קַרְפֵּיפוֹת רְשׁוּת לְעַצְמָן. לְדִבְרֵי חֲכָמִים: גַּגִּין וַחֲצֵירוֹת רְשׁוּת אַחַת, קַרְפֵּיפוֹת רְשׁוּת אַחַת הֵן. לְדִבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן: כּוּלָּן רְשׁוּת אַחַת הֵן.
De même, les enclos constituent un domaine en eux-mêmes, et il est donc permis de porter d’un enclos à un autre. Selon l’avis des Rabbins, les toits et les cours constituent un seul domaine, et il est donc permis de porter même d’un toit à une cour ; cependant, les enclos constituent un domaine distinct. Selon l’avis de Rabbi Shimon, tous, les toits, les cours et les enclos, constituent un seul domaine, et il est donc permis de porter entre n’importe lesquels d’entre eux.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב, תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה. תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב: כׇּל גַּגּוֹת הָעִיר רְשׁוּת אַחַת הֵן, וְאָסוּר לְהַעֲלוֹת וּלְהוֹרִיד מִן הַגַּגִּין לֶחָצֵר וּמִן הֶחָצֵר לְגַגִּין. וְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בֶּחָצֵר — מוּתָּר לְטַלְטְלָן בֶּחָצֵר, בַּגַּגִּין — מוּתָּר לְטַלְטְלָן בַּגַּגִּין, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא גַּג גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה אוֹ נָמוּךְ עֲשָׂרָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כׇּל אֶחָד וְאֶחָד רְשׁוּת לְעַצְמוֹ, וְאֵין מְטַלְטְלִין בּוֹ אֶלָּא בְּאַרְבַּע.
La Guemara commente : Une baraitaa été enseignée conformément à l’opinion de Rav, et une baraitaa été enseignée conformément à l’opinion de Rav Yehuda. La Guemara développe. Une baraitaa été enseignée conformément à l’opinion de Rav, selon laquelle, d’après les Sages, on ne peut porter que sur quatre coudées sur chaque toit : Tous les toits d’une ville constituent un seul domaine, et il est interdit de monter des objets ou de les descendre des toits vers la cour ou de la cour vers les toits. Et en ce qui concerne les ustensiles qui se trouvaient dans une cour lorsque Shabbat a commencé, il est permis de les porter dans la cour même si aucun eiruv n’a été établi, et il est également permis de les porter de cette cour vers d’autres cours. En ce qui concerne les ustensiles qui se trouvaient sur les toits lorsque Shabbat a commencé, il est permis de les porter sur les toits, à condition qu’un toit ne soit ni de dix palmes plus haut ni de dix palmes plus bas que l’autre. Telle est la déclaration de Rabbi Meir. Et les Sages disent : Chacun et chacun des toits est un domaine en soi, et l’on ne peut déplacer des objets sur chaque toit que dans une limite de quatre coudées.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: אָמַר רַבִּי, כְּשֶׁהָיִינוּ לוֹמְדִים תּוֹרָה אֵצֶל רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּתְקוֹעַ, הָיִינוּ מַעֲלִין שֶׁמֶן וַאֲלוּנְטִית מִגַּג לְגַג, וּמִגַּג לְחָצֵר, וּמֵחָצֵר לְחָצֵר, וּמֵחָצֵר לְקַרְפֵּף, וּמִקַּרְפֵּף לְקַרְפֵּף אַחֵר, עַד שֶׁהָיִינוּ מַגִּיעִין אֵצֶל הַמַּעְיָין שֶׁהָיִינוּ רוֹחֲצִין בּוֹ.
