶחָד — אִין, טְפֵי — לָא.
Nous avons appris dans la michna que Rabban Gamliel dit : Il apporte les phylactères en deux paires, deux par deux. La Guemara demande : Quelle est son opinion ? Quelle est la logique de cette halakha ? S’il soutient que le Chabbat est un moment pour les phylactères, et qu’il est permis, voire obligatoire, de mettre les phylactères pendant Chabbat, alors la règle devrait être : Mettre une paire, oui, cela est permis ; en mettre davantage, non, cela est interdit. Il devrait être interdit de porter plus d’une paire, puisqu’il n’y a de place pour mettre qu’un seul ensemble de phylactères sur la tête.
וְאִי קָסָבַר שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא, וּמִשּׁוּם הַצָּלָה דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁ שָׁרוּ לֵיהּ רַבָּנַן, אֲפִילּוּ טְפֵי נָמֵי!
Et s’il soutient que le Chabbat n’est pas un moment pour les phylactères, et que ce n’était que parce que le sauvetage n’était permis que de la manière dont on porte habituellement des vêtements que les Sages lui ont permis de mettre des phylactères, il devrait de même être autorisé à en mettre encore plus que deux paires. Il devrait être autorisé à mettre autant de paires de phylactères que possible, et pas seulement deux.
לְעוֹלָם קָסָבַר שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא, וְכִי שְׁרוֹ רַבָּנַן לְעִנְיַן הַצָּלָה — דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁ בִּמְקוֹם תְּפִילִּין.
La Guemara répond : En réalité, il soutient que le Chabbat n’est pas un moment pour les phylactères, et lorsque les Sages ont permis à quelqu’un de mettre des phylactères dans un but de sauvetage, ce n’était qu’en les mettant de la manière dont on porte habituellement un vêtement, c’est-à-dire à l’endroit approprié pour les phylactères. Il ne peut pas les mettre ailleurs sur son corps, car dans ce cas il est considéré comme les transportant, et non comme les portant.
אִי הָכִי זוּג אֶחָד נָמֵי — אֵין, טְפֵי — לָא! אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: מָקוֹם יֵשׁ בָּרֹאשׁ לְהַנִּיחַ בּוֹ שְׁתֵּי תְפִילִּין.
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, alors une paire, oui, cela devrait être permis, mais davantage, non, cela ne devrait pas être permis, car la seconde paire est nécessairement placée hors de son emplacement. Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak a dit : Il y a de la place sur la tête d’une personne pour placer deux phylactères. On peut placer deux phylactères sur sa tête et les porter tous deux de la manière appropriée.
הָנִיחָא דְּרֹאשׁ, דְּיָד מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
La Guemara demande : Cela fonctionne bien en ce qui concerne le port de deux phylactères de la tête, puisqu’il y a de la place ; cependant, en ce qui concerne les phylactères du bras, qu’y a-t-il à dire ? Comment peut-on porter simultanément deux phylactères sur son bras ?
כִּדְרַב הוּנָא, דְּאָמַר רַב הוּנָא: פְּעָמִים שֶׁאָדָם בָּא מִן הַשָּׂדֶה וַחֲבִילָתוֹ עַל רֹאשׁוֹ, וּמְסַלְּקָן מֵרֹאשׁוֹ וְקוֹשְׁרָן בִּזְרוֹעוֹ.
La Guemara répond que même lorsqu’une personne met deux phylactères sur son bras, cela est considéré comme les mettant de la manière habituelle, conformément à l’opinion de Rav Houna. Comme Rav Houna l’a dit : Parfois, une personne revient du champ avec son fardeau sur la tête, et afin de ne pas écraser les phylactères, elle les retire de sa tête et les attache à son bras. Cela indique qu’il y a de la place pour des phylactères supplémentaires sur son bras.
אֵימַר דְּאָמַר רַב הוּנָא, שֶׁלֹּא יִנְהַג בָּהֶן דֶּרֶךְ בִּזָּיוֹן. רָאוּי מִי אָמַר?
La Guemara rejette cela : Dis que Rav Houna a dit qu’on peut retirer les phylactères de sa tête et les attacher à son bras afin qu’il ne vienne pas à les traiter de manière dégradante en plaçant un paquet dessus. Cependant, a-t-il dit que l’endroit sur son bras est apte à recevoir deux phylactères ? Peut-on citer d’ici une preuve qu’on peut mettre des phylactères supplémentaires sur son bras ab initio ?