De même, une baraita a été enseignée conformément à l’interprétation de Rav Yehuda de l’opinion de Rabbi Shimon. Rabbi Yehuda HaNasi a dit : Lorsque nous étudiions la Torah avec Rabbi Shimon à Tekoa, nous portions de l’huile pour nous oindre et une serviette pour nous sécher de toit en toit, et de toit à cour, et de cour à cour, et de cour à enclos, et d’enclos à enclos, afin d’éviter de porter dans un endroit interdit, jusqu’à ce que nous arrivions à la source dans laquelle nous nous baignions.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה וְהָיִינוּ מַעֲלִין תּוֹרָה מֵחָצֵר לְגַג, וּמִגַּג לְחָצֵר, וּמֵחָצֵר לְקַרְפֵּף לִקְרוֹת בּוֹ.
Et de même, Rabbi Yehouda a dit : Il y eut un incident en une période de danger, lorsque des décrets furent promulgués interdisant l’observance religieuse, et nous transportions un rouleau de la Torah de cour en toit, et de toit en cour, et de cour en enclos, pour y lire.
אָמְרוּ לוֹ: אֵין שְׁעַת הַסַּכָּנָה רְאָיָה.
Les Sages lui dirent : La halakha ne peut pas être déterminée à partir de cet incident, car un incident survenu en temps de danger ne constitue pas une preuve. En temps de danger, il est permis de porter même dans des endroits où porter est normalement interdit par la loi rabbinique.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֶחָד גַּגִּין וְכוּ׳.
Rabbi Shimon dit : Les toits, les cours et les enclos constituent tous un seul domaine en ce qui concerne les ustensiles qui s’y trouvaient lorsque le Chabbat a commencé, et l’on peut donc transporter de l’une de ces zones à l’autre. Cependant, ils ne constituent pas un seul domaine en ce qui concerne les ustensiles qui se trouvaient dans la maison lorsque le Chabbat a commencé.
אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וְהוּא שֶׁלֹּא עֵירְבוּ. אֲבָל עֵירְבוּ — לָא, דְּגָזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְבָתִּים לֶחָצֵר.
Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, à condition que les habitants de chaque cour n’aient pas établi de eirouv distinct pour eux-mêmes, car dans ce cas ils ne peuvent pas déplacer des objets de leurs maisons vers la cour. Cependant, s’ils ont établi un eirouv distinct pour chaque cour, sans établir d’eirouv entre les différentes cours, non, ce n’est pas la halakha, car nous décrétons de peur que l’on n’en vienne à sortir des ustensiles de l’une des maisons vers la cour, une action qui est fondamentalement permise, puis à continuer à les porter vers une autre cour avec laquelle aucun eirouv n’avait été établi, ce dont tout le monde convient que c’est interdit.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בֵּין עֵירְבוּ בֵּין שֶׁלֹּא עֵירְבוּ. וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִי לְחָשְׁךָ, בֵּין עֵירְבוּ וּבֵין שֶׁלֹּא עֵירְבוּ?
Et Shmuel dit : La halakha est conforme à l’avis de Rabbi Shimon, qu’ils aient établi un eiruv ou qu’ils n’aient pas établi d’eiruv. De même, Rabbi Yoḥanan dit : Qui t’a soufflé cela, qui t’a dit qu’il y a une différence qu’ils aient établi un eiruv ou qu’ils n’aient pas établi d’eiruv ?
מַתְקֵיף לַהּ רַב חִסְדָּא: לִשְׁמוּאֵל וּלְרַבִּי יוֹחָנָן, יֹאמְרוּ: שְׁנֵי כֵלִים בְּחָצֵר אַחַת, זֶה מוּתָּר וְזֶה אָסוּר!
Rav Ḥisda s’oppose vigoureusement à cette décision. Selon Shmuel et selon Rabbi Yoḥanan, les gens diront au sujet de deux récipients situés dans la même cour, dont l’un se trouvait dans la cour lorsque le Chabbat a commencé tandis que l’autre était dans la maison, que déplacer celui-ci, qui se trouvait dans la cour au début du Chabbat, vers une autre cour est permis, tandis que déplacer celui-là, qui se trouvait dans la maison au début du Chabbat, vers une autre cour, est interdit.
רַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ, דְּלָא גָּזַר. דִּתְנַן, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה, לְשָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ וּפְתוּחוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים, וְעֵירְבוּ שְׁתֵּי הַחִיצוֹנוֹת עִם הָאֶמְצָעִית — הִיא מוּתֶּרֶת עִמָּהֶן, וְהֵן מוּתָּרוֹת עִמָּהּ, וּשְׁתֵּי הַחִיצוֹנוֹת אֲסוּרִין זוֹ עִם זוֹ.
La Guemara répond : À cet égard, Rabbi Shimon est conforme à son raisonnement habituel, car il n’a pas décrété de décret en raison de ces préoccupations. Comme nous l’avons appris dans une michna, Rabbi Shimon a dit : À quoi cette chose est-elle comparable ? Elle est comparable à trois cours qui s’ouvrent l’une sur l’autre, et qui sont aussi ouvertes sur le domaine public. Si les deux extérieures cours ont chacune établi un eiruv avec celle du milieu, il est permis aux habitants de celle du milieu de porter dans les deux extérieures, et eux, les habitants des deux extérieures, sont autorisés à porter en elle, mais pour les habitants des deux extérieures cours, il est interdit de porter de l’une à l’autre, car elles n’ont pas établi d’eiruv ensemble.
וְלָא גָּזַר דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְּהָא חָצֵר לְהָא חָצֵר, הָכִי נָמֵי לָא גָּזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְבָתִּים לְחָצֵר.
Et dans ce cas Rabbi Shimon n’a pas promulgué de décret interdisant de transporter des objets de la cour du milieu vers l’une des cours extérieures de peur que l’on n’en vienne à sortir des ustensiles de cette cour extérieure vers cette autre cour extérieure , malgré le fait que les deux ensembles d’ustensiles se trouvent dans la cour du milieu. Ici aussi, nous ne promulguons pas de décret de peur que l’on n’en vienne à sortir des ustensiles de l’une des maisons vers la cour, et à les transporter vers une autre cour.
מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, אֶחָד גַּגּוֹת אֶחָד חֲצֵירוֹת וְאֶחָד קַרְפֵּיפוֹת רְשׁוּת אַחַת הֵן לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן, וְלֹא לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא דְּעֵירְבוּ — הַיְינוּ דְּמַשְׁכַּחַתְּ לַהּ מָאנֵי דְבָתִּים בְּחָצֵר.
Rav Sheshet souleva une objection. Nous avons appris dans la michna que Rabbi Shimon dit : Les toits, les cours et les enclos constituent tous un seul domaine en ce qui concerne les ustensiles qui s’y trouvaient lorsque Shabbat a commencé. Mais ils ne sont pas un seul domaine en ce qui concerne les ustensiles qui se trouvaient dans la maison lorsque Shabbat a commencé. Certes, si vous dites qu’il s’agit d’un cas où les habitants des cours ont établi un eiruv, c’est ainsi que vous trouvez des ustensiles qui ont été transportés de la maison vers la cour. Parce que ces ustensiles étaient dans la maison au début de Shabbat, ils ne peuvent pas être déplacés vers une autre cour.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּשֶׁלֹּא עֵירְבוּ — הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ מָאנֵי דְבָתִּים בְּחָצֵר? הוּא מוֹתֵיב לַהּ וְהוּא מְפָרֵק לַהּ: בְּכוּמְתָּא וְסוּדָרָא.
Cependant, si tu dis qu’il s’agit d’un cas où ils n’ont pas établi de eiruv, dans quelles circonstances peut-on trouver le cas de récipients de la maison dans la cour ? Cela pose une difficulté pour Rav. Rav Sheshet a soulevé l’objection et l’a résolue : Il s’agit du cas d’un chapeau ou d’un châle, que quelqu’un a porté dans la maison puis est sorti dans la cour et l’y a déposé. De cette manière, il est possible que des objets pris de la maison se trouvent dans la cour, même si un eiruv n’a pas été établi.