אֶלָּא כִּדְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: מָקוֹם יֵשׁ בָּרֹאשׁ שֶׁרָאוּי לְהַנִּיחַ בּוֹ שְׁתֵּי תְפִילִּין. הָכָא נָמֵי, מָקוֹם יֵשׁ בַּיָּד שֶׁרָאוּי לְהַנִּיחַ בּוֹ שְׁתֵּי תְפִילִּין.
Au contraire, cela est conforme à ce que Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak a dit : Il y a de la place sur la tête d’une personne pour placer deux phylactères. Ici aussi, il y a de la place sur le bras pour placer deux phylactères.
תַּנָּא דְבֵי מְנַשֶּׁה: ״עַל יָדְךָ״ — זוֹ קִיבּוֹרֶת, ״בֵּין עֵינֶיךָ״ — זוֹ קׇדְקֹד. הֵיכָא? אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: מְקוֹם שֶׁמּוֹחוֹ שֶׁל תִּינוֹק רוֹפֵס.
La Guemara commente : l’école de Menashé a enseigné ce qui suit. Le verset déclare : « Tu les attacheras comme un signe sur ton bras, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux » (Deutéronome 6:8). « Sur ton bras », c’est le biceps du bras ; « entre tes yeux », c’est le sommet de la tête. La Guemara demande : Où exactement sur le sommet de la tête ? L’école de Rabbi Yannai dit : Les phylactères sont placés à l’endroit où la tête d’un bébé est molle après la naissance.
לֵימָא בִּדְרַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק קָמִיפַּלְגִי, דְּתַנָּא קַמָּא לֵית לֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק, וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל אִית לֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק?
La Guemara demande : Disons que les tanna’im de la michna sont en désaccord au sujet du principe de Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak, de sorte que le premier tanna n’est pas d’avis que la décision est conforme à l’opinion de Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak selon laquelle il y a de la place sur la tête d’une personne pour deux phylactères, tandis que Rabban Gamliel est d’avis que la décision est conforme à l’opinion de Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak, et qu’il est donc permis d’apporter deux paires de phylactères à la fois.
לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא אִית לְהוּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק, וְהָכָא בְּשַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין קָמִיפַּלְגִי. דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין הוּא.
La Guemara rejette cela : Non, tous sont de l’avis de Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak, et ici ils sont en désaccord quant à savoir si le Chabbat est un moment pour les phylactères. Le premier tanna soutient que le Chabbat est un moment pour les phylactères. Bien qu’on puisse mettre une paire de phylactères, on ne peut pas ajouter à la mitsva en mettant une paire supplémentaire. S’il le fait, cela équivaut à porter un fardeau interdit.
וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא.
Et Rabban Gamliel soutient que le Chabbat n’est pas un moment pour les phylactères. Par conséquent, on peut en mettre plus d’une paire, puisque le jour lui-même ne convient absolument pas au port des phylactères. Lorsqu’il met la seconde paire, il n’ajoute rien à la mitsva. En ce qui concerne le fait de les sauver, les phylactères ont le statut juridique d’un ornement qu’il est permis de porter, à condition de ne pas en porter plus de deux paires.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דְּכוּלֵּי עָלְמָא שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין הוּא, וְהָכָא בְּמִצְוֹת צְרִיכוֹת כַּוּוֹנָה קָמִיפַּלְגִי. תַּנָּא קַמָּא סָבַר: לָצֵאת בָּעֵי כַּוּוֹנָה.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que la controverse doit être comprise ainsi. Tout le monde est d’accord pour dire que le Chabbat est un moment pour les phylactères, et ici ils sont en désaccord quant à savoir si l’accomplissement des mitzvot exige une intention. Le premier tanna soutient : Pour accomplir une mitzva, une intention est nécessaire. Par conséquent, si quelqu’un met des phylactères sans l’intention d’accomplir la mitzva, aucune mitzva n’est accomplie, et il ne fait que porter une charge. Cependant, s’il a l’intention d’accomplir la mitzva, il ne peut mettre pas plus d’une paire. S’il le fait, il transgresse l’interdiction d’ajouter aux mitzvot.
וְרַבָּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: לָא בָּעֵי כַּוּוֹנָה.
Et Rabban Gamliel soutient : Pour accomplir une mitzva, il n’est pas nécessaire d’avoir une intention. Par conséquent, si quelqu’un met deux paires de phylactères, il s’acquitte de son obligation avec l’une d’elles, mais ne transgresse pas avec l’autre l’interdiction d’ajouter aux mitzvot. Pour le faire, il faudrait une intention spécifique d’accomplir une seconde mitzva avec la paire supplémentaire.